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Stratégie et tactiques de la révolution indienne

Avant-propos

Le présent avant-projet a été finalisé par le comité central commun des CPI(ML)[PW] et MCCI d’autrefois en septembre 2004 après des discussions approfondies. Cinq avant-projets de documents ont été préparés après d’intenses discussions dans une série de réunions bilatérales tenues entre les délégations de haut niveau des deux partis d’autrefois entre février 2003 et septembre 2004. La réunion du comité central commun a étudié profondément ces cinq avant-projets de documents, a échangé librement les riches expériences acquises par la pratique révolutionnaire au cours des trois dernières décennies et plus, et a atteint une conception commune sur plusieurs questions épineuses défiant la révolution indienne dans le contexte des développements internationaux.
Le document présent - Stratégie et tactique - est la synthèse de tous les points positifs des documents des partis d’autrefois, en plus de leurs expériences au cours de la conduite de la guerre populaire, du combat contre le révisionnisme et les tendances opportunistes de droite et de gauche dans le mouvement communiste indien et international et la construction d’un mouvement révolutionnaire stable et cohérent dans diverses régions de notre pays.
Nous mettons le présent document devant la base de notre nouveau parti toute entière pour une mise en oeuvre et une conduite immédiate. En même temps, il ne faut pas oublier que ceci est un avant-projet pour le prochain congrès du parti uni. Par conséquent, il doit être davantage enrichi par la participation de tous les membres du parti et la suggestion d’amendements là où c’est nécessaire. Ainsi, il faut que cela devienne une arme efficace dans les mains du parti pour résoudre les problèmes fondamentaux de la révolution indienne et pour la faire progresser vers la victoire.
Comité Central (Provisoire) Communist Party of India (Maoist) - 21-09-2004

Table des matières

PARTIE 1 : STRATÉGIE
Introduction
Chapitre 1 : La révolution indienne dans le processus continu de la révolution mondiale
Chapitre 2 : La nature de classe de la société indienne contemporaine
Chapitre 3 : Analyse de classe de la société indienne
Chapitre 4 : Les deux stades de la révolution indienne
Chapitre 5 : Les tâches de base de la démocratie populaire
Chapitre 6 : La tâche centrale de la révolution - La prise du pouvoir politique par la force armée
Chapitre 7 : Révolution agraire, armée populaire et zones libérées
Chapitre 8 : Les trois armes magiques
PARTIE 2 : TACTIQUES
Chapitre 9 : La construction du parti et nos tâches
Chapitre 10 : La formation de l’armée populaire
Chapitre 11 : Le front uni et le travail dans les masses de base
Chapitre 12 : Les sections sociales particulières et les nationalités - notre tactique
Chapitre 13 : Le travail dans les zones urbaines
Intensifier et développer notre guerre populaire basée sur notre stratégie et notre tactique

PARTIE 1 : STRATÉGIE

INTRODUCTION

Le but de la stratégie et de la tactique sera toujours de parachever avec succès un stade donné d’une révolution en fonction du programme relatif à ce stade. Il est important de ne pas oublier les conseils donnés par le camarade Staline selon lesquels il faut que la théorie oriente le programme ; que le programme oriente la stratégie et que la stratégie oriente la tactique. La stratégie ne peut être correctement élaborée qu’en se fondant sur les données prévues par, et les conclusions tirées de la théorie et du programme du marxisme-léninisme-maoïsme.
Il faut que la stratégie et la tactique de la révolution indienne soit formulées en mettant en pratique de façon créative la vérité universelle du marxisme-léninisme-maoïsme dans les conditions concrètes actuelles de notre pays. Cela signifie qu’il faut que la stratégie et la tactique soient élaborées en fonction d’une analyse de classe objective de la société indienne, de la nature de l’état indien, des contradictions de base et de la contradiction principale et en tenant compte des caractéristiques spécifiques, des particularités spéciales comme des traits distinctifs de la situation indienne.
La stratégie de la révolution indienne dans la phase actuelle doit ainsi servir à satisfaire au nouveau programme démocratique en exécutant avec succès la révolution de nouvelle démocratie. Les tactiques qui doivent être formulées à chaque virage du mouvement dans les diverses régions à différents moments doivent être subordonnées à la stratégie et, servir à efficacement mettre en oeuvre la stratégie mentionnée ci-dessus. Tel est le rapport dialectique entre le programme, la stratégie et la tactique dans la révolution indienne.
Pour ce qui concerne la stratégie et la tactique, le camarade Staline a déclaré comme suit :
"Stratégie : la stratégie est la fixation de la direction du coup principal du prolétariat à un stade donné de la révolution, l’élaboration du plan correspondant pour la disposition des forces révolutionnaires (réserves principales et secondaires), et le combat pour exécuter ce plan durant le stade donné de la révolution".
"Tactique : la tactique est la fixation de la ligne de conduite du prolétariat dans la relativement courte période de flux et de reflux du mouvement d’élévation ou de déclin de la révolution, et le combat pour mettre en oeuvre cette ligne par le biais du remplacement des vieilles formes de lutte et d’organisation par de nouvelles, de la combinaison de ces formes, etc."
"La tactique traite des formes de lutte et des formes d’organisation du prolétariat avec leurs changements et leurs combinaisons. Durant une phase donnée de la révolution, il se peut que la tactique change plusieurs fois selon le flux et le reflux, l’élévation ou le déclin de la révolution". (Les questions du Léninisme - pages 80, 82, 84)
Cependant, il ne faut pas que la définition précitée de la stratégie du camarade Staline soit suivie mécaniquement de manière doctrinaire mais qu’elle soit appliquée aux conditions concrètes de notre pays dans lequel a lieu notre révolution. N’oublions pas également l’avertissement donné par le Communist Party of China à cet égard :
"Staline a avancé une formule selon laquelle dans les différentes périodes révolutionnaires, il faut que le coup principal soit dirigé de telle manière à isoler les forces politiques et sociales centristes du moment. Cette formule de Staline doit être traitée selon les circonstances et d’un point de vue critique, marxiste. Dans certaines circonstances, il peut être correct d’isoler les forces modérées, mais il n’est pas correct de les isoler en toutes circonstances". (Sur l’expérience historique de la dictature du prolétariat, 5 avril 1956)
Par conséquent, une politique de "développement des forces progressistes, de ralliement des centristes et d’isolement des réactionnaires" dans le but de vaincre les ennemis principaux devra être adoptée dans les conditions concrètes de notre pays.
En ce qui concerne la stratégie, Mao a dit :
"La stratégie est l’étude des lois d’une situation de guerre dans l’ensemble". De plus, il a ajouté, "la tâche de la science de la stratégie est d’étudier ces lois pour diriger une guerre qui contrôle une situation de guerre dans l’ensemble, la tâche de la science des campagnes et de la science de la tactique est d’étudier ces lois pour diriger une guerre qui contrôle une situation partielle". Pour ce qui concerne l’importance de la science de la stratégie, le camarade Mao a en outre affirmé, "une compréhension de l’ensemble facilite la gestion de la partie parce que la partie est subordonnée au tout".
"L’opinion selon laquelle la victoire stratégique est déterminée par les seuls succès tactiques est erronée parce qu’elle néglige le fait que la victoire ou la défaite dans une guerre et d’abord et avant tout une question de savoir si la situation dans l’ensemble, et ses diverses phases, entrent correctement en ligne de compte. S’il y a de graves défauts et erreurs dans la prise en compte de la situation dans l’ensemble et de ses diverses phases, la guerre sera perdue à coup sûr".
La citation susmentionnée, bien qu’elle traite de stratégie et de tactiques militaires, nous donne une compréhension claire et dialectique au sujet de la notion et de la corrélation entre la stratégie et la tactique.
Les expériences des révolutions russes et chinoises nous apprennent que nous devons formuler la stratégie militaire et politique afin de mener toute révolution à la victoire. Dans la révolution chinoise, le Communist Party of China, sous la direction de Mao, a élaboré la stratégie politique et militaire en faisant d’abord une analyse de classe concrète de la société chinoise, une évaluation de la nature de la société et de l’état chinois et du stade de la révolution.
Stratégie politique
La stratégie politique pour la révolution démocratique indienne résulte de l’analyse de classe concrète de la société indienne actuelle. La tâche de la stratégie politique est de distinguer les vrais amis des vrais ennemis du prolétariat dans la phase présente de la révolution indienne. Elle détermine les cibles qui doivent être vaincues et les forces motrices qui doivent être unies afin de parachever la révolution.
Pour distinguer les vrais amis des vrais ennemis, nous devons faire une analyse générale des différentes classes de la société indienne du point de vue de leur situation socio-économique respective et de leurs attitudes politiques respectives envers la révolution.
Au stade actuel de la révolution de nouvelle démocratie indienne, les cibles qui doivent être vaincues sont l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucrate compradore. La force motrice fondamentale de cette révolution est le prolétariat. La paysannerie, en particulier les paysans pauvres et sans terre, est la force motrice principe et l’allié la plus ferme du prolétariat, la petite bourgeoisie urbaine est une alliée digne de confiance et la bourgeoisie nationale est une alliée à certaines périodes et jusqu’à un certain point.
Par conséquent, la stratégie politique de la révolution démocratique indienne est d’unir, sous la direction du prolétariat, toutes les forces motrices précitées qui constituent la grande majorité - presque neuf dixième - de la population indienne pour renverser les trois lourdes montagnes qui pèsent de tout leur poids sur le dos du peuple indien et qui maintiennent le pays dan sun état semi-colonial et semi-féodal.
Dans la phase présente, alors qu’aucune puissance impérialiste ne recourt à l’agression directe contre notre pays ou que notre pays n’a pas été réduit au statut de néo-colonie d’une seule puissance impérialiste, c’est la contradiction entre le féodalisme et les larges masses de la population qui est en ce moment la principale contradiction. Le programme révolutionnaire agraire et la prise du pouvoir à l’échelon régional demeurent primordiaux durant toute la période. Mais si la contradiction principale se change en celle entre l’impérialisme et le peuple indien, un programme spécifique pour unir toutes les forces anti-impérialistes devra être établi en conséquence dans le cadre du programme général de la révolution de nouvelle démocratie.
Tandis que la stratégie de la révolution indienne reste la même partout dans le pays, le développement économique, politique, social et culturel inégal dans le pays, le zèle combatif et le niveau de conscience du peuple et le flux et le reflux du mouvement mettent en évidence la nécessité de différentes tactiques, lesquelles sont évidemment subordonnées à la stratégie, à suivre dans différentes régions à tout moment donné. Il faut que l’intensité de la lutte de classe dans les diverses régions et l’inégal développement économique, politique, social et culturel soient analysés concrètement dans les zones respectives et en fonction de cette analyse, la tactique (c-à-d les formes de lutte et les formes d’organisation) doivent être formulées. En même temps que ces différentes tactiques pour les différentes régions, les slogans tactiques politiques pour le pays tout entier doivent également de temps en temps être formulés pour mobiliser toute la population du pays sur des questions précises.
Stratégie militaire
La stratégie militaire doit être formulée sur base des caractéristiques particulières de la guerre révolutionnaire en Inde. Ces caractéristiques établissent que la stratégie militaire est une stratégie de guerre populaire prolongée, comme énoncé par le camarade Mao - de d’abord établir des zones de base révolutionnaires dans les campagnes où l’ennemi est relativement faible et d’ensuite progressivement encercler et s’emparer des villes qui sont les bastions des forces ennemies.
Dans tout le pays, la stratégie et la tactique de la révolution ne peuvent pas être mises au point isolément de la situation internationale globale. On doit tenir compte de la situation réelle, à la fois dans le monde dans son ensemble et dans le pays donné dominant à un moment donné afin de formuler correctement la stratégie et la tactique. C’est parce que, à l’époque impérialiste, la révolution dans chaque pays fait partie intégrante de la révolution prolétarienne mondiale.

CHAPITRE 1 : La révolution indienne dans le processus continu de la révolution mondiale

L’histoire du développement social dans le monde entier depuis l’émergence de la société divisée en classe est l’histoire même des luttes de classe. Dans le processus de développement social, les luttes révolutionnaires des populations de différents pays procèdent par différentes étapes et ces luttes auront également leurs caractéristiques particulières, mais elles sont toujours subordonnées aux lois générales du développement de l’histoire. Le mouvement du développement de l’histoire mondiale par la lutte de classe va dans la direction de l’instauration même d’une société sans classe et sans exploitation, vers le socialisme et le communisme. Le mouvement révolutionnaire du peuple indien progresse également par différentes phases ; il a aussi ses propres particularités. Mais il demeure dans les limites des lois générales du développement en direction du socialisme et du communisme.
L’objectif historique mondial du prolétariat international et de son avant-garde, les partis communistes du monde entier, est en conformité complète avec les lois de développement de l’histoire. Le but historique de la classe ouvrière de l’Inde, comme du monde entier, est d’établir le socialisme et le communisme dans le monde globalement.
La révolution d’octobre n’était qu’une issue inévitable des luttes révolutionnaires du prolétariat international et des populations, et la révolution chinoise fut la continuation de ce processus. La révolution indienne est aussi une part inséparable des luttes révolutionnaires du prolétariat international et des populations.
Par conséquent, sans "l’analyse de classe correcte des conditions objectives du monde entier et de la politique et de la science économique mondiales, c’est-à-dire l’analyse de classe correcte sur base du marxisme-léninisme des contradictions fondamentales du monde contemporain et de leurs rapports et influences mutuels", il est impossible de faire une évaluation correcte de la situation internationale et de la situation intérieure de l’Inde, il est impossible de formuler la ligne générale fixant la direction principale des luttes révolutionnaires de la classe ouvrière et des peuples de tous les pays ou de comprendre son importance, il est également impossible de déterminer, conformément avec cela, les correctes stratégie et tactiques de la révolution indienne. La condition objective concrète de l’Inde et la question de la révolution indienne ne doivent être jugées qu’à la lumière de la situation internationale et des luttes révolutionnaires des peuples du monde entier.
En un mot, la condition objective du monde d’aujourd’hui est manifeste dans les contradictions fondamentales du monde contemporain et dans leurs corrélations et leurs inter-influences. Ces contradictions fondamentales sont :
a) La contradiction entre l’impérialisme et les nations et peuples opprimés
b) La contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie dans les pays capitalistes
c) La contradiction entre les différentes puissances impérialistes
La situation concrète du monde d’aujourd’hui a été clairement révélée sur la base des contradictions fondamentales susmentionnées du monde contemporain et dans leurs rapports et influences mutuels.
Une autre contradiction fondamentale - la contradiction entre le camp socialiste et le camp impérialiste - qui avait caractérisé le monde pendant presque six décennies depuis la révolution d’octobre n’existe plus actuellement avec le rétablissement du capitalisme dans la dernière base socialiste du prolétariat mondial, la République populaire de Chine, après le décès du camarade Mao en 1976.
Toutefois, la lutte entre le socialisme et le capitalisme continuera d’exister durant la période d’impérialisme et de révolution prolétarienne. Aujourd’hui, elle se présente principalement dans les domaines idéologique, politique et culturel et comme une lutte entre les deux classes ennemies - le prolétariat, représentant le capitalisme. La victoire de révolutions dans un ou quelques pays et la ré-émergence d’un camp socialiste fera de nouveau exister la quatrième contradiction fondamentale.
La contradiction entre l’impérialisme et les peuples et nations opprimées est la contradiction principale dans le monde d’aujourd’hui. Les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine sont les centres de l’agitation de la révolution mondiale assénant des coups mortels à l’impérialisme. La fin de l’autorité coloniale directe à la suite de la Seconde Guerre Mondiale en raison de l’affaiblissement relatif de l’impérialisme et des luttes de libération nationale grandissantes partout dans le monde, a contraint les impérialistes à passer à de nouvelles méthodes d’autorité, de contrôle et d’exploitation des anciennes colonies, c-à-d le néocolonialisme. A cet égard, ils dépendent de leurs agents indigènes qu’ils ont sélectionné et formé eux-mêmes. Ce néo-colonialisme est la forme la plus sinistre et la plus pernicieuse de colonialisme, et a étendu sa mainmise sur les pays de toute l’Asie, l’Afrique et l’Amérique Latine. C’est une évolution importante à prendre en considération lorsqu’on analyse la situation dans ces pays.
L’Inde, un vaste pays habité par 1.050.000.000 personnes, riche et abondant en ressources naturelles, est une des bases les plus solides de l’impérialisme. Et c’est la raison pour laquelle le progrès et la réussite de la nouvelle révolution démocratique de l’Inde, dirigée contre l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et le féodalisme libérera non seulement le peuple indien des impitoyables exploitation et oppression de l’impérialisme, mais élèveront aussi à un nouveau stade la lutte des peuples du monde entier pour l’indépendance, la démocratie, le socialisme et la paix. Le succès de la révolution de nouvelle démocratie de l’Inde et l’instauration d’un état démocratique populaire en Inde joueront un rôle important dans l’accélération de la révolution prolétarienne mondiale et indiqueront un progrès historique important dans la direction de la création d’un nouveau monde sans impérialisme, capitalisme et dégagé de l’exploitation de l’homme par l’homme.

CHAPITRE DEUX : La nature de classe de la société indienne contemporaine

La société indienne contemporaine est semi-coloniale et semi-féodale sous la forme néo-coloniale de l’autorité, de l’exploitation et du contrôle indirects.
Cette réalité provient d’une étude objective du développement du système politique et socio-économique indien depuis la période coloniale jusqu’à aujourd’hui. Lorsque les colonialistes britanniques ont conquis l’Inde dans la seconde moitié du 18ème siècle, le capitalisme commençait à se développer dans les entrailles de la société féodale de notre pays. Les colonialistes britanniques ont arrêté le développement indépendant du capitalisme et la société indienne fut transformée de féodale à coloniale et semi-féodale. En 1947, la société coloniale et semi-féodale fut transformée en une société semi-coloniale et semi-féodale. Depuis lors, juste comme dans d’autres pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, en Inde aussi, les impérialistes ont adopté une nouvelle forme coloniale d’exploitation, de contrôle et d’autorité, c-à-d la forme néo-coloniale d’autorité indirecte au lieu de l’ancienne forme d’autorité coloniale directe. Pour ceci, les impérialistes dépendent des compradores ‘indiens’ qui ont été éduqués par eux depuis leur création même dans la période coloniale.
Pourquoi qualifions-nous l’Inde de semi-coloniale ?
Après que les colonialistes britanniques furent obligés d’abandonner leur autorité directe sur notre pays, le pouvoir a été transféré à leurs compradores - la grande bourgeoisie et les gros propriétaires fonciers, à conditions que les capitaux impérialistes et leurs intérêts soient protégés. Plusieurs puissances impérialistes ont pris la place de l’impérialisme britannique dans l’oppression et l’exploitation de notre pays. Ce sont ces puissances impérialistes qui, en fait, contrôlent la politique, l’économie et la culture et décident de presque toutes les politiques essentielles des classes dirigeantes de l’Inde sous l’enseigne de l’indépendance officielle qui est essentiellement factice. Par conséquent, étant donné que pas une seule puissance impérialistes n’est en position d’exercer son contrôle et son autorité sur le pays en bloc, l’Inde n’est pas une néo-colonie mais continue à être une semi-colonie sous l’autorité, l’exploitation et le contrôle indirects de diverses puissances impérialistes. Par conséquent, nous considérons l’Inde comme un pays semi-colonial et semi-féodal sous la forme néo-coloniale de l’autorité, de l’exploitation et du contrôle indirect.
Ainsi, après la prétendue indépendance, l’exploitation impérialiste du peuple indien a non seulement continué sans interruption, mais a également considérablement augmenté ces dernières années. Conformément à leurs politiques, méthodes et tactiques néo-coloniales dans le monde entier, les impérialistes ont, en collaboration avec les capitalistes compradores "indiens", investi des capitaux s’élevant à des milliers de millions de roupies dans différentes industries du secteur privé, du secteur public et ont coincé toute l’économie indienne dans leur toile financière par l’intermédiaire des soi-disant "aide" et "prêt". En nommant leurs prétendus conseillers et experts, les impérialistes ont resserré leur étau sur les différents départements gouvernementaux.
En réalité, ce capital bureaucrate est sous le contrôle de l’impérialisme et de ses instrument pour augmenter les bénéfices des impérialistes et de leurs compradores indiens. Avec l’aide de leurs compradores indiens, les impérialistes conservent l’Inde comme un marché pour leurs produits, source d’exportation bon marché de capitaux et pillent les richesses de l’Inde, sucent son sang et retardent son développement. En un mot, l’économie indienne est une économie semi-coloniale de forme néo-coloniale.
L’exploitation et le contrôle de l’impérialisme, particulièrement l’impérialisme américain, ne sont pas limités à la seule sphère de l’économie ; avec l’aide de l’arme du néo-colonialisme, ils ont établi leurs propres influence, exploitation et contrôle sur les politiques militaires par différents moyens tels que "l’aide et la coopération" militaire, l’emploi de "conseillers", etc, et consolident leurs positions jour après jour grâce à divers genres de pactes militaires. Tout ceci se déroule sous les différentes enseignes de "défense nationale", de "défense du pays", etc. Cette armée est non seulement utilisée pour réprimer les mouvements révolutionnaires et les luttes de libération nationale en Inde, mais aussi dans d’autres pays.
La création du Bangladesh, l’annexion forcée du Sikkim, l’ingérence dans les affaires intérieures des pays voisins, l’envoi de l’armée au Sri Lanka et aux Maldives, etc. sont des exemples des activités expansionnistes de l’état indien soutenu par les superpuissances durant les décennies 70 et 80. Aujourd’hui, il poursuit les politiques d’intervention, de chantage, d’ingérence et de subversion dans les affaires du Népal, du Pakistan, du Bangladesh, du Sri Lanka, etc. avec le même soutien des différentes puissances impérialistes, tout particulièrement la superpuissance américaine.
Les impérialistes ont ainsi établi leur influence, exploitation et contrôle sur l’économie politique, la politique, la politique étrangère, la politique militaire, les politiques gouvernementales et étatiques et la culture de l’Inde, c’est-à-dire sur tous les aspects de la vie sociale. En fait, actuellement, l’Inde n’est qu’une semi-colonie de type néo-coloniale et l’Inde est aussi une des forteresses principales de la contre-révolution internationale. La contradiction entre l’impérialisme et les vastes masses de la population indienne reste une des contradictions fondamentales de la société indienne contemporaine.
Pourquoi qualifions-nous l’Inde de semi-féodale ?
Contrairement à l’Occident, où le capitalisme s’est développé en renversant le féodalisme, en Inde, le colonialisme britannique a protégé le féodalisme et s’en est servi comme support social. L’introduction de rapports capitalistes par les dirigeants impérialistes britanniques sans fondamentalement modifier l’étau féodal sur les vastes masses de paysans a conduit à des rapports de production semi-féodaux. Les rapports de production semi-féodaux se sont même poursuivi après la fin de l’autorité coloniale directe. Les impérialistes ont utilisé et le capitalisme bureaucrate compradore et le féodalisme comme support social pour leur contrôle et leur exploitation néo-coloniale. En raison de cette alliance entre ces trois principaux ennemis du peuple indien, les réformes agraires n’ont pas remanié la structure de base des rapports de classe agraires ; et l’exploitation usuraire et mercantile des vastes masses dans la campagne continue sans encombre même après plus d’un demi siècle de prétendue indépendance.
La concentration de terre dans les mains de quelques propriétaires fonciers et koulaks d’une part et les paysans pauvres et sans terre de la population rurale de l’autre continuent de caractériser la scène rurale. En conséquence, le nombre d’ouvriers agricoles sans terre grossi à pas de géant. En raison de la pénurie d’emplois, ils sont obligés d’effectuer des travaux inhumains comme serviteur non rémunéré des propriétaires fonciers et des propriétaires de plantation. En raison du manque d’emplois, la majorité d’entre eux sont contraints de vivre une vie très misérable, des millions de personnes meurent ou sont malade à cause de la famine ou parce qu’ils sont à demi morts de faim.
Un autre aspect redoutable de l’exploitation féodale en Inde est l’exploitation usuraire qui tire d’énormes sommes d’intérêt de la paysannerie. En plus des usuriers privés, diverses banques et sociétés financières exploitent aussi les paysans. Par conséquent, l’endettement rural augmente à pas de géant. L’exploitation impitoyable des commerçants sans scrupules écrase les vastes masses paysannes en vendant les produits agricoles et en achetant les intrants agricoles sur le marché. L’asservissement et la subordination personnelle des masses paysannes pauvres et sans terre, qui constituent la majorité écrasante de la paysannerie, aux forces féodales sous d’innombrables formes sont perpétués par les institutions idéologiques et grâce au bras coercitif de l’état et mêmes d’armées privées.
La vie des masses paysannes est sans arrêt bouleversée par l’exploitation et l’oppression des bandes de tyrans locaux, de la malfaisante aristocratie, des intermédiaires, des policiers, des tribunaux et d’une longue hiérarchie de fonctionnaires gouvernementaux - tous agissant comme des agents loyaux de l’impérialisme, du féodalisme et du capitalisme bureaucrate compradore, et par les affirmations féodales de différents types. Tout ceci a rendu la vie du paysan insupportable. L’oppression féodale ne se retrouve pas seulement dans la campagne et ne se limite pas non plus aux masses paysannes. De surcroit, le mode de production semi-féodal lui-même accable les vastes masses du pays par l’intermédiaire de l’appareil étatique et par des orientations idéologiques, culturelles et autres aspects superstructurels. Donc, on peut assurément dire que non seulement les paysans, mais aussi les vastes masses de la population du pays ont une contradiction avec le féodalisme.
L’exploitation et l’oppression féodales entravent non seulement le développement de l’économie agraire mais également la voie du développement industriel de l’Inde. Le féodalisme est un des principaux obstacles sur le chemin du développement économique et social de l’Inde. Le féodalisme est un des obstacles principaux sur le chemin du développement économique et social de l’Inde. Le féodalisme contre les vastes masses de la population est une des contradictions fondamentales en Inde.
Les contradictions majeures dans la société indienne
D’après la conception mentionnée ci-dessus de la société indienne contemporaine, nous constatons qu’il y a quatre contradictions majeures dans la société indienne d’aujourd’hui. Celles-ci sont :
1. La contradiction entre l’impérialisme et le peuple indien ;
2. La contradiction entre le féodalisme et les larges masses ;
3. La contradiction entre le capital et le travail ;
4. Les contradictions intestines entre les classes dirigeantes ;
Sur ces quatre contradictions majeures, les deux premières sont les contradictions fondamentales dans la société indienne contemporaine. De nouveau, sur ces deux contradictions fondamentales, le féodalisme contre les larges masses de la population est la contradiction principale en ce moment.
La révolution de nouvelle démocratie en Inde doit traverser plus d’une phase et dans toutes ces phases, une de ces contradictions fondamentales devient la contradiction principale. Cependant, la contradiction principale ne peut pas rester inchangée durant tout le processus de révolution de nouvelle démocratie. La contradiction principale et la contradiction non-principale parmi les deux contradictions fondamentales sont plutôt contraintes à changer de positions avec les changements dans les phases de la révolution.
Etant donné que l’existence et le développement de la contradiction principale et des luttes se dégageant de là jouent un rôle décisif dans l’existence et le développement d’autres contradictions et des luttes émergeant de ces contradictions, donc, à tous les stades de développement de la révolution, il est très important d’établir correctement laquelle des contradictions est la contradiction principale et qui sont les ennemis principaux à ce stade précis, afin de pouvoir accorder l’importance maximale à l’organisation et au développement de ces luttes naissant de la contradiction principale et que toutes les luttes de la population puissent être menées contre les ennemis principaux à ce stade.
Les deux autres contradictions majeures ont également un rapport avec la stratégie et la tactique de la révolution.
La nature de classe de l’état indien
D’après une analyse de classe concrète de la société et de l’état indien, nous constatons que, sous l’enseigne de soi-disant république et démocratie parlementaire, l’Inde n’est qu’un état semi-colonial et semi-féodal sous la forme néo-coloniale de l’autorité, de l’exploitation et du contrôle indirect.
Ce sont les forces armées, le système judiciaire, les prisons, la bureaucratie, etc. de l’appareil étatique qui exécutent les réelles affaires de l’état et l’organe principal de cet appareil étatique sont ses forces armées. L’appareil étatique indien actuel est l’instrument de répression de classe, d’exploitation de classe et d’autorité de classe de la bourgeoisie bureaucratique compradore et des grands propriétaires fonciers qui favorisent les impérialistes. Par conséquent, l’appareil étatique protège les intérêts des impérialistes, de la bourgeoisie bureaucrate compradore et es forces féodales ; leur fourni une protection armée ; et accable la classe ouvrière, la paysannerie et les autres masses laborieuses. L’état indien est la dictature commune des classes de la grande bourgeoisie et des grands propriétaires fonciers qui sont au service de l’impérialisme ; il garanti la démocratie pour cette minuscule section de la société tandis qu’il exerce une dictature sur les vastes masses de la population indienne.
Comme tout autre état exploiteur, l’état indien aussi sert d’instrument pour la distribution du surplus produit par les masses laborieuses entre les différentes sections des classes dirigeantes réactionnaires et des impérialistes qui sont les trois ennemis principaux du peuple indien. Il libère le terrain pour l’exploitation ininterrompue et sans encombre des ressources de l’Inde par les impérialistes et les classes de la grande bourgeoisie et des grands propriétaires fonciers. Il sert également d’instrument pour dissiper les contradictions entre les classes dirigeantes qui se produisent inévitablement pendant la répartition du surplus.
Cibles de la révolution indienne
Les cibles dans la phase démocratique populaire : 1 Impérialisme 2 Capitalisme bureaucrate compradore 3 Féodalisme.
L’impérialisme pille la terre, le travail, la matière première et les autres ressources naturelles du pays. Il touche des super-profits grâce à une exploitation impitoyable par divers moyens. Il assujetti toute l’économie, l’administration politique, l’armée et la culture de l’Inde, il anéanti l’industrie indigène, tout particulièrement les petites et moyennes industries, jette des millions de travailleurs dans les rues et entrave le développement libre et indépendant de l’économie nationale.
Le capitalisme bureaucrate compradore collabore avec l’impérialisme et s’allie avec le féodalisme. Il anéanti les petites et moyennes industries, opprime non seulement la classe ouvrière, la paysannerie et autres masses laborieuses mais aussi la bourgeoisie nationale.
Le féodalisme pose une entrave au développement des forces productives en maintenant la vaste majorité du peuple indien sous des rapports de production arriérés. D’un point de vue économique, il garde l’écrasante majorité de la population dans une pauvreté et un dénuement extrêmes, et fait diminuer leur pouvoir d’achat. De cette façon, il limite l’expansion du marché intérieur, retarde le développement industriel et conduit à un chômage massif et à une stagnation de l’économie. D’un point de vue politique, il supprime les droits démocratiques des masses et dans certains endroits, il crée même "un état à l’intérieur de l’état", c-à-d un empire parallèle de propriétaire foncier dans les régions rurales ayant ses propres armées privées ou le soutien de mercenaires armés engagés par l’état. Il retient les paysans dans un assujettissement et un esclavage perpétuel.
Il faut que ces trois grandes montagnes qui pèsent de tout leur poids sur le dos du peuple indien soient fracassées afin de bâtir une nouvelle société démocratique.

CHAPITRE TROIS : Analyse de classe de la société indienne

Maintenant, analysons les différentes classes de la société indienne contemporaine.
La classe de propriétaires fonciers
Ces personnes qui possèdent de considérables étendues de terre et instruments de production, qui ne s’engagent pas eux-mêmes dans le travail ou ne le font que dans une très faible mesure et qui vivent en exploitant les paysans et les ouvriers agricoles (travailleurs non rémunérés et travailleurs à différents niveaux de salaire injustes) sont appelées propriétaires fonciers. Ils louent à bail une partie ou toutes leurs terres à des paysans à des taux exorbitants. L’extorsion des métayers, les dépouillant d’au moins 50% de leurs produits, est une de leur forme d’exploitation. De plus, ils peuvent s’engager en tant qu’usuriers, négociants, thésauriseurs, propriétaires de carrière, entrepreneurs, commerçants basés sur l’agriculture et dans d’autres activités industrielles et commerciales. La terre étant la base de leur exploitation, ils empêtrent les paysans pauvres dans diverses formes d’esclavage et leur tirent autant de surplus que possible, ce qui est une forme modifiée de fermage féodal.
Une section des propriétaires fonciers possède des instruments de production modernes, emploie des ouvriers agricoles, supervise la culture, produit pour le marché et réinvesti une partie du surplus dans l’agriculture. Cette section des propriétaires fonciers représente le capitalisme dans l’agriculture. Mais ce capitalisme est un capitalisme déformé. Il aide à perpétuer les valeurs féodales, il retarde le développement libre et indépendant de l’économie pour davantage approfondir l’exploitation impérialiste et faire opposition à la démocratie et à l’intérêt du pays. Un grand nombre de propriétaires fonciers, comme la majeure partie des princes d’autrefois, sont également des industriels compradores.
Les propriétaires fonciers jouissent d’une immense puissance sociale et politique dans la campagne. Ils s’emparent de la part du lion des prêts institutionnels, des intrants modernes et des autres infrastructures fournies par le gouvernement. Certains propriétaires fonciers entretiennent des armées privées et embauchent aussi des anti-sociaux, des bandits, etc. pour opprimer sans pitié les masses rurales. En plus, ils soutirent d’énormes sommes par l’extorsion de fonds aux entrepreneurs et aux commerçants. En règle générale, ils appartiennent aux castes supérieures, représentent la culture la plus rétrograde, pratiquent le patriarcat pour opprimer les femmes ; ils se servent du nauséabond système de caste pour opprimer les Dalits et autres castes arriérées. En faisant office d’entrave au développement des forces productives, ils sont la principale base sociale pour le contrôle impérialiste sur l’Inde.
Une section de propriétaires fonciers appartient également aux couches supérieures des castes arriérées et a nouvellement émergé. Ils servent de base sociale à divers partis politiques basés sur les castes.
Ceux qui encaissent la rente foncière au nom des propriétaires fonciers, et dont les revenus dépendent principalement de l’exploitation des paysans par les propriétaires fonciers et aussi dont le mode de vie est celui d’un paysan de classe moyenne-supérieure, doivent être traités comme des propriétaires fonciers. Ce sont les ennemis de la paysannerie et du peuple indien en bloc.
La bourgeoisie bureaucrate compradore
En Inde, à l’intérieur du système colonial lui-même, le capital colonial s’est développé dans une grande mesure. Après le transfert de pouvoir de l’impérialisme à la grande bourgeoisie et aux grands propriétaires fonciers, le capitalisme qui est développé en Inde par l’impérialisme et la bourgeoisie bureaucrate compradore n’est pas un capitalisme national indépendant mais un capitalisme bureaucrate compradore qui est lié à l’impérialisme et le féodalisme est devenu un capitalisme monopoliste féodal compradore. Telle est la base économique des classes dirigeantes réactionnaires de l’Inde. Ce capitalisme bureaucrate se développe sur une base semi-féodale. Etroitement lié au capital impérialiste et servant ses intérêts, ce capital bureaucrate compradore monopolise les liens économiques vitaux de tout le pays et est un obstacle au développement d’une économie indienne indépendante. Il protège les rapports de production semi-féodaux en Inde. Ce capital bureaucrate compradore opprime non seulement les ouvriers et les paysans, mais également la petite-bourgeoisie urbaine, et il fait du tort à la bourgeoisie nationale. La bourgeoisie bureaucrate compradore, au cours de ses soixante années de domination, a amassé une énorme quantité de richesses en utilisant le pouvoir d’état. Elle a ménagé de solides conditions matérielles pour la révolution de nouvelle démocratie. Ce capital bureaucrate compradore de l’Inde est un instrument du renforcement des profits des impérialistes et des compradores.
La classe de la bourgeoisie bureaucratique compradore ou la classe de la grande bourgeoisie de l’Inde qui était apparue à l’intérieur du système colonial a une longue histoire. Elle est née et fut élevée sous le patronage de l’impérialisme britannique et dès le tout début, elle a été naturellement liée au féodalisme. Elle s’est dégagée de la classe de négociants compradores, de seigneurs féodaux, de courtiers et de gros usuriers, et a par conséquent été de nature compradore dès sa naissance. Elle a commencé à investir dans les industries en collaboration avec l’impérialisme britannique au début, et avec d’autres puissances impérialistes, tout particulièrement après la soi-disant indépendance en 1947. Celle-ci a commencé à se transformer en bourgeoisie bureaucrate compradore après avoir assumé le pouvoir d’état avec la classe des grands propriétaires féodaux, qui sont soumis à l’impérialisme.
La grande bourgeoisie compradore est une classe qui est au service des capitalistes des pays impérialistes et qui est entretenue par eux. D’innombrables liens la relie étroitement aux forces féodales dans la campagne. De plus, le camarade Mao a dit : "La bourgeoisie compradore est toujours un chien de garde de l’impérialisme et une cible de la révolution" ("Expériences dans l’histoire de notre parti"). Etre au service de l’impérialisme est son caractère principal et satisfaire ses propres intérêts, et non le développement du capitalisme dans les intérêts du peuple indien et du pays, est son aspect non-principal. Ou, en d’autres termes, l’asservissement à l’impérialisme est principal tandis que la maniabilité ou le marchandage sont non-principaux.
Les puissances impérialistes ont fait de la classe des propriétaires fonciers féodaux comme de la classe compradore les supports sociaux principaux pour leur contrôle et leur exploitation de l’Inde.
Les classes indiennes de la bourgeoisie bureaucrate compradore et des grands propriétaires fonciers sont les principaux instruments de l’exploitation impérialiste de l’Inde. Ensemble, l’impérialisme, le capitalisme bureaucrate compradore et le féodalisme dominent toute la vie économique et sociale du pays tout entier. L’état indien est une dictature commune des classes de la grande bourgeoisie et des grands propriétaires fonciers dirigés par la bourgeoisie bureaucrate compradore qui est soumise à l’impérialisme.
Etant soumise à l’impérialisme, le rôle rapace de la bourgeoisie bureaucrate compradore n’est pas seulement limité à l’Inde. Elle a aussi en vue les pays voisins d’Asie du Sud et intervient assez souvent dans leurs affaires politiques. Soutenue par les puissances impérialistes, l’Inde joue un rôle expansionniste, ce qui est une grande menace pour les pays voisins de l’Inde. A travers ce rôle expansionniste agressif, la bourgeoisie bureaucrate compradore de l’Inde, en étant au service des impérialistes principalement, a également ses propres intérêts dans la région, pillant ces pays de leurs capitaux, de leur marché, de leurs matières premières, etc. Sa nature expansionniste vient du fait qu’en exploitant l’Inde, le colonialisme britannique a aussi utilisé notre pays comme une plateforme pour sa domination de la région de l’Océan Indien. Par conséquent, la bourgeoisie compradore indienne, dès le début, a été une compradore fidèle et de confiance, et a servi d’intermédiaire pour les Britanniques non seulement en Inde, mais aussi dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie qui tombaient sous la domination britannique.
Dans la période de mondialisation, libéralisation et privatisation qui a été lancée en 1985 et qui a fait un bond important en 1991, la politique de nationalisation de la période précédente a commencé à être inversée et de gros morceaux du secteur public sont rendus à des sociétés transnationales et à la grande bourgeoisie compradore à des prix cassés. Avec le bond majeur dans la pénétration de capitaux étrangers qui se poursuit, de vastes secteurs de l’économie se sont enfoncés dans leur contrôle direct. Bien que l’alliance entre la grande bourgeoisie compradore, le capital d’état et le capital étranger continue, leurs proportions relatives dans les entreprises changent ; le capital d’état est réduit alors que celui d’une section de la grande bourgeoisie compradore augmente avec le capital étranger.
La bourgeoisie bureaucrate compradore se positionne comme une des pierres d’achoppement majeures pour le progrès de notre pays. Par conséquent, les cibles qui doivent être vaincues dans la révolution de nouvelle démocratie sont : l’impérialisme, le capitalisme bureaucrate compradore et le féodalisme.
Pour récapituler, le développement de la bourgeoisie bureaucrate compradore dans notre pays après 1947 ne peut pas être vu indépendamment de l’impérialisme. Sa survie et son développement dépendent totalement de l’impérialisme. Le soi-disant secteur public ou secteur nationalisé fait partie intégrante du capital bureaucrate compradore et est entièrement soumis à l’impérialisme. D’un point de vue politique, la bourgeoisie bureaucrate compradore vend les intérêts du pays à l’impérialisme et maintien les rapports semi-féodaux grâce à son alliance avec la classe des propriétaires fonciers.
En raison de la croissance phénoménale du secteur public et de l’appareil d’état après le transfert de pouvoir de 1947, une petite couche supérieure de bureaucrates et de politiciens des partis de la classe dirigeante ont acquis des dizaines de millions de roupies en détournant des fonds publics par l’intermédiaire de pots-de-vin et de commissions dans de vils marchés et divers autres moyens sans scrupules en vertu de leur position de pouvoir à différents niveaux. Bien qu’elles n’existent pas en tant que classe distincte, ces sections parasites font partie de la bourgeoisie bureaucrate.
Ces intellectuels et professionnels qui sont au service direct de la bourgeoisie bureaucrate compradore et de l’impérialisme et qui justifient l’exploitation du peuple indien par ce dernier doivent être considérés comme appartenant à cette classe.
Forces motrices de la révolution indienne
1. Le prolétariat
Le prolétariat est une classe privée de tout moyen de production et qui est contrainte de vendre sa force de travail aux propriétaires capitalistes des moyens de production. C’est la classe la plus concentrée dans la société indienne contemporaine et elle a une histoire héroïque de lutte de classe révolutionnaire, y compris de lutte anti-impérialiste. Les effectifs du prolétariat indien dans les secteurs syndiqués, à la fois dans les secteurs public et privé, sont d’environ 26 millions. Le nombre de salariés travaillant dans de petites industries, dans le bâtiment et en tant que contractuels et journalier s’élève à environ 40 millions. Ensemble, leur nombre est à peu près d’environ 70 millions.
Le prolétariat industriel de l’Inde a toutes les caractéristiques principales qu’a le prolétariat à travers le monde, telles que d’être associé avec et concentré dans le système économique capitaliste développé, d’avoir une discipline organisationnelle, de manquer de moyens de production, etc. Le prolétariat indien subi l’oppression des impérialistes, des classes de la bourgeoisie bureaucrate compradore et des propriétaires fonciers. Comme la majorité du prolétariat indien est issu des classes de paysans pauvres, il a des liens naturels avec la population paysanne. Le prolétariat et les classes paysannes ont des influences mutuelles et des rapports forts.
En dehors de ce prolétariat industriel, il y a également un prolétariat rural assez conséquent. Ces ouvriers agricoles travaillent principalement dans de grandes plantations et exploitations agricoles de café, thé, noix de coco, mangue, caoutchouc, noix d’arec, sucre, fruits et légumes. Ils n’ont aucun moyen de production à eux et vivent en vendant leur force de travail aux grands propriétaires fonciers pro-capitalistes, à la bourgeoisie compradore et aux impérialistes qui possèdent les plantations.
Il y a aussi une petite section dans la classe ouvrière constituée des bureaucrates syndicaux qui reçoivent divers pots-de-vin de la part des employeurs. Cette section constitue les lieutenants ouvriers du capital et représente l’idéologie bourgeoise à l’intérieur de la classe ouvrière. Bien que, en général, cette section s’oppose aux luttes de la classe ouvrière, dans la période de crise, il se peut que certains d’entre eux changent de rôle et participent aux mouvements de la classe ouvrière.
La force motrice fondamentale dans la révolution de nouvelle démocratie est le prolétariat. Mais il ne peut pas remporter la victoire en se reposant uniquement sur ses propres forces. Pour remporter la victoire, cette classe doit diriger toutes les classes, en particulier la paysannerie, et d’autres couches de la population peuvent participer dans la révolution. Le prolétariat joue le rôle de meneur dans la révolution.
2. Paysans pauvres et sans terre
En règle générale, les paysans sans terre, y compris les travailleurs agricoles (prolétariat rural) n’ont pas de terre ni d’outils agricoles à eux. Ils vivent en vendant soit totalement soit principalement leur force de travail.
Certains parmi les paysans pauvres possèdent des terres nominalement ou louent de petites parcelles de terre. De la même façon, certains ont de faméliques outils agricoles. En plus de payer une rente foncière et un intérêt, ils vendent leur propre force de travail et sont par conséquent exploités dans tous les cas de figure.
Ils constituent 65-70% de la population rurale. De toutes les classes qui existent dans la société indienne, les paysans pauvres et sans terre sont les forces motrices fondamentales et sont l’allié le plus solide du prolétariat.
3. Le semi-prolétariat
L’élément majeur du semi-prolétariat est l’énorme masse de paysans pauvres. Ceux qui possèdent de simples équipements tels que les petits artisans, les charpentiers, les maçons, les mécaniciens et autres forment une partie du semi-prolétariat. Il y a également ceux qui gagnent leur vie en travaillant comme colporteurs, hamalis, tireurs de pousse-pousse, conducteurs de pousse-pousse motorisé, ouvriers temporaires du bâtiment en milieu rural, domestiques et engagés dans un grand nombre d’autres emplois semblables, touchant des salaires journaliers. Les pêcheurs font également partie du semi-prolétariat. Ils deviennent continuellement des éléments du prolétariat. Ces semi-prolétaires sont une force motrice importante de la révolution de nouvelle démocratie.
4. Le paysan moyen
La majeure partie des paysans moyens ont leurs propres terres. Certains autres prennent une terre à bail en plus des leurs. En général, ils possèdent suffisamment d’outils agricoles. Tous les revenus du paysan moyen, ou la plus grande partie de ceux-ci, proviennent de son propre travail. En règle générale, le paysan moyen n’exploite pas les autres et ne vend pas non plus sa force de travail. Il est soumis à l’exploitation du féodalisme, de l’impérialisme et du capitalisme bureaucratique compradore. Certains paysans moyens exploitent dans une faible mesure, mais ce n’est pas leur revenu principal. Certains d’entre eux (paysans moyens nantis) ont des terres excédentaires et engagent de temps en temps de la main d’oeuvre. Certains prêtent même de petites sommes d’argent à intérêt.
Opprimé par le féodalisme, l’impérialisme et le capitalisme bureaucrate compradore, le pays moyen prendra un rôle actif dans les luttes anti-féodales comme anti-impérialistes. Par conséquent, la paysannerie de classe moyenne dans son ensemble est une alliée digne de confiance du prolétariat. L’attitude positive ou négative des paysans moyens est un des facteurs décidant de la victoire ou de la défaite dans la révolution, et ceci est surtout vrai après la révolution agraire lorsqu’ils deviennent la majorité de la population rurale.
Ils sont les forces motrices importantes dans la révolution. La paysannerie moyenne peut être considérée comme la petite-bourgeoisie rurale. Elle représente à peu près 20-25% de la population rurale.
5. Le paysan riche
Les paysans riches constituent 10 à 15% de la population rurale. Ils possèdent des quantités considérables de terre. Certains ne possèdent qu’une partie de leur terre et louent le reste à bail. Les avoirs qu’ils gèrent sont un surplus - un surplus producteur. Généralement, ils possèdent de meilleurs instruments de production. En règle générale, ils participent eux-mêmes au travail, et en ce sens, ils constituent une partie de la paysannerie, mais en même temps, ils se reposent toujours sur l’exploitation pour une partie ou même la majeure partie de leurs revenus. En général, si les revenus d’un paysan par l’exploitation sont de plus de 50%, ils doivent être classifiés comme paysans riches. Bien qu’ils adoptent plus ou moins toutes les formes existantes d’exploitation semi-féodale, leur forme d’exploitation principale est l’embauche de main-d’oeuvre agricole. Il se peut qu’ils louent leur terre, qu’ils prêtent de l’argent ou se lancent dans les échanges commerciaux, le commerce, les petites affaires, etc. Les riches paysans pro-capitalistes utilisent la technologie moderne, se lancent dans la culture intensive, louent la terre à bail pour augmenter l’échelle de production et produire pour le marché. Le développement des rapports capitalistes dans l’agriculture dans certaines poches et la dépendance croissante des paysans riches sur le marché aussi bien pour l’achat d’inputs agricoles que pour la vente des produits les font entrer dans un conflit croissant avec l’impérialisme et la grande bourgeoisie compradore qui contrôlent le marché, et par conséquent, ils sont de plus en plus tirés dans les luttes des masses paysannes. Mais, en raison de leur position de classe, ils ont tendance à accepter le compromis face à la hausse de la répression d’état. En général, ils restent neutres dans la lutte révolutionnaire agraire. En tant que classe, ils peuvent être considérés comme des alliés indécis de la révolution. Une section de la paysannerie riche vient avec nous, une autre section reste neutre et une petite section rejoint les ennemis.
6. La petite bourgeoisie
La petite bourgeoisie comprend les artisans, c-à-d ceux qui sont engagés dans la production à petite échelle, les petits commerçants, les niveaux inférieurs d’intellectuels tels que les étudiants, les professeurs dans le primaire et le secondaire, les conférenciers universitaires, les employés de bureau, les fonctionnaires subalternes, les ingénieurs, les médecins, les avocats et ceux qui sont employés dans différentes autres professions dont une grande partie des revenus de classe moyenne sont tirés de leur propre travail manuel ou mental.
La classe petite bourgeoise se compose de trois sections bien qu’elles fassent partie, dans les grandes lignes, de la même strate économique.
La première section consiste en les relativement aisés, c-à-d ceux dont le salaire annuel permet d’avoir un excédent dépassant leurs besoins de consommation ; la deuxième section consiste en ceux qui, dans l’ensemble, subviennent à leurs besoins économiquement ; et la troisième section consiste en ceux dont les niveaux de vie sont continuellement en baisse et qui ont du mal à joindre les deux bouts.
La première section vise toujours à gravir l’échelle sociale, est plus proche de la bourgeoisie nationale, elle se fie beaucoup à la propagande bourgeoise libérale et est méfiante à l’égard de la révolution. Cette section, qui est une minorité parmi la petite bourgeoisie, constitue son aile droite.
La deuxième section, qui est très nombreuse et compose plus de la moitié de la petite bourgeoisie indienne, ne s’oppose jamais à la révolution, mais hésite seulement à la rejoindre étant donné qu’elle nourri des doutes en ce qui concerne la victoire finale de la révolution.
La troisième section, tout aussi nombreuse, dont les niveaux de vie déclinent rapidement se manifeste ouvertement en soutien à la révolution et joue un rôle actif. Bien que ces trois sections diffèrent dans leur attitude à l’égard de la révolution en temps normal, en temps de guerre et de crise profonde, lorsque le mouvement révolutionnaire progresse vers la victoire, la classe de la petite bourgeoisie toute entière, y compris même l’aile droite, glisse sur le courant révolutionnaire. Et ceci en raison de sa propre position de classe dans la société, c-à-d sa position en tant que classe opprimée par le féodalisme, l’impérialisme et le capitalisme bureaucrate compradore avec de plus en plus de membres confrontés à l’insécurité sociale, se paupérisant et étant poussés dans les rangs du prolétariat ou des chômeurs avec l’intensification de la crise économique. Par conséquent, en tant que classe, cette section de la petite bourgeoisie constitue une des forces motrices de la révolution et est une alliée digne de confiance du prolétariat.
Différentes sections de la petite bourgeoisie
(i) Les intellectuels et les étudiants : Ceux-ci ne représentent pas une classe ou une couche distincte dans la société. Considérés du point de vue de leur famille, de leurs conditions de vie et de leur conception politique, la majorité d’entre eux peut être traitée comme faisant partie de la petite bourgeoisie. Leur quantité en Inde a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. La majorité d’entre eux sont opprimés par l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucrate compradore et vivent dans la crainte constante du chômage et dans l’insécurité sociale de pouvoir être forcés de renoncer à leurs études et d’autres craintes de cette sorte. Par conséquent, ils inclinent à la révolution. Ayant une éducation bourgeoise, des connaissances scientifiques et dans une certaine mesure, une conception politique enthousiaste, ils se tiennent fréquemment au premier plan dans la phase actuelle de la révolution ou font office de pont entre les gens. Ce fut tout d’abord parmi les intellectuels, les étudiants et les jeunes que le marxisme-léninisme en Inde s’est abondamment propagé et a trouvé une réception favorable.
(ii) Les petits commerçants : En général, les petits hommes d’affaires qui engagent un ou deux travailleurs ou gèrent eux-mêmes leurs petits magasins sans engager personne. Ils vivent dans la crainte constante de faire faillite en raison de l’exploitation de l’impérialisme, de la grande bourgeoisie et des prêteurs sur gage.
(iii) Les artisans : Ils sont très nombreux, possèdent leurs propres moyens de production et sont eux-mêmes engagés dans la production. Leur condition est semblable à celle de la paysannerie de classe moyenne.
(iv) Les professionnels : Ce sont les médecins, les avocats ou d’autres de ce genre engagés dans diverses professions qui tirent leurs revenus davantage de leur propre travail, qu’il soit manuel ou mental, que de l’exploitation des autres. Ces professionnels qui tirent leurs revenus davantage de l’exploitation des autres que de leur propre travail sont considérés comme faisant partie de la bourgeoisie nationale.
Ces sections de la petite bourgeoisie sont des forces motrices sérieuses dans la révolution. Leur faiblesse est que certaines d’entre elles sont facilement influencées par la bourgeoisie et par conséquent, nous devons continuer la propagande révolutionnaire et le travail organisationnel continuel parmi elles.
7. La bourgeoisie nationale
La bourgeoisie nationale en Inde consiste, en général, en la petite et moyenne bourgeoisie. C’est une classe ayant une double caractère qui résulte de sa position économique. La bourgeoisie nationale est une classe qui est très faible d’un point de vue politique et hésitante.
D’une part, elle est opprimée par l’impérialisme et le capitalisme bureaucrate compradore et entravée par le féodalisme. Par conséquent, elle a une contradiction avec tous ces trois ennemis de la révolution démocratique populaire en Inde. Elle n’a ni part dans le pouvoir d’état, ni aucun contrôle sur les fonds publics. Elle a, relativement, quelques liens avec l’impérialisme. Son marché est continuellement englouti par l’association impérialiste-bourgeoisie bureaucrate compradore, sa croissance est limitée et des sections de celle-ci sont même liquidées en raison de l’attaque sans cesse croissante de l’impérialisme. Par conséquent, elle constitue une des forces révolutionnaires dans la phase actuelle de la révolution indienne.
Mais d’autre part, elle est inconstante et manque de courage pour s’opposer à l’impérialisme et au féodalisme parce qu’elle est on ne peut plus molle d’un point de vue économique et politique, dépend de l’état pour ses permis, ses matières premières et sa finance, a toujours des liens économiques avec l’impérialisme et le féodalisme et a peur de la révolution de la classe ouvrière. Elle aspire également à l’instauration d’un état sous son contrôle et à devenir la grande bourgeoisie. Elle exploite la main-d’oeuvre et tire essentiellement ses revenus ce cette exploitation.
Il résulte de ce double caractère de la bourgeoisie nationale que, à certains moments, et jusqu’à un certain point, elle peut participer à la révolution contre l’impérialisme et les classes dirigeantes indiennes, mais qu’à d’autres moments, il y a le danger qu’elle suive la bourgeoisie bureaucrate compradore et qu’elle participe à la contre-révolution.
L’aile droite de cette classe a des tendances politiques réactionnaires, répand des illusions au sujet de l’impérialisme et d’oppose à la révolution démocratique populaire. Nous devons démasquer ces sections devant la population et libérer les masses de leurs influences réactionnaires. Mais en même temps, la majorité de la bourgeoisie nationale reste soit neutre, soit participe à la révolution. Les cibles de la révolution de nouvelle démocratie sont seulement l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et la classe des propriétaires fonciers. Même après la victoire de la révolution à l’échelle nationale, il sera nécessaire d’autoriser l’existence, pendant une période, d’un secteur capitaliste de l’économie représenté par la petite et moyenne bourgeoisie sans, bien sûr, lui permettre de contrôler le lien économique vital du pays.
En général, le parti adopte une politique de protection à l’égard de la petite et moyenne bourgeoisie là où s’étend le pouvoir d’état de la nouvelle démocratie.
8. Le lumpen-prolétariat
Cette couche de la société indienne est constituée de ceux qui sont privés de toutes les occasions de participer à la production sociale. Ceci est dû à l’existence d’une vaste armée de chômeurs ruraux et urbains dont le nombre s’élève à plus de 100 millions dans le pays et qui augmentent sans cesse à cause des conditions semi-coloniales et semi-féodales actuelles en Inde. L’augmentation du chômage entraine l’augmentation du lumpen-prolétariat. Les petits voleurs, les cambrioleurs, les criminels, les voyous, les mendiants, les vagabonds, les maquereaux, les prostituées et tous ceux qui sont obligés d’utiliser des moyens illégitimes pour gagner leur vie constituent le lumpen-prolétariat. On les trouve principalement dans les bidonvilles des villes. Un grand nombre d’entre eux migrent vers les villes depuis les villages à la recherche d’un gagne-pain mais privés d’emplois à cause de la crise toujours plus intense dans l’économie indienne, ils finissent criminels et membres de gangs anti-sociaux. Les classes dirigeantes les utilisent souvent comme briseurs de grève, perturbateurs ou comme mercenaires. Certains d’entre eux sont recrutés par les classes dirigeantes dans les milieux contre-révolutionnaires et dans les forces armées réactionnaires.
En raison de sa position dans la société de classe, le lumpen-prolétariat développe une haine à son égard. Par conséquent, il réagi au slogan de la destruction de la structure socio-économique existante. Mais ces gens manquent de qualités constructives et ont l’habitude de la destruction plutôt que de la construction.
Par conséquent, il a un potentiel qui doit être corrigé et employé au service de la révolution. Mais une extrême prudence est nécessaire pour le recrutement dans le parti étant donné qu’il devient souvent la source de tendances rebelles errantes et anarchistes dans le mouvement révolutionnaire et qu’il a une aversion pour la discipline.

CHAPTIRE QUATRE : Les deux stades de la révolution indienne

Le caractère semi-colonial et semi-féodal de la société indienne indique que la première tâche de la révolution indienne est de transformer la société semi-féodale et semi-colonial en une société démocratique, autonome et indépendante en résolvant les deux contradictions fondamentales de la société indienne actuelle et ensuite de construire une société socialiste afin de progresser vers la réalisation de la société communiste. Par conséquent, la révolution indienne doit être mise en oeuvre en deux phases : la phase de nouvelle démocratie et la phase socialiste. C’est parce qu’en Inde, la révolution démocratique bourgeoise n’a pas été achevée comme en Occident.
La première phase de la révolution indienne ne peut être parachevée victorieusement que sous la direction du prolétariat. A l’époque actuelle, nulle autre classe ni parti, excepté la classe ouvrière et un véritable parti communiste à l’avant-garde, ne peut conduire la révolution de nouvelle démocratie à sa victoire définitive. Ceci est du au fait qu’à l’époque actuelle, et tout particulièrement après la révolution d’octobre, aucune bourgeoisie d’aucun pays n’est en mesure de mener une révolution démocratique nationale complète par crainte que la classe ouvrière ne continue la révolution jusqu’à l’apogée du socialisme. Par conséquent, la bourgeoisie se compromet avec l’impérialisme et la volonté lui manque pour mener une révolution complète contre le féodalisme en mobilisant les paysans. Elle s’oppose aux masses opprimées.
Par conséquent, mener la paysannerie en direction de la révolution de nouvelle démocratie est la tâche la plus importante des dirigeants de la classe ouvrière. La classe ouvrière de l’Inde ne peut pas s’affranchir sans s’unir avec la paysannerie qui constitue l’écrasante majorité dans la population d’une Inde semi-coloniale et semi-féodale et qui est exploitée et opprimée depuis une éternité.
Ce n’est qu’en organisant et en étant à la tête de la paysannerie dans la révolution agraire et dasn la révolution démocratique nationale que la classe ouvrière peut donner une direction à la révolution, peut ouvrir grand la voie à leur propre libération de l’esclavage salarial en libérant les paysans de l’exploitation, du pillage et de la dépression de l’impérialisme et de ses chiens courants - les seigneurs féodaux et les capitalistes compradores. Et c’est de cette manière qu’elle peut diriger la révolution, et c’est cette voie du socialisme qui, seule, peut affranchir la classe ouvrière du système de l’esclavage salarial. Les tâches principales de la première phase de la révolution en Inde sont de renverser les trois ennemis principaux du peuple indien - l’impérialisme (et le capitalisme bureaucrate compradore qui est généré par l’impérialisme) et le féodalisme afin de mettre en place une nouvelle Inde démocratique.
La révolution démocratique et la révolution nationale dirigées contre les ennemis principaux de la révolution - l’impérialisme et ses laquais, la grande bourgeoisie et le féodalisme - bien qu’étant deux sortes de tâches fondamentales dans le processus tout entier de la révolution indienne ou de la révolution démocratique populaire, l’une ne peut pas être séparée de l’autre. Etant donné que les impérialistes et leurs laquais compradores, la grande bourgeoisie indienne, sont les principaux partisans et protecteurs du féodalisme, la lutte pour le renversement de l’impérialisme et la lutte pour déraciner le féodalisme sont étroitement liées l’une avec l’autre. Considérant les choses à l’inverse, étant donné que la société indienne dépend principalement du féodalisme, protégé sous l’aile de l’impérialisme et de ses laquais compradores - les capitalistes compradores - donc, la lutte pour déraciner ce féodalisme moribond et la lutte pour annihiler l’impérialisme et le capitalisme bureaucrate compradore qu’il génère sont inséparables l’un de l’autre. Par conséquent, les deux tâches fondamentales de la révolution nationale et de la révolution démocratique sont en même temps distinctes et entremêlées. Il n’est pas juste de considérer la révolution nationale et la révolution démocratique comme deux phases entièrement différentes de la révolution. La teneur principale de la révolution de nouvelle démocratie est la révolution agraire.
La tâche de la deuxième phase est d’établir une société socialiste en portant en avant la révolution jusqu’à son apogée. La première phase est la pré-condition pour la deuxième. Ce n’est qu’en accomplissant les tâche de la révolution démocratique populaire en Inde que nous pourrons poser la base pour la révolution socialiste. La démocratie populaire est une pièce inséparable du socialisme, une pièce inséparable de la révolution socialiste mondiale. Il est erroné d’oublier les relations inséparables entre la démocratie populaire et le socialisme. Il est tout aussi erroné et nuisible de brouiller les deux phases et de penser atteindre le socialisme d’un seul bond.
Aucune phase intermédiaire de dictature bourgeoise ne viendra entre les phase de nouvelle démocratie et de socialisme.

CHAPITRE CINQ : Les tâches de base de la démocratie populaire

Le but de la révolution de nouvelle démocratie est de détruire la politique, l’économie politique et la culture semi-coloniale et semi-féodale et d’instaurer de nouvelles politique, économie politique et culture démocratique. Ce n’est que par la réalisation de cet objectif que les portes pour le développement global de la société indienne peuvent être ouvertes, que la pauvreté et la misère de la population peuvent être redressées et que la base politique, économique et culturelle pour une société socialiste peut être posée. La lutte pour la démocratie populaire est la lutte de toutes les politiques, économies politiques et cultures anti-impérialistes et anti-féodales contre la politique, l’économie politique et la culture contre-révolutionnaire semi-coloniale et semi-féodale. La lutte pour la démocratie populaire est la lutte de tous les anti-impérialistes et anti-féodaux sur la base de l’alliance ouvrier-paysan sous la direction de la classe ouvrière exercée par l’intermédiaire de son avant-garde, le Communist Party, contre l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et le féodalisme. C’est une lutte entre la révolution et la contre-révolution.
La politique démocratique populaire
La tâche centrale de la révolution de nouvelle démocratie est de fonder un état démocratique populaire en renversant l’actuel appareil étatique semi-colonial et semi-féodal grâce à la lutte armée. L’état démocratique populaire signifie l’état de la dictature démocratique de toutes les forces anti-impérialistes et anti-féodales, sur base de l’alliance ouvrier-paysan, sous la direction du prolétariat et est une forme embryonnaire particulière de la dictature du prolétariat. L’état démocratique populaire garanti toutes sortes de liberté, de droits et la démocratie pour les vastes masses des masses laborieuses et essayer également d’assurer la participation des vastes masses de la population dans le travail administratif quotidien en adoptant des méthodes adaptées, défend les intérêts de la population à tous moments tandis qu’en même temps, il exerce une dictature sur les forces impérialistes réactionnaires, la grande bourgeoisie compradore, les gros propriétaires fonciers et tous les parasites qui constituent une petite minorité.
Edifier un front uni du peuple, c-à-d un front uni pour la lutte armée, sous la direction de la classe ouvrière, exercé par l’intermédiaire du Communist Party, contre l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et le féodalisme, et instaurer la dictature démocratique populaire sous la direction de la classe ouvrière est la tâche centrale de la révolution de nouvelle démocratie. Ceci forgera une étroite unité internationale.
L’économie démocratique populaire
La tâche principale de l’économie démocratique populaire est d’ouvrir la voie au développement économique et social du pays et de poser les bases pour une économie socialiste en renversant l’économie semi-coloniale et semi-féodale. C’est l’économie d’une société qui est en transition du capitalisme vers le socialisme sous la dictature démocratique populaire dirigée par la prolétariat.
Toutes les industries, les banques et autres entreprises des impérialistes et de la bourgeoisie bureaucrate compradore seront expropriées et livrées au nouvel état démocratique ; toute la terre des propriétaires fonciers sera expropriée et distribuée aux paysans pauvres sans terre ; il sera mis un terme à l’exploitation des paysans par les usuriers/prêteurs sur gage et les commerçants/marchands, donnant de ce fait libre cours à l’initiative et aux potentialités des paysans. Des coopératives volontaires seront créées et le commerce d’état contrôlera la vie de l’économie du pays. La production capitaliste qui n’a aucun contrôle sur la vie publique, c-à-d du capital national, sera autorisée mais sera sous le contrôle et la réglementation de l’état. Cependant, ce sera l’état démocratique populaire qui jouera le rôle principal dans l’industrie et le commerce et qui contrôlera les cordages économiques du pays. Ceci facilitera non seulement la construction de l’économie démocratique populaire, mais cela ouvrira également la voie à l’économie socialiste. A ce propos, les riches expériences de la Chine socialiste sous la direction du camarade Mao seront prises comme guide.
Renverser le féodalisme moribond et exécuter la révolution agraire, exproprier les capitaux impérialistes et bureaucrates compradores, et les convertir en propriété du nouvel état démocratique, et ainsi ouvrir grand la voie du progrès et du développement de l’économie et de la société indienne en instaurant le contrôle et l’autorité de l’état démocratique populaire sur l’économie du pays - telle est l’essence de l’économie de nouvelle démocratie. Le développement de l’économie démocratique populaire posera la base pour l’économie socialiste.
La culture démocratique populaire
La tâche, au stade actuel de la révolution dans le front culturel est l’établissement d’une nouvelle culture démocratique, c’-à-d une culture scientifique, démocratique et de masse en déracinant la culture semi-coloniale et semi-féodale en même temps que l’idéologie révisionniste moderne. La culture démocratique populaire est une culture anti-impérialiste et anti-féodale. C’est l’héritière de tous les aspects laïcs, démocratiques authentiques et scientifiques du riche héritage culturel des masses opprimées qui sont transmis par l’histoire.
Il est impossible d’armer le peuple idéologiquement, de le rendre conscient et de l’organiser pour la guerre populaire sans la propagande la plus considérable de la culture démocratique populaire basée sur le maoïsme. Comme l’a dit Mao : "Dans le renversement d’un pouvoir politique, la première tâche ordinaire est de s’introduire petit à petit dans le front idéologique et de créer une opinion publique". Pour renverser les classes exploitantes et leur appareil d’état, la première et plus éminente tâche tout au long de la trajectoire de la révolution de nouvelle démocratie est de mener une lute idéologique et de créer une opinion publique en faveur de la guerre révolutionnaire agraire et de la guerre populaire prolongée.
Mao affirme que le révisionnisme est le danger principal. Le révisionnisme moderne est un des principaux ennemis du marxisme-léninisme-maoïsme, de l’idéologie et de la révolution démocratique populaire. La culture révolutionnaire anti-impérialiste et anti-féodale du peuple ne peut pas être instaurée sans lutter contre le révisionnisme moderne. A cet égard, le marxisme-léninisme-maoïsme est l’arme la plus solide dans le combat contre le révisionnisme moderne.
En outre, en Inde, la pensée féodale est profondément enracinée et se manifeste de nombreuses manières, tout particulièrement dans le castéisme, les préjugés contre les minorités religieuses, l’étroitesse d’esprit religieuse, le communalisme, l’intouchabilité, le patriarcat et de nombreuses autres formes. Il faut que le parti instruise les masses contre toutes les valeurs et cultures anti-démocratiques de cette sorte et les remplace par celles basées sur l’égalité, le respect de soi, la laïcité, la dignité du travail et un point de vue prolétarien de classe.
Pour la réussite de la révolution indienne, le front culturel anti-impérialiste et anti-féodal doit être organisé et constamment renforcé. La culture démocratique populaire sera un élément inséparable du front démocratique populaire révolutionnaire anti-féodal et anti-impérialiste général. Une des tâches de ce front culturel est d’éduquer les ouvriers, les paysans et les masses laborieuses au sujet de la lutte révolutionnaire agraire anti-féodale et anti-impérialiste et de la guerre populaire prolongée.
L’état démocratique populaire prendra en main la tâche d’effacer la culture impérialiste et féodale de toutes les sphères des sciences humaines telles que l’économie politique, la politique, la philosophie, la science militaire, l’histoire, la littérature, etc et à sa place, d’établir la culture démocratique populaire.

CHAPITRE SIX : La tâche centrale de la révolution - La prise du pouvoir politique par la guerre populaire prolongée

Comme l’a dit le camarade Mao : "La prise du pouvoir par la force armée, le règlement du problème par la guerre, est la tâche centrale et la forme la plus élevée de révolution. Mais bien que le principe reste le même (pour tous les pays), son application par le parti du prolétariat se manifeste de différentes manières selon les diverses conditions".
Le principe ci-dessus est applicable de la même manière à la révolution indienne aussi. La tâche centrale de la révolution indienne est également la prise du pouvoir politique. Pour accomplir cette tâche centrale, le peuple indien devra être organisé dans l’armée populaire et devra anéantir les forces armées de l’état indien contre-révolutionnaire par la guerre et devra instaurer, à sa place, son propre état - l’état démocratique populaire et devra asseoir sa propre autorité politique. L’acte même de la création d’un appareil d’état du peuple en détruisant, par la guerre, l’appareil d’état autocratique actuel - l’armée, la police et la bureaucratie des classes dirigeantes réactionnaires - est la tâche centrale de la révolution démocratique populaire de l’Inde.
Il est absolument indispensable pour le parti du prolétariat en Inde d’étudier les expériences de la révolution socialiste mondiale, tout particulièrement les expériences des deux grandes révolutions prolétariennes de Russie et de Chine. L’application du principe précité de conduite de la guerre révolutionnaire a suivi deux voies différentes dans les deux pays selon les caractéristiques particulières propres à leurs pays respectifs. La révolution en Russie a pris la forme d’une insurrection armée à l’échelle nationale pour la prise du pouvoir politique, tandis qu’en Chine, la voie traversée par la guerre révolutionnaire fut la voie de la guerre populaire prolongée. Quelles que soient les formes adoptées par les guerres révolutionnaires dans différents pays, le contenu reste le même, c’-à-d la prise du pouvoir par la force armée.
La guerre populaire prolongée est notre voie
Afin de conduire la guerre révolutionnaire en Inde, il est nécessaire pour nous de comprendre les expériences et les résumés théoriques de ces guerres révolutionnaires faites par les camarades Lénine, Staline et Mao. Et il est particulièrement nécessaire pour nous de saisir l’essence de la contribution de Mao sur la science militaire.
En généralisant les expériences des révolutions prolétariennes à l’ère de l’impérialisme, nous pouvons dans les grandes lignes classer les guerres révolutionnaires par catégories dans les différents pays du monde en deux modèles selon le caractères de leurs systèmes socio-politico-économiques respectifs. Si c’est un pays capitaliste où règnent les droits démocratiques bourgeois, le parti du prolétariat prépare la classe ouvrière et ses alliés par l’intermédiaire de luttes légales et publiques - parlementaires, syndicales, grèves générales, agitation politique et d’autres activités de cette sorte - afin d’organiser une insurrection armée à l’échelle nationale à l’heure de la crise révolutionnaire, s’emparant du pouvoir d’abord dans les villes clés et l’étendant ensuite partout dans le pays. En même temps, il renforce l’appareil secret du parti approprié et combine les activités secrètes, illégales et semi-légales avec les activités publiques et légales conformément aux conditions concrètes.
Par conséquent, la voie suivie par la révolution russe est : infliger un coup fracassant décisif, à la vitesse de l’ouragan, d’abord, au centre urbain qui est le centre de contrôle bien fortifié, consolidé et bien organisé du pouvoir d’état de l’ennemi, écraser le coeur de l’appareil d’état de l’ennemi. Etablir le centre de pouvoir de l’état révolutionnaire dans la zone urbaine. Ensuite, étendre rapidement la révolution vers la campagne - marcher vers l’avant en détruisant l’appareil d’état de l’ennemi dans la campagne. Capturer la zone urbaine d’abord, grâce à une guerre de décision rapide d’un point de vue stratégique, instaurer une autorité révolutionnaire dans la zone urbaine, et par la suite, s’emparer des villages et établir l’autorité révolutionnaire dans le pouvoir d’état de tout le pays par l’insurrection et asseoir l’autorité politique révolutionnaire du peuple - telle est la voie générale suivie par la révolution d’octobre en Russie.
Si d’autre part, le pays est dominé directement ou indirectement par une ou plusieurs puissances impérialistes étrangères et est semi-féodal, où il n’y a pas d’indépendance et de droits démocratiques pour le peuple, dès le début, le parti du prolétariat stimule et mobilise le peuple pour la lutte armée, compte sur la paysannerie - la force principale de la révolution - fait des régions rurales arriérées son principal centre de travail, construit une armée populaire et une milice populaire ; crée des zones de base autosuffisantes et solides ou des zones libérées dans l’immense campagne, les étend continuellement au cours de la guerre populaire prolongée (dans une telle situation, les villes sous le contrôle de l’ennemi ressembleront à de petites îles dans l’océan des vastes zones rurales libérées) ; encercle et finalement capture les villes afin de fracasser de manière décisive le pouvoir d’état des réactionnaires et d’instaurer le système d’état et l’autorité politique du peuple dans tout le pays - telle est la voie traversée par la révolution chinoise pour remporter une victoire renversante en 1949. Et l’histoire des révolutions dans les pays coloniaux, semi-coloniaux et semi-féodaux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine ont montré que cette voie est applicable également à tous les pays de cette sorte. Dans tous ces pays, la forme principale de la lutte est la lutte armée et la forme principale d’organisation est l’armée, mais d’autres formes de luttes de masse et d’organisations de masse sont aussi indispensables.
Avant le déclenchement d’une guerre, toutes les luttes et organisations sont organisées en prévision de la guerre et seront à son service directement ou indirectement après que la guerre ait éclaté.
La voie suivie par la révolution chinoise est également applicable dans une Inde semi-coloniale et semi-féodale en raison de similitudes fondamentales dans les conditions de l’Inde et de la Chine pré-révolutionnaire. Ce sont les caractéristiques principales des conditions objectives de l’Inde qui déterminent la voie de la révolution indienne comme celle de la guerre populaire prolongée.
Les caractéristiques principales de la guerre révolutionnaire en Inde
1. L’Inde est un vaste pays semi-colonial et semi-féodal ayant un développement politique, économique et social inégal avec un terrain favorable à la guérilla. Il a été témoin d’une longue période de lutte armée de la paysannerie et assiste aussi maintenant à la lutte de guérilla révolutionnaire agraire actuelle dans laquelle les paysans jouent un rôle héroïque.
2. Notre ennemi est grand et puissant car il a un appareil d’état centralisé et une armée moderne bien équipée.
3. Le Communist Party, l’armée de guérilla et le mouvement révolutionnaire agraire en Inde sont encore faibles.
4. Notre pays est une prison des nationalités où certaines nationalités sont engagées dans d’âpres luttes contre l’état indien pour réaliser leur droit à l’autodétermination.
Puisque ce sont les caractéristiques principales précitées qui fixent les lignes pour guider la guerre révolutionnaire de l’Inde aussi bien qu’un grand nombre de ses principes stratégiques et tactiques, analysons ces caractéristiques plus profondément.
1. L’inégal développement économique et politique et le caractère semi-féodal et semi-colonial de la société indienne sont les caractéristiques les plus importantes qui déterminent en fait nos stratégie et tactique politiques comme nos stratégie et tactique militaires.
L’inégalité dans le développement économique et politique de l’Inde est assez flagrante. D’une part, il y a une économie capitaliste déformée qui est de plus en plus incorporée dans l’économie mondiale impérialiste. L’économie capitaliste a donné naissance à un énorme prolétariat industriel et autres salariés dans les établissements non-industriels faisant à peu près 70 millions de personnes. Ceci garanti que le prolétariat de l’Inde est assez solide et en nombre et dans son organisation pour mener la révolution indienne si elle est imprégnée de l’idéologie du marxisme-léninisme-maoïsme.
D’autre part, l’économie capitaliste coexiste avec, et se tient sur une base semi-féodale prépondérante. Bien que les rapports capitalistes pénètrent le système féodal dans la campagne indienne et qu’ils le remodèlent en partie pour qu’il convienne aux besoins de l’impérialisme, il est impossible (étant donné la collusion entre le féodalisme, le capitalisme bureaucrate compradore et l’impérialisme) d’amener un changement structurel radical dans la base semi-féodale et dans sa super-structure. C’est pourquoi la vaste majorité de la population de l’Inde vit toujours dans la campagne et que dans sa grande majorité, elle se morfond dans des conditions d’existence semi-féodales. La grande majorité de la paysannerie à un urgent besoin de la révolution agraire pour changer les misérables conditions d’existence semi-féodales. Cette situation provient du fait que la révolution démocratique en Inde demeure inachevée et que la question agraire demeure irrésolue. Par conséquent, la teneur de la révolution de nouvelle démocratie reste la guerre paysanne pour la terre et le pouvoir politique - un facteur qui peut être efficacement exploité par le parti pour stimuler et organiser les vastes masses paysannes dans l’armée populaire.
Par conséquent, le prolétariat trouve son allié principal dans la paysannerie et peut la conduire à la victoire dans la guerre révolutionnaire agraire si une stratégie et des tactiques adéquates sont suivies. Il est possible de mettre en place une solide base de masse parmi les paysans et de les mobiliser dans des luttes de classe sous la forme d’une lutte armée pour la saisie de la terre et pour l’instauration de l’autorité populaire à la place de l’autorité féodale. Plusieurs régions dans le pays ont vu une irruption paysanne contre l’exploitation semi-féodale et les rapports de production semi-féodaux, particulièrement depuis la grande lutte de Naxalbari. Au cours des dernières décennies, la guerre révolutionnaire agraire s’est propagée vers plusieurs régions stratégiques dans notre pays et a créé la condition pour un flot interminable de militants et cadres paysans armés dans le mouvement révolutionnaire.
L’inégalité du développement en Inde indique qu’il n’est pas possible d’organiser une révolution simultanée (c-à-d une insurrection armée) dans tout le pays et que la ligne de la prise du pouvoir à l’échelon régional grâce à la stratégie de la guerre populaire prolongée doit être adoptée en se basant sur les régions stratégiques et relativement arriérées de la campagne. Cela signifie que la guerre révolutionnaire doit commencer dans ces régions qui sont relativement plus arriérées et où les contradictions sociales sont vives. La puissance des forces armées des réactionnaires est plutôt inadaptée dans la vaste campagne de l’Inde et l’insuffisance du système de communication et de transport et d’autres infrastructures ne rend pas pratique le mouvement rapide des forces ennemies. Les forces armées populaires - l’armée populaire et la milice populaire - d’autres part, peuvent facilement avancer et battre en retraite selon les besoins de la lutte dans l’immense campagne, c’est à dire qu’il y a suffisamment de place pour leurs manoeuvres face à une grande offensive militaire des forces armées de l’ennemi.
Ainsi, l’immensité de la campagne, l’insuffisance du système de transport et de communication et l’isolement de la campagne éloignée des centres militaires, et par dessus tout, l’inadaptation des forces armées réactionnaires par rapport à l’immensité du pays et de la population, si tout ceci est pris en considération, la force militaire des réactionnaires est relativement faible dans la campagne comparé à celle dans les villes, et par conséquent, du point de vue militaire, la vaste campagne est la plus avantageuse pour une frappe de l’armée populaire révolutionnaire contre l’ennemi. Par conséquent, nous pouvons transformer de grands morceaux de la campagne en zones de résistance rouge, en zones de guérilla, en base de guérilla et en zones libérées en utilisant le terrain favorable qui est abondant dans certaines régions de la campagne indienne. Des zones libérées peuvent également être établies dans les plaines quand la situation nationale et internationale devient plus favorable et que l’armée populaire devient puissante, c-à-d quand la guerre révolutionnaire est à un sommet élevé.
La nature semi-coloniale de la société indienne engendre également des conflits et des rivalités entre diverses puissances impérialistes pour leur domination et leur contrôle sur l’Inde. Ceci ne peut pas manquer de générer de profonds conflits et rivalités parmi les classes dirigeantes indiennes. Une situation politique instable pareille peut être utilisée par le parti du prolétariat pour accélérer le rythme de la construction de zones de guérilla et de zones libérées et de cette façon progresser vers l’achèvement de la révolution de nouvelle démocratie. Ainsi, tandis que la première caractéristique prouve indéniablement que la guerre populaire prolongée, et pas l’insurrection armée, est la voie à suivre par la guerre révolutionnaire en Inde, nous devons analyser les autres caractéristiques pour comprendre comment pourrait être menée la guerre populaire prolongée en Inde.
2. La deuxième principale caractéristique - l’ennemi est grand et puissant avec un appareil d’état centralisé et une armée, des forces paramilitaires et autres bien équipées et bien entrainées - impose au parti du prolétariat de prendre d’extrêmes précautions dès le tout début dans la conduite de la guerre révolutionnaire. Ce facteur souligne la nécessité de mener notre guerre révolutionnaire depuis les chaînons les plus faibles de l’autorité ennemie - les vastes morceaux de la campagne indienne arriérée. Il nous met également en garde contre l’engagement pendant longtemps dans des combats décisifs d’un point de vue stratégique avec les forces armées de l’ennemi et d’utiliser la tactique de la guérilla et de préservation de nos forces tout en détruisant les forces ennemies petit à petit grâce aux méthodes de lutte de la guérilla, d’accumuler les forces en étendant et en approfondissant la lutte armée sur des zones toujours plus larges et de tirer le meilleur parti du terrain favorable dans les régions stratégiques de la campagne.
Il faut toutefois noter que l’ennemi n’est supérieur que du point de vue tactique. Au sens stratégique, les forces armées ennemies ne sont que des tigres de papier. Leurs intérêts sont diamétralement opposés aux intérêts des larges masses et donc n’obtiennent pas la moindre coopération de la part de la population. Leurs capacités morales et de combat sont plutôt limitées essentiellement en raison de leur nature mercenaire ; et la contradiction entre les officiers et les soldats y contribue également considérablement. En outre, puisque la grande majorité d’entre eux sont des paysans en uniforme, l’influence de la guerre révolutionnaire agraire aura un profond impact sur eux.
3. La troisième caractéristique principale, la fragilité du Communist Party, de l’armée de guérilla populaire et du mouvement révolutionnaire dans le pays dans la conjoncture actuelle a une profonde influence sur la nature de la guerre révolutionnaire en Inde. Elle montre que l’armée de guérilla populaire qui est construite au cours des luttes anti-féodales et qui fait progresser les luttes de guérilla révolutionnaires agraires, doit accumuler des forces sur une certaine période avant d’être transformée en la People’s Liberation Army et avant la transformation des zones de guérilla en zones libérées. Elle nous averti également qu’il ne faut pas que nous dévoilions nos forces à l’ennemi ; qu’il faut que nous accumulions considérablement nos forces avant de nous engager dans des combats avec les forces ennemies et que nous construisions un mécanisme de parti clandestin robuste et stable dès le tout début. Ainsi, du contraste vif de la fragilité du parti, de l’armée de guérilla et du mouvement révolutionnaire dans son ensemble avec la puissance des forces armées de l’ennemi, s’élève la stratégie et la tactique de nos forces armées populaires et du parti.
Cependant, cette fragilité ne touche qu’à la situation actuelle. Les conditions pour surmonter cette fragilité se développent relativement. Les habitants se mobilisent déjà dans différentes régions du pays dans les luttes révolutionnaires agraires armées sous la direction du Communist Party, lequel se renforce jour après jour. L’armée de guérilla populaire se développe et la guerre populaire se propage à de nouvelles régions. Puisque notre révolution agraire est une révolution juste, et puisqu’elle défend les intérêts de la majorité de la population, le soutien de la population se renforce jour après jour.
L’infériorité en armes et en d’autres choses peut être compensée en se reposant sur la mobilisation des vastes masses, comme observé avec justesse par Mao :
"La mobilisation du peuple partout dans le pays créera une immense mer dans laquelle noyer l’ennemi, créera les conditions qui compenseront notre infériorité en armes et en d’autres choses, et créera les conditions préalables pour triompher de chaque difficulté dans la guerre… Désirer la victoire et pourtant négliger la mobilisation politique, c’est comme désirer ‘aller vers le sud en conduisant le char vers le nord’, et le résultat serait inévitablement de renoncer à la victoire". Par conséquent, en adoptant la stratégie et les tactiques appropriées et correctes, au moment où la guerre est prolongée, les désavantages de l’ennemi et nos avantages augmenteront tous les deux, et inévitablement, le degré de nos forces et de nos faiblesses et de celles de nos ennemis continuera à changer, et des changements continueront aussi à s’opérer dans la position de relative supériorité et d’infériorité des deux camps. Et, de cette façon, la puissance militaire du peuple atteindra sans arrêt et de manière définitive la suprématie de la puissance militaire de l’ennemi et finalement portera une défaite définitive à la puissance militaire de l’ennemi.
Pour récapituler, au stade initial, c’est-à-dire jusqu’à un certain stade de développement de la guerre populaire, notre puissance militaire a des chances de rester plus faible que celle de l’ennemi. Mais cette puissance de l’ennemi et la faiblesse du peuple ne sont jamais absolues, elles sont relatives, elles sont temporaires. En se reposant sur les vastes régions rurales et sur les paysans pauvres, au moyen de la poursuite de la ligne de masse, de la ligne de classe, des principes de la lutte de guérilla et de la guerre populaire prolongée, en paroles et en faits, comme exposé par le camarade Mao, la puissance militaire du peuple peut progressivement et de manière définitive submerger celle de l’ennemi au moment où la guerre révolutionnaire se prolonge et peut finalement infliger une défaite décisive aux forces armées de l’ennemi. Quelle que soit la vigueur des forces de l’ennemi et quelle que soit la fragilité des forces populaire au début de la guerre révolutionnaire, grâce à la réalisation et à l’application créative des enseignements globaux de la stratégie et des tactiques flexibles de la guérilla et de la guerre populaire prolongée, il est possible d’échafauder un nouveau modèle d’armée, c’est-à-dire l’armée rouge, et d’établir, l’une après l’autre, des zones de base avancées dans les régions rurales arriérées, et il est tout à fait possible de porter vers l’avant la révolution vers sa victoire finale en consolidant et en élargissant petit à petit l’armée populaire et les zones de base grâce aux luttes. En commençant par la grande révolution chinoise, les expériences historiques même des guerres révolutionnaires de pays tels que le Vietnam, le Laos, le Cambodge, etc., témoignent de la vérité précitée.
4. La quatrième caractéristique principale - la contradiction inconciliable entre les différentes nationalités et les classes dirigeantes indiennes occasionnant une confrontation armée incessante - contribue largement à l’affaiblissement de l’ennemi et aide la marche en avant du mouvement révolutionnaire.
Cette situation provient du fait que la révolution démocratique inachevée en Inde a laissé la question nationale irrésolue, et c’est le parti du prolétariat qui doit prendre en main la tâche historique de la résolution de ce problème dans une perspective de classe. Une importante partie de la campagne isolée, la plus avantageuse pour l’instauration de zones libérées rouges d’un point de vue géographique et militaire, est principalement habitée par les nationalités et les tribus mécontentes et agitées qui sont engagées dans une confrontation armée acharnée avec l’état indien. Par conséquent, il devient impératif pour les forces armées ennemies d’être déployées en grand nombre dans des zones toujours plus étendues pour maîtriser les luttes armées menées par les diverses nationalités.
Des centaines de milliers de troupes armées ennemies ont été déployées depuis longtemps rien que dans les états du Cachemire et de Nord-Est. De plus en plus de nationalités pourraient entrer dans une confrontation armée avec l’état indien réactionnaire qui les garde dans un état d’assujettissement et d’oppression, leur refusant leur droit à l’autodétermination. Etant donné qu’une partie considérable des forces armées ennemies sera inévitablement engagée contre la vague croissante des luttes par les diverses nationalités, il sera difficile pour les classes dirigeantes indiennes de mobiliser toutes leurs forces armées contre notre guerre révolutionnaire. Si notre parti peut poser la base correcte pour convaincre les nationalités et les tribus grâce à notre politique de garantie de l’autodétermination pour les nationalités et d’autonomie politique pour les tribus, et former un puissant front uni contre l’ennemi commun (c-à-d l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et le féodalisme) avec ces forces, nous pourrons répandre les flammes de la lutte armée à presque toutes les régions stratégiques dans le pays.
Inutile de dire que ceci sera un grand facteur positif pour la progression rapide de la guerre populaire, l’armée de guérilla populaire devenant la People’s Liberation Army, en instaurant plusieurs zones de base pour ensuite progresser vers la victoire à l’échelle nationale.
Les quatre caractéristiques principales mentionnées ci-dessus déterminent la ligne pour guider la guerre révolutionnaire de l’Inde aussi bien que beaucoup de ces principes stratégiques et tactiques. Il résulte de la première et de la quatrième caractéristique qu’il est possible pour notre parti et notre armée populaire de s’accroître et de vaincre l’ennemi. Cependant, il résulte également de la deuxième et de la troisième caractéristique qu’il est impossible pour notre parti et notre armée populaire de s’accroître très rapidement ou de vaincre notre ennemi rapidement. Par conséquent, la guerre révolutionnaire en Inde sera de nature prolongée.
Toutefois, la situation révolutionnaire peut devenir encore plus favorable pour la progression rapide de la guerre populaire en raison de plusieurs facteurs tels que : intensification supplémentaire de la crise impérialiste ; une guerre avec les pays voisins ou à une échelle mondiale ; intensification des contradictions internes parmi les classes dirigeantes indiennes qui conduira peut-être à une crise politique et à une instabilité encore plus graves, obligeant de ce fait l’ennemi à détourner ses forces armées et ses ressources économiques pour s’occuper des révoltes de masse grandissantes ; les éventualités de l’émergence de révoltes parmi la police, les forces paramilitaires aussi bien que l’armée, et ainsi de suite.
Certaines personnes soutiennent qu’en Inde, il est impossible d’établir des zones libérées, de construire une armée rouge et de se livrer à une guerre populaire prolongée parce qu’il y a relativement plus de développement industriel, des rapports capitalistes de production dans l’agriculture et de meilleurs équipements de transport et de communication, et parce que le gouvernement indien a un puissant système administratif centralisé avec une très grosse armée moderne par rapport à la Chine pré-révolutionnaire. Ces arguments sont faux. Quelle que soit la force de la puissance militaire de l’ennemi et la fragilité de la puissance militaire populaire, en nous basant sur l’immense campagne arriérée - la position la plus faible de l’ennemi - et en nous reposant sur les vastes masses de la paysannerie, désirant vivement la révolution agraire et suivant de façon créative la stratégie et la tactique flexibles de la lutte de guérilla et de la guerre populaire prolongée - comme un repas entier et mangée bouchée par bouchée, exactement de la même manière - en appliquant la meilleure partie de notre armée (une force quelques fois plus solide que celle de l’ennemi) contre différentes parties particulières des forces ennemies et suivant la politique et la tactique de l’attaque soudaine et de l’anéantissement, il est tout à fait possible de vaincre les forces ennemies et de parvenir à la victoire pour le peuple dans des combats singuliers. Il est ainsi possible d’augmenter les forces armées populaires, d’atteindre la suprématie sur les forces ennemies et de vaincre l’ennemi de manière décisive.
Tout en tenant compte des facteurs favorables à l’ennemi, nous devons, dans le courant de la mise en oeuvre de la guerre populaire prolongée, prendre beaucoup plus de précautions et il faut que nous établissions des zones libérées en développant des zones de guérilla en n’oubliant pas qu’il n’est pas possible de construire des zones libérées coup sur coup. Nous devons mobiliser la population dans la lutte de classe plus intelligemment et prudemment, sur base de la ligne de classe et de la ligne de masse. Nous devons nous rappeler que le seul élément positif dont dispose l’ennemi (même cela est temporaire) est la puissance supérieure de l’appareil étatique, tout particulièrement les forces armées mercenaires. D’autre part, tous les autres éléments sont du côté du parti révolutionnaire et de l’armée de guérilla populaire - parmi ceux-ci, le principal étant le motif juste de notre guerre, notre responsabilité historique dans la résolution de la question agraire et de la question de la nationalité qui sont l’aspiration d’une écrasante proportion de la population du pays, la crise croissante et les contradictions au sein des classes dirigeantes et le fait que nous ne menons pas un vieux modèle de guerre conventionnelle mais une guerre populaire en mobilisant la population à une très grande échelle, aussi bien d’un point de vue militaire que politique. Par conséquent, les facteurs favorables à l’ennemi ne peuvent pas changer la nature prolongée de la guerre révolutionnaire qui résulte des caractéristiques principales de notre pays, comme des leçons tirées des révolutions chinoises et russes, et principalement de la révolution chinoise.
Non seulement l’Inde, mais chaque pays a, en plus des caractéristiques générales, ses propres caractéristiques spécifiques et ses propres particularités. Nous devons également nous rappeler que la révolution subira des pertes si nous ne réussissons pas à prendre en compte les caractéristiques spécifiques et les particularités en formulant les principes de base de notre voie révolutionnaire. Toutefois, nous devons garder à l’esprit que ces caractéristiques spécifiques et ces particularités ne peuvent pas transformer les caractéristiques générales de la guerre révolutionnaire ou de la voie révolutionnaire déterminées par ces caractéristiques.
Phases stratégiques
Que la "guerre populaire prolongée" traversera trois phases stratégiques est un principe général (l’expérience des révolutions de la Chine, du Vietnam et d’autres pays ont prouvé ceci). Elles sont (i) Phase de défense stratégique ; (ii) Phase d’impasse stratégique ; et (iii) Phase d’offensive stratégique.
Au fond, notre guerre populaire prolongée suivra aussi ce principe général.
L’expérience des révolutions victorieuses passées d’autres pays révèle le fait que dans une guerre populaire prolongée, la première phase d’offensive stratégique, qui la suivra, se termineront relativement plus rapidement. Cependant, le changement vers les deuxième et troisième phase dépend surtout de la situation nationale et internationale.
Elections parlementaires - notre position
D’après le marxisme-léninisme, la participation ou le boycott des élections sont des formes de lutte et relatifs à la tactique. Mais après l’émergence du révisionnisme de Khrouchtchev, alors que la voie parlementaire et la participation aux élections sont devenus la stratégie des révisionnistes modernes, avec cet aspect en toile de fond, nous ne pouvons pas laisser cette question comme étant simplement une question de seule tactique. Donc, il n’est pas juste de dire que comme toutes les autres tactiques, cette tactique aussi ne peut être utilisée que si elle convient aux conditions concrètes du pays en général et qu’elle est au service de la stratégie révolutionnaire, c-à-d la prise du pouvoir grâce à la guerre populaire prolongée.
Dans les conditions concrètes de l’Inde semi-coloniale et semi-féodale où la révolution démocratique bourgeoise non plus n’a pas été achevée et où existes d’inégales conditions sociales, économiques et politiques, les conditions objectives permettent au parti prolétarien de lancer et de poursuivre une lutte armée dans la vaste campagne. Au nom de la préparation à la lutte armée, la participation aux élections ne fera que saboter le mouvement révolutionnaire. Aucune période pacifique de préparation à la révolution n’est nécessaire en Inde, à la différence des pays capitalistes où les révolutions démocratiques bourgeoises ont été achevées et où l’insurrection armée est la voie de la révolution.
Par conséquent, en règle générale, dans les conditions actuelles dans notre pays, la participation aux élections n’aide ni à développer la lutte de classe révolutionnaire ni à augmenter la conscience démocratique parmi la population. Plus exactement, cela ne fera qu’entretenir les illusions constitutionnelles et les tendances légalistes parmi les rangs du parti et les masses dans leur ensemble.
Certains disent que le parti révolutionnaire doit participer au parlement et aux assemblées, citant trois raisons : 1) il n’y a pas de marée haute de révolution ; 2) que les forces subjectives sont faibles actuellement pour lancer et développer la lutte armée et 3) que le peuple se fait des illusions sur le système parlementaire.
Tous ces arguments sont sans fondements, et n’ont aucun rapport quel qu’il soit avec les réalités concrètes de terrain en Inde. Premièrement, la question du flux et du reflux comme expliquée par le camarade Lénine s’applique aux pays suivant une tactique insurrectionnelle où les périodes de flux sont utilisées pour la préparation à la révolution et les périodes de reflux sont utilisées pour l’insurrection armée ou la révolte. En Inde, une situation révolutionnaire existe et la voie de la révolution est celle da la guerre populaire prolongée, la participation au parlement n’a aucun rapport avec le flux et le reflux de la révolution et la lutte armée peut être lancée et la prise du pouvoir à l’échelon régional peut être accomplie dans la campagne.
Deuxièmement, la participation au parlement n’aide pas à développer les forces subjectives. En vérité, cela les enfoncera seulement dans le légalisme et les détournera de la tâche ardue et minutieuse de la construction d’un parti clandestin, de l’intensification de la lutte de classe révolutionnaire et de la progression de la lutte armée contre l’état. En outre, les expériences de participation aux élections pendant les 50 dernières années prouvent amplement ce fait que, la plupart de ceux qui ont participé aux élections parlementaires en vertu de n’importe quel argument, se sont soit transformés en apologistes du parlementarisme et sont devenus des révisionnistes inébranlables ou ont seulement augmenté les illusions sur le système parlementaire.
L’argument selon lequel le peuple indien se fait des illusions sur les institutions parlementaires et que donc il faut participer pour dissiper ces illusions est encore plus détestable et dangereux. Les institutions et le système parlementaires en Inde sont en grande partie discrédités en Inde aux yeux de la population et la participation dans ceux-ci ne feront que créer ou augmenter les illusions parmi la population. Il n’y a aucune base objective en Inde pour dénoncer le système parlementaire depuis l’intérieur. La meilleure manière de la faire est la propagande directe et l’organisation de la population contre le système parlementaire et électoral sur la base du slogan du boycott des élections.
Ce n’est qu’en encourageant les institutions alternatives de pouvoir populaire au cours de l’intensification de la lutte de guérilla révolutionnaire agraire en cours qu’ils sera possible d’accroître la conscience populaire et d’effacer leurs illusions, quelles qu’elles puissent être, au sujet de l’actuel système parlementaire. De plus, il est nécessaire, dans ce but, de propager abondamment et concrètement de boycotter les élections parlementaires et, en même temps, concernant les organes alternatifs de pouvoir populaire. La tactique de la participation aux élections ébranle la tâche de la construction et du développement de la lutte armée révolutionnaire.
En outre, l’expérience historique en Inde jusqu’ici a seulement prouvé que la plus grande partie de ceux qui ont participé aux élections sont soit devenus des révisionnistes ou ont détourné la lutte armée révolutionnaire dans des directions légales et pacifiques. Les divers groupes marxistes-léninistes de notre pays qui suivent la tactique de la participation aux élections parlementaires s’embourbent de plus en plus dans le bourbier opportuniste de droite, tandis que certains ont déjà renoncé à la lutte armée et sont devenus des révisionnistes.
Par conséquent, nous pouvons déduire que le boycott des élections, bien qu’une question de tactique, acquiert le sens de la stratégie dans les conditions concrètes obtenues en Inde étant donné que ce n’est pas du tout compatible avec la stratégie de la guerre populaire prolongée.

CHAPITRE SEPT : Révolution agraire - Armée populaire - Zones de base

La révolution agraire est l’axe de la révolution de nouvelle démocratie
La révolution agraire est l’axe de la révolution de nouvelle démocratie, et les paysans, brisés et opprimés sous la pression du système semi-colonial et semi-féodal, sont les alliés les plus sûrs et les plus fiables de la classe ouvrière dans la révolution démocratique nationale. La révolution agraire armée est à elle seule la clé pour la création d’un flux sans fin de forces révolutionnaires armées de l’énorme paysannerie et pour la constitution de l’armée populaire invincible.
Ce n’est qu’en dirigeant les paysans dans la révolution nationale et démocratique - le long de la voie de la guérilla révolutionnaire agraire et de la guerre populaire prolongée comme présenté par Mao, qu’une solide alliance révolutionnaire de la classe ouvrière et de la paysannerie peut être formée. Elle servira de base pour le nouveau front uni démocratique plus large avec toutes les forces opposées à l’impérialisme, au capitalisme bureaucrate compradore et au féodalisme - un front uni pour mener la lutte armée, qui est une des trois armes magiques de la révolution.
Par conséquent, notre parti doit propager abondamment le programme révolutionnaire agraire parmi les paysans, principalement parmi les paysans pauvres sans terre et les travailleurs agricoles, dans les régions rurales. Le slogan "La terre au laboureur et le pouvoir au comité paysan révolutionnaire" constituera le slogan principal de la période jusqu’à la création de la zone de guérilla. Par la suite, dans ces zones de guérilla, avec le développement des formes embryonnaires de pouvoir politique populaire, le slogan central sera transformé en "La terre au laboureur et tout le pouvoir au comité populaire révolutionnaire". Au cours du développement des zones de guérilla en zones de base, ce dernier slogan adoptera la forme principale.
Ce n’est qu’en prenant la révolution agraire comme un axe et en nous reposant sur l’immense campagne que nous pouvons stimuler et organiser les paysans - constituant l’écrasante majorité de la population et le principal allié de la révolution - pour la guérilla et créer une puissante armée populaire les libérant de l’exploitation et de l’oppression des réactionnaires. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons progressivement transformer l’immense campagne en zones de base autosuffisantes, solides et fiables - un grand bastion militaire, politique, économique et culturel de la révolution, et depuis ces zones de base, donner des coups efficaces et puissants contre les zones urbaines, les bases comparativement plus fortes de l’ennemi, et libérer petit à petit les villes des mains de l’ennemi, nous emparant ainsi du pouvoir à l’échelle nationale.
Zones de base - autres zones - leur corrélation
Comme nous l’avons vu dans ce qui précède, la ligne de la prise du pouvoir à l’échelon régional doit être adoptée, se basant sur les zones relativement arriérées de la campagne, c-à-d que la guerre révolutionnaire doit commencer dans ces régions qui sont relativement plus arriérées, où les contradictions sociales sont nettes, où l’autorité de l’état est relativement faible et où le terrain est plus favorable pour mener la guérilla.
Bien que l’Inde soit un pays de vastes et étendues zones rurales, notre parti est actuellement toujours faible et confiné dans des zones limitées. Par conséquent, il faut que la direction centrale dresse un plan stratégique détaillé consistant en la sélection de la zone, le déploiement des cadres, les préparatifs idéologiques - politiques - organisationnels - militaires, la concentration des dirigeants, la coordination, etc. Comme notre parti ne peut pas commencer immédiatement à travailler dans toutes les zones rurales du pays, dans le cadre de notre stratégie, les comités d’état doivent prendre en main le travail planifié dans les zones rurales et forestières selon leur force respective. Nous devons d’abord nous concentrer sur ces zones où l’exploitation féodale est à son paroxysme ; où les contradictions sociales, économiques et politiques s’intensifient ; où la lutte de classe s’avive ; où l’ennemi est relativement faible et où les conditions géographiques (montagnes, collines, forêts et autre terrain favorable) sont davantage favorables pour diriger la guérilla. Notre parti, dans la perspective de construire des zones de guérilla et des zones libérées dans de telles zones, doit d’abord donner la priorité à celles-ci dans l’affectation des cadres et la concentration des dirigeants.
Zones stratégiques pour établir les zones de base
En s’appuyant sur les lois de la guerre populaire prolongée en Inde, afin de faire face à un ennemi qui est bien autrement supérieur en puissance, les forces révolutionnaires devront sélectionner les zones dans lesquelles l’ennemi est relativement plus faible et qui sont favorables aux forces révolutionnaires et y développer la guerre révolutionnaire. Notre pays a beaucoup de zones de ce genre qui sont importantes d’un point de vue stratégique et où des zones libérées peuvent être établies. Ces base feront office de levier et ou de point d’appui pour la coordination et la progression de la guerre populaire dans le pays et pour la prise du pouvoir politique à l’échelle nationale.
Ces zone stratégiques sont des régions vallonnées avec une dense couverture forestière, ont des ressources économiques suffisantes, une grande population et une vaste zone forestière s’étendant sur des milliers de kilomètres carrés. Dans des zones pareilles, l’ennemi est faible, et ces zones sont très favorables pour les manoeuvres de l’armée populaire. Dans ces zones stratégiques, nous pouvons vaincre l’ennemi totalement en nous acquittant des tâches de la construction et de la consolidation d’un solide parti prolétarien et d’une puissante armée populaire ; de l’acquisition du soutien populaire et de ressources économiques, tout en développant la guérilla visant à construire des zones de base/libérées dans ces zones.
Nous devons avancer en attachant de l’importance, selon les conditions concrètes respectives, à la création de plusieurs zones de base ou zones de guérilla en se basant sur une zone de base, où à la consolidation des zones de base. Nous devons choisir les objectifs de cette manière en nous fondant sur le modèle des zones respectives et préparer les masses mentalement, leur transmettant une conscience idéologique et politique dès le début. Il faut que nous transmettions la conscience aux forces subjectives tout en les formant conformément aux objectifs précités, de telle sorte qu’elles pourront formuler une tactique appropriée de temps en temps en identifiant les changements se produisant au cours du développement des luttes. Cependant, les zones libérées aussi subiront des changements. Des évolutions telles qu’une zone de base se transformant en zone de guérilla et qu’une zone de guérilla se transformant en zone de base se produiront selon l’état de l’offensive de l’ennemi, l’état de nos forces subjectives et selon la situation nationale et internationale.
Puisqu’en ce moment, les mouvements révolutionnaires progressent dans la vaste ceinture de guerre populaire englobant la zone considérable du Dandakaranya, Jharkhand, Andhra, Bihar, Orissa Border, North Telengana, Koel-Kaimur - ils ont une grande importance stratégique. Nous serons en mesure de construire ces zones en une zone contigüe de lutte armée, chaque zone influençant l’autre. Alors que ces zones se consolident, il faut que nous utilisions leur impact sur les zones alentours et que nous les développions en zones de guérilla, élargissant ainsi la zone de lutte armée. Il faut que nous ayons pour but de développer le mouvement révolutionnaire dans les zones stratégiques de différents états alors que les forces subjectives gagnent en puissance. Nous devons répartir nos forces en conséquences.
Rapport entre les zones stratégiques et les autres zones
En nous fondant sur l’analyse concrète des conditions concrètes actuelles dans le pays, nous avons formulé le programme et la stratégie pour la révolution indienne dans la phase présente et les perspectives futures de la révolution indienne. Nous avons établi la tâche fondamentale, principale et immédiate de la révolution au stade actuel comme étant la création de l’armée populaire et de zones de base dans l’immense campagne et nous avons également décidé que la forme principale de lutte durant la phase de la révolution de nouvelle démocratie en Inde est la lutte armée et que la forme principale d’organisation est l’armée populaire.
La ligne révolutionnaire, la stratégie militaire et politique de la révolution seront les mêmes pour le pays tout entier. Cependant, dans la sphère de la tactique, nous devons prendre en compte les diverses conditions économiques, politiques, sociales, géographiques et culturelles dans les différentes régions du pays ; la puissance des forces subjectives et les changements dans l’équilibre des forces, l’intensité de la lutte de classe et de la lutte armée, etc dans les différentes régions et formuler les formes de lutte, les formes d’organisation et les slogans tactiques appropriés tout en n’oubliant pas que tout ceci doit toujours être subordonné à et être au service de la stratégie globale. Comment appliquer la ligne générale de la révolution de nouvelle démocratie aux conditions variables dans les différentes régions du pays, comment maintenir le rapport dialectique correct entre la stratégie et la tactique, les formes principales et non-principales de lutte et d’organisation, entre la tâche principale et les tâches secondaires, entre les zones stratégiques et les autres zones sont des questions complexes dans la pratique et nous devons nous débattre avec celles-ci en nous basant sur les conditions concrètes et l’application créative du marxisme-léninisme-maoïsme.
En plus des zones stratégiques principales comme mentionné ci-dessus, il y a quatre autres catégories de zones rurales fondées sur leurs caractéristiques distinctes. Celles-ci sont
1) Les zones semi-forestières et de plaines ayant un relief vallonné où les contradictions de classe, particulièrement entre les larges masses de la paysannerie et les forces féodales, sont plutôt aigües. Ici, le terrain peut offrir un avantage supplémentaire mais le facteur principal à prendre en considération est la prédominance des rapports semi-féodaux qui peuvent rapidement conduire à une intensification de la guerre révolutionnaire agraire armée et transformer la région en des zones de guérilla, et plus tard, en zones de base selon la situation globale dans le pays et la puissance de nos forces subjectives.
La guérilla peut être menée dans ces zones pendant longtemps à condition que nous utilisions les saisons et le soutien populaire à notre avantage. Ces zones seront à même de résister à l’offensive de l’ennemi en utilisant le premier type de zones stratégiques comme arrière-garde.
Il faut également sérieusement que nous développions des mouvements de masse révolutionnaires basés sur un programme agraire, dans ces zones ayant une importante population et de vives contradictions de classe. Certains parmi les recrues de l’armée populaire et les dirigeants se mettant en évidence dans ces luttes doivent être affectés aux zones stratégiques. Dans l’ensemble, ces zones seront les centres principaux de recrutement et de provisions pour la guerre populaire.
Les zones contigües à des lacs, les petits îlots, certaines des zones côtières avec un relief favorable, les îlots dans les estuaires etc, peuvent aussi servir de bases saisonnières. On peut mener la guérilla en profondeur en utilisant cette zone côtière (de lourdes pertes peuvent être infligées à l’ennemi en touchant à ses approvisionnements par les routes maritimes).
De même, les zones de plaines adjacentes aux zones stratégiques et les zones ayant des frontières internationales doivent être traitées séparément avec la perspective à long terme de les transformer en zones de base.
2) Les zones relativement avancées où le développement capitaliste dans l’agriculture a eu lieu jusqu’à un certain point, malgré que ce capitalisme soit très déformé et désarticulé. En outre, la question agraire n’a pas été fondamentalement résolue. Les infrastructures telles que les transports et les communications sont assez développées dans ces régions et l’autorité de l’état y est considérablement forte. Néanmoins, ces zones offrent plus d’une occasion pour une mobilisation politique à très grande échelle en même temps que pour la préparation à la guérilla dès le tout début.
3) Les zones côtières qui sont adjacentes aux chaînes de montagnes et de ceintures forestières, c-à-d adjacentes aux zones stratégiques. Bien qu’il y ait un développement relatif des rapports capitalistes dans les zones côtières (les zones adjacentes aux zones stratégiques), à l’intérieur du système semi-féodal global dans le pays, et bien qu’il y ait une infrastructure relativement développée, ces zones doivent être vues par rapports aux zones de base potentielles dans les environs et adopter une tactique différente. La marge de manoeuvre pour une large mobilisation politique existe dans ces zones, et ici aussi, nous devons accorder la plus grande attention à la préparation pour la guérilla dès le tout début.
4) Les nombreux faubourgs ruraux voisins de centres urbains qui ont des liaisons organiques quotidiennes avec les centres urbains. Ces zones suburbaines doivent être classées plus profondément en différents genres selon l’échelle, l’importance et le rôle des centres urbains particuliers dans l’économie, leur proximité des zones de lutte armée, la pondération des différentes classes, particulièrement la classe ouvrière, les traditions des luttes de la classe ouvrière, etc. et les tactiques adoptées doivent être formulées pour les différents types de zones suburbaines. De mini-escouades avec de petites armes et habillées en civil afin de ne pas se faire remarquer, des organisateurs travaillant dans le secret absolu et sous différentes couvertures, des équipes d’actions spéciales peuvent être les formes d’organisation principales dans ces zones. Il faut que l’accent principal soit sur le travail avec une perspective à long terme et également sur le service de liaison entre les zones urbaines et les principales zones rurales.
Bien qu’il soit nécessaire que le parti révolutionnaire formule différentes tactiques pour les types de zones mentionnées ci-dessus, il est encore plus important de garder à l’esprit le rapport entre la tactique et la stratégie globale et la tâche centrale de la révolution ; entre la tactique et la tâche fondamentale, principale et immédiate actuellement ; entre les zones stratégiques du premier type et les autres zones, etc. Par conséquent, il devient impératif pour le parti de formuler scientifiquement les principes tactiques pour toutes ces zones avec une compréhension stratégique afin que la tactique quotidienne puisse être élaborée sur base de ces principes.
(i) Il faut donner la priorité absolue au travail dans les zones stratégiques principales conformément à la ligne de la guerre populaire prolongée dans les conditions concrètes de l’Inde, c-à-d la ligne de la construction de l’armée populaire et de la création de zones de base dans la vaste campagne, et à la marche en avant pour libérer le pays tout entier en se basant sur ces zones de base et l’armée populaire. Tout le travail dans les autres zones doit être effectués en se coordonnant avec cette tâche la plus importante.
(ii) Il faut que nous travaillions avec l’objectif révolutionnaire de prise du pouvoir politique dans toutes les zones dès le tout début.
(iii) Les formes de lutte, les forme d’organisations et les slogans principaux dans les différentes zones doivent être basés sur l’analyse concrète des conditions concrètes relatives aux sphères économique, politique, culturelle et géographique d’une part, et le niveau de conscience politique de la population et l’état de notre mouvement révolutionnaire. Il faut que l’accent soit mis sur l’instauration de la direction prolétarienne (parti) sur les masses opprimées dans toutes ces zones.
(iv) Dans toutes ces zones, tout particulièrement où il y a un développement relativement plus capitaliste avec une plus grande infrastructure et une influence du marché et où l’influence de l’idéologie et de la politique bourgeoise et révisionniste réformiste exerce une emprise et l’influence de notre mouvement est relativement faible dans la situation actuelle, nous devons insister sur la prise en main des questions de masse et de la mobilisation des masse d’un point de vue politique dans les luttes militantes contre l’état, effectuant la préparation nécessaire pour construire la guérilla. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons petit à petit amener les vastes masses de ces zones dans notre giron en plaçant devant elles l’alternative révolutionnaire. Les progrès de notre guerre populaire et la croissance de l’armée populaire et la création de zones de base amènera un changement qualitatif dans la situation de ces zones aussi et nous serons en mesure d’utiliser la situation en notre faveur si la tactique adéquate est adoptée dès le début.
(v) Le parti doit accorder une importance particulière pour faire les préparatifs nécessaires dès le tout début dans toutes ces zones pour bâtir les forces de guérilla en même temps que la milice populaire et pour les renforcer au cours de la guérilla. Il faut donner la priorité maximum aux activités armées secrètes. Nous ne devons pas oublier que toutes les zones autres que les zones stratégiques resteront des zones de guérilla pendant une période relativement plus longue et nous devons donc être plus flexibles dans l’adoption de la tactique. Par exemple, il se peut que nous devions changer notre tactique suivant les changements dans les saisons dans les domaines tels que les campagnes militaires et autres, les formations, le déplacement des forces, etc. Il se peut que nous devions retirer nos forces fréquemment selon l’intensité et l’ampleur des campagnes de répression de l’ennemi. Nous devons également envoyer des forces depuis ces zones vers les zones stratégiques d’après le plan de temps en temps, pour réaliser la tâche principale qui est la création des zones de base. Il faut prendre note de ce facteur dans la formulation de la tactique dans ces zones.
(vi) Dans les états qui n’ont pas de zones stratégiques significatives, il faut faire des plans dès le tout début pour déployer des forces subjectives dans les zones stratégiques des états voisins. Les directions centrales et des états doivent créer une telle compréhension parmi les cadres dans ces états, prendre des décisions concrètes et les mettre en oeuvre.
(vii) Les unités du parti dans toutes ces zones doivent se charger d’envoyer des cadres du parti, des techniciens, des médecins et autres dans les zones stratégiques et à l’armée populaire, leur prêtre leur appui et construire des mouvements de solidarité. Ceci développera la correcte orientation révolutionnaire dans tout le parti, ralliera tout le parti autour de la tâche fondamentale et centrale, instaurera une direction, une coopération et une coordination révolutionnaires entre les différents mouvements dans le pays.
L’armée populaire et les zones de base comme tâche fondamentale, principale et immédiate
La ligne très générale de la guerre populaire prolongée indique que la tâche fondamentale, principale et immédiate de la phase actuelle de la révolution est de stimuler et d’organiser la population d’une manière planifiée pour la guérilla révolutionnaire agraire dans la campagne - spécialement dans la campagne isolée (qui est la plus favorable pour la création de la guérilla, de l’armée populaire et des zones de base) et de construire l’armée populaire et des zones de base rouges rurales grâce à la guérilla.
Par conséquent, tout en développant les zones de guérilla et la guérilla, il faut que nous concentrions nos forces dans les zones stratégiques et que nous accordions de l’importance à la création de zones libérées. Nous devons organiser la population de manière complètement planifiée pour la guérilla révolutionnaire agraire dans la campagne, tout spécialement dans la campagne isolée qui est la plus favorable pour la création de la guérilla, de l’armée populaire et des zones de base, pas seulement d’un point de vue économique et politique, mais également d’un point de vue géographique et militaire, et accorder de l’importance à la création de l’armée populaire et des zones de base rouges rurales grâce à la guérilla.
En l’absence de zones libérées, il est n’est pas possible de faire progresser ni la guérilla en cours ni les zones de guérilla. L’armée de libération populaire devra se reposer sur la zone libérée pour la préservation et l’expansion de ses forces et pour la destruction des forces ennemies. En un mot, "Les armées de guérilla dépendant de ces base stratégiques pour accomplir leurs tâches stratégiques". Les zones libérées constituent les arrières des armées de guérilla. En outre, en instaurant le pouvoir politique démocratique populaire dans une zone précise, et en mettant en oeuvre dans la pratique les tâches de la révolution agraire, il deviendra possible de non seulement considérablement enthousiasmer la population dans d’autres régions du pays, mais également d’encourager la confiance en eux et de créer des zones de lutte partout. Ainsi, par la réalisation de cette tâche, il est possible d’accroître et d’activer la marée haute révolutionnaire partout dans le pays, et grâce à ceci, une base peut être posée pour la création de nouvelles zones de base, et pour la progressive consolidation et expansion de l’armée populaire et des zones de base. De cette manière, nous serons en mesure de faire subir d’importantes pertes aux classes dirigeantes exploiteuses, de presser le tempo de la révolution, et d’ouvrir la voie pour porter en avant la guerre révolutionnaire vers la victoire finale.
Etant donné que la création de l’armée populaire et des zones de base rouges sont un pas indispensable et très important vers la provocation d’un bond qualitatif dans la guerre populaire en cours dans le pays, notre priorité impérieuse et absolue est de saisir fermement la tâche de la construction de l’armée populaire et des zones de base comme étant la tâche principale et immédiate de l’époque actuelle, et d’orienter tout le travail du parti dans ce sens. Notre devoir impératif est de mener fermement cette tâche immédiate et principale de l’époque actuelle en adhérant à la ligne et à la politique correctes, à la planification et à la méthode - à la ligne de travail correcte, menant simultanément la lutte contre l’opportunisme de droite et de ‘gauche’ de différentes nuances et couleurs sur ces questions.
Développer la résistance rouge - Achever les préparatifs pour les zones de guérilla
Selon notre ligne générale de d’abord établir des zones de base dans l’immense campagne arriérée et d’ensuite progressivement s’étendre vers les zones avancées et finalement encercler les villes, nous devons d’abord sélectionner les zones stratégiques pour commencer notre travail rural. La direction centrale et la direction de l’état concerné doivent jouer le rôle déterminant dans le choix des zones dans les états respectifs en dehors de certaines zones stratégiques directement sous la direction centrale. Ceci est tout à fait indispensable afin d’éviter la spontanéité dans notre travail.
Il faut que la zone sélectionnée soit suffisamment grande afin d’avoir assez de place pour manoeuvrer face à la violente offensive de l’ennemi. Bien qu’il se peut que nous commencions le travail au coeur de la zone sélectionnée, il faut que nous ayons une perspective concrète pour étendre le mouvement à la zone toute entière à l’intérieur d’un plan limité dans le temps. En choisissant la zone, nous devons également prendre en considération les conditions économiques, sociales, politiques, géographiques et culturelles. Il faut aussi que la question de l’autonomie économique soit un facteur dans la sélection de la zone en gardant en vue la perspective de construire et de maintenir la zone de base. La priorité absolue doit être donnée au premier type de zones stratégiques. Dans les états où de telles zones n’existent pas, le deuxième type de zones stratégiques pour être choisi ou les zones stratégiques contigües à l’état où elles existent peuvent être choisies sous les conseils de la direction centrale. Les petites villes et les centres urbains qui font partie de ces zones stratégiques doivent être considérées comme faisant partie intégrante de ce travail.
Il faut que les comités concernés donne la priorité absolue à ces zones dans l’affectation des cadres. Il faut que suffisamment de cadres dirigeants soient affectés et les cadres doivent être envoyés suivant les besoin croissants du mouvement dans ces zones de temps en temps. Les cadres envoyés doivent être préparés sur le plan idéologique, politique, organisationnel et militaire pour se débattre avec les problèmes complexes qu’ils rencontreront au cours de la mise en place du développement de la lutte armée. Il faut aussi que le parti tout entier soit préparé par les dirigeants pour orienter tout le travail en accord avec le travail dans les zones en perspective.
Une fois qu’une zone est sélectionnée, la première tâche importante à exécuter est d’entreprendre une enquête sociale, c-à-d la forme concrète d’exploitation et d’oppression et l’analyse concrète de classe ou les rapports de classe dans la zone, décider qui sont nos amis et qui sont nos ennemis, avec qui s’unir et qui prendre principalement pour cible, et les questions à aborder pour la mobilisation et les masses opprimées. En dehors des questions économiques des différentes classes, particulièrement les classes de base, nous devons également identifier les questions politiques majeures pour mobiliser les masses. Une autre tâche majeure est d’entreprendre une étude concrète du terrain de la zone, dans la mesure du possible, avant de commencer le travail. Il se peut qu’il devienne également nécessaire pour nos brigades ou les organisateurs de se familiariser avec le terrain au tout début selon notre évaluation de l’ennemi.
La forme d’organisation qui doit être installée dans la zone doit, par principe, toujours dépendre de la forme de lutte qui doit être adoptée ou qui est possible au moment donné. En règle générale, dans toutes ces zones arriérées ayant un terrain favorable, il est possible de choisir la forme armée de lutte dès le tout début étant donné que c’est la forme principale de lutte dans toute la période de la révolution de nouvelle démocratie. Par conséquent, toute notre orientation, concentration et planification concrète doivent concorder avec ce principe de développement de la lutte armée comme forme principale de lutte. Cela signifie que nous devons propager la politique de la prise du pouvoir parmi les paysans, tout particulièrement parmi les paysans pauvres et sans terre, dès le tout début, et les organiser dans des luttes militantes en nous emparant des questions de leurs problèmes quotidiens et également des revendications fondamentales de terre, de démocratie et de pouvoir politique pour le peuple. Nous devons les organiser et les armer pour ces revendications. Nous devons entretenir un lien étroit correct entre ces quatre aspects, à savoir la propagande, l’enquête, la lutte et l’organisation. De cette façon, nous devons lancer et progressivement développer une lutte de résistance rouge et une lutte pour anéantir le féodalisme - en bloc.
Dès le tout début, nous devons mobiliser les masses sur les slogans : "La terre au laboureur !", "Tout le pouvoir aux comités paysans !", "Sans pouvoir, le peuple n’a rien !" et "Sans armée populaire, le peuple n’a rien !".
Pour concorder avec les slogans et les formes de luttes mentionnés ci-dessus, nous devons créer des organisations armées de la paysannerie dès le tout début dans ces zones stratégiques. D’abord, lorsque nos forces sont trop faibles, nous devons travailler secrètement parmi les paysans pauvres et sans terre afin de nouer des contacts suffisants et de les amener dans les organisations paysannes principalement clandestines sous la direction de notre parti. Nous pouvons commencer notre travail soit sous la forme d’organisateurs clandestins ou sous la forme de brigades dépendant directement de notre force et d’autres éléments. Quelle que soit la forme que nous adoptions dans l’organisation des masses, il faut que notre objectif central soit d’amener les éléments militants et ayant une conscience politique, particulièrement issus des classes de base, dans les organisations ou comités paysans clandestins.
En même temps que les organisations ou comités paysans secrets, nous devons également former des organisations de paysans plus larges et publiques partout où les conditions le permettent et lancer des luttes militantes sur les questions contre l’exploitation impérialiste - bourgeoise bureaucrate compradore - féodale et contre l’appareil étatique. Lorsqu’on travaille ouvertement dans une situation pareille, nous devons prendre la précaution de ne pas dévoiler le cadre de notre parti et de travailler à couvert. Selon la situation, il se peut également que nous utilisions les organisations publiques, même si c’est temporaire, pour établir les contacts nécessaires parmi les masses dans le but de constituer les organisations de masse clandestines de la paysannerie. Etant donné que la lutte doit être intensifiée et devra prendre la forme armée dès le tout début, nous devons insister sur la construction de l’organisation clandestine des paysans dès le commencement. La forme d’organisation publique des paysans doit, par conséquent, être subordonnée à notre ligne générale de construction de comités paysans clandestins et d’unités de guérilla armées le plus tôt possible.
Dès le tout début, il faut que le parti se concentre sur l’enseignement aux paysans de la politique de la prise du pouvoir, et dès le tout début, la population doit être rendue consciente et doit tremper dans les activités secrètes et illégales. S’il manque aux paysans la perspective de la prise du pouvoir et de la construction de l’armée populaire pendant qu’ils porte en avant la lutte paysanne, même si le mouvement est de grande envergure et solide, il finira assurément par devenir de l’économisme et du réformisme. Il faut toujours que l’objectif principal soit de stimuler et d’organiser les masses pour la guérilla et la guerre populaire prolongée avec l’objectif de la prise du pouvoir d’état et de créer un flot interminable de forces armées révolutionnaires dans la campagne pour développer les luttes de guérilla et les organisations de guérilla.
Le Communist Party of China a aussi fait remarqué cela avec justesse après le déclenchement du glorieux soulèvement de Naxalbari : "Les luttes qui sont combattues par les pauvres paysans d’Inde contre l’expropriation des terres et pour récupérer les terres, pour la diminution du loyer et contre les différentes sortes de loyers et de taxes, sont certainement nécessaires ; mais ces mouvements doivent être étroitement associés à la lutte pour la prise du pouvoir par la lutte armée, et la lutte armée doit être développée en tant que forme principale de lutte ; parce que, autrement, il est impossible pour les paysans de parvenir à la libération totale par le déracinement total du féodalisme".
Il est clair que les propriétaires fonciers et l’appareil d’état réactionnaires déclencheront invariablement toutes sortes d’attaques violentes en vue d’écraser dans l’oeuf toutes les flammes révolutionnaires des luttes paysannes. Le gouvernement déploiera sérieusement les forces armées et déclenchera une campagne de répression. Par conséquent, l’organisation du parti doit se préparer à l’avance pour résister à ces attaques. Par conséquent, dans la phase de lutte de résistance rouge elle-même, nous devons non seulement former des brigades de guérilla locales, des brigades de guérilla spéciales et la milice populaire, mais également armer et entraîner les habitants du village autant que possible afin d’offrir une contre-résistance aux attaques des ennemis locaux et à la campagne de répression de l’état de la lutte de guérilla révolutionnaire agraire anti-impérialiste et anti-féodale.
Donc, dès le tout début, le parti et le comité paysan révolutionnaire doivent former les paysans à faire face à l’attaque des propriétaires fonciers avec des armes et à créer les brigades d’autodéfense pour défendre leurs luttes. Mobiliser les masses à une grande échelle suscite la peur et la terreur rouge parmi les réactionnaires. Les actions de brigade seules, sans aucune relations avec la population, ne créent pas une situation pareille, par conséquent, notre volonté est d’impliquer beaucoup les masses dans de telles activités de guérilla. Dans le processus d’armement des militants qui sont jetés dans les luttes anti-féodales, anti-impérialistes et anti-états sur une base continue, il faut que nous intensifions la guérilla. Pour ceci, il faut que soit établi un plan précis limité dans ale temps pour construire les brigades armées d’autodéfense, les brigades villageoises de défense et la milice populaire au niveau du village dans le but de construire la PLGA. Des forces régulières telles que les LGS/LRG et les SGS doivent être créées selon le plan pour tous les comités de parti. Il faut que le recrutement se fasse principalement dans la classe ouvrière et la paysannerie pauvre et sans terre moyenne et inférieure, et aussi dans les foyers secondaires tels que les jeunes, les femmes et les sections de la petite-bourgeoisie.
Nous devons recourir à des actions pour armer la population en nous emparant des armes des ennemis de classe, c-à-d de la classe des propriétaires fonciers etc, et des forces de police et paramilitaires. Ensuite, nous devons recourir à des actions contre la police et les autres forces de l’état chaque fois que c’est possible, et renforcer le moral des masses. Nous devons suivre le principe de disperser les forces pour soulever les masses et de concentrer les forces pour attaquer l’ennemi. Il faut ainsi que le parti prenne les mesures nécessaires consciemment pour construire l’armée de guérilla populaire.
Nous devons également créer différents types d’organisations de masse démocratiques et révolutionnaires telles que l’organisation des étudiants, des jeunes, des femmes, etc, et coordonner leurs activités avec les programmes révolutionnaires agraires armés. Les divers comités de parti doivent dresser les plans adéquats pour entrer dans ces sections, lancer les luttes, recruter des forces issues de ces sections en sélectionnant les éléments avancés et en élevant leur conscience politique.
Les luttes dans la phase de résistance rouge seront menées dans une série de vagues et pour cette raison, il faut que le parti utilise consciemment les intervalles intermittents entre une lutte et la suivante pour consolider les résultats de la lutte. Ici, consolidation signifie enseigner à la population la politique de la prise du pouvoir d’état, davantage renforcer l’organisation de parti clandestine, les organisations paysannes révolutionnaires, les brigades villageoises d’autodéfense et les brigades paysannes de guérilla, faire réaliser à la population la nécessité de forger l’unité avec les autres sections des masses anti-impérialistes et anti-féodales pour mener des combats toujours héroïques contre l’ennemi commun, développant sa conscience socialiste et la faisant sortir de toutes sortes d’influence révisionniste et construire le parti avec les militants émergeant des luttes de masse. Ce processus de consolidation et, avec lui, l’affaiblissement de la mainmise des propriétaires fonciers sur la vie politique, sociale et économique du village, et l’instauration de la direction ferme du prolétariat sur les larges masses dans le village n’aura lieu qu’au cours de l’intensification de la lutte de classe révolutionnaire dans ce village et la base sera posée pour constituer les comités populaires révolutionnaires.
Au moment où la lutte s’intensifie et atteint une situation cruciale, tout mouvement doit soit progresser soit décliner mais ne peut pas rester à faire du sur-place. A ce moment-là, il doit forcément se transformer en zone de guérilla, autrement, il ne peut pas se maintenir. Pendant ce processus, les actions de résistance sous forme d’action de guérilla contre les forces armées de l’état augmentent, les forces armées révolutionnaires deviennent plus fortes et la lutte entre elles et les forces armées de l’état devient principale provoquant un changement qualitatif dans toute la situation qui conduira à la formation de la zone de guérilla. Afin de parvenir à ceci, le rôle conscient des dirigeants est très important. Par conséquent, il faut que la direction formule les tactiques appropriées et trace des plans limités dans le temps ainsi qu’elle assure leur réelle mise en oeuvre.
Il est extrêmement nécessaire de préparer le parti tout entier à orienter tout son travail relativement à la tâche principale de la construction d’une armée populaire et du développement des zones de résistance rouge en zones de guérilla et en zones de base. Il faut que toutes les autres tâches soient élaborées afin d’être au service de cette tâche immédiate, principale et fondamentale, et toute le parti doit être prêt à tout type de sacrifice pour s’acquitter de cette tâche. Nous ne devons pas oublier ce que le camarade Mao a dit à cet égard : "chaque membre du parti doit être disposé à prendre les armes et à aller au front à n’importe quel moment" et "le parti tout entier doit prêter une attention intense à la guerre, doit étudier les affaires militaires et faire attention à la guerre, doit étudier les affaires militaires et se préparer pour combattre".
La transformation d’une zone de guérilla en zone de base
Pour transformer la zone de guérilla en zone de base, nous devons avoir un parti communiste solide, une People’s Liberation Army et un front uni révolutionnaire. Nous ne pouvons atteindre cet objectif qu’en développant la guérilla avec une compréhension politique correcte et un plan concret. La guérilla doit viser à la création de zones libérées. La formation d’une People’s Liberation Army est vitale pour la réalisation d’une zone de base.
Dans une zone de guérilla, la guérilla ne se déroulera pas de la même manière du début à la fin. L’intensité de la guérilla continue à augmenter au cours du développement de l’armée de guérilla populaire. Il faut que nous identifions les différentes conditions existant dans les différentes zones durant les différents moments et que nous formulions les tactiques, les méthodes de travail et les plans limités dans le temps qui correspondent aux conditions respectives et que nous travaillions avec une ferme détermination. Dans les zones de guérilla, l’armée de guérilla et la guérilla seront les formes principales d’organisation et de lutte. Alors que la People’s Liberation Army continue à se consolider, la guérilla s’intensifie. Dans les zones de guérilla, il y aura, dans l’ensemble, une dispute pour le pouvoir politique entre l’ennemi et nous. Il y aura la destruction du pouvoir politique de l’ennemi et la construction du pouvoir politique populaire. Mais ici, il faut comprendre que tant que la destruction est principale, la construction devrait être secondaire. Lorsque les forces de guérilla ont le dessus, le pouvoir populaire peut exister. L’autorité de l’ennemi continuera provisoirement lorsque les forces de guérilla se retireront face à l’attaque de l’ennemi. Il ne peut pas y avoir de double pouvoir dans la même zone simultanément. Ce sera soit le pouvoir de l’ennemi, soit le nôtre.
Dans la zone de guérilla, l’ennemi sera relativement plus fort que les forces révolutionnaires. La mobilisation de la population dans la guerre populaire est la seule manière de changer l’équilibre des forces entre l’ennemi et les forces révolutionnaires. Afin de chasser les forces réactionnaires et de sérieusement stimuler les masses dans les luttes, l’armée de guérilla populaire doit faire progresser la guérilla dans les endroits où l’ennemi est faible d’un point de vue militaire. A moins que la PLGA ne détruise les plus petites unités de l’ennemi de manière décisive, elle ne peut ni s’accroître ni armer la population.
Les effets des avances et des retraites dans une guerre montrent leur impact sur la mobilisation de la population et sur ses luttes. Lorsque les forces révolutionnaires se portent en avant et prennent l’avantage, la population est prête à accepter de nouvelles tâches. Lorsque l’ennemi a le dessus, la population est démoralisée dans une certaine mesure temporairement. Le parti et l’armée s’affaibliront également dans une certaine mesure. Le parti doit, c’est son devoir, rester parmi la population, l’organiser et la diriger une fois de plus durant la répression, lorsque les forces populaires battent provisoirement en retraite. En raison de ceci, la population entrera dans les luttes d’une manière bien plus massive qu’auparavant.
Il faut que nous développions les zones stratégiques ayant une bonne base de masse et un terrain favorable à l’intérieur des zones de guérilla en bases de guérilla pour l’instauration du pouvoir politique populaire, pour la formation politique et militaire de nos propres forces, pour la préservation de nos propres forces, pour faire progresser la révolution et pour provoquer un changement dans l’équilibre des forces en portant des coups violents à l’ennemi. La milice populaire, les unités de parti, les organes de pouvoir politique populaire et les diverses organisations de masse seront relativement puissantes dans les bases de guérilla. Nous devons davantage intensifier la guérilla en nous concentrant sur l’anéantissement de l’ennemi dans les zones vulnérables, son expulsion de cette zone et la consolidation des forces révolutionnaires. Le rapport entre le nouveau pouvoir politique, apparaissant et se consolidant dans ces bases de guérilla et le pouvoir politique à l’extérieur de celles-ci, aura la nature d’un double pouvoir. Il y aura un conflit entre ces deux pouvoir, chacun cherchant à éliminer l’autre et à stabiliser son propre pouvoir. Dans des bases de guérilla comme celles-ci, il faut que la population soit stimulée politiquement, que l’armée de guérilla populaire et le pouvoir politique populaire soient consolidés et renforcés et que le pouvoir politique soit étendu au reste des zones de guérilla.
Un effort délibéré est très indispensable pour constituer des bases de guérilla. Il faut que le travail commence avec un bon plan limité dans le temps et une ferme détermination. La direction centrale doit être attentive. Des cadres suffisamment conscients doivent être affectés et politiquement motivés. Il faut que le plan pour instaurer le pouvoir politique et le parti soit établi. Les cadres de la PLGA et du parti assignés pour les Revolutionary People’s Committees doivent travailler en coordination pour activer le processus de formation de la base de guérilla. Les comités du centre et de l’état doivent apporter une concentration toute particulière afin de créer une/des base/s de guérilla et de généraliser l’expérience concrète dérivée. Puisque ces zones sont politiquement, économiquement et socialement très arriérées, le parti doit faire tout particulièrement attention à développer la conscience des masses et également à l’instruction des masses. Il faut qu’il s’efforce de politiquement mobiliser toutes les personnes qui soutiennent la révolution pour un but commun, c-à-d pour établir une nouvelle société démocratique. Les dirigeants du parti doivent travailler de façon créative pour mobiliser la population en formulant des slogans concrets en accord avec la ligne générale.
Lorsqu’il y a une importante offensive ennemie sous la forme d’une campagne d’ ‘encerclement et anéantissement’ menée dans de telles zones, il ne faut pas que nous faisions de tentative vaine pour obstinément conserver toute notre force à l’intérieur de la zone d’encerclement au nom de la persévérance dans le travail ou que nous maintenions le contrôle sur la zone. Au contraire, nous devons rapidement organiser en brigades mobiles une majeure partie de notre force qui peut être rendue mobile et les déployer à l’extérieur ou autour de la zone d’encerclement. En même temps, il faut que nous poursuivions les attaques depuis les lignes extérieures en même temps que les attaques en provenance de l’intérieur de la zone d’encerclement.
Les bases de guérilla sont transitoire de nature. Si nous voulons mener la guérilla avec force, si nous voulons changer les zones de guérilla en zones libérées, alors la question de la création des bases de guérilla aura une importance particulière. Ces bases de guérilla constitueront les foyers à l’intérieur des zones de guérilla pour le développement d’un parti solide, d’une forte armée de libération populaire et d’un front uni tout en, en même temps, créant des conditions favorables pour l’instauration de zones libérées, en augmentant le pouvoir politique par vagues et en stimulant le temps de la révolution. Alors que le nouveau pouvoir politique dans les bases de guérilla continue à se stabiliser, des changements doivent être amenés dans les rapports de production tout en intensifiant la révolution agraire. La terre doit être répartie sur la base de la terre au laboureur et le mouvement coopératif parmi la population doit être encouragé pour le développement de l’agriculture. La forme embryonnaire du nouvel état démocratique doit être consolidée. Par conséquent, il faut comprendre que la formation de la base de guérilla signifie un progrès significatif dans le processus de construction de la zone de base. Ceci produira un impact sérieux sur la population dans les zones autour de la base de guérilla et lui donnera envie de participer plus considérablement dans la guerre populaire.
Afin de faire échouer la campagne offensive de l’ennemi, il faut que l’armée de guérilla populaire mobilise beaucoup la population pour des actions politiques et militaires et qu’elle continue abondamment les opération d’anéantissement de l’ennemi, ce qui inclu également les actions de sabotage. L’armée de guérilla populaire se transforme en armée de libération populaire en acquérant les caractéristiques d’une armée régulière au cours de son développement. La guérilla se développe en guerre mobile. Le pouvoir populaire sera instauré dans les zones de guérilla en anéantissant totalement l’ennemi dans cette zone avec le soutien actif de la population et cette zone se changera en zone libérée. Il se peut que les zones de base formées d’une telle manière soient instables et changent de mains entre nous et l’ennemi. Afin de les consolider en bases stables, nous devons formuler les plans adaptés.
Cependant, il n’existe pas de condition préalable selon laquelle les zones libérées ne peuvent être atteintes invariablement que grâce à la création de bases de guérilla. L’armée populaire, quand elle s’accroit à un niveau suffisant, et dans des conditions favorables, peut même entrer directement dans des zones de guérilla ou des zones stratégiques, mener des batailles décisives contre l’ennemi et établir des zones libérées. Dans une circonstance pareille, les plaines aussi se font influencer et, selon les saisons et d’autres facteurs favorables de cette sorte, des bases de guérilla peuvent être formées là si nous pouvons soulever les masses sur une grande échelle et repousser l’attaque ennemie, détruisant considérablement le réseau ennemi et les forces ennemis dans la zone.
Dans les plaines, la guérilla se poursuivra pendant longtemps. Tirant parti des saisons, des bases de guérilla temporaires peuvent être développées dans ces zones dans les plaines qui ont un terrain favorable et une forte base de masse politique. Dans de telles conditions, le pouvoir politique peut être maintenu même si c’est pour une courte période. En même temps, il faut que la guérilla soit développée en stimulant la population grâce au programme de la révolution agraire, et que le recrutement soit beaucoup augmenté pour renforcer l’armée de guérilla populaire. L’instauration du pouvoir dans les plaines se fera de manière fortement ondulatoire. Des organes de pouvoir populaire se formeront dans certains villages où la conscience populaire est développée. Mais on ne doit pas oublier que les organes de pouvoir politique populaire dans les plaines seront instables jusqu’à ce qu’un stade soit atteint où l’armée de guérilla populaire inflige des défaites significatives aux forces ennemies. Dans les zones de guérilla et dans ces zones où notre travail continue avec la tâche de former des zones libérées, il faut que nous organisions les habitants dans les luttes en les rassemblant autour des slogans concrets suivants. Ceci a lieu par l’intermédiaire des Revolutionary People’s Committees, dans le cadre de la politique de prise du pouvoir d’état.
1. Renverser l’autorité féodale ; instaurer le pouvoir politique populaire
2. Reprendre les terres des propriétaires fonciers, les terres du gouvernement et des autres institutions exploiteuses et les distribuer aux paysans pauvres et sans terre.
3. Construire la milice populaire armée !
4. Mettre fin au remboursement des créances et des intérêts aux propriétaires fonciers et aux prêteurs sur gage !
5. Arrêter de payer des taxes, des impôts et des prélèvements au gouvernement !
6. Le droit sur la forêt appartient aux Adivasis et au peuple laborieux. Mettre fin au pillage des richesses forestières par les impérialistes, la bourgeoisie bureaucrate compradore et les gros entrepreneurs.
7. Développer l’agriculture et le mouvement coopératif ! Augmenter la production et atteindre l’autonomie dans tous les domaines !
La mise en oeuvre des slogans ci-dessus, en mobilisant toutes les forces anti-féodales dans les luttes contre l’exploitation impérialiste et l’exploitation des classes de propriétaires fonciers et de la bourgeoisie bureaucrate compradore, sera la tâche politique la plus urgente. A la suite de la mobilisation politique qui a lieu sur base des slogans ci-dessus, les paysans intensifieront beaucoup la lutte de classe sous la forme de la lutte armée ; ils fourniront d’innombrables guerriers pour l’accroissement de la PLGA et pour le développement de la PLGA en PLA. Cela fera mûrir les conditions pour la création de la zone libérée.
Une zone libérée est une zone spécifique où l’ennemi a été détruit complètement et où l’autorité du gouvernement populaire révolutionnaire est établie. Si une telle zone libérée doit être créée, alors, une armée de libération populaire bien entraînée, c-à-d une armée régulière, bien entraînée sous un commandement militaire centralisé et ayant la capacité de vaincre l’ennemi doit avoir vu le jour. Il faut que la majorité des masses opprimées dans cette zone ait été éduquée à la politique révolutionnaire et préparée à constituer des organes de pouvoir politique. Les comités révolutionnaires populaires, qui sont les organes du pouvoir politique populaire, se transformerons en Revolutionary People’s Councils. Une couche de ces conseils révolutionnaires populaires sera construite à partir du niveau du village jusqu’au niveau de la zone libérée. Il faut que la population, en soutien à la People’s Liberation Army, s’arment dans les organisations de milice populaire. Un Communist Party doit fournir une direction pendant l’exécution de toutes ces tâches. Sous ces conditions, une zone libérée ne peut ni être formée ni pouvoir se maintenir après création.
Lorsque nous prenons en considération une des principales caractéristiques particulières de notre pays, c’est à dire l’existence d’un appareil étatique centralisé puissant, alors, la création de zones libérées stables comme en Chine sera une tâche relativement difficile. Cependant, en développant plusieurs zones arriérées dans le pays en zones de guérilla grâce à l’intensification de la lutte de classe, nous serons en mesure de créer une situation pour les conflits armés avec les forces armées gouvernementales. Par ceci, nous serons capables de disperser les forces ennemies et nous pourrons transformer certaines zones, qui sont avantageuses géographiquement, en zones libérées. Plusieurs évolutions politiques qui s’opèrent dans le pays et à travers le monde aideront aussi ceci en créant des conditions favorables.
Par exemple, en conséquence de l’intensification des contradictions internes parmi les impérialistes, il se peut aussi que s’intensifient les contradictions internes parmi les classes dirigeantes de l’Inde, causant une crise politique et une autorité instable ; il se peut que les luttes armées des diverses nationalités opprimées s’intensifient davantage, et ceci détournera les forces armées, les capacités et les ressources économiques de l’ennemi en direction de ces luttes ; il se peut qu’une vague populaire contre l’impérialisme et contre les classes dirigeantes compradores éclate dans certaines poches à la suite de la crise qui soumet les masses opprimées à une exploitation cruelle ; avec l’intensification et les progrès de la lutte de guérilla, il se peut qu’il y ait des éruptions de révoltes par certaines sections de la police, des forces paramilitaires et militaires ; et on ne peut pas nier la possibilité du déclenchement de guerres (soit locales, soit à travers le monde) qui peuvent détourner une partie des forces et des ressources de l’ennemi. Tout ceci créera une situation défavorable pour l’ennemi et une situation favorable pour nous. En bref, au cours de la guerre populaire prolongée contre les forces armées de l’ennemi, la crise révolutionnaire doit éclater, facilitant de ce fait la création de plus en plus de zones libérées.
Fondement pour un système économique de nouvelle démocratie
Notre objectif est de détruire l’actuel système économique semi-colonial, semi-féodal qui est au service des intérêts des classes de propriétaires fonciers et de la bourgeoisie bureaucrate compradore et des impérialistes, et de construire un système économique de nouvelle démocratie à sa place. Par conséquent, nous devons nous efforcer de promouvoir un système économique de nouvelle démocratie, au cours de et conformément au développement de la guerre populaire. Il faut que nous coordonnions cet effort pour le développement économique avec la guerre populaire afin qu’il soit subordonné à la tâche centrale du développement de la guerre révolutionnaire. Puisque les zones de guérilla sont instables et sont confrontées à la menace d’attaques ennemies continues, il ne faut pas que les programmes de développement économique que nous prenons en main dans les zones de guérilla soient de nature durable, mais doivent être de ceux qui s’exécutent rapidement. Notre politique pour le développement économique et nos efforts doivent être orientés vers l’amélioration des niveaux de vie de la population, l’encourageant de ce fait à participer activement à la guerre révolutionnaire. Il faut également qu’elle aide à faciliter l’approvisionnement en nourriture et autres matériaux de l’armée populaire, et à davantage consolider le pouvoir d’état démocratique populaire (les Revolutionary People’s Committees). Ces politiques économiques doivent tenir compte des programmes de bien-être populaires tels que l’éducation, la santé, les installations sanitaires, le système de distribution public, etc.
Les classes dirigeantes imposeront des blocus économiques sur nos zones de lutte lorsque la guérilla se poursuit intensément, ou durant et après la formation de zones libérées. L’ennemi aura recours à des mesures telles que le pillage et l’incendie des biens de la population, la destruction de la production et des équipements de production, etc. Afin de résister à de telles situations, il faut que nous rendions nos zones de lutte autonomes dès le début et que nous déjouions le blocus ennemi. L’armée populaire doit être rendue autonome tout en économisant les ressources grâce à la force organisée de la population.
Nous devons intensifier la révolution agraire et mobiliser la population pour le mouvement coopératif au cours de la marche en avant de la guerre révolutionnaire et de la création de zones de guérilla et de bases de guérilla. Au début, il se peut que des coopératives primaires voient le jour pour répondre aux besoins de la population. Des équipes d’aide mutuelle peuvent être formées en mobilisant les travailleurs agricoles, les paysans pauvres et les paysans moyens. Il faut que les coopératives soient constituées sur base de la résolution des problèmes du pouvoir ouvrier, des boeufs, des engrais, des semences et de l’irrigation. Il faut que le travail et le capital de la population soient les composants principaux de ce mouvement coopératif. Toutefois, le travail est l’aspect clé. Des coopératives de consommateurs et de crédit doivent aussi être construites. Ce mouvement de coopérativisation doit être développé ans les bases de guérilla et des milliers de personnes doivent être mobilisées. L’hégémonie des paysans sans terre, des travailleurs agricoles et des paysans pauvres doit être établie sur toutes ces coopératives.
Dans l’ensemble, il faut que le parti prête une attention constante aux questions suivantes, durant toute la période de la guerre populaire :
1. Durant la période de guerre populaire - c-à-d depuis le moment du commencement jusqu’à la prise définitive du pouvoir - la politique révolutionnaire selon laquelle le pouvoir d’état doit être saisi et doit être à la tête du travail de préparation, de mobilisation et d’organisation de la population pour la guerre populaire.
2. Il faut que notre parti mène la guerre populaire, évaluant constamment notre force et celle de l’ennemi et adoptant des tactiques concrètes dans les conditions concrètes correspondant à cette force. En faisant cela, nous serons en mesure de garder l’initiative dans nos mains. L’intensification de la guerre populaire tout en préservant autant que possible nos forces subjectives et en détruisant progressivement l’ennemi ne sera possible que de cette façon. Nous ne devons jamais oublier que dans la guerre, perdre l’initiative signifie la défaite certaine.
3. Durant le cours de la guerre populaire, le parti doit se reposer sur la population ; nous ne devons jamais oublier un instant d’entretenir des rapports organiques avec la population. Le camarade Mao a dit : "La guerre révolutionnaire est une guerre populaire ; nous pouvons mener cette guerre en mobilisant la population et en nous reposant sur la population".
Conception stratégique du travail dans les zones urbaines - Rapport entre le travail rural et le travail urbain
Il est vrai que, dans notre révolution, qui suit la ligne de guerre populaire prolongée, la libération des zones urbaines ne sera possible que dans la dernière phase de la révolution. Cependant, ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas besoin de se concentrer sur la construction d’un mouvement révolutionnaire urbain dès le début. Dès le début, nous devrons nous concentrer sur l’organisation de la classe ouvrière, laquelle étant la direction de notre révolution, doit directement participer et diriger la révolution agraire et la guerre populaire en plus de construire un mouvement révolutionnaire des ouvriers.
Nous ne devons pas oublier le fait que la population urbaine a augmenté rapidement en raison de la crise agraire de plus en plus profonde dans la campagne, ce qui oblige les paysans pauvres et sans terre à migrer vers les centres urbains à la recherche de moyens d’existence. La classe ouvrière est aussi numériquement beaucoup de fois plus importante en Inde qu’en Chine durant le cours de la révolution chinoise. Au début de la décennie 1990 même, les forces de la classe ouvrière syndiquée dans les secteurs industriels et privés et publics de notre pays étaient d’environ 260.000.000. Ses forces dans les industries non-syndiquées, auxiliaires et peu importantes est le double de ce chiffre, c.à.d 450.000.000 à 500.000.000. Par conséquent, le parti révolutionnaire ne peut plus se permettre de négliger son travail dans les villes et les zones industrielles. Celui-ci a une importance bien plus grande que dans la Chine pré-révolutionnaire. Toutefois, la majorité des travailleurs sont embourbés dans l’économisme en raison de la nature des luttes organisées pendant des décennies par les différents syndicats révisionnistes et bourgeois. Malgré cela, les ouvriers participent aujourd’hui de plus en plus aux luttes spontanées et perdent les illusions qu’ils avaient sur les dirigeants des syndicats respectifs. La responsabilité de les guider et de les organiser correctement appartient au seul parti révolutionnaire.
De surcroit, dans de nombreux endroits de notre pays, les ouvriers vivent non seulement côte à côte avec les paysans, mais ont des liens innombrables avec les zones rurales. C’est pourquoi l’influence des luttes anti-féodales qui se déroulent dans les zones rurales sur la classe ouvrière des centres industriels est présente dans une considérable mesure. Les luttes de la classe ouvrière, à leur tour, ne peuvent pas manquer d’influencer énormément les paysans.
Sur base du mouvement ouvrier révolutionnaire, nous serons en mesure de mobiliser des millions de personnes parmi les masses opprimées et laborieuses urbaines et d’échafauder des luttes contre l’impérialisme et le féodalisme, des luttes en faveur de la révolution agraire et des luttes pour les droits démocratiques. Nous ne serons capables de créer les forces subjectives et les conditions requises pour créer un front uni à l’échelle nationale, large, anti-impérialiste et anti-féodal qu’au cours de cette trajectoire. Le mouvement urbain est une des sources principales, qui fourni des cadres et des dirigeants ayant différents types de capacités essentielles à la guerre populaire et à la création de zones libérées. En outre, la responsabilité pour l’approvisionnement en vivres, technologie, expertise, renseignements et autre soutien logistique pour la guerre populaire aussi repose sur les épaules du mouvement révolutionnaire urbain lui-même.
Par conséquent, nous devons, tout en donnant la priorité absolue au travail qui doit être entrepris pour la création de zones libérées, également donner en même temps une importance appropriée à la tâche de la construction d’un puissant mouvement révolutionnaire urbain. Si les luttes de la classe ouvrière, principalement celles dans les domaines du transport, des communications, des pièces d’artillerie, des centrales électriques, des mines, etc sont coordonnées avec les luttes paysannes armées, elles jouent un rôle clé dans l’avancement de la guerre populaire. Par conséquent, le parti doit faire tout particulièrement attention à ses efforts sur les organisations industrielles clé dès le début et affecter les cadres dirigeants en conséquence. Nous ne devons pas oublier le rapport dialectique entre le développement du mouvement urbain et le développement de la guerre populaire dans la campagne. En l’absence d’un puissant mouvement révolutionnaire urbain, la guerre populaire dans la campagne fera face à de nombreuses difficultés.
De plus, il ne faut pas que nous déprécions l’importance du fait que les zones urbaines sont de puissants centres de l’ennemi. La construction d’un mouvement révolutionnaire urbain puissant signifie qu’il faut que notre parti crée un réseau de lutte capable de mener la lutte invariablement en se maintenant lui-même jusqu’à ce que la guerre populaire prolongée atteigne le stade de l’offensive stratégique. Ici, nous devons tenir compte du fait qu’au lieu de poursuivre la ligne erronée de tenter d’organiser une "insurrection" ou des "batailles décisives", nous devons suivre la ligne correcte qui est de développer des luttes dans les zones urbaines qui doivent être coordonnées, et complémentaires, au service de la guerre révolutionnaire agraire armée. Nous devons continuer à faire les préparatifs les plus complets bien à l’avance afin que les villes puissent être libérées au moment adéquat lorsque les zones urbaines sont encerclées depuis la campagne.
Avec cette perspective à long terme, nous devons développer un puissant parti clandestin, un front uni révolutionnaire et des brigades et une milice de guérilla urbaine, intensifier la lutte de classe dans les zones urbaines, et mobiliser le soutien de millions de personnes parmi les masses urbaines pour la guerre populaire.
Nous ne devons pas oublier que, dans un pays semi-colonial, semi-féodal, toute lutte que ce soit dans les zones rurales ou dans les zones urbaines, si elle est isolée de la tâche de la construction et du développement de la lutte armée révolutionnaire agraire ne peut que, dans l’analyse finale, se dépraver dans l’économisme, le réformisme et le révisionnisme. Avant le déclenchement de la guerre révolutionnaire agraire, le but et la tâche de toutes les luttes et organisations est de développer cette guerre. Lorsqu’une telle guerre a commencé, la tâche de toutes les luttes et organisations est de s’unir avec cette guerre et de davantage développer cette guérilla révolutionnaire agraire et cette guerre populaire prolongée.
Le développement et l’expansion de la guérilla révolutionnaire agraire dans la campagne est significative non seulement pour les luttes paysannes, elle est aussi d’une importance extraordinaire pour le développement et la bonne orientation des luttes de la classe ouvrière et des vastes masses de la population urbaine. La création de zones de base et l’expansion de la guerre populaire vers la vaste campagne ne peut pas manquer de conduire à la radicalisation des masses urbaines et de donner une grande impulsion à leurs luttes contre l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et l’étau du féodalisme dans les différents domaines de la vie sociale et culturelle des masses urbaines. Cela créera également une vague de soutien massive dans les zones urbaines pour le mouvement révolutionnaire agraire armé.
Ce rapport entre le travail rural et le travail urbain (c-à-d le travail dans la ville est subordonné au travail rural et complémentaire à la tâche immédiate, principale et fondamentale de la construction de l’armée populaire et de zones de base) ne doit jamais être oublié lorsque nous nous acquittons du travail dans les zones urbaines. Afin de créer une base de soutien solide à la guerre populaire en cours dans la campagne, pour résoudre leurs propres questions fondamentales et pour tirer parti de la situation pour la prise de contrôle des centres urbains durant la marée haute de la révolution, il faut que le parti entreprenne le travail parmi les masses urbaines laborieuses avec une perspective à long terme.
Désormais, notre parti doit avoir une ligne détaillée de la lutte révolutionnaire (lutte armée et autres formes de lutte) pour les zones urbaines aussi, conformément à la ligne de la guerre populaire prolongée, c-à-d la ligne de la libération de la campagne et de l’encerclement des zones urbaines à partir de la campagne d’abord, et ensuite de la prise des zones urbaines.

CHAPITRE HUIT : Les trois armes magiques

Les trois questions fondamentales du parti dans la révolution indienne sont la construction du parti, de la People’s Army et du front uni. Une compréhension correcte de ces trois questions et de leurs rapports mutuels donnera la juste direction à la révolution indienne tout entière.
Le camarade Mao a expliqué qu’une compréhension correcte du rapport entre le parti, l’armée et le front uni est nécessaire pour la victoire de la révolution.
"… le front uni et la lutte armée sont les deux armes fondamentales pour vaincre l’ennemi. Le front uni est un front uni pour poursuivre la lutte armée, et le parti est le guerrier héroïque brandissant les deux armes, le front uni et la lute armée pour prendre d’assaut et détruire les positions ennemies. Voici comment ils sont liés l’un à l’autre".
Par conséquent, il est extrêmement impératif pour nous de saisir l’importance de la construction de chacune de ces armes dès le tout début comme d’appliquer magistralement celles-ci à la pratique concrète de la révolution indienne basée sur les enseignements du marxisme-léninisme-maoïsme.
Le parti du prolétariat
Lénine nous au enseigné que, "Le prolétariat, dans sa lutte pour le pouvoir, n’a d’autre arme que l’organisation".
Et le camarade Mao a expliqué :
"S’il doit y avoir une révolution, il doit y avoir un parti révolutionnaire. Sans un parti révolutionnaire, sans un parti bâti sur la théorie révolutionnaire marxiste-léniniste et dans le style révolutionnaire marxiste-léniniste, il est impossible de diriger la classe ouvrière et les larges masses de la population pour vaincre l’impérialisme et ses laquais".
Dans la construction, le développement et la bolchévisation du parti dans l’Inde semi-coloniale, semi-féodale, nous ne devons jamais oublier le principe conçu par Mao qui est bien relié à la ligne politique, à sa révolution correcte ou erronée des questions du front uni et de la lutte armée.
La question la plus importante dans la construction du parti est qu’il faut qu’elle soit guidée par une ligne politique et idéologique correcte. Sans être guidé par la théorie la plus avancée du prolétariat - l’idéologie du marxisme-léninisme-maoïsme - il est impossible d’élaborer le programme, la stratégie et les tactiques correctes de la révolution et par conséquent, impossible de remporter la victoire dans la révolution. La ligne politique et idéologique doit servir de base pour tout le travail du parti non seulement pendant mais aussi après la révolution de nouvelle démocratie et jusqu’à la réalisation du socialisme et du communisme.
Un autre principe fondamental dans la construction du parti conçu par les camarades Lénine et Mao est sa structure secrète ou sa nature clandestine. Mao a expliqué le besoin impératif de maintenir un parti rigoureusement clandestin dans les zones dominées par les réactionnaires ainsi :
"Au début, notre politique est d’entretenir l’organisation du parti clandestinement et de la rendre compact, sélective et efficace. Rester dans la clandestinité pendant une longue période, accumuler des forces et attendre le bon moment, ne pas nous précipiter ni nous exposer".
Le camarade Mao a ainsi établi notre compréhension de la base idéologique et politique de la construction du parti dans un pays semi-colonial, semi-féodal.
Le troisième principe fondamental est l’unité de volonté et l’unité d’action à l’intérieur du parti, et l’unité entre le parti et la population. Seules la construction du parti sur la base du centralisme démocratique et la poursuite de la ligne de classe et de la ligne de masse peuvent garantir ceci. La mise en oeuvre consciente du centralisme démocratique est d’une grande importance pour assurer l’unité du parti, renforcer sa direction centralisée, améliorer sa capacité de combat et tonifier la vie du parti. Le parti peut être rendu fort en appliquant le centralisme démocratique pour stimuler l’initiative de tous les membres.
La consolidation de la direction collective est une condition préalable importante pour la mise en oeuvre du centralisme démocratique dans le pays. Afin de mettre en pratique la combinaison de la direction collective et de la responsabilité individuelle, le système du comité de parti doit être renforcé. Ceci empêche également tout individu de monopoliser la conduite des affaires.
Le camarade Mao a également développé notre compréhension de la lutte à l’intérieur du parti comme étant le reflet de la lutte de classe dans la société, la lutte à l’intérieur du parti étant la lutte entre deux lignes qui englobe tout son processus de développement. Nous devons adopter les "Trois grands modèles de travail" qui sont une des marques distinguant le parti prolétarien des partis bourgeois et révisionnistes. Ceux-ci sont : le modèle de l’intégration de la théorie avec la pratique, du maintien de liens étroits avec les masses et de la pratique de la critique et de l’autocritique. L’éducation politique et idéologique est le lien clé à saisir pour unir tout le parti pour de grandes luttes politiques. A moins que cela ne soit fait, le parti ne peut accomplir aucune de ses tâches politiques.
Nous devons construire le parti en fonction de la compréhension marxiste-léniniste-maoïste mentionnée ci-dessus afin de rendre le parti invincible et de mener la révolution à la victoire.
Pour consolider les fondations prolétariennes dans l’organisation du parti, nous devons prêter une attention toute particulière à la construction d’unités du parti dans les organisations industrielles clé des villes et parmi les paysans pauvres et sans terre et les travailleurs agricoles dans les zones rurales. Puisque notre voie est la voie de la guerre populaire prolongée, il est évident que nous devions principalement concentrer notre travail, y compris la construction du parti, sur les zones rurales.
La direction de la classe est la condition indispensable pour la révolution de nouvelle démocratie en Inde. Il faut que la classe ouvrière exerce sa direction dans la révolution à travers sa participation directe et envoie son détachement avancé vers les zones rurales. Ce n’est qu’en organisant et en stimulant la classe ouvrière, et en attirant sans arrêt sa section avancée dans le parti que le parti peut être renforcé, sa base de classe rendue solide et la direction de la classe ouvrière sur la révolution de nouvelle démocratie garantie. Le parti, afin de préparer la population pour la guerre populaire, doit organiser les diverses classes en organisations de classe, les rallier dans les luttes contre l’état et développer la conscience de la prise du pouvoir d’état.
People’s Army
Nous ne pouvons pas concevoir la guerre populaire sans une armée populaire. L’importance de l’armée populaire dans la prise du pouvoir politique est captée dans la déclaration célèbre de Mao : "Sans une armée populaire, le peuple n’a rien. L’armée populaire et l’instrument dans les mains du peuple opprimé pour s’emparer du pouvoir politique et sans lequel il est impossible de détruire l’appareil d’état des classes exploiteuses. Par conséquent, l’effort du parti de la classe ouvrière pour bâtir et développer une armée populaire sera d’une importance vitale dans le mouvement révolutionnaire suivant la ligne de la guerre populaire prolongée".
Dans un pays tel que le nôtre, la révolution se déroulera depuis le début principalement par la forme de la lutte armée. Durant le cours de la révolution de nouvelle démocratie, la lutte armée ou la guerre sera la forme principale de lutte et l’armée sera la forme principale d’organisation. Ni le travail de l’organisation de la population ni le travail de construction de luttes de masses ne peuvent continuer avec succès sans le soutien des forces armées populaires. Le parti ne peut consolider les accomplissements des luttes de masse qu’en étendant et en développant la guérilla, et sera ainsi en mesurer de jeter les fondations pour un pouvoir politique populaire alternatif.
Le camarade Mao a également fait remarquer : "l’armée populaire est un corps armé pour s’acquitter des tâches politiques". En plus de combattre pour détruire l’ennemi tout en conservant ses propres forces, elle doit endosser des tâches politiques telles que faire de la propagande parmi les masses ; mobiliser les masses en même temps que de les organiser et de les armer, les aider à instaurer un pouvoir politique révolutionnaire ; constituer et développer les organisations de parti ; et participer dans la production. Le camarade Mao a dit que sans ces objectifs, le combat perd son sens et l’armée rouge perd la signification de son existence.
Nous ne serons capables de développer fermement la guerre populaire et de développer la conscience de la prise du pouvoir d’état parmi la population qu’en armant le peuple par la forme de l’armée populaire, en le formant et en développant une résistance de masse contre l’état. La guérilla menée par le peuple et l’armée rouge en tant que force principale est une action dans laquelle ils se complètent l’un l’autre comme le bras droit et le bras gauche d’un homme. C’est pour cette raison qu’il faut que le parti fasse attention à cet effort d’armer la population.
Sur le rapport entre le parti et l’armée populaire, le camarade Mao nous a enseigné que : "Le parti commande le fusil, et le fusil ne doit jamais être autorisé à commander le parti".
L’armée populaire dans un pays agraire tel que l’Inde sera, au fond, une armée de paysans, tout particulièrement l’armée des paysans pauvres et sans terre, sous la direction de la classe ouvrière. C’est cette composition de classe de l’armée populaire qui est sa véritable force. Effectivement, cette armée est l’armée populaire. Chaque membre de cette armée sans exception est imprégnée du grand but d’être au service de la population et la relation entre l’armée et la population est comme celle du poisson et de l’eau.
La révolution agraire est la base qui garanti le flux sans fin de recrues dans l’armée populaire. Armée de la théorie du marxisme-léninisme-maoïsme, guidée par la mission historique du prolétariat, et menant une guerre de libération juste, l’armée populaire devient invincible face aux circonstances les plus éprouvantes.
L’armée populaire de l’Inde est un détachement armé de l’armée prolétarienne mondiale ; elle est guidée par les principes de l’internationalisme prolétarien. Tandis que la plus grande tâche qu’elle a devant elle est la libération du peuple de l’Inde de l’impérialisme et de tous ses laquais compradores, elle considère également comme sa tâche impérative de combattre partout dans le monde, lorsque le besoin survient, pour défendre les intérêts du prolétariat mondial et des masses opprimées.
Le front uni révolutionnaire
Le front uni de l’alliance des quatre classes doit être fondé pour la prise du pouvoir politique et pour instaurer la dictature démocratique populaire. Le but du front uni est d’isoler, d’affaiblir et de détruire les ennemis principaux un par un et de convaincre le maximum de forces possibles opposées aux ennemis principaux. Par conséquent, le parti doit prêter une attention toute particulière à construire un front aussi large que possible en s’unissant avec toutes ces classes, groupes, partis, individus et forces qui aspirent à atteindre le but commun du front uni, quelle que soit la faiblesse ou l’hésitation des éléments constitutifs du front uni. Dans le processus tout entier de la construction du front uni, c-à-d la construction d’un front uni sur des problèmes concrets ou dès la construction d’un front uni au niveau local jusqu’à, finalement, la construction d’un front uni révolutionnaire pour établir le pouvoir populaire, le parti doit suivre immanquablement le principe léniniste suivant :
"Afin de mener correctement la révolution vers la victoire, le Communist Party dans chaque pays doit immanquablement utiliser la moindre plus petite possibilité de se faire un ami parmi la population, aussi hésitant cet ami soit-il, aussi incapable soit-il, aussi peu fiable soit-il et même aussi temporaire cette possibilité soit-elle".
Dans un pays semi-colonial, semi-féodal comme l’Inde, le front uni stratégique doit être créé au cours de la lutte armée et pour porter en avant la lutte armée pour la prise du pouvoir. Le camarade Mao a posé les principes tactiques fondamentaux du front uni qui doivent être suivis par le prolétariat tels que : maintenir l’hégémonie de la classe ouvrière sur le front uni ; maintenir l’indépendance et l’initiative dans les mains de la classe ouvrière et se reposer sur ses propres efforts en toutes circonstances ; et qu’il faut que le front uni soit au service de la lutte armée.
Par conséquent, le premier principe dans la construction du front uni est que le parti du prolétariat doit jouer le rôle d’avant-garde dans ce front uni. Il ne peut y avoir de front uni sans la direction théorique, politique, organisationnelle et militaire de la classe ouvrière et du Communist Party.
L’alliance du prolétariat et de la paysannerie est le fondement de ce front uni. Il s’agit de l’alliance fondamentale dans le front uni et il ne peut y avoir de front uni révolutionnaire sans cette alliance de base ouvrier-paysan. Il ne peut y avoir d’armée populaire ni d’organes de pouvoir démocratique populaire à aucun niveau sans l’alliance fondamentale de la classe ouvrière et de la paysannerie. Ceci est le deuxième principe dans la construction du front uni révolutionnaire dans l’Inde semi-coloniale et semi-féodale. Les paysans riches sont des alliés indécis. D’une part, ils sont exploités par l’impérialisme et entravés par le féodalisme, et d’autre part, eux-mêmes exploitent les autres. En raison de cette double nature, en dépit de leur indécision, les paysans riches deviennent une partie du front uni étant donné que le but immédiat du front de nouvelle démocratie est d’abolir l’exploitation de l’impérialisme, du capitalisme bureaucrate compradore et du féodalisme.
Le troisième principe dans la construction du front uni révolutionnaire en Inde est le développement de l’alliance avec la petite bourgeoisie urbaine, établissant de ce fait le front uni comme étant l’alliance révolutionnaire de toutes les forces motrices. Les classes dirigeantes obtiennent de la crédibilité et de la puissance du soutien de la petite bourgeoisie urbaine et une fois que le parti du prolétariat attire cette importante couche sociale dans le camp de la révolution, la crédibilité de la classe dirigeante est en jeu.
La bourgeoisie nationale participera à la révolution contre l’impérialisme et le féodalisme à certains moments et jusqu’à un certain point. Il se peut que cette classe vienne avec les progrès de la guerre populaire et de notre puissance globale si nous adoptons une politique et une attitude correctes à l’égard de la bourgeoisie nationale.
Ainsi, pour réaliser la révolution de nouvelle démocratie en Inde, notre parti doit accorder la plus grande importance à la tâche de former et de développer le front uni stratégique révolutionnaire se composant des quatre classes mentionnées ci-dessus - le prolétariat, la paysannerie, la petite-bourgeoisie urbaine et la bourgeoisie nationale (petite et moyenne bourgeoisie). Parmi celles-ci, les trois premières sont les forces motrices de la révolution tandis que la bourgeoisie nationale est une alliée hésitante.
Il est également important pour le parti du prolétariat de profiter des conflits et des contradictions à l’intérieur des classes dirigeantes réactionnaires qui ne peuvent pas manquer de s’intensifier dans un pays semi-colonial comme le nôtre en raison des croissantes contradictions inter-impérialistes pour le contrôle de nos vastes ressources et marchés.
Ceci signifie que nous ne serons en position d’utiliser les contradictions à l’intérieur des classes dirigeantes efficacement qu’après avoir mis en place le front uni des quatre classes sous notre direction. Que nous devions développer des alliances tactiques axées sur des questions spécifiques avec les partis de la classe dirigeante ou non, cela doit également être décidé par le parti selon les conditions concrètes de l’époque.
Le front uni révolutionnaire est le véritable bastion qui protège le mouvement révolutionnaire des campagnes fascistes de répression et d’anéantissement dirigées conjointement par les classes dirigeantes contre-révolutionnaires. Ce front uni ne peut devenir puissant et stable qu’au cours de la marche en avant de la lutte armée, et à son tour, la lutte armée peut devenir puissante avec la formation effective du front uni.
Etant donné que la révolution de nouvelle démocratie ne peut pas être organisée et portée en avant sans les trois armes mentionnées ci-dessus, exactement de la même manière, ces trois armes ne peuvent pas non plus être créées, consolidées et développées isolément de la guerre révolutionnaire agraire armée et de la guerre populaire prolongée. Les principaux éléments constituants dans la création de ces trois armes sont la classe ouvrière et la paysannerie, tout particulièrement les paysans pauvres et sans terre. Par conséquent, nous devons prêter la plus grande attention pour créer ces trois armes dans le processus de constitution de zones de base grâce au mouvement révolutionnaire agraire et à la guerre populaire prolongée en prenant comme noyau la classe ouvrière et la paysannerie, en particulier les paysans pauvres et sans terre.

PARTIE 2 : TACTIQUES

Les tactiques font partie de la stratégie, elles lui sont subordonnées et la servent. Les tactiques ne s’intéressent pas à la guerre dans son ensemble, à la différence de la stratégie, mais à ses épisodes individuels, aux batailles et aux engagements. La fonction des tactiques est essentiellement de déterminer - en accord avec les exigences de la stratégie et en tenant compte de l’expérience des luttes révolutionnaire ouvrières dans tous les pays - les formes et les méthodes de combat les plus adaptées à la situation concrète de la lutte à chaque moment donné. Une fonction très importante de la tactique est de déterminer les manières et les moyens, les formes et les méthodes de combat qui sont les plus adaptés à la situation concrète au moment donné et qui sont les plus sûrs pour préparer la voie pour un succès stratégique. Le fonctionnement et les résultats de la tactique doivent donc être considérés du point de vue des buts et des possibilités de la stratégie.
L’art de la guerre dans les conditions modernes consiste à maîtriser toutes les formes de guerre et tous les accomplissements de la science dans ce domaine, particulièrement la contribution du camarade Mao dans la sphère militaire, en les utilisant intelligemment, en les combinant habillement, ou en se servant à propos de l’une ou l’autre de ces formes comme les circonstances l’exigent.
Il faut dire la même chose au sujet des formes de lutte dans le domaine politique. Les formes de lutte dans le domaine politique sont encore plus variées que les formes de guerre. Elles changent conformément au développement de la vie économique, de la vie sociale et de la culture, à la condition des classes, au rapport des forces ennemies, au type de gouvernement, et enfin aux relations internationales et ainsi de suite. C’est la tâche du parti de maîtriser toutes les formes de lutte qui sont appropriées pour faire progresser notre stratégie de guerre populaire prolongée, de les associer intelligemment sur le champ de bataille et d’habilement intensifier la lutte dans ces formes qui sont spécialement appropriées à la situation donnée.
Un principe essentiel du marxisme est que les formes d’organisation sont adaptées aux formes de lutte. Par conséquent, la tâche du parti est de maîtriser les formes d’organisation à la fois dans les domaine militaire et politique et d’adapter celles-ci aux changements dans les formes de lutte.
L’élaboration de slogans, c-à-d une formulation claire et concise des buts de la lutte, fait également partie de la tactique et la direction du parti doit maîtriser l’art de placer les slogans tactiques adaptés subordonnés au but principal, conformément au besoin et aux différents buts de la lutte, en se fondant sur les changements dans la situation - comment un slogan de propagande doit être transformé en slogan d’agitation, le slogan d’agitation en slogan d’action et le slogan d’action en directive du part, c-à-d propagande - agitation - action - directive du parti. Il faut que l’explication du camarade Staline de ces slogans nous serve d’indication dans la pratique.
L’art de diriger consiste à identifier, à n’importe quel moment donné, le lien particulier dans la chaîne de processus à saisir grâce auquel nous serons en mesure de tenir la chaîne toute entière et de préparer les conditions pour remporter un succès stratégique.
"Il n’est pas suffisant d’être un révolutionnaire et un partisan du socialisme ou un communiste en général", dit Lénine, "Il faut être capable, à chaque moment particulier, de trouver le lien précis dans la chaîne qu’il faut saisir de toutes ses forces afin de garder la main sur la chaîne entière et pour bien se préparer pour la transition au lien suivant".

CHAPITRE NEUF : La construction du parti et nos tâches

Trois décennies de pratique ont démontré que notre ligne générale est correcte. Nous devons développer notre pratique afin de préparer convenablement les formes subjectives et de davantage former la population d’un point de vue politique sur base de cette ligne générale. Pour ceci, nous devons suivre le principe suivant énoncé par le camarade Staline :
"Après qu’une ligne politique correcte ait été élaborée et testée dans la pratique, les cadres du parti deviennent la force décisive dans la direction exercée par le parti … afin de mettre à exécution une ligne politique correcte, nous devons avoir des cadres, un peuple qui comprend la ligne politique du parti, qui l’accepte comme étant sa propre ligne, qui se prépare à la mettre à exécution, qui est capable de la mettre en vigueur, qui est en mesure de la mettre en pratique et qui est capable d’en répondre, de la défendre et de se battre pour elle. Sans parvenir à ceci, une ligne politique court le risque d’être purement symbolique" (Staline, "Les questions de Léninisme", p 919-920)
Le parti est une des trois puissantes armes magiques nécessaires à la mise en oeuvre fructueuse de la révolution de nouvelle démocratie en Inde vers la victoire. Ceci est la seule arme qui puisse efficacement utiliser les deux autres armes. Le Communist Party doit fournir la correcte direction idéologique, politique, organisationnelle, militaire à chaque tournant et à chaque phase de la révolution avec une grande clairvoyance. Il doit appliquer l’idéologie du marxisme-léninisme-maoïsme aux conditions concrètes, formuler les tactiques et mettre celles-ci en oeuvre avec une détermination à toute épreuve. Il doit faire tout son possible pour résoudre les problèmes concrets et tracer des politiques spécifiques à la lumière de la ligne politique et idéologique. Le parti de la classe ouvrière doit mener sa pratique en plaçant la politique aux commandes pour être en accord avec son objectif révolutionnaire. En tant que détachement militant et organisé ayant une discipline de fer, il faut que le parti du prolétariat ait le mode de travail révolutionnaire nécessaire afin de s’acquitter de sa responsabilité historique. Il doit se servir de l’arme formidable du prolétariat qu’est la critique, auto-critique pour rectifier les erreurs, les défauts et les faiblesses qui causent du tort aux intérêts de la révolution. Il faut qu’il dirige les campagnes de rectification et d’éducation et les luttes de ligne avec la méthode adéquate d’unité - lutte - unité pour corriger les tendances non prolétariennes qui surviennent dans le parti.
Il est très indispensable d’avoir un réseau organisationnel étendu, consolidé et puissant qui a les capacités, l’initiative et la créativité pour, de temps en temps formuler et mettre en oeuvre la tactique qui s’accorde avec les conditions concrètes. Notre parti ne peut exécuter avec succès la stratégie pour la révolution et ne peut faire progresser la guerre populaire vers la victoire qu’en ayant un tel réseau de prévoyance et organisationnel. L’armée populaire et le front uni ne peuvent devenir des armes magiques puissantes que sous la direction d’un parti de cette sorte.
Les comités de parti à différents niveaux doivent être développés d’une telle façon qu’ils seront capables d’analyser concrètement les problèmes du mouvement et de les résoudre en appliquant de façon créative le marxisme-léninisme-maoïsme. Il faut que les comités de parti soient construits avec des forces qui sont idéologiquement et politiquement développées, expérimentées d’un point de vue organisationnel, qui sont capables d’exécuter le travail en appliquant la ligne du parti aux conditions concrètes et d’adopter le mode de travail révolutionnaire. En général, les comités de niveau supérieur doivent être construits en suivant la méthode de la combinaison trois-en-un. Nous serons en mesure de fonder une direction solide en sélectionnant suffisamment de cadres importants en travaillant dans divers fronts et qui ont des capacités de dirigeants et en les incluant dans les comités. L’existence de comités à tous les niveaux ayant acquis une telle compétence constituera une condition préalable importante pour la victoire de la révolution. Aujourd’hui, nous avançons dans la voie de développement de la PLGA pour qu’elle devienne la PLA et vers le développement des zones de guérilla en zones libérées. Ce point a une importance clé dans la situation actuelle. Le parti doit consciemment prendre ses dispositions idéologiques, politiques, et organisationnelles pour ces changements qualitatifs ; il doit modeler le mouvement ; il doit voir qu’il passe au stade supérieur ultérieur. Les comités principaux doivent jouer un rôle clé au cours de cette évolution. Il est essentiel de leur donner une formation afin qu’ils acquièrent les aptitudes suffisantes pour l’exécution de cette tâche gigantesque. Il faut que non seulement les comités de parti fonctionnant dans les zones où le travail continue visant à la création de zones libérées, mais aussi les comités de parti fonctionnant dans les plaines et les zones urbaines, relient toutes leurs activités avec la tâche de faire progresser la révolution agraire et de créer une armée populaire et des zones libérées.
La construction du parti parmi les classes révolutionnaires
Nous serons capables de mettre en place la direction de la classe ouvrière sur les vastes masses opprimées dans toutes les sphères de la vie sociale en assimilant dans le parti les éléments avancés des organisations de masse, des coopératives, des organes de pouvoir politique populaire et de leurs diverses ailes, des forces armées régulières et de la milice après la politisation requise. Ce n’est qu’ainsi que nous serons en mesure d’augmenter considérablement le nombre de membre de notre parti.
La direction de la classe ouvrière est la condition indispensable pour la révolution de nouvelle démocratie en Inde. La classe ouvrière exerce sa direction dans la révolution en organisant toutes les sections de la population dans les luttes anti-impérialistes et anti-féodales et en envoyant son détachement avancé dans les zones rurales. Pour parvenir à ceci, nous devons libérer la classe ouvrière de l’influence des politiques révisionnistes et réactionnaires. Ce n’est qu’en organisant et en stimulant la classe ouvrière et en attirant sans arrêt sa section avancée dans le parti que le parti peut être consolidé, sa base de classe rendue solide et la direction de la classe ouvrière sur la révolution de nouvelle démocratie garantie. Par conséquent, nous devons nous appliquer à construire des cellules de parti parmi les ouvriers dans les industries clé des villes et former des révolutionnaires professionnels à plein temps issus de la classe ouvrière.
Puisque notre voie est la voie de la guerre populaire prolongée, il est évident que nous devions principalement concentrer notre travail, y compris la construction du parti, sur les zones rurales. Afin de renforcer les fondements prolétariens dans l’organisation du parti, nous devons faire tout particulièrement attention à aussi construire le parti parmi les paysans pauvres et les ouvriers agricoles dans les zones rurales. En fait, la tâche de construire le parti parmi les ouvriers et les paysans pauvres et sans terre est l’épine dorsale ou la base de la construction de notre parti.
Nous devons également accorder de l’importance à la tâche de construire notre parti parmi les étudiants qui sont une force révolutionnaire et qui sont soumis à une grave injustice en raison d’une politique de l’enseignement peu scientifique et antidémocratique et font face à un sombre avenir. D’abord, nous devons nous efforcer de les instruire et de les consolider dans les zones rurales et urbaines. Il faut que ceux qui sont à un stade avancé parmi eux soient envoyés dans les zones rurales arriérées pour s’intégrer avec les paysans et les Adivasis.
Nous devons accorder une importance particulière à l’assimilation dans l’organisation du parti des jeunes au chômage vivant dans les zones rurales étendues et dans les villes. De la même façon, nous devons attacher de l’importance au travail du parti parmi les professeurs, les intellectuels, les employés dans d’autres domaines, etc.
Il faut que nous entreprenions des efforts particuliers pour construire le parti parmi les masses dalits. Nous devons rallier considérablement les masses dalits en prenant en main les luttes pour leur respect d’eux-mêmes et contre tous les types de discrimination, d’oppression, de dégradation, d’attaques physiques et de pogroms par les forces féodales de caste supérieure. Le cas échéant, nous pouvons également constituer des organisations pour la suppression du système de caste avec notre propre mise en place et orientation.
Il faut que le parti prenne des mesures spéciales pour garantir que les Dalits s’installent dans des positions de dirigeants à tous les niveaux de l’organisation du parti.
Dans le domaine des femmes, et tout particulièrement des femmes laborieuses, le parti doit faire des efforts particuliers et les attirer dans la lutte révolutionnaire agraire armée actuelle aussi bien que dans les luttes contre les inégalités sociales, l’oppression et le patriarcat. Nous devons faire attention à leur donner la formation pour développer en elles la conscience politique nécessaire afin qu’elles deviennent des cadres capables du parti et pour les inclure dans divers comités de parti, y compris avec tous les autres comités, et pour les promouvoir à des positions de dirigeants.
Le parti doit prendre des mesures similaires par rapport aux masses adivasis. Il faut que le parti fasse tout particulièrement attention à l’éducation et à la formation des membres du parti en provenance de la communauté adivasi dans les matières idéologiques, politiques, organisationnelles et militaires. Ce n’est que grâce à une attention particulière pareille que nous serons à même d’aider ces camarades à surmonter les handicaps que l’oppression sociale et leur état arriéré leur ont imposé. Ce ne sont que de telles mesures qui faciliteront le développement rapide des camarades adivasis dans les différents niveaux de direction dans le parti et la PLGA.
Tout comme nous étendons et développons le mouvement révolutionnaire au stade supérieur, de même, nous devons développer le parti en augmentant abondamment son nombre de membres et en le consolidant. Ce n’est qu’en augmentant le nombre des membres du parti et en consolidant le parti que nous serons capables de développer le mouvement révolutionnaire à un stade supérieur et à davantage l’élargir. Inversement, il ne sera possible d’augmenter le nombre de membres du parti et de le consolider qu’en développant et en tirant le mouvement vers un stade supérieur Ce n’est que lorsque nous comprenons le rapport dialectique entre ces deux aspects que nous pouvons développer la lutte de classe, le mouvement révolutionnaire et développer le parti comme un dirigeant fort et expérimenté des masses opprimées.
Il est très nécessaire de se concentrer sur la construction du parti si la guerre populaire doit progresser par grands bonds. Il y a un rapport dialectique entre la propagande, l’agitation, la lutte et l’organisation.
Si l’organisation du parti est confinée à la seule paysannerie, le développement du parti en même temps que le mouvement, sera arriéré. Il faut que la direction du parti fasse le point sur la situation de temps en temps avec une perspective stratégique et se concentre sur son développement parmi la classe ouvrière, les étudiants, les jeunes, les femmes, l’élite intellectuelle et d’autres sections. En outre, la direction doit s’efforcer de maintenir l’équilibre dans l’organisation du parti entre les zones stratégiques et les autres zones, et entre les zones rurales et urbaines. Des campagnes spéciales de consolidation, des campagnes d’éducation doivent être prises en main afin d’augmenter beaucoup le nombre de membres du parti.
Les fractions du parti dans les organisations de masse
Des fractions du parti avec des membres du parti doivent être établies dans les comités exécutifs des organisations de masse depuis le niveau régional jusqu’au niveau central afin d’asseoir la direction de la classe ouvrière sur les organisations de masse et pour les faire travailler efficacement en accord avec l’objectif révolutionnaire. Ces fractions sous la direction du parti coordonneront les membres du parti dans les comités exécutifs des organisations de masse. De cette façon, les organisations de masse sous la direction de la classe ouvrière serviront de convoyeur entre les vastes masses opprimées et le Communist Party. Dans les zones de base, elles assureront que les organisations de masse servent de fondement pour établir la dictature de nouvelle démocratie. Les fractions aideront à asseoir la direction du parti sur les organisations de masse et par l’intermédiaire de celles-ci, sur les masses opprimées.
Les deux ailes de l’organisation du parti
Ce n’est que lorsque les deux composants de l’organisation du part - les révolutionnaires professionnels et les membres à temps partiel - sont forts que le parti sera réellement renforcé. Parmi eux, les révolutionnaires professionnels sont le noyau du parti tandis que les travailleurs à temps partiel sont la base. En même temps, il faut au maximum que les travailleurs à temps partiel maintiennent des relations vivantes avec la population, et que tout en continuant leurs professions, ils soient vigilants à ne pas être exposé à l’ennemi. Il doit y avoir une continuité de direction durant tout le cours - depuis le début, croissance et développement - de la lutte de classe. Alors que et quand de nouveaux membres adhèrent au parti, il faut que l’équipe principale soit formée avec une bonne combinaison de vieux et de neuf. Le parti doit être modelé en accord avec les changements dans le pays et dans la situation internationale. Il faut que les dirigeants du parti et la base expérimentée dans la conduite de la lutte de classe soient multipliés. Sinon, nous continuerons à perdre des cadres dirigeants et des membres de la base chaque fois que l’ennemi déclenche une grande campagne de répression. Nous serons confrontés à des obstacles dans la construction d’équipes et de cadres qui ont une compréhension collective, entraînant de ce fait la perte de sa voie adéquate pour la lutte de classe.
L’organisation du parti en tant qu’appareil clandestin
En tant qu’organisation militante qui doit mener la lutte armée contre un ennemi supérieur pour la prise du pouvoir, il devient impératif pour le parti de la classe ouvrière de rester clandestin dès le tout début et jusqu’à la fin. Les travailleurs à temps partiel et les travailleurs à plein temps du parti dans les organisations de masse, les coopératives, les organes de pouvoir politique populaire et leurs différentes ailes, la milice populaire et les divers fronts de masse doivent rester clandestins mais en même temps, ils doivent apparaître comme des membres et des dirigeants de ces organisations. Il faut que les membres du parti dans ces organisations de masse gardent le plus grand secret. Les membres du parti parmi la classe ouvrière, les jeunes, les femmes, la petite bourgeoisie et d’autres sections dans les zones urbaines doivent travailler rigoureusement dans la clandestinité sans oublier la perspective stratégique. Il faut qu’ils travaillent surtout ouvertement à l’intérieur des masses mais sous différentes couvertures. Dans l’armée populaire aussi, le parti doit travailler en demeurant secret. Il est évident que les membres du parti travaillant dans les forces armées de l’ennemi doivent garder le plus secret. Les PR du parti travaillant dans les différents fronts doivent construire un mécanisme secret qui est imprenable par l’ennemi. Même dans les zones de base, notre organisation du parti doit rester secrète.
Toutefois, l’ennemi ourdira des complots et aura recours à diverses méthodes pour détruire notre appareil secret du parti. A très grande échelle, l’ennemi perpètrera de violents massacres et des tortures. Nous devons élever la conscience politique du parti tout entier, étendre sa vigilance et mettre en place des mécanismes secrets appropriés pour faire face à l’offensive brutale de l’ennemi et protéger nos forces. Il est nécessaire de donner une formation militaire aux membres du parti pour affronter l’ennemi et échapper aux prises de l’ennemi.
La coordination des activités légales et illégales
La coordination de l’activité légale avec le parti restant lui-même clandestin est un des aspects les plus importants dans le fonctionnement du parti révolutionnaire. C’est un art qui doit être maîtrisé par les membres du parti à tous les niveaux. Et c’est précisément dans la coordination des structures et de l’activité légale et illégale que les révolutionnaires ont la plus grande confusion et commettent un grand nombre d’erreurs. Ceci a été vrai dans toutes les révolutions, et Lénine a montré comment le problème de l’organisation clandestine du parti et le travail légal de social-démocratie a été un des principaux problèmes en Russie. Ici, il faut que l’expérience russe soit mise en pratique dans les conditions spécifiques de notre pays où il n’y a pas de véritables indépendance ni démocratie.
En Inde, il y a une idée fausse parmi certaines prétendues forces marxiste-léniniste selon laquelle on ne peut pas s’acquitter d’un travail approfondi dans les masses en restant clandestin, ou que la nature secrète de notre organisation nous sépare des masses. A partir de ces idées erronées survient le modèle de pensée légaliste ou une pensée sectaire de "gauche". Par conséquent, la clarté sur cette question est très essentielle pour construire un mouvement de masse large et de grande envergure d’une part et un appareil du parti rigoureusement clandestin et non exposé qui est inattaquable par les machinations ennemies.
La question de la coordination des activités légales et illégales doit être effectué dans le contexte de la violente campagne de répression en cours déclenchée par les gouvernements réactionnaires.
Le principe à la base de la coordination du légal et de l’illégal est de constituer les organisations légales les plus larges possibles à l’intérieur desquelles le parti fonctionne en secret. Le camarade Lénine a remarquablement indiqué ceci :
"Les organisations légales sont les points de soutien qui permettent d’amener aux masses les idées des cellules clandestines. C’est à dire que nous modifions la forme de l’influence avec l’objectif que les influences antérieures continuent dans le sens de l’orientation clandestine".
"Par la forme des organisations, le clandestin "s’adapte" au légal. Par le contenu du travail de notre parti, le travail légal "s’adaptera" aux idées clandestines". (Lénine, Vol.18, p. 392)
Ainsi, nous devons savoir comment marcher ensemble côte à côte et main dans la main avec les sections avancées des masses laborieuses bien que nous soyons contraints de mener exclusivement des activités illégales et clandestines.
Par conséquent, l’appareil du parti - ses structures, ses membres, son mécanisme, etc - doit être construit avec le plus grand secret, mais en même temps, les organisations légales dans lesquelles travaillent les membres du parti doivent être aussi larges que possible. Il faut que nous formions le parti tout entier au sujet du rapport dialectique entre le mouvement de masse légal et l’organisation du parti illégale et le prépare à utiliser intelligemment et de façon créative les méthodes adéquates pour parvenir à une coordination efficace entre les deux. tout en n’oubliant pas que c’est le parti clandestin qui est l’aspect principal des deux, nous devons savoir comment et quand changer les formes d’organisation selon les changements dans la situation.
Politique concernant les cadres
Tous les comités doivent faire attention à donner une instruction idéologique et politique aux cadres rejoignant nouvellement le parti. Nous devons nous appliquer à les former pour satisfaire à toutes les exigences de la lutte de classe. Le parti peut jouer au mieux son rôle d’avant-garde avec la croissance et le développement de ces nouveaux cadres.
En plus de la formation des comités de parti et des cadres d’un point de vue idéologique, politique, organisationnel et militaire, un système de vérification correct est également nécessaire. Des tâches limitées dans le temps et planifiées doivent être attribuées, lesquelles doivent être régulièrement vérifiées et passées en revue. Une éducation appropriée concernant les tâches doit être transmise aux cadres. De cette manière, il deviendra possible d’identifier et de résoudre les problèmes. Les comités supérieurs peuvent guider efficacement les comités inférieurs dans cette voie.
Education politique et idéologique
L’éducation théorique est une des tâches les plus importantes parmi toutes les activités du parti. Tandis qu’étudier la science du marxisme et mettre ses principes en pratique est un aspect, prendre part directement à la lutte armée et apprendre des masses en est un autre. Sur base des connaissances recueillies dans le processus précité, les politiques du parti doivent être davantage enrichies et les rangs du parti doivent être développés sur le plan théorique. Donc, une éducation uniforme est indispensable pour unifier le parti tout entier sur base de l’étude et de l’application concrète de la théorie. C’est la raison pour laquelle Mao a expliqué l’importance de la théorie en une phrase : "L’éducation théorique est la clé pour unifier le parti tout entier. Sans ceci, le parti ne peut pas accomplir une seule tâche politique".
Pour parvenir à ceci, il faut que nous garantissions que :
1. Des plans sont établis pour diriger des classes/étude combinées pendant 10-15 jours chaque année pour l’éducation des comités aux différents niveaux. Ceci se fait en dehors des classes centralisées dirigées par l’école centrale pour les cadres aux différents niveaux. Il faut que les State Committees, les Sub-Zonal Committees et les Special Area Committees mènent ces classes/étude combinées en gardant en vue les besoins et les campagnes des états/régions et zones spéciales.
2. Il faut que les camarades allant sur le terrain fassent en sorte de s’appliquer à étudier les développements économiques, sociaux et politiques dans les zones et préparent les rapports basés sur une telle étude concrète. Cela doit former une part importante de leur étude. La composition de classe, les contradictions de classe, les changements dans les rapports agraires, les projets gouvernementaux, l’état des partis parlementaires, l’analyse de tout autre aspect particuliers, les changements ayant lieu en raison de l’impact du mouvement des 2-3 dernières décennies, les problèmes survenant dans la mise en oeuvre des tâches centrales et des circulaires, les résolutions des comités concernés - beaucoup de problèmes de cette sorte doivent être étudiés en fixant notre attention sur le terrain. Il faut que des rapports écrits soient préparés. Développer les méthodes mentionnées ci-dessus et nous efforcer à donner de la clarté aux questions idéologiques et politiques pour les membres du parti est une des tâches principales pour nous aujourd’hui.
3. La presse du parti doit être en mesure d’éduquer et de guider les cadres importants à différents niveaux du parti, les membres moyens du parti, les organisations de masse et les masses dans leur ensemble. Etant donné que le niveau politique moyen de notre cadre est toujours très bas, il faut que le comité de parti concerné vise une manière d’écrire claire et simple correspondant à leur niveau, et pour ceci, qu’il fasse son possible pour rassembler, localement, des écrivains et du personnel. Nous devons essayer de préparer des bulletins, des histoires illustrées, des films vidé, etc, pour développer la compréhension quant au marxisme de base pour les nouveaux membres du parti, et pour les paysans et les paysans adivasis. Il faut que nous prenions l’aide des éducateurs sympathisants. Faire paraître des magasines en se basant sur des ressources locales et les améliorer durant ce parcours lui-même doit être notre politique. Pour parvenir à ceci, nous devons à divers niveaux augmenter le nombre de camarades expérimentés qui peuvent s’acquitter de cette responsabilité. Nous pouvons ensuite former nos cadres en tant que bon communistes, accroître leurs aptitudes et garantir qu’ils s’acquittent des responsabilités adéquates dans la conduire du mouvement révolutionnaire.
4. Le comité central doit fonder une maison d’édition centrale pour publier la littérature idéologique et politique en anglais et en hindi ; les maisons d’édition en langue locale des unité d’état publieront la littérature selon les besoins des langues locales. Il faut que l’organe politico-idéologique officiel du parti soit publié régulièrement pour se concentrer sur les questions politico-idéologiques. Il sera publié secrètement et pourra être traduit dans les langues régionales. L’organe politique central du parti doit être publié en anglais et en hindi, et dans d’autres langues selon la décision du comité central. Le magasine doit, en fait, prendre la position politique du parti sur les problèmes actuels et les rapports approfondis actuels du mouvement.
Les tendances non-prolétariennes et les campagnes de rectification
Comme la révolution démocratique dans notre pays demeure non-réalisée, comme il reste encore une société semi-coloniale et semi-féodale, les valeurs, la perspective, les approches et les méthodes féodales continuent toujours fortement. De la même façon, en raison du développement relatif des rapports capitalistes dans notre pays, les caractéristiques petites bourgeoises sont assez vives dans la société. Les tendances erronées dans le parti sont le reflet du contexte social ci-dessus.
La majorité des membres de notre parti et des membres des brigades de guérilla sont des jeunes femmes et des jeunes hommes ouvriers agricoles, paysans pauvres et sans terre. Ceux en provenance de la paysannerie moyenne et de la classe moyenne urbaine viennent en second lieu. La direction du parti comprend principalement ceux appartenant à la classe moyenne. Le nombre de ceux qui sont venus vers notre parti en provenance du prolétariat industriel est bien moindre. L’invasion culturelle impérialiste de notre société a aussi son influence sur les différentes sections de la population depuis lesquelles sont recrutés les cadres de notre parti. Dans l’ensemble, en gardant en vue la composition de classe du parti et l’imperfection dans la compréhension théorique du marxisme-léninisme-maoïsme dans le parti, on peut dire que le rechapage idéologique est discret, et que les idées petites bourgeoises sont toujours assez fortes dans le parti, que l’hégémonie de l’idéologie de la classe ouvrière doit entre être bien instaurée. C’est pour cette raison qu’il est possible qu’émergent des tendances erronées dans la formulation des politiques du parti et dans leur réalisation.
Puisque le niveau théorique du parti tout entier est relativement faible, puisqu’il n’y a pas assez de membres de comité du parti qui sont qualifiés idéologiquement et politiquement de manière complète, puisque notre mouvement révolutionnaire se poursuit dans les zones rurales arriérées et que le niveau culturel des unités de parti qui y travaillent est faible et en raison d’autres raisons de cette sorte, il y a également une plus grande éventualité pour que davantage d’erreurs se produisent et pour l’émergence de tendances erronées au cours de la compréhension et de la mise en oeuvre de la ligne et des politiques du parti.
En outre, comme des éléments paysans et de la petite bourgeoisie urbaine rejoignent le parti au cours du mouvement, l’idéologie, les habitudes et les méthodes de travail bourgeoises entrent dans le parti par leur intermédiaire. Là où un effort adéquat n’est pas fait à temps pour les changer grâce à une méthode correcte, ceux-ci font émerger des tendances de classe étrangères, entrainant beaucoup de dégâts.
Afin de rectifier les tendances de classe étrangères soutenues dans notre parti, il faut que nous entreprenions des campagnes de rectification régulièrement partout dans le parti.
Le parti dans la People’s Army
Afin d’exécuter la révolution de nouvelle démocratie avec succès, des millions de paysans, d’ouvriers et de sections de la petite bourgeoisie doivent s’armer et rejoindre la guerre révolutionnaire. La direction du parti doit être établie à partir des unités primaires du parti vers tous les niveaux dans la milice armée complète et dans les forces armées populaires régulières pour les transformer en instruments puissants pour atteindre l’objectif révolutionnaire. Dans notre pays, les forces armées populaires sont une source importante pour l’organisation du parti. La pratique de la guerre révolutionnaire, l’effort de production - organisationnel - politique effectué parmi les masses contribue considérablement au développement des sections des masses conscientes des distinctions de classe, qui prennent part à la guerre révolutionnaire en membres du parti de la classe ouvrière ou en dirigeants à différents niveaux. En rejoignant la guerre révolutionnaire à très grande échelle, les ouvriers, les paysans pauvres, les ouvriers agricoles et les masses laborieuses auront d’immenses possibilités pour donner libre cours à leur initiative et à leur créativité pour accroitre leur conscience de classe ouvrière, et pour devenir des membres du parti et des dirigeants. De cette façon, ils seront en mesure de diriger de leurs propres mains la marche en avant de l’histoire dans leur rôle de représentants à l’avant-garde de la classe ouvrière et deviendront une section significative dans le parti. Par conséquent, nous devons prêter la plus grande attention à la construction et au développement du parti parmi ces sections.
Inversement, l’armée populaire joue un rôle important dans l’organisation du parti dans la vaste campagne. En s’acquittant de différentes tâches telles que mobiliser, organiser, combattre, propager et produire, l’armée populaire stimule les masses dans les luttes sur leurs revendications de base et partielles, en fait des participants actifs dans la lutte armée et élève leur conscience de classe politique dans une grande mesure. Elle pose ainsi la base pour une construction approfondie du réseau du parti parmi les classes de base.
La ligne de classe et la ligne de masse
L’éducation théorique est une des tâches les plus importantes parmi toutes les activités du parti. Tandis qu’étudier la science du marxisme et mettre ses principes en pratique est un aspect, prendre part directement à la lutte armée et apprendre des masses en est un autre. Sur base des connaissances recueillies dans le processus précité, les politiques du parti doivent être davantage enrichies et les rangs du parti doivent être développés sur le plan théorique. Donc, une éducation uniforme est indispensable pour unifier le parti tout entier sur base de l’étude et de l’application concrète de la théorie. C’est la raison pour laquelle Mao a expliqué l’importance de la théorie en une phrase : "L’éducation théorique est la clé pour unifier le parti tout entier. Sans ceci, le parti ne peut pas accomplir une seule tâche politique".
Pour parvenir à ceci, il faut que nous garantissions que :
1. Des plans sont établis pour diriger des classes/étude combinées pendant 10-15 jours chaque année pour l’éducation des comités aux différents niveaux. Ceci se fait en dehors des classes centralisées dirigées par l’école centrale pour les cadres aux différents niveaux. Il faut que les State Committees, les Sub-Zonal Committees et les Special Area Committees mènent ces classes/étude combinées en gardant en vue les besoins et les campagnes des états/régions et zones spéciales.
2. Il faut que les camarades allant sur le terrain fassent en sorte de s’appliquer à étudier les développements économiques, sociaux et politiques dans les zones et préparent les rapports basés sur une telle étude concrète. Cela doit former une part importante de leur étude. La composition de classe, les contradictions de classe, les changements dans les rapports agraires, les projets gouvernementaux, l’état des partis parlementaires, l’analyse de tout autre aspect particuliers, les changements ayant lieu en raison de l’impact du mouvement des 2-3 dernières décennies, les problèmes survenant dans la mise en oeuvre des tâches centrales et des circulaires, les résolutions des comités concernés - beaucoup de problèmes de cette sorte doivent être étudiés en fixant notre attention sur le terrain. Il faut que des rapports écrits soient préparés. Développer les méthodes mentionnées ci-dessus et nous efforcer à donner de la clarté aux questions idéologiques et politiques pour les membres du parti est une des tâches principales pour nous aujourd’hui.
3. La presse du parti doit être en mesure d’éduquer et de guider les cadres importants à différents niveaux du parti, les membres moyens du parti, les organisations de masse et les masses dans leur ensemble. Etant donné que le niveau politique moyen de notre cadre est toujours très bas, il faut que le comité de parti concerné vise une manière d’écrire claire et simple correspondant à leur niveau, et pour ceci, qu’il fasse son possible pour rassembler, localement, des écrivains et du personnel. Nous devons essayer de préparer des bulletins, des histoires illustrées, des films vidé, etc, pour développer la compréhension quant au marxisme de base pour les nouveaux membres du parti, et pour les paysans et les paysans adivasis. Il faut que nous prenions l’aide des éducateurs sympathisants. Faire paraître des magasines en se basant sur des ressources locales et les améliorer durant ce parcours lui-même doit être notre politique. Pour parvenir à ceci, nous devons à divers niveaux augmenter le nombre de camarades expérimentés qui peuvent s’acquitter de cette responsabilité. Nous pouvons ensuite former nos cadres en tant que bon communistes, accroître leurs aptitudes et garantir qu’ils s’acquittent des responsabilités adéquates dans la conduire du mouvement révolutionnaire.
4. Le comité central doit fonder une maison d’édition centrale pour publier la littérature idéologique et politique en anglais et en hindi ; les maisons d’édition en langue locale des unité d’état publieront la littérature selon les besoins des langues locales. Il faut que l’organe politico-idéologique officiel du parti soit publié régulièrement pour se concentrer sur les questions politico-idéologiques. Il sera publié secrètement et pourra être traduit dans les langues régionales. L’organe politique central du parti doit être publié en anglais et en hindi, et dans d’autres langues selon la décision du comité central. Le magasine doit, en fait, prendre la position politique du parti sur les problèmes actuels et les rapports approfondis actuels du mouvement.
Les tendances non-prolétariennes et les campagnes de rectification
Comme la révolution démocratique dans notre pays demeure non-réalisée, comme il reste encore une société semi-coloniale et semi-féodale, les valeurs, la perspective, les approches et les méthodes féodales continuent toujours fortement. De la même façon, en raison du développement relatif des rapports capitalistes dans notre pays, les caractéristiques petites bourgeoises sont assez vives dans la société. Les tendances erronées dans le parti sont le reflet du contexte social ci-dessus.
La majorité des membres de notre parti et des membres des brigades de guérilla sont des jeunes femmes et des jeunes hommes ouvriers agricoles, paysans pauvres et sans terre. Ceux en provenance de la paysannerie moyenne et de la classe moyenne urbaine viennent en second lieu. La direction du parti comprend principalement ceux appartenant à la classe moyenne. Le nombre de ceux qui sont venus vers notre parti en provenance du prolétariat industriel est bien moindre. L’invasion culturelle impérialiste de notre société a aussi son influence sur les différentes sections de la population depuis lesquelles sont recrutés les cadres de notre parti. Dans l’ensemble, en gardant en vue la composition de classe du parti et l’imperfection dans la compréhension théorique du marxisme-léninisme-maoïsme dans le parti, on peut dire que le rechapage idéologique est discret, et que les idées petites bourgeoises sont toujours assez fortes dans le parti, que l’hégémonie de l’idéologie de la classe ouvrière doit entre être bien instaurée. C’est pour cette raison qu’il est possible qu’émergent des tendances erronées dans la formulation des politiques du parti et dans leur réalisation.
Puisque le niveau théorique du parti tout entier est relativement faible, puisqu’il n’y a pas assez de membres de comité du parti qui sont qualifiés idéologiquement et politiquement de manière complète, puisque notre mouvement révolutionnaire se poursuit dans les zones rurales arriérées et que le niveau culturel des unités de parti qui y travaillent est faible et en raison d’autres raisons de cette sorte, il y a également une plus grande éventualité pour que davantage d’erreurs se produisent et pour l’émergence de tendances erronées au cours de la compréhension et de la mise en oeuvre de la ligne et des politiques du parti.
En outre, comme des éléments paysans et de la petite bourgeoisie urbaine rejoignent le parti au cours du mouvement, l’idéologie, les habitudes et les méthodes de travail bourgeoises entrent dans le parti par leur intermédiaire. Là où un effort adéquat n’est pas fait à temps pour les changer grâce à une méthode correcte, ceux-ci font émerger des tendances de classe étrangères, entrainant beaucoup de dégâts.
Afin de rectifier les tendances de classe étrangères soutenues dans notre parti, il faut que nous entreprenions des campagnes de rectification régulièrement partout dans le parti.
Le parti dans la People’s Army
Afin d’exécuter la révolution de nouvelle démocratie avec succès, des millions de paysans, d’ouvriers et de sections de la petite bourgeoisie doivent s’armer et rejoindre la guerre révolutionnaire. La direction du parti doit être établie à partir des unités primaires du parti vers tous les niveaux dans la milice armée complète et dans les forces armées populaires régulières pour les transformer en instruments puissants pour atteindre l’objectif révolutionnaire. Dans notre pays, les forces armées populaires sont une source importante pour l’organisation du parti. La pratique de la guerre révolutionnaire, l’effort de production - organisationnel - politique effectué parmi les masses contribue considérablement au développement des sections des masses conscientes des distinctions de classe, qui prennent part à la guerre révolutionnaire en membres du parti de la classe ouvrière ou en dirigeants à différents niveaux. En rejoignant la guerre révolutionnaire à très grande échelle, les ouvriers, les paysans pauvres, les ouvriers agricoles et les masses laborieuses auront d’immenses possibilités pour donner libre cours à leur initiative et à leur créativité pour accroitre leur conscience de classe ouvrière, et pour devenir des membres du parti et des dirigeants. De cette façon, ils seront en mesure de diriger de leurs propres mains la marche en avant de l’histoire dans leur rôle de représentants à l’avant-garde de la classe ouvrière et deviendront une section significative dans le parti. Par conséquent, nous devons prêter la plus grande attention à la construction et au développement du parti parmi ces sections.
Inversement, l’armée populaire joue un rôle important dans l’organisation du parti dans la vaste campagne. En s’acquittant de différentes tâches telles que mobiliser, organiser, combattre, propager et produire, l’armée populaire stimule les masses dans les luttes sur leurs revendications de base et partielles, en fait des participants actifs dans la lutte armée et élève leur conscience de classe politique dans une grande mesure. Elle pose ainsi la base pour une construction approfondie du réseau du parti parmi les classes de base.
La ligne de classe et la ligne de masse
La marque d’un parti sérieux se trouve dans :
S’il y a une sérieuse analyse de classe de la société et si les correctes ligne de classe et ligne de masse sont suivies dans tout le travail concret ;
S’il y a un véritable respect et amour pour la classe ouvrière et son allié le plus ferme, la paysannerie pauvre et sans terre - s’il y a une solide confiance en eux ;
S’il y a l’intention de comprendre l’importance et le caractère indispensable de la direction globale de la classe ouvrière et de la paysannerie dans la révolution ;
Si, conformément à la ligne de classe, le travail et les activités comme les luttes dans les zones urbaines sont organisées en comptant totalement sur et en se concentrant sur la classe ouvrière, si la classe ouvrière est éveillée à la conscience de classe et à la conscience de la direction, si elle est rendue active dans le travail révolutionnaire, et si, conformément à la ligne de classe elle-même, les travaux et les activités dans la campagne sont dirigés en comptant sur et en se concentrant sur le sûr et le plus ferme allié de la classe ouvrière, la paysannerie pauvre et sans terre, et s’il y a l’effort de faire monter de plus en plus de cadres parmi eux.
Le progrès et le succès de la révolution démocratique nationale de l’Inde dépend, dans une grande mesure, de si nous prenons une approche de classe correcte sur les questions de principe fondamentales ci-dessus et si tous nos travaux et activités sont dirigés en conséquence.
En fait, même si le programme rédigé par le parti révolutionnaire apparait révolutionnaire et même si l’enquête sociale et l’analyse de classe a l’air objective, cela ne sera pas vraiment utile à la révolution si ceux-ci sont sans rapport avec notre activité quotidienne, c-à-d si les correctes ligne de classe et ligne de masse ne sont pas adoptée dans tout notre travail concret.
Une des raisons pour l’échec temporaire des luttes paysannes développées après la lutte de Naxalbari est le manque de prise de conscience de l’importance de suivre correctement la ligne de classe et la ligne de masse dans la pratique. L’importance du rôle des intellectuels révolutionnaires dans la révolution de nouvelle démocratie ne peut qu’être souligné ; mais il faut également comprendre, et comprendre plus clairement, que les luttes révolutionnaires, au sens véritable, ou le parti révolutionnaire ou les luttes révolutionnaires populaires au sens véritable, rien de ceci ne peut être développé avec les seuls intellectuels révolutionnaires petits-bourgeois. A vrai dire, la guerre révolutionnaire au sens véritable et le parti révolutionnaire, l’armée populaire et le front uni au sens véritable, en tant qu’armes de la révolution - rien de ceci ne peut être développé sans le soutien actif et le solide rôle de participation de la classe ouvrière comme classe la plus avancée et la plus révolutionnaire de la société et les paysans (et tout spécialement les paysans pauvres et sans terre), qui constituent l’écrasante majorité de la population indienne et qui sont l’allié le plus ferme et le plus fiable de la classe ouvrière et qui sont la force principale de la révolution.
Apprenons des expériences du passé ; suivons fermement les correctes lignes de classe et ligne de masse ; stimulons la classe ouvrière à la conscience de classe et introduisons-la dans la direction ; développons la lutte de guérilla et l’armée de guérilla avec les paysans (spécialement les paysans pauvres et sans terre). Recrutons un flot interminable de cadres issus de ces classes de base qui ont terriblement besoin de la révolution. Telle doit être la ligne de travail de la construction du parti dans l’Inde semi-coloniale et semi-féodale.
La conception de Mao du centralisme démocratique fut une contribution significative à la théorie marxiste des principes organisationnels. Il a insisté sur la création ‘d’une situation politique dans laquelle nous avons et le centralisme et la démocratie, et l’unité de volonté et la tranquillité individuelle d’esprit et de vivacité’, non seulement à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du parti, et a dit que "Autrement, il sera impossible de réveiller l’enthousiasme des masses. Nous ne pouvons pas surmonter les difficultés sans démocratie. Bien entendu, il est encore plus impossible de le faire sans centralisme. Mais s’il n’y a pas de démocratie, il n’y aura pas de centralisme".
"Sans démocratie, il ne peut y avoir de centralisme convenable parce que le centralisme ne peut pas être instauré quand les gens ont des opinions divergentes et n’ont pas d’unité de conception. Que veut-on dire par centralisme ? D’abord, il doit y avoir une concentration d’idées correctes. L’unité de conception, de politique, de projet, de commandement et d’action est acquise d’après la concentration d’idées correctes. Ceci est l’unité par le centralisme".
La méthode et le style de direction
En même temps que sa forme la plus élevée d’organisation - le parti - la classe ouvrière a également sa propre méthode de direction et son style de travail qui sont indispensables à la prise du pouvoir en renversant la bourgeoisie et en construisant le socialisme et le communisme.
La méthode de direction consiste en : appliquer de façon créative la théorie du marxisme-léninisme-maoïsme aux conditions concrètes ; combiner l’appel général à l’appel particulier ; prendre les idées des masses, les synthétiser et apporter les idées affinées et centralisées aux masses ; garantir la réelle synthèse de la direction centralisée et de la démocratie prolétarienne ; assurer la direction collective et la responsabilité individuelle ; mener une politique cadre correcte ; apprendre des erreurs passées pour éviter les erreurs futures et guérir la maladie pour sauver le patient ; vérifier et superviser correctement le travail des cadres ; la vigilance continuelle contre les tendances non-prolétariennes et la ligne bourgeoise et leur entrée dans le parti et ainsi de suite. Il faut que la direction soit un exemple de vie simple et ordinaire et de dur labeur.
Comme indiqué par nos professeurs marxistes, notre démarche doit être de parti des faits objectifs, pas des définitions abstraites, et il faut que nous puisions nos principes, nos politiques et nos mesures de base d’une analyse des conditions actuelles. Il est important de ne pas oublier la méthode montrée par le camarade Mao pour la direction afin de guider avec justesse le travail révolutionnaire :
"… si les personnes dans des positions importantes se bornent à faire un appel général - si personnellement, dans certaines des organisations, ils ne voient pas profondément et concrètement dans le travail exigé, faire une avancée capital à un seul moment, obtenir de l’expérience et se servir de cette expérience pour guider d’autres unités - alors, ils n’auront aucun moyen de mettre à l’essai la justesse ou d’enrichir le contenir de leur appel général, et il y a le danger qu’il se peut que rien n’en sorte". Par conséquent, il ne suffi pas pour la direction de de fixer les tâches, mais elle doit aussi résoudre le problème des méthodes pour les exécuter.
Le style révolutionnaire correct signifie combiner l’efficacité américaine avec la progression révolutionnaire irrésistible russe, ou devenir "rouge et expert". Cela veut dire, toujours prendre la lutte de classe comme étant le lien clé et pour placer la politique au commandement pour résoudre tous les problèmes, étroite intégration avec les masses : participation directe dans la lutte de classe et pas se limiter à donner des instructions d’en haut ; moins d’expressions pompeuses et davantage de travail ordinaire quotidien ; surmonter l’inertie et le style de travail routinier ; combattre le conservatisme et la pensée dogmatique ; persévérance de professionnel en continuant une tâche une fois qu’elle est commencée jusqu’à ce qu’elle soit finie même si c’est une tâche mineure ; ériger la lutte politique et idéologique contre le pragmatisme et l’empirisme borné ; exécuter toutes nos activités quotidiennes avec une perspective et une vision révolutionnaire ; et d’autres qualités de cette sorte.
Ce n’est qu’en suivant la méthode de direction et le style de travail prolétarien que le parti sera à même d’appliquer la théorie du marxisme-léninisme-maoïsme de façon créative aux conditions concrètes de notre pays. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons mettre en oeuvre de façon créative le centralisme démocratique et la direction collective centralisée. Sans cette méthode de direction et ce style de travail appropriés, nous ne pouvons pas atteindre notre objectif. La formation du parti tout entier à cette méthode de direction et à ce style de travail corrects est une tâche importante dans la construction du parti. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons développer un parti d’un nouveau genre, ‘un parti suffisamment hardi pour diriger les prolétaires dans la lutte pour le pouvoir, suffisamment expérimenté pour trouver ses positions au milieu des conditions complexes d’une situation révolutionnaire et suffisamment flexible pour éviter les rocs submergés sur la voie vers son objectif.
Certains points d’attention importants
Le parti doit garder à l’esprit les quatre points importants suivants durant toute la période de sa direction sur la révolution :
1. En ce qui concerne les formes d’organisations et de lutte, le parti doit prendre les décisions en se basant sur le niveau de conscience politique de la population et sur sa force organisationnelle mais en n’oubliant jamais l’objectif révolutionnaire. Il ne doit en aucun cas prendre des décisions en se basant sur les désirs subjectifs des dirigeants.
2. Il faut que le parti prenne le plus grand soin pour garantir qu’il ne perd pas l’initiative lorsque la lutte est en transition d’un stade à l’autre. Le parti doit évaluer à l’avance le stade suivant imminent et faire tous les préparatifs nécessaires. Il doit se préparer à avancer avec succès dans la direction du stade supérieur suivant. Il faut qu’il donne une formation politique, idéologique, organisationnelle et militaire appropriée pour garantir que les forces subjectives ne fassent face à aucune grosse perte à chaque fois que le mouvement prend un mauvais tournant. Ceci est la tâche la plus importante que doit réaliser la direction.
3. Il faut que le parti soit constamment sur le qui-vive contre les tendances de classe étrangères telles que le sectarisme, le subjectivisme, l’empirisme, etc qui ont de fortes chances d’émerger et de régner dans le parti. De la même façon, il doit faire attention au sujet des déviations de droite et de ‘gauche’ qui risquent d’émerger dans le parti.
4. Le parti doit assurer que la ligne de masse est mise en oeuvre dans toutes les sphères et dans toutes les affaires du mouvement, depuis les niveaux inférieurs jusqu’aux niveaux supérieurs.

CHAPITRE DIX : Construire l’armée populaire

Si nous ne formulons pas une ligne militaire correspondant à la ligne politique correcte, nous ne pouvons pas atteindre notre objectif révolutionnaire. Il faut que la ligne militaire soit subordonnée à la ligne politique. La ligne militaire correcte prend naissance dans la lutte, se développe à travers la lutte et prend une forme claire au cours de la lutte. Ce n’est qu’en menant une lutte idéologique incessante contre les lignes opportunistes de droite et de "gauche" que nous pouvons nous livrer avec succès à la guerre populaire prolongée.
Le marxisme-léninisme-maoïsme nous enseigne, et est prouvé par l’expérience concrète des luttes de classe dans l’histoire du monde et par l’expérience concrète des luttes de classe dans l’histoire de notre pays, que les classes dirigeantes exploiteuses ne renonceront pas ou n’abandonneront pas le pouvoir volontairement, même à un moment de crise sérieuse. Sans détruire l’actuel appareil étatique et l’élément principal du pouvoir d’état, les forces armées mercenaires, l’instrument de répression du peuple par les classes dirigeantes et sans l’instauration du pouvoir armé du peuple révolutionnaire, le peuple indien ne peut pas instaurer son autorité politique. Par conséquent, afin de détruire totalement l’appareil étatique des classes exploiteuses ou de le renverser, la construction de l’armée populaire comme force armée organisée des masses est indispensable. C’est la raison pour laquelle Mao a dit que "sans une armée populaire, le peuple n’a rien" et "le pouvoir est au bout du fusil".
La ligne militaire qui fut complètement développée par le camarade Mao relève de deux points de base. Dans notre guerre populaire aussi, nous pouvons mener victorieusement la guerre populaire en appliquant ces deux points fondamentaux de façon créative : Un, notre armée est un nouveau modèle d’armée qui est fondamentalement différente des armées de mercenaires des classes exploiteuses ; c’est une armée politique. Il faut que ce soit un instrument subordonné à la direction idéologique du prolétariat, au service de la lutte du peuple et de la construction des zones de base révolutionnaires. Deux, notre guerre révolutionnaire est un nouveau type de guerre, une guerre populaire ; il faut que ce soit une guerre dans laquelle nous reconnaissons que l’ennemi est fort et que nous sommes faibles, que l’ennemi est grand et que nous sommes petits, et dans laquelle, donc, nous tirons au maximum parti des faiblesses de l’ennemi et de nos points forts et nous nous reposons complètement sur la puissance des masses pour notre survie, notre victoire et notre expansion.
En Inde, il faut que la guerre populaire et l’armée populaire soient considérées comme les formes principales de lutte et d’organisation durant toute la période des phases de la guerre populaire prolongée. Même pour développer la lutte de guérilla et la PLGA comme étant le premier pas vers ce but. Dans les conditions concrètes de l’Inde, nous ne pouvons pas fonder l’armée populaire sans la révolution agraire armée et sans l’armée populaire, nous ne pouvons pas exécuter la révolution agraire jusqu’à son apogée. Nous ne pouvons établir les zones de base en l’absence de l’armée populaire. Et sans les zones de base, l’armée populaire ne peut pas mettre en oeuvre une résistance cohérente et prolongée contre l’ennemi et elle perd le sens de son existence même.
Le processus de construction de l’armée populaire n’est pas le même partout dans le monde. Les armées populaires furent bâties en fonction des conditions particulières des pays respectifs. Dans des pays tels que le Népal, le Pérou, les Philippines, etc où la guerre populaire prolongée est menée sous la direction de partis communistes révolutionnaires, les armées de guérilla et la milice populaire furent d’abord formées et ce n’est que plus tard que les armées de libération populaire ont vu le jour.
Formation de l’armée de guérilla populaire en Inde
Dans notre pays, l’armée populaire n’a pas pu être formée malgré les luttes paysannes armées héroïques dès la guerre d’indépendance de 1857 et la révolte des Santhals jusqu’à ce que notre parti prenne l’initiative de créer la PLGA. L’incapacité de créer l’armée populaire même sous la direction du parti communiste uni qui a dirigé la lutte armée de Telengana entre 1946 et 1951, était attribuable à l’absence d’une ligne militaire et politique révolutionnaire et à la dominance d’une ligne opportuniste de droite pendant la majeure partie de sa période d’existence.
La vague de mouvements révolutionnaires paysans armés à la fin des années 1960 et au début des années 1970 commençant par la révolte armée de Naxalbari, grâce à d’héroïques sacrifices et la lutte armée contre les forces armées de l’état, a pu créer la forme embryonnaire de l’armée populaire sous la forme des brigades de guérilleros armés.
Par la suite, connaissant des hauts et des bas et résistant bravement aux violentes campagnes de répression de l’ennemi, la guérilla a continué à se développer et à progresser suivant le plan avec le but d’établir des zones de base. Commençant par des forces de guérilleros irrégulières, nous avons formé des forces de guérilleros localement sous la forme de milice populaire (GRD, brigades d’autodéfense), des brigades de guérilleros locales, des brigades de guérilleros spéciales dans les états d’Andhra Pradesh, du Dandakaranya, du Jharkhand et du Bihar. Au cours de ce processus, les actes de résistance contre les forces armées de l’état ont augmenté. La lutte entre les forces de guérilleros et les forces armées de l’état est devenue la forme principale aboutissant à un changement qualitatif dans la situation et les zones de guérilla ont vu le jour.
La nécessité de davantage intensifier la guérilla conformément aux conditions qui évoluent en faisant face à la violente attaque de l’ennemi est survenue. En plus des brigades de guérilleros distinctes, le besoin de sections et de compagnies de niveau qualitativement supérieur est devenu nécessaire afin d’anéantir les forces ennemies à un moment précis et à un endroit particulier. Les forces de guérilleros travaillant en tant que brigades de guérilleros, sections et compagnies ont été soumises à une politique centralisée et à un commandement décentralisé pour coordonner les opérations distinctes des guérilleros avec le projet supplémentaire de détruire l’ennemi par la relative concentration des forces et c’est de cette façon qu’a été formée la PLGA. Ceci est le premier pas dans la formation de la PLA et l’instauration de zones de base.
La PLGA est l’organisation armée pour accomplir les tâches politiques révolutionnaires. Elle protège ses effectifs et anéantis ceux de l’ennemi. En même temps, elle prend en main des tâches politiques révolutionnaires. Elle protège ses effectifs et anéanti ceux de l’ennemi. En même temps, elle prend en main des tâches politiques telles que la propagande parmi le peuple, organiser les masses, armer les masses, aider les masses à établir leurs organes de pouvoir politique, développer le parti, prendre part à la production, etc.
Les trois types de forces de la PLGA
1. Les forces principales - ce sont les sections, les compagnies, les équipes d’action d’état/centrales qui se déplacent partout pour participer à la guerre selon les besoins du mouvement sous les consignes des Commissions/Commands.
2. Les forces secondaires - les brigades de guérilleros locales, les brigades de guérilleros spéciales, les sections et les équipes d’action au niveau de la division et du district.
3. Les forces de base - la milice populaire (brigades d’autodéfense, GRD, ARD au niveau des RPC)
La milice populaire est la force de base dans la structure de la PLGA. Celle-ci sera numériquement considérable. Sans la milice populaire, il n’est pas possible pour la PLGA de se développer étant donné que c’est la principale source de recrutement pour les deux autres forces. Il faut que des efforts soient faits pour armer la milice et pour donner une formation politico-militaire afin qu’elle devienne une force combattante militante et harcèle les forces ennemies continuellement sans répit.
Les forces secondaires opèrent dans une zone spécifique. Les armes des forces secondaires sont de qualité relativement inférieures comparées à celles des forces principales. Nous devons davantage les perfectionner. Bien qu’elles soient moins nombreuses que les forces de base, elles se battent mieux. Elles attirent les forces ennemies dans de petites activités de guérilleros, elles les harcèlent et les fatigue et détruisent les forces ennemies en utilisant des tactiques de guérilla.
Bien que les forces principales soient relativement moins nombreuses que les autres forces, elles sont meilleures en terme de conscience politique, de qualité des armes et de techniques de combat. Par conséquent, c’est l’épine dorsale de la PLGA. Sans cette force, il sera difficile de survivre pour les deux autres forces.
Les équipes d’action spéciales, les sections spéciales et les compagnies doivent être formées afin d’anéantir les officiers cruels appartenant aux forces ennemies, les éléments anti-populaires notoires qui sont au service des intérêts des impérialistes, de la bourgeoisie bureaucrate compradore et des forces féodales, de mener des raids par surprise contre les forces ennemies dans des endroits clé, de s’emparer d’armes et d’anéantir les forces ennemies qui ont des fortifications.
Coordination entre les forces
Dans la guerre, nous devons, dans une mesure maximum, préserver nos forces et détruire les forces ennemies.
Pour atteindre cet objectif, les petites et les grandes actions doivent être coordonnées. Nous avons formé des organisations qui sont aptes à assumer ces opérations, c-à-d les forces principale, secondaire et de base. Les forces principales telles que les sections, les compagnies, etc. concentreront les forces pour l’anéantissement des forces ennemies et pour la capture d’armes. Il faut qu’elles reçoivent l’occasion d’effectuer les opérations militaires et d’anéantir l’ennemi. Les forces principales, par leur nature même, sont mieux équipées et ont les capacités pour anéantir les forces ennemies. Donc, avec l’aide des forces secondaires et des forces de base, il devient relativement plus facile de détruire l’ennemi. Les comités de parti et les commandements à différents niveaux doivent tracer les plan opérationnels afin de réaliser ce but. Il faut que la coordination entre ceux-ci soit accomplie.
La CMC fourni la direction politico-militaire à la PLGA au nom du CC. Elle guide les affaires militaires. Tous les comités de parti depuis le CC jusqu’aux niveaux inférieurs ne font pas partie de la PLGA. La première chose est d’instaurer la direction ferme du parti sur la PLGA. Le système de direction de base consiste en les cellules et les sections du parti dans la PLGA et la direction collective des comités du parti sous lesquels les commandants effectuent leurs responsabilités individuelles. La PLGA mène principalement la guérilla. Par conséquent, il y aura une stratégie unifiée et des activités indépendantes. Ceci signifie que le CC et les SC/SZC décident des plans généraux tandis que le commandements de niveau inférieur (les commandements régionaux/sous-zonaux, zonaux/de district/de division, de zone) dressent les plans opérationnels correspondants. Dans la PLGA, les commandants militaires et les commissaires politiques sont les dirigeants des unités militaires. Une division du travail nette existe entre eux. Alors que les commandants militaires endossent la responsabilité d’exécuter les ordres et les consignes relatifs aux affaires militaires, les commissaires politiques assument la responsabilité d’effectuer les tâches relatives aux questions politiques.
L’aspect clé pour développer et renforcer la PLGA est de constituer des commandements compétents à différents niveaux (au niveau de la zone/sous-zone, du district/de la division, zonal, régional, des SC/SZC/SAC, central). Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons surveiller le déploiement correct des forces, accroitre la capacité de combat, assurer une discipline de fer et battre en retraite de manière ordonnée au cours de notre combat contre les forces ennemies et créer davantage les conditions pur transformer la PLGA en PLA. Parvenir à l’unité politique, à l’unité militaire, à la coordination dans les affaires politico-militaires est très capital pour atteindre notre objectif politique. Par conséquent, il faut que différents comités de parti et commandements comprennent ceci consciemment et développent la guerre populaire dans l’unité, avec une étroite coopération et coordination.
Afin d’améliorer la capacité de combat de la PLGA, de la développer et de la transformer en la PLA, nous devons constituer différentes ailes. En ce moment, le développement de la guérilla dépend de l’évolution des départements de communication, des renseignements, des approvisionnements, de l’ordonnance (armes et munitions), de l’artillerie, de la formation médicale et politico-militaire.
Une armée de guérilla populaire faible affronte actuellement une force ennemie puissante. Dans une guerre de cette sorte, l’ennemi aspire à anéantir totalement la PLGA. Dans ce but, il déclenchera des offensives générales et des campagnes d’encerclement et de répression en grand. En plus d’utiliser la force brutale, il aura recours à tous les types de supercheries et méthodes fourbes. Pour aller à l’encontre de cela, nous devons protéger nos dirigeants, nos forces, le soutien populaire et les armes et munitions en gardant en vue notre objectif final de vaincre les forces ennemies. Jusqu’à ce qu’un changement qualitatif se produise dans l’équilibre des forces entre nos forces et celles de l’ennemi, il ne faut pas que nous nous lancions dans des batailles décisives du point de vue stratégique.
La PLGA est l’avant-garde du peuple combatif et le foyer de la lutte armée. Afin de combattre une armée solide, nous devons créer les conditions subjectives et matérielles requises. La guerre subi sans cesse des changements. Conformément aux conditions variables, nous devons prendre les décisions appropriées au moment opportun, c-à-d développer les formes appropriées d’organisations militaires et de lutte de guérilla. Il faut que les forces armées de l’ennemi soient détruites petit à petit, comme un repas entier est mangé bouchée par bouchée, grâce aux méthodes de guérilla et il faut que nos forces soient renforcées en étendant la lutte armée à des régions étendues et en approfondissant la lutte. Quand suffisamment d’armes seront acquises et que les forces de guérilla augmenteront, la PLGA devra être développée en se lançant dans de nouvelles formations. La PLA doit être développée en formant davantage de sections et de compagnies, en améliorant la formation et en développant qualitativement celles-ci en bataillons et en divisions.
Pour former l’armée régulière, nous devons lever les soldats requis en grand nombre, développer une discipline de fer, donner une formation politico-militaire de haut niveau et acquérir des armes relativement meilleures et en plus grand nombre (y compris des armes modernes et des munitions. Les dirigeants doivent jouer un rôle décisif pour parvenir à ceci. Il est vraiment indispensable que les dirigeants fassent une planification délibérée et un effort particulier pour que la PLGA devienne la PLA. Des campagnes spéciales doivent être continuellement adoptées pour le recrutement dans la PLGA. Ceux qui ont les qualités requises pour être des soldats de la guérilla doivent être encouragés à rejoindre la PLGA. Ainsi, l’armée de guérilla doit être développée au cours de la guerre populaire en la PLA.
Nous devons transmettre une vision politico-idéologique parmi les combattants de la PLGA et les dirigeants en ce qui concerne notre ligne politico-militaire comme les plans stratégiques variables et les tactiques de tromperie, les méthodes rusées, les méthodes voilées, etc, de l’ennemi, améliorant de ce fait de temps en temps leur capacité de réaction et leur vigilance d’ensemble.
Nous devons faire tout notre possible pour attirer dans notre camp une partie de l’armée, des forces paramilitaires et d’autres forces de police armées de l’ennemi pour créer la désunion parmi les forces armées ennemies. Deux aspects favorisent principalement nos efforts dans les forces armées ennemies.
Nous devons éduquer les combattants et les gardes de la PLGA contre l’émergence de tendances non-prolétariennes telles que le point de vue purement militaire isolé des masses, l’aventurisme, la bureaucratie, la fougue révolutionnaire, l’ultra-démocratie, etc en dehors de plusieurs mauvaises habitudes, à la lumière du marxisme-léninisme-maoïsme.
Discipline
Afin de nous préserver ou pour anéantir l’ennemi, nous devons travailler solidairement et avec une ferme détermination. Par conséquent, la PLGA doit suivre la discipline comme spécifié. Les ordres venant d’en haut doivent être suivis sans exception dans toutes les activités militaires. Cette discipline est la discipline développée d’après la conscience politique des combattants et des commandants. La méthode la plus importante à suivre pour mettre en place la discipline est l’instruction et la persuasion. Suivre la discipline volontairement par eux-mêmes sera capital. Afin de consolider la discipline, il faut que la PLGA suive rigoureusement les "Trois règles de discipline" et les "Huit points d’attention" formulés par le camarade Mao.
Cinq bonnes qualités sont indispensables pour les combattants et les commandants si la PLGA doit devenir forte : être bon en apprentissage du marxisme-léninisme-maoïsme, être bon en formation militaire, être bon en style de travail de trois-huit, savoir accomplir des tâches, être bon en préparation physique.
Offensive - contre-offensive
L’objectif de l’offensive totale des gouvernements des états et du centre qui s’set davantage intensifiée avec la formation du Joint Operational Command est d’écraser complètement, par des moyens militaires, le mouvement tout entier et la PLGA dirigée par notre parti partout dans le pays, concentrant tout particulièrement l’attaque contre les états de l’Andhra Pradesh, du Jharkhand, du Dandakaranya, du Bihar et de l’Orissa, du Chhatttisgarh, de l’Uttar Pradesh et du Bengale occidental. Une offensive sur plusieurs fronts signifie d’attaquer le mouvement révolutionnaire sur tous les fronts - politique, culturel, idéologique, en dehors de l’offensive militaire. L’objectif est de réprimer brutalement les forces sociales et politiques qui s’opposent à l’ennemi.
Nous sommes actuellement dans la phase d’autodéfense stratégique. Ceci signifie que l’ennemi est puissant et que nous sommes faibles. Par conséquent, l’ennemi essaye de réprimer le mouvement révolutionnaire, l’armée de guérilla populaire et les masses au moyen d’une violente attaque. Cette situation existera jusqu’à ce qu’un changement dans l’équilibre des forces se produise. Ce n’est que lorsque nos forces deviendront plus fortes que celles de l’ennemi que la méthode d’utiliser la campagne de répression sans interruption se terminera. Jusqu’à ce moment-là, une campagne de répression suivra une autre. La campagne de répression générale de l’ennemi - notre contre-offensive tactique sera la caractéristique principale de notre lutte durant cette période. La guerre augmentera dans son intensité et étendra son théâtre d’opération, non seulement dans l’offensive générale de l’ennemi ou la campagne d’encerclement-répression, mais aussi dans notre campagne de contre-offensive tactique. Il y aura des hauts et des bas, des défaites et des victoires, des progressions et des retraites au cours de cette lutte intense. Notre but est de vaincre l’offensive générale de l’ennemi et de parvenir aux objectifs politiques et militaires. La tâche la plus importante dans l’opposition à l’offensive générale de l’ennemi est la mobilisation politique des masses. Ce n’est qu’en adoptant des campagnes de contre-offensives conformément à la force et aux capacités de notre PLGA et à la situation actuelle que nous serons capables de préserver nos forces et d’anéantir les forces ennemies. Nous devons prendre les dispositions nécessaires pour résister à l’offensive de l’ennemi selon le plan préalablement établi. Les pertes seront moindres pour la PLGA et le parti si l’ennemi subi des pertes au moment et à l’endroit opportun. Il faut que notre PLGA se concentre et assène des coups violents aux points faibles des forces ennemies qui sont prêtes à attaquer contre nos forces dans le but de faire des dégâts à l’ennemi. La contre-offensive tactique contre l’ennemi doit être mise en oeuvre sous forme de petites et de grandes actions militaires. Lorsque la concentration des forces ennemies dans un endroit donné devient dangereuse pour notre existence, il faut que nous fassions reculer provisoirement nos forces de guérilla vers un endroit favorable du point de vue stratégique dans le but de mener la guerre pendant longtemps. Lorsque les risques d’une attaque ennemie sont plus grands, les brigades et les sections de guérilleros doivent prendre les précautions nécessaires pour rester secrètes et s’appliquer à briser l’attaque ennemie au moment opportun. De cette manière, en protégeant la PLGA, le parti et le mouvement des attaques ennemies, nous devrions acquérir les capacités pour mener les contre-offensives tactiques.
En outre, nous devons mettre en pratique la ligne militaire du camarade Mao de façon créative selon nos conditions concrètes.
Le rôle de l’armée dans le développement
Au départ, dans les endroits où la guérilla se déroule, il faut que la PLGA concentre ses forces pour mener des attaques contre les forces ennemies avec l’objectif d’anéantir les forces ennemies et de tenir les attaques ennemies à distance. Plus tard, il faut que les formations de guérilleros nouvellement constituées déclenchent des attaques contre les avant-postes, le réseau de communication, les bases opérationnelles, les bases centrales dans les territoires ennemis ainsi harcèlent continuellement l’ennemi. Dans les forêts et les régions vallonnées isolées, ces attaques doivent être menées et pendant la nuit et pendant la journée. Mais dans les plaines, où les patrouilles ennemies sont fréquentes, ces attaques peuvent être entreprises durant la nuit. Pour entreprendre celles-ci, la coopération des masses et une mainmise sur le terrain sont indispensables. La vie de la PLGA est à tout moment déterminée par ces deux facteurs. En plus d’étudier les zones d’opération actuelles, il faut également que la PLGA se charge de l’étude et de l’enquête des zones de développement futur.
En impliquant la classe ouvrière, la paysannerie et les autres masses opprimées dans de petites actions de guérilla, la zone des opérations de guérilla et de résistance armée dans les forêts, dans les plaines et les autres centres urbains s’élargira. L’expansion de la zone devient nécessaire afin de défendre la zone de guérilla principale ou la base de guérilla. Les zones de guérilla doivent être consolidées et transformées en zones libérées au cours de la conduite de la guérilla.
Tout en consolidant une zone de guérilla, nous devons prendre les dispositions nécessaires et envoyer nos forces de façon planifiée vers les zones de développement futur dans le but d’ouvrir de nouveaux fronts. Il est absolument indispensable d’avoir assez de place pour manoeuvrer lorsque l’ennemi intensifie ses campagnes de répression. En outre, les bases de guérilla et les zones de base ne peuvent pas être maintenues en l’absence d’une zone de guérilla étendue alentours.
Par conséquent, il faut que le recrutement et les armes soient développés selon un plan bien conçu et les forces de guérilla doivent s’étendre continuellement vers de nouvelles zones. Le bon équilibre entre la consolidation et l’expansion doit être maintenu en déterminant de temps en temps les besoins du mouvement. Une insistance unilatérale soit sur la consolidation soit sur l’expansion est nuisible aux intérêts du mouvement. L’ennemi tentera d’entraver notre développement. Pour parer les mouvements de l’ennemi, il faut que la PLGA affronte l’ennemi pendant l’extension et mène à des formations supérieures telles que les sections et les compagnies conformément à la situation.
Les formes de guerre révolutionnaire
Commencer la guerre avec la guérilla et ensuite accomplir les formes de guerres mobiles et de position résoudra la question du pouvoir d’état. La guerre populaire prolongée est en constant développement. En accord avec les conditions variables et en gardant à l’esprit le but ultime, les décisions doivent être prises avec rapidité, initiative et mobilité. En détruisant les forces ennemies au moyen de la guérilla et de la guerre mobile, nous devons amener un changement dans l’équilibre des forces entre l’ennemi et nous-mêmes et en fin de compte, anéantir, ou rendre impuissantes les forces ennemies grâce à la guerre de position. Afin de parvenir à ceci, nous devons d’abord construire l’armée de guérilla à partir de petites unités de guérilleros et ensuite la transformer en la PLA et résoudre la question du pouvoir d’état. Les principes généraux de ces trois types de guerre seront les suivants :
La guérilla
La guérilla est une méthode de guerre au moyen de laquelle la classe ouvrière et les masses opprimées de paysans se libèrent. Etant donné que la guérilla est une phase dans la guerre populaire prolongée, elle sera menée suivant certains principes scientifiques précis en raison de ses caractéristiques particulières. Quiconque néglige la mise en oeuvre de ces principes sera vaincu. Dans tous les pays, ces principes généraux doivent être appliqués de façon créative selon les conditions politiques, économiques, sociales et géographiques.
La guérilla est une guerre menée par les vastes masses. C’est une guerre populaire. La PLGA sera le centre d’attention des masses combattantes. C’est une méthode de guerre qui est menée quand on manque de ressources en se basant sur un esprit révolutionnaire héroïque. Ne pas avoir recours au combat lorsque l’ennemi est fort mais diriger des attaques lorsque l’ennemi est faible ; disperser les forces de la guérilla à un moment donné et concentrer les forces à un autre moment ; battre en retraite de temps en temps et anéantir l’ennemi à d’autres moments ; être toujours prêts à affronter l’ennemi n’importe où - telles sont les méthodes de la guérilla.
La guérilla est une méthode de guerre par laquelle le camp le plus faible en termes d’armes, de préparation des troupes et de formations militaires que son ennemi, se défend en portant des coups à son ennemi grâce à des méthodes éclairs et anéanti les troupes ennemies plus petites. Vigilance, rapidité, mobilité et attaque inattendue dans de brefs délais, c-à-d court, rapide et soudain - ce sont les points stratégiques de la guérilla.
Ayant une mainmise sur la situation de l’ennemi et sur les conditions de terrain, elle adoptera les méthodes d’asséner un coup foudroyant à l’ennemi et de se replier en un instant. Elle adopte les tactiques telles que faire semblant de venir de l’Est et attaque depuis l’Ouest, choisir et attaquer les positions vulnérables de l’ennemi, etc.
Diviser nos forces pour stimuler les masses, concentrer nos forces pour s’occuper de l’ennemi.
Puisque dans une guérilla, les unités de niveau inférieur doivent opérer de façon autonome, toutes seules, elles auront relativement plus d’indépendance dans les opérations militaires. En particulier dans la situation fluide dans les zones contrôlées par l’ennemi, on donnera l’initiative aux unités inférieures dans une certaine mesure. En conséquence, une flexibilité dans les tactiques changeantes et dans les opérations, qui est vitale pour une guérilla, sera acquise.
Dans une guérilla, le système de ravitaillement sera totalement décentralisé et il faut que toutes les unités soient autonomes. Pour ceci, elle devront principalement se reposer sur la population et sur l’ennemi. Dans tous les domaines, le soutien de la population est vital pour la guérilla.
Dans les offensives générales et les campagnes d’encerclement-répression déclenchées par l’ennemi, nous devons accroître la capacité des masses à faire face aux difficultés et leur héroïque esprit de combat.
Dans une guérilla, ne pas se livrer à des combats prolongés. Il faut adopter des opérations de décisions rapides. L’essence de la guérilla est : quand l’ennemi progresse, nous battons en retraite ; quand l’ennemi campe, nous harcelons ; quand l’ennemi se fatigue, nous attaquons ; quand l’ennemi bat en retraite, nous pourchassons.
Vue d’un point de vue stratégique, la guérilla produit beaucoup de pertes et de difficultés pour l’ennemi. Son moral sera brisé et se fatiguera. La somme totale des victoires dans plusieurs petites batailles rend impuissants les effectifs de l’ennemi. Les combats dispersés deviendront une guerre plus centralisée. Pour anéantir les troupes ennemies sur une grande échelle et pour constituer des zones de base, la guérilla doit se transformer en guerre mobile.
La guérilla en soi ne peut pas remporter une guerre révolutionnaire comme une forme indépendante. La guérilla continuera à se développer jusqu’à ce que l’armée de guérilla se forme progressivement et acquiert les caractéristiques d’une armée régulière (PLA). Après l’apparition de la PLA, la victoire ne sera possible que quand l’ennemi sera anéanti par le développement de la guérilla en guerre mobile et de position et sera menée en coordination avec elle.
La guerre mobile
La guerre mobile est une guerre menée par une armée régulière en concentrant ses forces dans une vaste zone ayant des fronts fluides, des déploiements et changeant souvent d’un endroit à l’autre. Elle aura la mobilité pour attaquer l’ennemi à ses points relativement vulnérables et se replier rapidement et le potentiel pour changer de tactique lorsque les conditions changent.
"Combattre quand on peut gagner, partir quand on ne peut pas" - ceci est la véritable essence de la guerre mobile.
La guerre mobile ne visera pas à conserver ou à s’emparer de territoires. Elle vise plutôt à anéantir des troupes ennemies.
Dans une guerre mobile, aussitôt que l’avantage échappe des mains de nos troupes, ce territoire sera immédiatement quitté.
Tandis que la sécurité des troupes dans la guerre de position est garantie par les positions de défense et les fortifications, dans la guerre mobile, elle est garantie par une vive fluidité, par de rapides contre-attaques et par l’utilisation étendue de la concentration-dispersion.
Dans la guerre mobile aussi, essentiellement, il faut que soient menés des combats de décisions rapides.
La différence importante entre une guérilla et une guerre mobile est que, dans une guerre mobile, les troupes seront concentrées en grand nombre. Les troupes engagées dans la guerre mobile seront composées de soldats de métier qui ont une conscience politique relativement plus élevée, une plus grande discipline et une formation militaire. Les forces de guérilleros engagées dans la guérilla seront d’un niveau relativement inférieur dans les matières précitées.
Cette guerre mobile qui possède les caractéristiques élémentaires de la guerre régulière aura la capacité d’anéantir sérieusement les forces ennemies. En écrasant ainsi les forces ennemies sur une grande échelle, cela servira de stratégie clé pour prendre le dessus sur l’ennemi et pour transformer la guerre du stade de défensive stratégique au stade d’impasse stratégique ou d’équilibre et du stade d’équilibre stratégique au stade de contre-offensive stratégique.
Guerre de position
La guerre de position est une guerre menée face à face avec l’ennemi, depuis des positions fixes, soit pour capturer soit pour garder un territoire. La guerre de position dépend essentiellement de la théorie selon laquelle conserver un territoire mènera en définitive à la victoire.
Bien que les trois types de guerre précités aient leurs caractéristiques nettes distinctes, il n’y a pas de muraille de Chine délimitant les trois dans la période de transition. Mes opération de guérilla entreprises par les petites brigades de guérilleros auront une nature de guérilla dans une plus grande mesure. Toutefois, au moment où l’armée de guérilla populaire grossi et où les opérations de guérilla dirigées en les concentrant se développent, elles acquerront certaines caractéristiques élémentaires d’une guerre mobile. De façon similaire, dans la phase préliminaire de la guerre mobile, la nature de guérilla sera quelque peu plus grande, et la guerre mobile qui se poursuit avec une concentration renforcée de troupes, les traits principaux de la guerre de position apparaissent.
Considéré globalement, dans notre guerre révolutionnaire, la guerre mobile vient d’abord, et la guérilla sera secondaire, et dans la dernière phase d’offensive stratégique, nous nous emparerons du pouvoir d’état grâce à une guerre de position de grande envergure.
Les principes tactiques et stratégiques de la PLGA
Le principe élémentaire suivant de la ligne militaire développée par Mao doit être suivi dans toutes les circonstances par notre armée de guérilla populaire.
"Vous combattez à votre manière, et nous combattons à la nôtre. Nous combattons quand nous pouvons gagner et nous battons en retraite quand nous ne pouvons pas".
"Le principe de base de notre stratégie doit être de prolonger la guerre". Le principe général ci-dessus formulé par Mao sera la stratégie de notre armée de guérilla populaire. Ceci parce que du temps est nécessaire pour préparer les masses pour la guerre en les mobilisant et les consolidant, pour anéantir les forces ennemies et les rendre impuissantes, pour amener progressivement un changement fondamental dans l’équilibre des forces, pour faire tourner la situation nationale et internationale en faveur de la guerre populaire et pour prendre le dessus sur l’ennemi.
Il faut que notre armée de guérilla populaire mette en pratique de façon créative le principe tactique suivant indiqué par Mao :
"Dans chaque campagne individuelle et d’un point de vue tactique, nous devons parvenir à des solutions rapides". L’ennemi doit être anéanti dans un processus méthodique, secteur par secteur, dans lequel les forces supérieures le frappent tout à coup lorsqu’il n’est pas prêt, las, en train de manger ou de dormir. Les guérilleros frappent les lignes de communication les moins mobiles de l’ennemi, le harcèlent continuellement, rendent ses forces boiteuses, perdues, affamées, assoiffées. Alors que la puissance et le moral de l’ennemi sont sapés, la puissance des guérilleros augmente et leur moral s’améliore. Et alors que la guerre s’éternise, l’armée de guérilla acquerra de l’expérience, des recrues, des armes.
La PLGA doit s’efforcer d’appliquer les importants principes tactiques cités ci-dessous :
La guerre populaire prolongée est ardue et tortueuse. Il faut que l’esprit d’auto-endurance prolongée soit maintenu. Dans les campagnes et les combats, elle doit s’opposer à l’utilisation de quelques-uns pour vaincre la multitude, et doit persister fermement dans l’utilisation de la multitude pour vaincre les quelques-uns. Pour affronter un ennemi solide, elle doit se reposer sur les masses et sur ses propres forces. La PLGA doit s’intégrer avec les masses.
"Nous devons mobiliser la population pour soutenir nos forces armées avec enthousiasme et pour combattre l’ennemi avec elle. Les habitants sont les yeux et les oreilles de l’armée ; ils nourrissent et entretiennent nos soldats. Ce sont eux qui aident l’armée dans le sabotage et le combat. La population est l’eau et notre armée le poisson."
Il faut que la PLGA compte sur le front pour accroître ses capacités de combat ; se repose principalement sur l’ennemi pour les armes ; soit économe dans les approvisionnements ; développe sa patience ; surmonte les difficultés ; participe à la production et augmente la production ; implante des usines d’armes pour la production d’armes ; et fasse son possible pour poursuivre la guerre populaire dans les circonstances les plus éprouvantes.

CHAPITRE ONZE : Le front uni et le travail dans les masses de base

Quelles doivent être nos tactiques concrètes pour réaliser le front uni révolutionnaire ou stratégique des quatre classes - la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie urbaine et la bourgeoisie nationale - et en faire un instrument efficace pour faire progresser la lutte armée ?
D’abord, nous devons nous appliquer à organiser les masses de ces différentes classes en des organisations de masse révolutionnaires, l’armée populaire, la milice, les organisations révolutionnaires de nationalités, les fronts anti-impérialistes, et ainsi de suite, dirigés par notre parti. C’est dans le processus de l’organisation de ces diverses sections de la population, en donnant une direction à leur luttes et en les transformant en lutte armée pour la prise du pouvoir d’état que le front uni révolutionnaire commence à prendre des formes concrètes. Le noyau de ce front uni est l’alliance des quatre classes basée sur l’unité ouvrier-paysan qui prend la forme de RPC à différents niveaux dirigés par le parti.
Le parti, l’armée populaire, les organisation de masse révolutionnaires, les organisations basées sur la nationalité ayant le programme de nouvelle démocratie et différentes autres organisations révolutionnaires et petites bourgeoises soutenant le programme de nouvelle démocratie feront partie de ce New Democratic Front. Bien que la formation du NDF au niveau pan-indien requiert une armée populaire relativement solide, un parti fort ayant une influence politique à l’échelle nationale et une zone de lutte armée considérablement plus étendue avec des organes de pouvoir politiques populaires à divers niveaux, nous devons nous efforcer de former le front uni révolutionnaire au niveau du village, de la région, au niveau étatique, zone, zonal spécial et régional spécial selon la puissance de notre parti, de l’armée, des organisations de masse révolutionnaires et l’importance et l’intensité de notre lutte armée. Il faut que nous répartissions des forces subjectives selon le plan pour travailler dans les villes faisant partie et se trouvant autour des zones de lutte armée dans le but de construire le front uni. Bien que la formation du NDF au niveau pan-indien prendra du temps, nous pouvons tout de même essayer de former ce front uni sous une forme embryonnaire sur une base anti-impérialiste et anti-féodale et basé sur le soutien de la lutte révolutionnaire.
Que voulons-nous dire quand nous disons que le front uni est un instrument pour faire progresser la lutte armée et vice versa ? D’abord, le front uni révolutionnaire mobilise les masses d’un point de vue politique pour la prise du pouvoir d’état. Partout où les organes de pouvoir populaire de nouvelle démocratie sont constitués comme étant la forme concrète de ce front uni révolutionnaire, ces organes servent non seulement d’organes de pouvoir, mais également d’orges de soulèvements armés des masses. Ils sont "les organes les plus puissants de la lutte révolutionnaire des masses, de l’action politique des masses, du soulèvement des masses". Ils stimulent les masses d’un point de vue politique, arment les masses et dirigent les masses pour défendre le pouvoir politique et les gains politiques effectués. Une énorme armée des masses laborieuses est soulevée et une milice populaire est mise en place partout où le front uni révolutionnaire prend son expression concrète en tant qu’organe de pouvoir politique populaire de nouvelle démocratie. De cette manière, la lutte armée des masses dirigée par le parti atteint une nouvelle phase qualitativement. Et inversement, cette lutte armée consolide davantage le front uni révolutionnaire.
Même là où les organes de pouvoir politique populaire ne sont pas constitués au sens véritable, mais où le front uni révolutionnaire se projette comme le gouvernement révolutionnaire provisoire alternatif, cela facilite l’éveil politique des masses et les progrès de la lutte armée.
Puisque ce sont les organes les plus démocratiques, ce sont également les organisations des masses les plus sûres, ce qui facilite au plus haut point leur participation dans la lutte pour construire un nouvel ordre social et fait jouer pleinement l’énergie révolutionnaire, l’initiative, les capacités créatives des masses dans la lutte pour la destruction de l’ordre ancien.
Il faut que les tactiques de notre front uni dans la conjoncture actuelle soit basées sur le fait qu’une part significative de la population appartenant aux quatre classes qui font partie du front uni révolutionnaire sont actuellement sous l’influence des partis politiques féodaux-compradores, des partis révisionnistes et de diverses nuances d’organisations réformistes et petites bourgeoises. La majorité des ouvriers syndiqués sont dans les différents syndicats appartenant aux partis de la classe dirigeante et autres partis révisionnistes ; les paysans, les jeunes, les étudiants, les employés, les femmes, etc sont également organisés dans différentes associations et fédérations affiliées ou sous l’influence des partis mentionnés ci-dessus. Il faut que ces sections soient amenées sous la direction du parti révolutionnaire en abordant leurs revendications particulières, en haussant leur conscience politique et en dissipant toutes les illusions qu’ils peuvent avoir sur ces partis grâce à une incessante dénonciation politique de ces partis et à une éducation politico-idéologique des masses. Afin de parvenir à cela, nous devons essentiellement nous concentrer sur la construction du front uni depuis en bas.
Pour rassembler tous ces gens, toutes ces sections dans la guerre populaire prolongée, dans le front uni révolutionnaire, le parti de la classe ouvrière doit construire plusieurs types de fronts unis tactiques à différents niveaux, avec diverses forces de classe et avec différents buts. Mais nous devons essayer de développer ces luttes subordonnées à notre principal but et objectif.
En outre, à condition que le mouvement révolutionnaire prenne assez de puissance, si des occasions d’utiliser les contradictions parmi les classes dirigeantes en faveur de la progression de la guerre populaire se présentent, des efforts doivent être faits pour les utiliser également. Toutefois, nous devons être prudents contre l’infiltration d’éléments anti-populaires notoires appartenant aux partis de la classe dirigeante dans une telle activité de front uni. Les principes mentionnés pour construire le front uni dans la partie "Stratégie" de ce document doivent être pris comme indications dans la construction des fronts tactiques sur les problèmes avec les différents partis politiques.
Toutes nos alliances tactiques ou front uni sous la forme d’activité commune avec diverses organisations appartenant aux classes anti-féodales et anti-impérialistes, à n’importe quel niveau, doivent être subordonnés au but de construire le front uni stratégique, c-à-d le NDF. Notre orientation dans l’activité de front uni doit être d’accélérer ce processus en rassemblant ces classes sur la base de notre programme de nouvelle démocratie. Et il faut que toute cette activité serve à intensifier et à étendre davantage notre lutte armée. Toute activité commune ou alliances tactiques qui ne servent pas la cause de la guerre populaire seront une manoeuvre vaine. Tout notre travail dans les différents fronts de masse révolutionnaires, les organisations de nationalité et les autres organisations révolutionnaires et petites bourgeoises et ainsi de suite ne doit être évalué que de ce point de vue.
Nous ne devons jamais oublier que l’activité de front uni, sous n’importe quelle forme, est une méthode pour attirer les masses dans la lutte pour isoler et affaiblir les classes ennemies. L’Internationale Communiste a défini les tactiques du front uni comme étant la méthode léniniste pour attirer les masses dans la lutte révolutionnaire, comme une méthode pour établir des liens plus étroits avec les masses. Nous devons trouver et avancer ces slogans et formes de lutte qui proviennent des besoins vitaux des masses, du niveau de leur capacité combative au stade donné de développement. En même temps, les communistes ne doivent pas un instant abandonner leur propre initiative indépendante et leur travail d’éducation, d’organisation et de mobilisation des masses. Cependant, pour garantir que les masses laborieuses trouvent la voie de l’unité d’action, il est nécessaire de faire notre possible pour obtenir des accords à court terme et à long terme qui prévoient une action commune avec les syndicats de différentes couleurs et les autres organisations de travailleurs contre les ennemis de classe du prolétariat. L’accent principal dans tout ceci doit être posé sur le développement d’action de masse, localement, qui soit effectuée par les organisations locales par l’intermédiaire d’accords locaux. En même temps, nous ne devons perdre aucune occasion de nous servir également des tactiques de front uni d’en haut partout où et chaque fois que cela aide à amener les larges masses dans l’action de masse et dans la politisation des masses.
Il faut que les masses opprimées et les différentes sections soient ralliées grâce à diverses formes de forums comme les forums d’action unie ou d’action populaire, les comités de grève, les comités de lutte, etc, sur leurs revendications respectives à partir du niveau primaire, c-à-d à partir du niveau du village, de l’usine, du basti, du collège, etc. Il faut faire un effort pour mobiliser tous les gens - y compris ceux des différents partis politiques et organisations - qui peuvent être rassemblés sur diverses questions dans le front uni construit depuis le niveau le plus bas. Le parti ne peut rallier la population sur ses revendications partielles et particulières et ne peut mener les luttes et les campagnes même au milieu de conditions de lourde répression qu’en construisant divers forums tels que ceux mentionnés ci-dessus. Nous pouvons prendre en main des actions coordonnées avec les diverses organisations sur des questions aussi diverses que : revendications économiques des travailleurs dans les entreprises individuelles ou les industries entières ; revendications salariales des ouvriers agricoles ; prix rémunérateurs pour les produits agricoles des paysans et contre l’exploitation par la liaison prêteur sur gage-commerçant ; pour la défense des intérêts des dalits, des adivasis, des femmes ; fournir de l’aide aux prisonniers politiques et à leurs familles ; dans la lutte contre la réaction sociale et les attaques fascistes ; les actions coordonnées à une échelle locale, régionale, nationale et internationale pour mener des actions politiques e masse et d’innombrables questions de cette sorte.
Nous pouvons aussi constituer une plateforme à un niveau supérieur pour prendre en main les problèmes démocratiques généraux et pour déclencher un mouvement de masse militant contre l’exploitation impérialiste, la domination et la politique anti-populaire de l’état et ses mesures répressives. Il est également nécessaire de construire un mouvement de solidarité en soutien des luttes anti-impérialistes, anti-féodales et anti-étatiques de la paysannerie.
Dans une Inde multinationale, où les nationalités mènent une lutte armée depuis longtemps pour leur autodétermination, le parti doit prêter une attention toute particulière à la construction d’un front uni avec elles. Il faut que le parti du prolétariat soutienne leurs justes revendications dans leur combat pour l’autodétermination contre les classes dirigeantes indiennes et leur état. C’est une des tâches les plus importantes du parti prolétarien de mobiliser la population en soutien de ces luttes et d’établir l’unité avec ces nationalités tout en organisant en même temps les masses sur le programme du parti pour attirer ces masses dans la révolution de nouvelle démocratie. Un solide front uni entre le prolétariat et les nationalités qui luttent contre les ennemis communs (c-à-d l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucrate compradore et le féodalisme) leur permettra de formuler les tactiques conjointement pour vaincre les tactiques de l’ennemi.
Quelles que soient les tactiques utilisées (selon la situation et notre force par rapport au mouvement), il faut adopter une position prolétarienne envers chaque mouvement de nationalité, cherchant à l’influencer avec un point de vue cohérent anti-impérialiste et anti-féodal. Tout en formant un front uni avec les nationalités qui luttent, le parti du prolétariat doit s’efforcer d’établir son leadership sur le front uni. Il se peut que des alliés de ce front acceptent le programme révolutionnaire de nouvelle démocratie et deviennent nos alliés stratégiques au cours de la construction d’un tel front uni et la lutte unie contre l’ennemi commun. Cependant, inutile de prendre cela comme une condition préalable à la formation de front uni avec ces luttes. Il ne faut pas causer la perturbation du front uni en adoptant des méthodes sectaires au nom de l’établissement d’une direction prolétarienne sur le front uni. En même temps, il faut que nous fassions attention à nous assurer que nous ne suivons pas les éléments petits bourgeois ou de la classe dirigeante qui prennent part (ou dirigent) différents mouvements de nationalité et nous devons prendre part au front uni avec notre propre programme indépendant.
Quelle que soit la nature de ces fronts unis tactiques construits à différents niveaux, ils doivent servir à isoler les cibles de notre révolution, à faire progresser la guerre populaire et à construire et à consolider le front uni révolutionnaire stratégique requis pour l’instauration d’un nouveau système démocratique.
Organisation de masse et mouvement de masse
Les organisations de masse sont absolument indispensables pour la victoire de toute révolution. Le but principal de la construction d’organisations de masse est d’organiser les masses pour la révolution. Sans mobiliser les masses dans d’innombrables luttes et hausser leur conscience politique au cours de ces luttes, elles ne peuvent pas se rendre compte du besoin de renverser le pouvoir d’état des classes exploiteuses, elles ne peuvent pas acquérir la conscience nécessaire et la volonté collective pour renverser l’appareil étatique oppressif et, il va sans dire que le parti ne peut pas conduire les masses à la victoire dans la révolution. Pour ceci, il est absolument nécessaire d’établir une ligne de démarcation claire avec les mouvements de masse et les organisations de masse dirigées par les révisionnistes. Dans le contexte de la condition particulière en Inde, l’orientation de notre mouvement de masse et de notre organisation de masse sera conforme à la stratégie de la guerre populaire prolongée.
Pour que les masses comprennent la nécessité de renverser l’appareil étatique et comprennent les appels et les slogans du parti, elles doivent être persuadées grâce à leurs propres expériences de la vie de tous les jours, grâce aux expériences obtenues en s’organisant et en participant dans les luttes de masse militaire. L’organisation de masse est ainsi une arme puissante pour convaincre les masse et faire naître la confiance en elles qu’elles peuvent se libérer de toute oppression et exploitation par l’intermédiaire de l’organisation collective et de la lutte.
Ceci, bien sûr, ne suppose pas que les masses obtiendront automatiquement la conscience politique requise au renversement de l’appareil étatique et à la construction d’une société de nouvelle démocratie et du socialisme. Comme le camarade Lénine l’avait à plusieurs reprises prévenu, il faut que cette conscience soit inculquée aux masses laborieuses depuis l’extérieur ; elles ne peuvent pas l’acquérir grâce aux luttes sur leurs revendications économiques ou partielles. Par conséquent, la tâche la plus importante du parti à l’intérieur des organisations de masse est de stimuler les masses d’un point de vue politique et d’imprégner les masses de la politique révolutionnaire de prise du pouvoir par des moyens armés. Les masses peuvent saisir les politiques du parti et les faire leur au cours de leur mise en oeuvre de leurs luttes quotidiennes.
Les formes d’organisation et les formes de lutte se distinguent selon les conditions différentes des différentes régions du pays. En outre, les conditions dans la même région, dans le même état ou dans le pays dans son ensemble ne restent pas fixes mais continuent à changer sans arrêt, mettant de ce fait en évidence la nécessité d’effectuer les changements correspondants dans les formes d’organisation et dans les formes de lutte. Ceci est la caractéristique la plus importante qui doit entrer en ligne de compte dans l’élaboration des tactiques appropriées dans chaque région ou état et à chaque moment donné. A moins que nous n’adoptions une approche dialectique des formes de lutte et des formes d’organisation, nous ne manquerons pas d’échouer à construire des organisations de masse efficaces et des mouvements de masse puissants.
Rapports entre lutte de masse et lutte armée
Tout en reconnaissant l’importance des organisations de masse et des luttes de masse, nous ne devons également pas oublier que dans la révolution dans son ensemble, c’est la guerre ou la lutte armée contre l’état qui sera la forme principale de lutte, et l’armée la forme principale d’organisation.
Comme le camarade Mao l’avait indiqué :
"… La guerre est la forme principale de lutte et l’armée est la forme principale d’organisation. Les autres formes telles que l’organisation de masse et la lutte de masse sont également extrêmement importantes et en fait indispensables et ne doivent être négligées en aucune circonstance, mais leur objectif est d’être utiles à la guerre. Avant le déclenchement de la guerre, toutes les organisations et les luttes sont en préparation de la guerre… Après que la guerre ait éclaté, toutes les organisations et les luttes sont coordonnées avec la guerre, directement ou indirectement".
Ceci est une formulation extrêmement importante que notre parti avait aussi pris comme directive pour la révolution indienne. Quelles que soient les différences dans les conditions objectives entre l’Inde et la Chine pré-révolutionnaire, le principe de fond concernant le rapport entre la lutte de masse et le lutte armée reste le même : les organisations de masse et la lutte de masse doivent servir la guerre entre les forces armées populaires et les forces ennemies une fois qu’elle a éclaté ou doivent être axées sur la préparation pour la guerre. Cela signifie que dès le tout début, il faut que notre orientation, notre perspective et la méthode de construction des organisations de masse et des luttes de masse servent la guerre directement ou indirectement. Les organisations de masse qui sont construites sans une telle perspective seraient inaptes à faire progresser la révolution. Ici, l’idée de transformer les luttes de masse et les organisations de masse progressivement en lutte armée doit être reconnue comme une pensée erronée.
Si cette direction est perdue, nos organisations de masse et nos luttes de masse s’enliseront dans le légalisme et l’économisme et nous serons dans l’impossibilité de préparer les masses pour la prise du pouvoir politique. En ceci réside la source pour l’opportunisme de droite et le révisionnisme.
Tandis que les organisations de masse et les luttes de masse servent la lutte armée et la guerre, ces dernières, à leur tour, aide à faire progresser davantage le mouvement de masse. Telle est la corrélation dialectique entre la lutte de masse et la lutte armée. Comme le fait remarquer Mao : ‘insister sur la lutte armée ne veut pas dire renoncer aux autres formes de lutte ; au contraire, la lutte armée ne peut pas parvenir au succès à moins d’être coordonnée avec d’autres formes de luttes’.
Il y a également une tendance à oublier la vérité précitée selon laquelle la lutte armée ne peut pas parvenir au succès à moins d’être coordonnée avec d’autres formes de lutte, et en ceci réside une source d’aventurisme de gauche et de sectarisme. Ceci reviendra à laisser les masses derrière et à aller de l’avant avec seulement les sections avancées. Par conséquent, le point principal à garder à l’esprit est que nous ne pouvons pas remporter la victoire dans la révolution sans aucun de ceux-ci ; et la lutte armée et les autres formes de luttes sont indispensables, mais la forme décisive et principale est la lutte armée.
Les formes d’organisation de masse et de lutte de masse changent continuellement avec la progression de la lutte armée. Chaque progrès dans la lutte armée aide les organisations de masse à se développer et à approfondir leur base et à faire davantage progresser le mouvement de masse. Et inversement, tout progrès dans le mouvement de masse, particulièrement la mobilisation politique ou l’éveil des masses hardiment contre les principaux ennemis de notre révolution, contribuera à l’intensification et à l’expansion de la lutte armée. L’expérience de notre parti a indubitablement démontré ceci.
Lorsque nous avons organisé les premières luttes de masse, nous n’avons pu mobiliser que quelques centaines de personnes et plus tard, quelques milliers tout au plus. Mais avec la propagation de la politique de guerre populaire et l’expansion de notre force armée, en dépit de la violente répression de l’ennemi, la population a davantage pris confiance dans le parti et la révolution et a commencé à prendre part à de nombreuses luttes et à sortir en masse par centaine de milliers pour des assemblées ou des manifestations quand des appels étaient lancés par le parti et les organisations de masse même quand ce dernier est entré dans la clandestinité. Une telle démonstration massive de soutien à la révolution et au sursaut dans les luttes militantes par les masses sont dus à la progression de la guerre populaire et à la croissance de la force armée de la population. L’aptitude de nos forces armées à faire face à l’attaque réactionnaire de l’état et des forces féodales est un facteur important pour stimuler le moral des masses et leur insuffler confiance dans la politique de la guerre populaire.
Et les masses qui sont stimulées d’un point de vue politique grâce aux efforts de nos organisations de masse, à leur tour, sont devenues une source principale de recrutement dans le parti et le mouvement révolutionnaire. Il est devenu possible d’entrainer de plus en plus de gens dans la lutte armée. Par conséquent, nous devons sensibiliser la base du parti sur le fait que l’intensification de la lutte armée contre l’état influe directement sur le développement supplémentaire de la mobilisation de masse et les luttes de masse et qu’il faut que cette mobilisation de masse élève le cadre et les soldats pour le parti, l’armée populaire et implique un grand nombre de personnes dans la lutte armée.
Généralement parlant, les organisations de masse peuvent être classées en trois types, selon leur nature et leur fonctions :
1. Organisations de masse révolutionnaires clandestines
Le premier type d’organisation de masse sont celles qui restent rigoureusement clandestines et propagent la position révolutionnaire du parti parmi les masses, les incitant à la lutte armée. Elles demandent ouvertement aux masses de participer à la guerre populaire, propagent la tâche centrale établie par le parti à n’importe quel moment donné, organisent secrètement les masses dans les luttes et servent directement de base de recrutement pour le parti et la guerre populaire. Ces organisations de masse sont construites clandestinement et mènent une propagande secrète. Des exemples d’organisations de masse de cette sorte sont les Communist Student - Youth Leagues, les organisations culturelles armées, les organisations Red Guard, etc.
2. Organisations de masse révolutionnaires publiques et semi-publiques
Le deuxième type d’organisations de masse sont les organisations de masse publiques et semi-publiques qui propagent ouvertement la politique de révolution de nouvelle démocratie et préparent al population pour la lutte armée. Ces organisations tirent parti de toutes les possibilités légales disponibles pour poursuivre la propagande révolutionnaire et l’agitation ouvertement et tentent de mobiliser les forces anti-impérialistes et anti-féodales aussi largement que possible. Ainsi, ces organisations de masse servent aussi directement la guerre populaire tant qu’existe un champ pour le travail révolutionnaire public. Des organisations de femmes révolutionnaires, des organisations de jeunes et d’étudiants révolutionnaires, des associations culturelles et artistiques révolutionnaires, des associations d’écrivains révolutionnaires, des associations de nouvelle démocratie de différentes sections, etc peuvent être constituées pour mettre en oeuvre une propagande et une agitation révolutionnaire publique.
3. Les organisations pas directement reliées au parti
Ces organisations de masse, qui ne sont pas directement reliées au parti et travaillent à couvert avec un programme limité, appartiennent au troisième type. Ce sont des organisations réunissant des tendances très variées qui essayent d’unir les forces indépendantes sur un programme commun. Elles peuvent adopter ouvertement les programmes anti-impérialistes et anti-féodaux ou travailler avec un programme plus limité. Ces organisations deviennent indispensables dans les circonstances de répression extrême de l’état où les perspectives pour les organisations de masse révolutionnaires publiques sont très limitées. Elles peuvent également être constituées dans des conditions normales comme complément aux organisations de masse révolutionnaire qui sont directement au service de la lutte armée. Bien que nous ayons dirigé notre travail sur base de la conception mentionnée ci-dessus en général, il y a encore des défauts en raison du manque de compréhension plus profonde de ce qui se trouve ci-dessus, en particulier dans l’application concrète. Le troisième type d’organisations peut être encore subdivisé en trois larges catégories : (a) travail de fraction (b) organisations de couverture formées par le parti (c) organisations démocratiques légales.
(a) Travail de fraction. Ici, le parti travaille à travers les nombreuses organisations de masse traditionnelles qui opèrent dans les zones rurales et urbaines. Ces organisations de masse traditionnelles sont les organisations généralement créées par les masses pour lutter pour leurs intérêts particulier ou autrement répondre à leurs besoins. Le parti, par l’intermédiaire de ses membres ou d’autres activistes, pénètre dans les organisations de cette sorte, sans révéler aucun lien avec le parti. Par les activités de l’organisation, on tente d’attirer les masses vers la révolution pendant qu’elles sont mobilisées pour leurs intérêts particuliers. Cette méthode d’organisation, si elle est menée correctement, offre la meilleure perspective pour un travail à couvert pour une longue période. Elle est par conséquent indispensable dans les zones de répression intense. Les meilleures organisations sont celles qui sont davantage axées sur la lutte, comme les syndicats, les organisations basées dans les bidonvilles et aux environs, les organisations de jeunes, les organisations de chômeurs, les associations et syndicats d’étudiants, les organisations de femmes, les associations de navetteurs, etc. En outre, il y a également d’autres associations qui sont axées sur le bien-être, des organisations basées sur la communauté ou d’auto-assistance - comme les coopératives d’ouvriers, les organisations culturelles, les clubs de sport et les gymnases, les bibliothèques, les groupes de bhajan, les organisations sociales pour les castes opprimées, les nationalités et les minorités, etc.
(b) Organisations de couverture. Les organisations de couverture sont indispensables dans les zones où nos organisations de masse ne sont pas autorisées à fonctionner ouvertement. Nous pouvons également constituer des organisations de couverture dans d’autres zones selon les besoins. Le but derrière la formation d’organisation est de garder nos forces non exposées à l’ennemi tout en poursuivant le travail de masse public. Nous ne devons pas oublier que les organisations de couverture ne sont pas un substitut pour les organisations de masse légales ou clandestines. Nous devons former des unités du parti à l’intérieur des organisations de couverture et les diriger.
(c) Organisations démocratiques légales. Ce sont les organisations formées sur une base politique explicite avec certains ou tous les aspects d’un programme anti-impérialiste et anti-féodal et avec un programme d’action et des formes de lutte qui relèvent largement du cadre légal. Celles-ci sont utiles alors que le parti cherche à la mobilisation politique des vastes masses. La portée de l’organisation démocratique légale est très large, s’étendant jusqu’aux larges coalitions et alliances formées contre la répression, la mondialisation, les forces Hindutva, jusqu’aux organes globaux formés avec les bannières de l’anti-capitalisme et des luttes populaires. De telles organisations peuvent être constituées à différents niveaux - niveau de la ville, niveau du district, niveau de l’état, niveau régional, niveau pan-indien ou même au niveau international.
Plusieurs tendances erronées ont de fortes chances de se manifester dans notre travail dans le front de masse comme : la tendance légaliste de n’organiser et construire que des types d’organisations légales et de négliger les organisations semi-légales et clandestines révélant de ce fait nos forces à l’ennemi ; la tendance de l’économisme de n’aborder que, ou principalement, les revendications partielles ou économiques des masses et perdre de vue l’aspect le plus important de la mobilisation politique des masses contre l’état et les diverses politiques des classes dirigeantes ; la tendance de la spontanéité en donnant une accentuation unilatérale sur l’aspect des luttes de masse et négligeant l’aspect de la consolidation ; le subjectivisme en imitant mécaniquement les formes de lutte et les formes d’organisation d’une région dans d’autres régions sans tenir compte des conditions concrètes ; et, le plus important de tout, ne pas orienter le travail de masse afin de servir la lutte armée.
Par conséquent, la plus grande importance doit être donnée pour éduquer la base du parti au sujet du danger des tendances non-prolétariennes précitées qui émergent au cours de la construction des organisations de masse et des mouvements de masse et doit guider le travail tout entier avec l’orientation correcte qui est de servir la lutte armée à tout moment. Les dirigeants des organisations de masse doivent toujours garder la politique de la prise du pouvoir au commandement, amener les vastes masses vers cette politique en élaborant les slogans politiques appropriés et en rassemblant les masses autour de ceux-ci. Il faut faire attention à mener une large propagande politique de la politique révolutionnaire par différents moyens - publics, semi-publics et secrets, à se concentrer sur les dénonciations politiques de la politique des classes dirigeantes, la nature anti-populaire du parlement et du gouvernement, les attaques et les atrocités contre les femmes, les Dalits et les Adivasis ; la persécution des minorités religieuses, l’oppression et la suppression des droits des nationalités ; et la brutalité du système social exploitant. Il est possible de rassembler les vastes masses si les slogans tactiques corrects sont avancés au moment adéquat et si les formes de lutte et les formes d’organisations sont élaborées pour aborder de tels problèmes avec la bonne orientation.
Nous ne devons pas oublier le principe tactique léniniste : "Faire ressortir précisément ces formes de lutte et d’organisation qui sont le mieux adaptées aux conditions actuelles durant le flux ou le reflux du mouvement à un moment donné, et qui peuvent donc faciliter et assurer que les masses soient amenées vers les positions révolutionnaires, que des millions de personnes soient amenées vers le front révolutionnaire, et leur disposition au front révolutionnaire".
Bien sûr, en mettant ce principe en pratique, nous devons garder à l’esprit la condition spécifique et la stratégie spécifique de notre révolution. Nous devons également comprendre les différences entre les différentes formes de lutte et d’organisation du point de vue de notre stratégie spécifique, c-à-d la guerre populaire prolongée.
Dans le contexte de la discussion ci-dessus, nous devons assigner des responsables des relations publiques et des organisateurs compétents et expérimentés au travail dans les organisations démocratiques légales, les organisations de couverture et au travail de fraction. Sans des organisateurs compétents pareils, il n’est pas possible de travailler dans ces organisations sans se faire démasquer et avec une perspective de longue durée. Il se peut aussi que nos organisateurs appartiennent à un comité de parti à un certain niveau. Mais tout en travaillant ouvertement dans ces organisations, ils ne doivent être identifiés d’aucune manière avec notre parti. Une fois qu’ils sont exposés à l’ennemi, ils doivent immédiatement entrer dans la clandestinité ou être mutés ailleurs.

CHAPITRE DOUZE : Sections sociales spéciales et nationalités - Nos tactiques

Les femmes, les Dalits, les Adivasis et les minorités religieuses sont les sections sociales les plus importantes dont doit prendre connaissance le parti du prolétariat dirigeant la révolution dans les conditions concrètes actuelles en Inde. Toutes ces sections ont des problèmes particuliers qui leur sont propres et des genres spécifiques d’oppression extra-économique en dehors de l’oppression de classe. Nous devons leur prêter l’attention qu’ils méritent pour résoudre leurs problèmes spécifiques et pour esquisser des tâches particulières pour les mobiliser efficacement dans le mouvement révolutionnaire. A cette fin, nous devons non seulement amener ces sections dans les organisations de classe en même temps que les autres classes opprimées, mais également élaborer les formes nécessaires d’organisations et les formes de lutte pour la mobilisation la plus grande de ces sections sur leurs problèmes particuliers non seulement sur une base à court terme, mais aussi à long terme. Des fronts communs plus larges doivent aussi être constitués partout où et chaque fois que c’est nécessaire pour aborder les griefs particuliers.
Toutefois, tout en adoptant les tactiques spécifiques sur les problèmes particuliers relatifs à ces sections, nous ne devons pas oublier qu’il faut toujours que les tactiques soient subordonnées à notre ligne stratégique. Nous devons placer le programme spécifique pour la solution de leurs problèmes particuliers par rapport à, et dans le contexte de la guerre populaire en cours dasn le pays. Nous devons enseigner à ces sections que leurs problèmes sont essentiellement des questions de classe ; que la base matérielle pour la solution finale de leurs problèmes en peut être posée qu’en se libérant eux-mêmes de l’oppression de classe ; et par conséquent, le besoin impérieux de mener la guerre contre les ennemis communs - le féodalisme, l’impérialisme et le capitalisme bureaucrate compradore - qui oppriment les vastes masses laborieuses dans le pays - ensemble avec les autres masses opprimées sous la direction du prolétariat.
Nous devons démontrer en pratique comment la guerre populaire et la lutte de classe en cours amènent de plus en plus ces sections au centre de la scène ; comment le potentiel latent et les énergies créatrices, l’initiative révolutionnaire et les capacités de ces sections opprimées sont libérés au cours de la guerre populaire et de la lutte de classe de plus en plus profonde. Ce n’est qu’en prêtant une attention toute particulière et en faisant un effort conscient basé sur la planification concrète de la direction du parti pour développer les opprimés parmi ces sections que nous pouvons amener un changement qualitatif dans leur position d’ensemble dans le parti pour développer les opprimés parmi ces sections que nous pouvons amener un changement qualitatif dans leur position d’ensemble dans le parti et leur position dans le mouvement révolutionnaire. Et donc, dans toutes nos zones de guérilla et nos zones de lutte de classe, nous devons d’abord suivre la ligne de classe et la ligne de masse avec sérieux, c-à-d travailler principalement parmi les sans terre et les paysans et ouvriers agricoles pauvres qui appartiennent généralement à la section dalit. En nous fondant fermement sur cet aspect, nous devons adopter un programme spécial pour amener ces sections au premier plan dans tous les fronts, en dehors d’établir des formes spécifiques de lutte et d’organisation pour mobiliser les masses plus larges de ces sections sur leurs revendications précises avec un plan net pour impliquer les éléments avancés de ces sections dans le parti et les organisations de classe.
En suivant la ligne et l’approche générale mentionnées ci-dessus, nous serons en mesure de tracer la ligne de démarcation claire avec les partis parlementaires et révisionnistes, avec les ONG réformistes et autres organisations petites bourgeoises, ainsi qu’avec les prétendues organisations révolutionnaires communistes dans notre pays pour ce qui concerne la solution des problèmes de ces sections sociales particulières. Nous devons aussi aborder une dénonciation politique cohérente des différentes tendances révisionnistes-réformistes-bougeoises à l’intérieur des mouvements de ces sections.
Analysons maintenant la nature de l’oppression et des problèmes de chacune de ces sections séparément.
Sections sociales spéciales
(i) Les femmes. Les femmes constituent presque la moitié de la population du pays et une écrasante majorité d’entre elles appartient aux classes opprimées et exploitées. Mais en plus de l’oppression féodale et capitaliste, elle souffre de la domination phallocrate, de l’oppression et du patriarcat. Les femmes de notre pays doivent faire face à une extrême insécurité de vie en raison de notre système patriarcal, lequel refuse tout droit et indépendance et les prive de l’accès à la propriété malgré les formels droits légaux. On leur refuse d’égales perspectives éducatives et d’emploi. Tout le travail domestique, qui est du travail non rémunéré, est accompli par les femmes. Ce travail est considéré par la société comme étant inférieur, sans valeur, et il n’y a ni reconnaissance ni respect pour le travail des femmes dans la société patriarcale actuelle. C’est n’est qu’un double fardeau pour les femmes qui contrecarre leur initiative, leur créativité et leur rôle dans la vie publique. Les traditions orthodoxes hindoues et musulmanes méprisent les femmes en les traitant comme des êtres inférieures et faibles seulement aptes à servir les hommes et à élever et à éduquer les enfants à la maison. Cette attitude dépassée et réactionnaire est renforcée par l’expansion des forces phallocrates religieuses hindoues d’une part et les intégristes musulmans de l’autre.
Récemment, avec la prolifération du consumérisme et la pénétration accrue de la culture impérialiste et des valeurs décadentes dans notre société, les femmes sont rapidement transformées en produits et leur condition se dégrade davantage. Les femmes sont soumises à des formes variées de harcèlement sexuel et de violence domestique. Le viol est utilisé comme une arme pour s’opposer à l’affirmation légitime des femmes. Il est également utilisé comme une mesure répressive très particulière par l’état contre les femmes dans la lutte. Ainsi, les femmes indiennes sont victimes d’une discrimination et d’une privation sociale, économique, politique et culturelle de toutes sortes. Par conséquent, il faut organiser les femmes indiennes non seulement contre l’oppression de classe mais aussi contre tous les types de patriarcat, de domination masculine et de discrimination. Il faut faire un effort spécial pour amener de plus en plus de femmes dans le mouvement révolutionnaire en les attirant hors des idées féodales et obscurantistes qui les limitent à la maison.
Donc, afin d’émanciper les femmes, en plus de la lutte de classe, nous devons poursuivre la lutte dans les sphères politique, économique, idéologique et culturelle pour une égalité des droits pour les femmes. Nous devons soutenir les luttes pour des femmes qui éclatent soit spontanément soit sous la direction d’organisations petites bourgeoises, féministes contre l’humiliation sociale, la discrimination, l’oppression et l’exploitation tandis qu’en même temps, nous devons dénoncer les limitations de ces directions. Il faut que le parti aide à les organiser dans la bonne direction révolutionnaire et s’efforce de transformer leur protestation en luttes puissantes. Nous devons dénoncer la politique et l’influence des partis et organisations bourgeoises, petits-bourgeois, révisionnistes et réformistes, y compris les organisations féministes, qui ont tenté de dépolitiser et de démobiliser les femmes et d’écarter le mouvement des femmes de la véritable voie de la libération. Nous devons également essayer d’amener de plus en plus de femmes dans les mouvements révolutionnaires en les imprégnant de la politique de la révolution de nouvelle démocratie et en leur faisant comprendre qu’il ne peut pas y avoir de libération des femmes sans la libération des masses opprimées du féodalisme, de l’impérialisme et du capitalisme bureaucrate compradore.
(ii) Dalits. Les Dalits ou castes répertoriées doivent être traités comme une section sociale spéciale qui est propre à la détestable société indienne rongée par les castes. Bien que la vaste majorité d’entre eux (plus de 90%) appartienne à la paysannerie pauvre et sans terre et au prolétariat et autres sections salariées, ils sont également victimes d’oppression sociale, d’atrocités des castes supérieures et discrimination dans toutes les sphères de la vie. La manifestation la plus atroce et la plus inhumaine de cette oppression sociale est la pratique de l’intouchabilité toujours pratiquée dans la majeure partie de l’Inde. La véritable solution aux problèmes des Dalits se trouve dans l’écrasement du système semi-colonial semi-féodal existant en exécutant avec succès la révolution agraire sur base de la distribution de la terre au laboureur.
Tout en mobilisant les vastes masses de Dalits qui constituent environ 17,5% de la population indienne dans la révolution agraire, nous devons aussi insister particulièrement sur la tâche du combat de toutes les formes d’oppression sociale et de discrimination de caste pratiquées par les castes supérieures contre eux. Des formes structurelles appropriées doivent être développées à différents niveaux pour combattre les maux de l’intouchabilité, des atrocités des castes supérieures contre les Dalits et les autres formes de discrimination basées sur les castes. En même temps, nous devons renoncer à constituer des organisations exclusivement basées sur la caste pour les Dalits, ce qui n’aboutira qu’à leur plus grande ségrégation.
Il faut que le parti se batte pour l’égalité des droits, les quotas et d’autres privilèges particuliers pour les Dalits et les autres castes arriérées. Simultanément, nous devons dénoncer la vacuité des politiques des partis de la classe dirigeante et de l’état sur ces questions. Nous devons également dénoncer les opportunistes dirigeants dalits qui construisent leur propre fortune électorale au nom de la prise en main des questions dalits. Nous devons adopter des luttes sur ces questions avec notre propre programme indépendant, grâce à nos organisations de classe et de masse, sans former d’organisations distinctes basées sur les castes.
Les sections dalits petites bourgeoises dans certains états ont constitué des organisations exclusives de Dalits et organisent des mouvements sur certaines questions liées à leurs problèmes. Selon la situation concrète, si c’est utile pour le mouvement révolutionnaire en cours, il se peut que nous travaillions parfois conjointement acec ces organisations dalits petites bourgeoises sur ces questions tout en dénonçant le réformisme et l’opportunisme de la direction. Ce n’est qu’en raison d’un manque d’alternative révolutionnaire que des organisations dalits exclusives prolifèrent dans différentes régions du pays. De telles organisations deviendront non pertinentes si le parti révolutionnaire et les organisations de masse prennent en main les problèmes des Dalits et construisent un large mouvement en incluant toutes les sections de la population.
(iii) Adivasis. Les Adivasis, ou les tribus résidant dans les régions vallonnées, les forêts ou les plaines moins développées de l’Inde, constituent environ 7% de la population indienne. Représentant des forces de production relativement plus arriérées, leur économie, leur société et leur culture diffèrent considérablement de celles dans le reste de l’Inde. Les impérialistes, la bourgeoisie bureaucrate compradore,les entrepreneurs sans scrupules, les prêteurs sur gage, les commerçants et les fonctionnaires du gouvernement ont dépossédé les Adivasis de leur terre et de leurs autres moyens d’existence traditionnels. Le processus de rupture de leur économie, société et culture traditionnelles et leur assimilation forcée dans la structure semi-coloniale et semi-féodale par les classes dirigeantes indiennes au service de l’impérialisme avance à une allure sans précédent, tout particulièrement après le transfert de pouvoir. Les tentatives pour convertir à différentes religions avec le soutien de l’état durent depuis longtemps. Tandis que durant l’autorité britannique, le christianisme s’est propagé à une échelle considérable dans les immenses étendues habitées par les Adivasis, après le transfert de pouvoir, ce sont les organisations chauvines hindoues qui déploient agressivement la religion hindoue dans ces régions. Etant donné que les régions habitées par les Adivasis sont riches en gisements miniers et en richesses forestières, les impérialistes et la bourgeoisie bureaucrate compradore manifestent un intérêt particulier dans l’exploitation de ces régions par l’exploitation minière, l’extraction et d’autres activités de cette sorte. Des infrastructures ont également été développées à cette fin. Les gouvernements des états et le gouvernement central ont mené des travaux de construction, trompant une section des Adivasis sous le nom de plans d’aide sociale. Dans l’ensemble, les chefs tribaux sont avantagés par les plans du gouvernement et essayent e diriger le peuple en faveur du gouvernement et, dans certaines régions, une toute petite section d’Adivasis est devenue riche et s’est développée en oppresseurs locaux. Tous deux constituent la base sociale pour les partis de la classe dirigeante ou les partis au nom du bien-être des diverses tribus et nationalités.
Les tactiques adéquates doivent être adoptées pour garantir l’éradication de l’influence sur les masses adivasis de cette section intermédiaire qui est séparée du travail, tandis que dans le même temps, les tactiques appropriées doivent être adoptées afin qu’une solide unité au sein de la population adivasi laborieuse puisse être atteinte et également une solide unité entre la population laborieuse tribale et non-tribale puisse être développée et maintenue.
Les régions ont une importance stratégique pour la révolution indienne d’un point de vue militaire en raison de leur terrain favorable qui favorise la création de zones de base. Par conséquent, le parti doit organiser les Adivasis avec les slogans "Le droit à la forêt appartient au peuple et aux Adivasis", "L’autonomie politique pour les territoires adiviasis" et transformer le territoire en territoire sans exploitation, c-à-d en "terre rouge", "Ne soyez pas divisés, soyez uni", "Unir les véritables amis contre les véritables ennemi", "Droit sur toutes les ressources, y compris l’eau, la forêt, etc", "Droit pour protéger leur propre culture et développement’, et établir un plan précis pour travailler parmi eux pour les mobiliser contre l’oppression économique, politique, sociale et culturelle de l’impérialisme, de la bourgeoisie bureaucrate compradore et du féodalisme.
(iv) Minorités religieuses. Les minorités religieuses telles que les musulmans,l es sikhs, les chrétiens et autres constituent à peu près 15% de la population indienne. Elles sont souvent les cibles d’attaques de partis politiques chauvins hindous et de gangs fascistes hindous et subissent la discrimination de l’état indien qui n’est pas impartial à l’égard de la majorité hindoue. Parmi les minorités religieuses, les musulmans sont particulièrement visés ces derniers temps.
Il faut que le parti s’oppose, dénonce, et se batte contre la menace croissante de ces forces intégristes hindoues d’un point de vue idéologique et politique et les combatte aussi au niveau local en adoptant tous les moyens adaptés. En même temps, nous devons également continuer à dénoncer l’intégrisme des autres religions. Mais nous devons être clairs que le véritable but des chefs des forces intégristes hindoues est de diviser et de détourner l’attention de la population de ses vagues grandissantes et ainsi émousser sa conscience de classe. Par conséquent, il faut que le parti continue à concentrer son attention sur la progression de la lutte de classe actuelle, c’est à dire la guerre populaire prolongée qui mettra finalement fin à cette menace.
Nous devons propager largement la politique de la révolution de nouvelle démocratie parmi la population des minorités religieuses et leur faire comprendre qu’eux aussi sont opprimés par les trois grandes montagnes pensant sur les dos de tout le peuple indien et que ce n’est qu’en combattant solidairement avec leurs frères de classe parmi la majorité hindoue qu’ils peuvent mettre un terme à la persécution religieuse. Nous devons prendre la lutte de classe comme lien essentiel dans la résolution du problème du communualisme de façon permanente.
Notre travail parmi les nationalités
Menant la révolution dans un grand parti multi-national habité par des dizaines de nationalités et de minorités nationales opprimées par l’état indien de connivence avec l’impérialisme, notre parti fait face à la tâche particulière d’aborder et de résoudre correctement la question nationale.
Nous devons nous méfier de deux tendances erronées répandues sur la question de la nationalité parmi les différentes organisations révolutionnaires en Inde : un, l’opinion que les luttes des différentes nationalités, en particulier celles qui sont menées avec la revendication de sécession de l’Union Indienne, étant d’inspiration impérialiste et perturbant l’unité atteinte par le peuple indien au cours de l’interminable lutte contre l’impérialisme britannique, ne regarde pas les révolutionnaires et qu’ils ne doivent pas s’impliquer dans ces luttes puisque celles-ci ne sont ni des luttes de classe ni dirigées par le prolétariat, deux, l’opinion nationaliste-bourgeoise de soutenir toutes les luttes de nationalités sans analyser leur but et objectif, remplaçant la lutte de classe par la lutte de nationalité par leur position d’organiser toutes les nationalités en Inde séparément de combattre pour la sécession, indépendamment du stade de développement historique de la nationalité particulière, du niveau de développement de la lutte de classe et de. la conscience politique parmi la population d’une nationalité particulière.
Par conséquent, la question qui nous occupe est : Comment unir ces luttes des diverses nationalités opprimées dans un front uni combatif commun contre l’ennemi commun - l’état indien ? Et quel doit être le programme du prolétariat indien pour résoudre la question nationale en Inde ? En fixant la politique du prolétariat à l’égard de la question nationale, nous devons prendre comme directive les enseignements de nos professeurs. En résolvant la question en Russie, le camarade Staline a observé :
"L’essence de cette politique peut être exprimée en quelques mots : la renonciation à toutes les ‘revendications’ et à tous les ‘droits’ aux régions habitées par des nationalités non-russes ; la reconnaissance (pas en parole mais en fait) du droit de ces nationalités à exister en tant qu’états indépendants ; la formation d’une union économique et militaire volontaire de ces nationalités avec la Russie centrale ; l’octroi d’une aide aux nationalités arriérées dans leur développement culturel et économique, sans laquelle ce que l’on appelle ‘l’égalité nationale’ devient un ‘son creux’ et le fondement de tout ceci sur l’émancipation totale des paysans et la concentration du pouvoir politique tout entier dans les mains des éléments laborieux des nationalités frontalières - telle est la politique nationale des communistes russes" ("La révolution d’octobre et la politique nationale des communistes russes" - 1921)
Une caractéristique particulière de l’oppression nationale en Inde est qu’elle est menée non pas par une quelconque nation dominante précise, comme c’était le cas en Russie, mais par le féodalisme, l’impérialisme et la grande bourgeoisie compradore - les trois ennemis principaux du peuple indien - et parleur agent, l’état indien. Aussi longtemps que ces trois montagnes pèsent sur les nationalités, il ne peut y avoir aucun véritable développement de leurs économies, cultures, langues, et ainsi de suite. Une démocratie totale, ce qui est la base pour l’élimination de l’oppression nationale, ne peut pas être atteinte sans renverser ces trois monstres. Une fois que ces oppresseur sont renversés, une fédération indienne volontaire peut être constituée composée des différentes républiques populaires nationales qui auront le droit à une sécession libre.
Par conséquent, la tâche du prolétariat indien est d’être à la tête des luttes de ces différentes nationalités contre les ennemis précités avec le programme précis de l’égalité de toutes les nations et de toutes les langues dans le pays et reconnaissant le droit de toutes les nationalités à l’autodétermination, y compris à la sécession. Chaque lutte de nationalité doit être soutenue si elle est dirigée contre l’état indien. Tout en soutenant les droits des différentes nationalités, nous devons dénoncer les complots des impérialistes accompagnés des classes dirigeantes pour diviser la population sur base de la nationalité et faire notre possible pour obtenir l’unité de tous les opprimés. Comme le camarade Staline l’avait fait remarquer :

En prenant en main la question nationale, nous devons faire la distinction entre les nationalités du Nord-Est et du Cachemire d’une part, et celles dans les autres états d’Inde d’autre part. Les premières ne se sont jamais considérées comme faisant partie de l’Inde puisqu’elles ont en fait été annexées par les Britanniques et ajoutées à l’Inde. Les classes dirigeantes de l’Inde ont continué leur occupation des territoires de ces nationalités après le transfert de pouvoir malgré les promesses faites avant 1947 que dans les conditions concrètes actuelles, nous devons apporter un soutien total et indéfectible à la demande de sécession de ces nationalités aussi longtemps que leur lutte est dirigée contre nos ennemis communs. Mais en même temps, nous devons leur faire comprendre très patiemment que sans avoir un plan et un programme détaillés et sans faire partie intégrante de la révolution de nouvelle démocratie, leur complète émancipation politique et économique ne peut pas être entièrement obtenue. Nous devons essayer de donner une orientation révolutionnaire aux mouvements de nationalité en gardant à l’esprit que les dirigeants de ces mouvements ont souvent tendance à conclure un compromis avec les classes dirigeantes ou même à renoncer à leur cause pendant la lutte.
Nous devons nous-même diriger la lutte pour une union volontaire des nationalités indiennes. Même si certains partis féodaux compradores régionaux attisent la question nationale jusqu’au point de la sécession dans ces états, il faut que le prolétariat les dénonce et tente de convaincre la population que la sécession est contre leurs intérêts fondamentaux et que le rassemblement dans une fédération volontaire est avantageuse pour leurs intérêts d’un point de vue politique et militaire. Si, cependant, la population toute entière insiste pour faire sécession, nous ne devons pas nous y opposer. En suivant seulement une telle politique, il deviendra plus facile pour nous de nous unir de nouveau avec eux après un laps de temps après avoir gagné leur confiance grâce à notre politique invariablement démocratique à leur égard.
Les communistes doivent, bien sûr, être au premier rang de chaque revendication démocratique des nationalités, que ce soit pour l’autonomie, pour un statut égal pour leurs langues, pour un état indépendant, contre les formes d’oppression économique, sociale, culturelle et autre par une certaine nation dominante (oppression des Bengalis sur les Assamais et sur les autres nationalités du Nord-Est ; l’oppression des Assamais sur les nationalités peu importantes dans l’état d’Asssam telles que les Bodos, les Karbis, les Mishings, etc) ; contre la politique de discrimination affichée dans n’importe quel domaine à l’égard d’une nationalité particulière, et ainsi de suite. Des formes adaptées de lutte et d’organisation doivent être élaborées pour combattre toutes les manifestations d’oppression nationale en faisant très attention, en même temps, d’amener la population d’une nationalité particulière hors de l’attitude nationale distante et de promouvoir un esprit de solidarité internationale parmi elle. Telle doit être l’essence de l’approche marxiste-léniniste de la question de la nationalité en Inde.
La base pour l’unité des nationalités

Pour récapituler, la politique des communistes, du front démocratique populaire et des états démocratiques populaires sur le problème des nationalités de l’Inde est :
a) Mobiliser les populations de toutes les nationalités dans un front uni contre les ennemis communs et les mener vers la révolution agraire et la révolution démocratique et nationale ou révolution démocratique ; se battre contre le chauvinisme national encouragé par les réactionnaires - se battre contre la grande et poussée fanfaronnade, abondance et arrogance
de la nation d’une part et l’étroit nationalisme sectaire d’autre part ; se battre contre tous les complots des impérialistes et de leurs agents pour créer la division et la désunion parmi les différentes nationalités.
b) Déraciner l’exploitation nationale de la population des nationalités et sous-nationalités "arriérées"’ et garantir un égal et global développement économique, politique et culturel "développement de langues nationales également) de toutes les nationalités et sous-nationalités".
c) Lutter pour le principe, en paroles et en faits, que toutes les nationalités soient indépendantes, égales et souveraines et construire une relation d’unité et d’amour entre les populations de toutes les nationalités sur base des droits égaux et du droit à l’autodétermination pour toutes les nationalités (c’est à dire, être unis à l’intérieur d’une fédération volontaire des républiques démocratiques populaires de l’Inde sur base des droits égaux et du droit à établir un état indépendant, si c’set ce qui est désiré).
Cette politique est entièrement compatible avec l’objectif final de la grande union internationale, sur une base volontaire, non seulement des nationalités indiennes mais également des nationalités du monde entier.
Il va sans dire que sans une lutte cohérente contre le nationalisme des bourgeoisies réactionnaires - contre d’une part le grand chauvinisme national poussé et le sectarisme national de la petite bourgeoisie d’autre part - encouragé par l’impérialisme et ses hommes de main "indiens’, sans lutter contre l’inégalité nationale, l’exploitation et l’oppression, les mouvements de nationalité resteront, en grande partie, sous l’influence le la politique petite et du nationalisme sectaire. En conséquence, En conséquence, ces luttes ne peuvent pas être élevées au stade de la lutte de classe et leurs instincts démocratiques révolutionnaires intrinsèques ne peuvent pas être conduits vers la voie de la révolution.
Ce n’est qu’en restant loyale à la politique du prolétariat et à l’idéologie du marxisme-léninisme-maoïsme et en maintenant sa propre indépendance politique et organisationnelle que la classe ouvrière peut donner la direction et libérer les populations du nationalisme sectaire et les stimuler et les amener dans la voie de la lutte nationale révolutionnaire dans son véritable sens (faisant partie intégrante de la révolution de nouvelle démocratie). Aucune autre classe à part la classe ouvrière et son parti d’avant-garde ne peut prendre la direction de ce travail. Négliger cette tâche et ne pas donner l’attention adéquate à cette tâche dans un parti multinational comme l’Inde est nuisible à la révolution.

CHAPITRE TREIZE : Le travail dans les zones urbaines

Le travail dans les zones urbaines a une importance particulière dans notre guerre révolutionnaire. Nos zones urbaines a une importance particulière dans notre guerre révolutionnaire. Nos zones urbaines aujourd’hui reflètent le développement biaisé ayant lieu dans les rapports de production semi-féodaux et semi-coloniaux, en accord avec l’intérêt de l’impérialisme. En fait, les vastes masses de la population urbaine restent entre les griffes de l’exploitation et de l’oppression effrénées de l’impérialisme et de la bourgeoisie bureaucrate compradore.
Le fait que la classe ouvrière soit fortement concentrée dans ces zones est extrêmement important. Des centaines de milliers de travailleurs dans ces métropoles et d’autres villes industrielles travaillent dans des entreprises industrielles travaillent dans des entreprises industrielles modernes dans lesquelles la socialisation du travail a eu lieu à un haut niveau.
En outre, la section de la petite bourgeoisie urbaine, qui est une alliée sérieuse de notre révolution est aussi concentrée ici en grand nombre. D’autre part, c’est ici même que le pouvoir d’état et l’appareil administratif des classes dirigeantes sont concentrées ; et c’est d’ici même qu’ils ont réglé les lignes de vie économiques du pays. Par conséquent, en même temps que le facteur positif que la force principale de la révolution - la classe ouvrière et une autre force motrice fondamentale, la petite bourgeoisie, est concentrée ici en grand nombre, le mouvement révolutionnaire urbain est également confronté à un facteur négatif, que c sont des centres très solides pour l’ennemi. Oar conséquent, nous devons construire le mouvement révolutionnaire en n’oubliant pas ces deux facteurs.
Le mouvement urbain est une des sources principales qui fourni des cadres et des dirigeants ayant différents types de capacités indispensables pour la guerre populaire et pour la création de zones libérées. De plus, la responsabilité de la fourniture de provisions, de technologie - expertise, renseignements et autres choses de cette sorte, à la guerre populaire repose aussi sur les épaules du mouvement révolutionnaire urbain lui-même. Par conséquent, le parti doit prêter une attention toute particulière à affecter les cadres dirigeants en conséquence pour travailler dans le mouvement urbain. Nous ne devons pas oublier le rapport dialectique entre le développement du mouvement urbain et le développement de la guerre révolutionnaire agraire armée. En l’absence d’un mouvement urbain révolutionnaire fort, la croissance de la guerre populaire fera face à des limitations et à des difficultés dans son avancement.
Objectifs de notre travail urbain
Le travail dans les villes implique de nombreuses tâches. Toutes ces tâches peuvent toutefois être combinées sous trois objectifs généraux comme suit :
1) Mobiliser et organiser les masses de base. Ceci est l’activité principale du parti. La tâche la plus importante du parti est d’organiser la classe de base dans les zones urbaines, c-à-d la classe ouvrière, en même temps que d’autres classes et sections telles que le semi-prolétariat, les étudiants, les employés de classe moyenne, les intellectuelles, etc. Il a également pour tâche de se charger des problèmes de groupes sociaux particuliers comme les femmes, les Dalits et les minorités religieuses et de les mobiliser pour le mouvement révolutionnaire. C’est sur cette base que les masses sont mobilisées et que les sections avancées sont consolidées dans le parti.
2) Construire le front uni. Ceci implique la tâche d’unifier la classe ouvrière d’abord, et ensuite de construire la solidarité et l’alliance ouvrier-paysan, de s’unir avec d’autres classes dans les villes, de construire des fronts contre l’exploitation et l’oppression de l’impérialisme et de la bourgeoisie bureaucrate compradore, les desseins guerriers impérialistes et la mondialisation contre le fascisme hindou, contre la répression, etc. Ceci est un aspect très important du travail du parti dans la ville.
3) Tâches militaires. Tandis que la PLGA et la PLA dans la campagne exécutent les tâches militaires principales, le mouvement urbain exécute également des tâches complémentaires à la lutte armée rurale. Celles-ci consistent en l’envoi de cadres vers la campagne, l’infiltration dans les rangs ennemis l’organisation dans les industries clés, les actions de sabotage en coordination avec la lute armée rurale, le soutien logistique, etc.
Sur les trois précitées, la première tâche d’organiser les masses de base est fondamentale et primordiale. Sans mobiliser largement les masses, il n’est possible d’exécuter aucune des autres tâches telles que la construction du front uni et l’exécution des tâches militaires.
Facteurs régissant la perspective - le plan pan-indien
Etablir la perspective, le plan pan-indien signifie en fait choisir les villes, les industries ou les régions où nous devons nous concentrer et auxquelles nous devons donner la priorité. Cela peut encore vouloir dire l’évaluation des forces subjectives disponibles et le choix de la répartition appropriée.
Les banlieues et les villages voisins dépendent également des centres urbains pour l’emploi. Donc, nous devons intégrer le travail dans ces zones comme étant une part du travail urbain. Un grand nombre d’industries et d’autres infrastructures existent également. Par conséquent, selon les conditions concrètes, des plans pour le travail organisationnel doivent être établis. Les masses ouvrières urbaines, tout particulièrement les jeunes et toutes les sections petites-bourgeoises mènent une vie précaire, les opportunités d’emploi et même les produits de première nécessite quotidiens faisant défaut. Cette condition objective est avantageuse pour construire un mouvement urbain révolutionnaire fort. Cependant, en raison de la faiblesse des forces révolutionnaires, les classes dirigeantes sont à même d’utiliser cette atmosphère en leur faveur, bien que provisoirement, dans une certaine mesure ou une autre. Les révisionnistes du CPI et du CPI(M) sont toujours puissants dans la sphère des syndicats et ont une mainmise considérable sur les autres sections de la population urbaine dans les villes majeures. Nous devons élever la vigilance du peuple contre les dangers de l’économisme et du capitulationisme propagés par ces révisionnistes.
Pour accomplir ceci, une conscience de classe révolutionnaire doit être assurée grâce à notre activité politique parmi les pauvres des villes. Nous devons bâtir un vaste réseau d’unités secrètes du parti, la section avancée de la classe ouvrière se mettant en évidence, particulièrement par la mobilisation politique. Nous devons créer des brigades de défense armées secrètes et des équipes de défense publiques, dès le tout début même, avec les jeunes de la classe ouvrière pour organiser la résistance contre les attaques des voyous engagés par les administrations et les autres sections exploiteuses et aussi des forces armées de l’état.
La classe ouvrière est la force révolutionnaire la plus avancée de notre société. Nous devons transmettre la conscience révolutionnaire au cours de leur lutte/mouvement pour déclencher les potentialités révolutionnaires latentes au sein de la classe. Nous nous appliquons à garantir leur rôle principal en tant que classe dans la révolution de nouvelle démocratie en cours. Dans ce but d’abord, nous devons dénoncer et les libérer de la pensée et de la pratique réformiste et révisionniste et consolider d’un point de vue politique les sections avancées de la classe ouvrière et les guider pour stimuler la classe toute entière pour la révolution de nouvelle démocratie.
Le travail dans les industries clés
Notre présence aujourd’hui dans les industries clés est extrêmement faible. Avec la progression de la guerre populaire, il y a un besoin pressant que nous entrions dans les industries clés et que nous y mettions en place une base solide. Certaines industries comme le transport, les communications, le rail, le dock, l’énergie, le pétrole et le gaz naturel, la production militaire, etc. peuvent jouer un rôle crucial dans notre révolution. Au cours de l’évolution de la guerre, la perturbation de la production dans ces industries a un impact immédiat sur l’aptitude de l’ennemi à mener la guerre. Il est par conséquent de la responsabilité de l’organisation urbaine d’établir une présence et une influence dans les industries clés de cette sorte.
Les industries clés étaient généralement dans le secteur public. Maintenant, cependant, avec la politique de privatisation, un grand nombre de vieilles unités sont privatisées et de nouvelles unités sont créées directement dans le secteur privé. Ainsi, certaines de ces industries telles que les conseils de l’électricité et le département des communications sont confrontés à de nombreuses luttes militantes en opposition avec les politiques de privatisation et il y a eu un retour en force significatif des syndicats. Dans le contexte de la montée du mouvement des ouvriers, les travailleurs d’autres industries aussi ont recours à la lutte. Nous pouvons donc nous servir de cette situation pour essayer d’influencer les travailleurs dans ces industries.
Notre plan pour les industries clés doit opérer à deux niveaux
Un. Nous pouvons influencer les travailleurs dans ces industries depuis l’extérieur grâce à diverses formes de propagande, particulièrement durant les lutte de ces industries. Ceci peut être effectué par l’intermédiaire d’organisations syndicales légales, les magazines ouvriers, la rédaction secrète de pamphlet, et même par l’intermédiaire de déclarations du parti.
Deux. Nous devons envoyer des camarades pour développer secrètement un travail de fraction depuis l’intérieur du syndicat existant dans l’industrie, selon l’occasion. Ce travail doit être effectué avec une approche à long terme en faisant attention à éviter la dénonciation.
En raison de la nature critique de ces industries, l’ennemi est aussi très conscient de la nécessité d’empêcher tout révolutionnaire ou toute autre véritable force combattante d’entrer dans de telles industries. Nous devons donc être très prudents et faire très attention en pénétrant dans et en travaillant à l’intérieur de telles entreprises. Tout travail dans de tels endroits doit se faire sous une couverture quelconque. Le travail de fraction est la méthode normale. Le travail dans de telles industries doit généralement être séparé des autres travaux dans la zone.
Travail dans les autres fronts
La priorité principale de la mobilisation politique de masse et de l’organisation dans les villes doit être la classe ouvrière. Nous devons prêter une attention particulière aux syndicats et autres organisations de la classe ouvrière. Nous devons également organiser dans les colonies et les quartiers pauvres où réside la classe ouvrière avec d’autres sections des pauvres des villes. Dans certains centres urbains, une section des masses de base, qui sont originaires des zones de luttes agraires armées, sont influencées par la politique révolutionnaire.
En dehors de la classe ouvrière et des pauvres des villes, nous devons aussi faire tout particulièrement attention à notre travail parmi les femmes, les étudiants, les jeunes, les professeurs et les intellectuels de classe moyenne dans d’autres professions qui ont augmenté considérablement ces dernières décennies. Les organisations de jeunes et culturelles jouent aussi un bon rôle dans les activités du mouvement de la ville.
Une section de la communauté estudiantine a gravé son rôle avancé défiant la mort dans l’histoire des luttes révolutionnaires du pays. Ils ont maintes et maintes fois joué un rôle de précurseur dans les luttes et les mouvements révolutionnaires. Ils ont endossé la responsabilité de la propagation de la politique révolutionnaire. Ils ont aussi joué un rôle important dans la guerre populaire prolongée. Notre tâche est d’approfondir davantage nos activités à l’intérieur de la communauté estudiantine. Etant donné la situation actuelle, nous devons développer des formes organisationnelles appropriées pour les imprégner de la politique révolutionnaire et organiser et mobiliser l’immense majorité d’entre eux d’un point de vue politique. Ils peuvent être mobilisés politiquement sur les questions non seulement nationales mais aussi internationales.
La situation objective est favorable pour la mobilisation politique de toutes ces sections en dehors de leur organisation sur leurs revendications partielles et particulières. Nous devons attacher une grande importance à leur mobilisation autour de slogans politiques tactiques donnés dans la résolution politique. Dès le début, nous devons construire des unités secrètes du parti parmi eux. Le progrès et la victoire du mouvement sont basés sur l’expérience politique obtenue par toutes ces classes.
En fait, le rôle des femmes dans différents domaines dans les zones urbaines augmente. En plus des étudiants, des femmes employées, des ouvriers et de ceux travaillant dans d’autres artisanats, il y a des milliers de femmes travaillant dans de grandes et petites industries à bas salaires. Elles vivent dans une pauvreté noire et ont des conditions de vie pitoyables. En outre, elles sont soumises à un incessant harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. C’est pour cette raison qu’afin d’organiser les femmes, il faut que le parti prête plus d’attention à tous les niveaux, tout particulièrement dans les villes.
Ces dernières années, la puissance des forces communalistes dans les villes a considérablement augmenté. Les gens des minorités religieuses deviennent les proies des attaques des forces communalistes hindoues dont la base sociale dans les villes se développe relativement. Pour maîtriser de telles forces et faire sortir les opprimés de l’influence du communalisme, les unités, cadres et comités du parti doivent faire preuve d’initiative et se tenir aux côtés des minorités religieuses et formuler les slogans nécessaires et les tactiques opportunes chaque fois que c’est requis.
Les zones urbaines offrent également la possibilité pour s’unir avec des sections de la bourgeoisie nationale qui s’opposent à l’impérialisme et à la bourgeoisie bureaucrate compradore. Dans nos tactiques à l’égard de cette classe, nous devons tenir compte de sa nature indécise et exploitrice et adopter une politique d’unité-lutte avec elle. Bien qu’ils n’entreront dans le front uni stratégique qu’aux stades ultérieurs de la révolution, nous devons nous efforcer de les amener dans les fronts unis tactiques. Cependant, en aucun cas, l’unité avec des sections de la bourgeoisie nationale ne peut être réalisée au prix des classes de base à l’intérieur du front uni. Ainsi, tout en nous unissant avec la bourgeoisie nationale, nous ne devons jamais perdre de vue l’aspect de lutte de notre relation avec elle. Il ne faut pas que nous ayons l’idée fausse que l’unité avec la bourgeoisie nationale suggère des concessions dans les luttes syndicales avec ces sections. C’est la force de la classe ouvrière et non sa faiblesse qui sera la force qui attirera la bourgeoisie nationale vers le front.
Les attaques incessantes des impérialistes et des agents indiens poussent quotidiennement la bourgeoisie nationale dans davantage de conflit avec les classes dirigeantes. Par conséquent, les possibilités pratiques d’unité d’en bas grandissent. Ces possibilités sont plus grandes dans les villes ayant une plus forte présence nationale bourgeoise. Les organisations locales du parti doivent tenter de parvenir à une unité axée sur les enjeux tels qu’empêcher la délocalisation ou la fermeture d’industries, s’opposer aux lois anti-petite industrie et aux augmentations de taxe, etc, tout en n’oubliant pas les principes précités.
En mobilisant les classes et les masses urbaines de la manière mentionnée ci-dessus, nous devons travailler dans le but de créer une vague de mouvements populaires contre l’étranglement de l’impérialisme et des politiques répressives de l’état indien. Pour accomplir ceci, nous devons principalement concentrer notre travail sur la vaste section de la classe ouvrière et des autres sections démocratiques.
Les tâches militaires du mouvement urbain
Tandis que dans la campagne, la PLA accompli les principales tâches militaires, l’organisation urbaines accompli aussi des tâches complémentaires à la lutte armée rurale. Il y a de nombreuses manières grâce auxquelles le mouvement urbain peut aider la lutte armée rurale et particulièrement les zones de base et les zones de guérilla. Certaines impliquent l’aide immédiate et directe en termes matériels et de personnel ; d’autres impliquent la préparation à long terme pour les batailles décisives des stades ultérieurs de la guerre populaire.
Il est très important de pénétrer dans l’armée, les forces paramilitaires et la police aux niveaux supérieurs de l’appareil étatique administratif. Il est nécessaire de se procurer des renseignements quant à l’ennemi, de bâtir un soutien pour la révolution à l’intérieur de ces organes et même d’inciter à la révolte au moment opportun.
La nature du travail urbain étant essentiellement défensif, les tâches militaires directement relatives au mouvement urbain sont fondamentalement défensives de nature et resteront comme cela jusqu’à la période finale de la révolution. Cependant, même un mouvement urbain défensif exige une organisation de type militaire de la défense armée des masses urbaines contre les ennemis du peuple. Ces ennemis sont de différents genres - mafia, criminels, gangs de voyous agissant au service des classes dirigeantes, des gangs socio-fascistes dirigés par les révisionnistes, les organisations fascistes hindoues et leurs milices, les gangs d’autodéfense tout spécialement organisés par l’état pour attaquer les activistes et les sympathisants de notre mouvement, les forces de l’état elles-mêmes, etc. Sans résister à de telles forces, il ne serait pas possible pour une organisation de survivre et de se développer. Alors que nous ne pouvons et ne devons pas, à ce stade, nous organiser pour un affrontement offensif armé avec l’état, nous devons vraiment construire des organisations de défense de cette sorte qui conviennent à la situation concrète. Toutefois, nous devons constituer des équipes de défense secrètes et publiques pour résister à la répression de toute sorte déclenchée par les classes dirigeantes.
Soutien logistique
L’ennemi trouve tout son soutien logistique dans les zones urbaines. Toutefois, l’armée populaire se repose autant que possible sur les zones rurales et les masses rurales.
Cependant, pour certaines choses critiques, il y a besoin d’un soutien des zones urbaines. Selon sa force, l’organisation urbaine doit faire tout son possible pour fournir un tel soutien.
Les approvisionnements ou les contacts pour la fourniture de certains types de matériaux tels que les armes et les munitions, les pièces détachées, le matériel médical, etc ne sont disponibles que dans les zones urbaines. L’aide technique sous la forme de réparations et de maintenance des équipements de combat, de communication et autre de la PLGA, le développement de nouvelles technologies pour la guerre populaire et l’envoi de camarades ayant des compétences techniques, électriques, électroniques et autres pour qu’ils s’installent dans la campagne est une autre tâche de l’organisation urbaine. La propagande et les publications pour répondre aux besoins du mouvement rural est également une des tâches importantes dans les centres urbains.
La zone urbaine dans les environs des zones libérée et des zones de guérilla
Le travail dans les petites villes a une signification particulière (villes de district, kasbas et petits centres miniers) à l’intérieur et aux environs des zones de base et des zones de guérillas. De telles villes font office de centres d’affaires. Certaines villes sont des centres d’approvisionnement pour les produits forestiers et les matières premières. Dans de telles villes,l es entreprises de la bourgeoisie bureaucrate compradore, des compagnies transnationales et de la bourgeoisie nationale ont des intérêts dans les domaines comme les entreprises minières pour extraire les matières premières telles que le charbon, le fer, etc, et certaines industries moyennes et lourdes basées sur ces matières premières. En conséquence, la classe ouvrière est aussi concentrée dans une notable mesure dans les villes. Des villes pareilles auront de l’importance.
Dans l’ensemble, toutes les villes dans et autour de cette zone sont les centre de l’appareil étatique. Etant donné que l’appareil étatique dans les zones rurales autour de ces villes est soit trop faible ou paralysé, ces villes se transforment en centres principaux pour l’autorité contre-révolutionnaire dans cette zone. C’est en se basant sur ces villes que les forces ennemies déclenchent les attaques des campagnes de répression contre les zones de guérilla et les zones libérées. D’autre part, comparé aux autres villes, l’impact de la politique révolutionnaire et de la guerre populaire sera très élevé. Les masses opprimées montreront une inclination beaucoup plus grande à l’égard de la révolution.
Dans de telles villes, l’occasion pour un travail légal et public ne sera, en général, pas disponible, ni pour notre parti, ni pour les organisations de masse. Par conséquent, notre parti doit travailler dans l’ensemble seulement par l’intermédiaire d’organisations de couverture. Nous devons mener des activités publiques grâce aux large front uni formé sur la base d’un programme limité.
Le parti doit fonctionner grâce à des méthodes secrètes, avec beaucoup de prudence, et une structure organisationnelle imprenable pour l’ennemi. Etant donné que le mouvement révolutionnaire dans ces villes doit jouer un rôle clé de second plan de nombreuse manières pour les zones de guérilla et les zones libérées, il est essentiel dans de telles villes que le réseau clandestin de l’organisation du parti s’étende considérablement et que le soutien populaire soit mobilisé en grand.
Aux occasions où l’ennemi déclenche des campagnes d’encerclement et de répression contre les zones de base, les brigade armées populaires urbaines doivent être au service de la guerre populaire en détruisant les provisions de l’ennemi, les équipements de transport, de communication, etc.
Même au milieu de brutales conditions de répression fascistes, quelle que soit leur ampleur, ce mouvement révolutionnaire urbain doit s’assurer que ses liens organiques avec les zones de guérilla et les zones libérées ne se cassent pas net. Nous devons nous appliquer à construire un tel parti qui soit imprenable pour l’ennemi dans ces centres urbains. Ensuite, ce mouvement urbain pourra remplir son rôle dans la guerre populaire prolongée. La guerre populaire ne pourra progresser en brisant les blocus économiques et miliaires de l’ennemi que si une telle organisation de grande envergure existe.
Il nous sera également possible de nous emparer de petites villes au cours de l’intensification de la guerre populaire et de l’instauration de zones libérées.
La structure du parti
La question de la structure du parti dans les zones urbaines pose des problèmes assez différents de ceux qui se posent dans les zones rurales où notre parti est basé. Ceux-ci touchent au problème de la construction et de la gestion de structures stables, de la continuité de la direction du parti, de la coordination entre le travail public et le travail secret, entre les organes inférieurs et supérieurs, et entre l’organisation de la ville et la direction basée dans les zones rurales. Nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes sans une attention et une étude minutieuse de la part des organes de niveau supérieur et de mise au point de solutions pratiques et concrètes. Nous exigeons également toutefois l’adoption d’une large approche commune sur les objectifs, les tâches et les méthodes pour construire et faire progresser la structure du parti en zone urbaine.
Le principe fondamental formant la base de la structure de notre parti est la centralisation politique combinée avec la décentralisation organisationnelle. Cela signifie que tous les membres du parti et tous les organes, tout particulièrement au niveau inférieur, doivent avoir de solides bases idéologico-politiques afin d’être capables de trouver leurs positions de façon autonome et de prendre les bonnes décisions organisationnelles selon la ligne politique du parti.
Ceci est particulièrement important dans les zones urbaines en raison des difficultés techniques à entretenir des rapports étroits et constants entre les organes supérieurs secrets et ceux aux niveaux inférieurs engagés dans le travail public immédiat. Ceci est également important parce que le travail urbain exige souvent des réponses immédiates et rapides aux événements du jour. Avec les progrès rapides dans la communication électronique et les médias, des délais de quelques jours et parfois même de quelques heures pour réagir aux événements majeures d’un point de vue politique peuvent entraver l’impact que peut avoir notre parti sur le mouvement urbain. Ceci dépend ainsi de la puissance des organes qui forment la base de la structure urbaine de notre parti - les cellules et les comités de niveau inférieur - ainsi que des fractions du parti qui établissent le lien entre le parti et les organisations de masse.
Les camarades occupant des positions de dirigeants, ne doivent pas directement guider ou maintenir des contacts avec les individus, les organisations et les abris qui commencent à être révélés à l’ennemi. Le travail doit être décentralisé à tous les niveaux. Nous devons empêcher la perte de dirigeants ou les sacrifices inutiles attribuables à un manque de sérieux dans les matières techniques et de devenir la proie de la spontanéité. En dépit de toutes les précautions que nous prenons, étant donné que nous nous battons avec un ennemi puisant, il y a le danger que les membres de notre parti (travailleurs à temps partiel et révolutionnaires professionnels) soient dévoilés à l’ennemi en raisons d’erreurs commises par nos forces subjectives, le manque de compréhension et d’expérience. En pareilles circonstances, tous les camarades de cette sorte doivent être envoyés dans la clandestinité et assurer que l’organisation du parti ne soit pas perdue. En même temps, le parti doit former la base du parti en ce qui concerne le danger de l’aventurisme de gauche et l’opportunisme de droite, relevant leur tête tout en respectant toutes les précautions techniques.
Un autre problème lié à la structure urbaine du parti sont les liens avec l’organisation rurale du parti aussi bien qu’avec les départements fonctionnels des organes supérieurs du parti. Il y a souvent besoin d’une aide urbaine de différentes types, pour laquelle les organisations urbaines impliquées dans le travail de masse au jour le jour soit régulièrement utilisées. Par conséquent, il est important de mettre un terme à de telles méthodes de raccourci et des structures distinctes doivent être constituées dans les villes à cette fin.
Dès le début du mouvement révolutionnaire jusqu’à sa fin, les zones urbaines resteront de solides centres de recrutement pour le parti révolutionnaire. Des cadres doivent continuellement être envoyés en tant qu’organisateurs et dirigeants à divers niveaux vers les zones de lutte armée en transmettant les connaissances idéologiques et politiques nécessaires.
Le travail urbain tout entier doit être réorienté sur base de la politique et des indications précitées et les comités aux divers niveaux doivent dresser les plans en conséquence.
Intensifier et développer notre guerre populaire sur base de notre stratégie et de nos tactiques
Chers camarades, la stratégie et les principes tactiques pour la révolution indienne ont été élaborés sur base des conditions économique, politique, sociale, culturelle, historique et géographique concrètes de l’Inde et tenant compte des riches expériences de la révolution mondiale, particulièrement la grande révolution chinoise. Ils ont pris leur forme définitive au cours de la lutte politico-idéologique prolongée contre le révisionnisme de diverses teintes et au cours de la longue pratique de lutte armée en Inde. La guerre populaire prolongée, avec la lutte révolutionnaire agraire armée comme teneur principale, menée dans notre pays depuis la grande révolte de Naxalbari a prouvé de façon irréfutable la justesse de la stratégie politico-militaire et des différents principes tactiques adoptés par les révolutionnaires maoïstes il y a 36 ans. Ceux-ci ont été davantage enrichis au cours de la progression de la lutte armée.
La mise en oeuvre de notre stratégie de renversement des trois grandes montagnes accablant le peuple indien - impérialisme - bourgeoisie bureaucrate compradore - en se concentrant d’abord sur les zones rurales arriérées qui ont une importance stratégique pour développer les zones de guérilla et l’instauration de zones de base, et en orientant notre travail dans toutes les autres zones et front pour se conformer à la tâche immédiate, principale et fondamentale précitée, a abouti à de grand progrès dans le mouvement révolutionnaire de notre pays. Plusieurs zones de guérilla ont pu être formées pendant les trois dernières décennies de lutte ; l’armée de guérilla populaire a vu le jour sous la forme de la PLGA ; le pouvoir politique des masses révolutionnaires a pu être établi dans certaines poches de la campagne ; et plusieurs succès tactiques ont pu être remportés dans la guérilla contre un ennemi nettement supérieur. La ligne de la guerre populaire prolongée s’est ainsi fermement établie comme la seule voie pour la libération de notre pays.
En rejetant sans équivoque la voie parlementaire et la participation aux élections sous n’importe quelle forme, nous avons tracé une ligne de démarcation claire entre les révolutionnaires d’une part et les révisionnistes et les opportunistes de droite d’autre part. Notre pratique a prouvé la justesse de notre conception selon laquelle les élections parlementaires et la guerre populaire prolongée sont incompatibles l’un avec l’autre dans les conditions concrètes de l’Inde.
Tous les membres du parti doivent avancer avec une détermination stoïque en se basant sur la synthèse de nos expériences de travail dans tous les fronts - depuis les zones stratégiques jusqu’aux zones urbaines - qui a été intégrée dans le document présent, en se basant fermement sur les conseils idéologiques du marxisme-léninisme-maoïsme pour résoudre les problèmes qui se posent au cours de notre pratique. Les comités principaux du parti doivent jouer un rôle conscient dans la mise en oeuvre des principes élaborés dans le présent document.
Les rangs tout entiers du parti doivent baser tout leur travail sur les correctes ligne de classe et ligne de masse, s’intégrer et maintenir des liens avec les masses comme des poissons dans l’eau, recruter un flot sans fin de classes de base dans le mouvement révolutionnaire, transformer la PLGA en PLA, vaincre la croissante offensive ennemi réalisant de cette façon de plus grands progrès. Ils doivent avoir une fermeté stratégique et une souplesse tactique, saisir le rapport correct entre la stratégie et la tactique et mettre ces principes en pratique de façon créative en analysant concrètement les conditions particulières et en faisant un effort délibéré pour transformer les conditions défavorables en conditions favorables. Basons nos tactiques en voyant l’ennemi comme un tigre de papier d’un point de vue stratégique mais comme un véritable tigre du point de vue tactique.
Nous devons nous appliquer à mobiliser les masses les plus larges opposées à l’impérialisme, à la bourgeoisie bureaucrate compradore et au féodalisme conformément à la stratégie politique de construction d’une alliance des quatre classes grâce à la lutte armée. En instaurant des zones de base et des zones de guérilla dans les vastes étendues rurales du pays et en intensifiant la guérilla révolutionnaire, nous devons créer une vague révolutionnaire des masses et nous servir de l’excellente situation internationale et nationale pour réaliser la révolution de nouvelle démocratie en Inde. Nous devons nous appliquer à construire et à renforcer les trois armes magiques - un parti prolétarien fort, une armée populaire puissante et un front uni révolutionnaire - dans tout le pays afin d’accomplir les tâches précitées.
Aujourd’hui, l’impérialisme à travers le monde fait face à une crise sans précédent jamais vue depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Toutes les contradictions fondamentales s’aggravent davantage. Une nouvelle vague de luttes révolutionnaires, de luttes de libération nationale et de divers mouvements populaires contre l’agression, l’oppression et l’exploitation impérialiste et les classes dirigeantes réactionnaires s’étend partout. Utilisons cette situation favorable pour faire de grands bonds dans la guerre populaire en cours dans notre pays et avancer vers l’instauration d’une nouvelle Inde démocratique/socialiste. Oser se battre ! Oser gagner ! La victoire finale appartient au peuple dans cette guerre populaire juste !