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Perspective urbaine du CPI (Maoist)

1. INTRODUCTION

Le document "Stratégie et Tactiques" adopté au 9ème Congrès de 2001 expose l’importance du travail urbain dans la stratégie de la Révolution Indienne de la manière suivante :
"Le travail dans les zones urbaines a une importance particulière dans notre travail révolutionnaire... dans notre révolution, qui suit la ligne de guerre populaire prolongée, la libération des zones urbaines ne sera possible qu’au dernier stade de la révolution. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il ne soit pas nécessaire de se concentrer dès le début sur la construction du mouvement révolutionnaire urbain. Dès le commencement, nous devrons fixer notre attention sur l’organisation de la classe ouvrière, qui, étant à la tête de notre révolution, doit directement participer et mener la révolution agraire et la guerre populaire, et sur la construction d’un mouvement ouvrier révolutionnaire. En outre, sur base du mouvement des ouvriers révolutionnaires, nous serons en mesure de mobiliser des millions de masses opprimées urbaines et de construire les luttes contre l’impérialisme et le féodalisme, les luttes en faveur de la révolution agraire et les luttes pour les droits démocratiques. Ce n’est que par cette voie que nous serons capables de créer les forces subjectives et les conditions requises pour un front uni général, anti-impérialiste, anti-féodal, à l’échelle nationale. Le mouvement urbain, fournissant des cadres et des dirigeants ayant différentes sortes de capacités indispensables à la guerre populaire et à la création de zones libérées, en est une des sources principales... Nous ne devons pas oublier les rapports dialectiques entre le développement du mouvement urbain et le développement de la guerre populaire. En l’absence d’un solide mouvement urbain révolutionnaire, la guerre populaire sera confrontée à des difficultés."
"Toutefois, nous ne devons pas déprécier l’importance du fait que les zones urbaines sont les centres solides de l’ennemi. Le développement d’un robuste mouvement révolutionnaire urbain signifie que notre parti doit construire un réseau de lutte capable de mener invariablement la lutte, en s’entretenant lui-même jusqu’à ce que le guerre prolongée atteigne le stade de l’offensive stratégique. Dans cette perspective à long terme, nous devons développer un parti clandestin, un front uni et des éléments armés de la population ; intensifier la lutte de classe dans les zones urbaines et mobiliser des millions de masses urbaines en soutien à la guerre populaire."[Pages 69-70, S&T]
Cependant, il y a eu au cours de ces trente dernières années, d’importants défauts et des erreurs dans notre conception et dans notre pratique. Ainsi, The Political and Organisational Review du 9ème Congress fait le point comme suit : "L’importance du travail urbain dans la guerre populaire en cours dans le pays est bien admise dans notre Parti et est élaborée dans notre document Strategy-Tactics. Toutefois, nous avons énormément manqué de perspective, de politique et de méthodes de travail. Nous n’avons fait que des changements au coup par coup, de temps en temps, à la politique contenue dans le document "Our Work in Urban Areas", mis en évidence par l’APSC en 1973. Nous devons encore développer une démarche globale et à long terme, qui prenne en compte l’évolution des tendances de développement de l’urbanisation, ainsi que les politiques de l’ennemi pour nous isoler et nous écraser dans les zones urbaines. Cela a conduit à des hauts et des bas fréquents dans notre travail urbain dans la plupart des zones et à une lourde perte de cadres dans les zones de répression." [Page 141, POR]
Par conséquent, le Congress a décidé d’un "programme lié au temps pour préparer la politique et les directives pour le travail urbain, particulièrement pour le travail sur la classe ouvrière. Celui-ci doit comprendre une révision de notre conception et de notre pratique en ce qui concerne, entre autres, les syndicats révolutionnaires, les mini-escouades de guérilla, les équipes d’auto-défense, les magazines ouvriers. Il doit être suivi d’une campagne pour réorganiser notre travail selon ces directives". [Page 149, POR]
Le document en présence fait partie de la tentative pour mettre en oeuvre la décision du Congress mentionnée ci-dessus. La Partie 2 donne une brève représentation de l’Inde urbaine, exposant les tendances de l’urbanisation et les changements dans la composition de classe, particulièrement depuis les politiques de libéralisation. La Partie 3 est la section principale qui présente la politique et les directives pour le travail - notre approche et nos objectifs stratégiques, les formes d’organisation et les formes de lutte, le parti, le front uni et les tâches militaires, la propagande, le mécanisme technique et l’agenda. La Partie 4 passe en revue les principaux défauts de notre conception et de notre pratique de ces trente dernières années. La Partie 5 détermine certaines tâches immédiates.
En plus de ceci, un document distinct, "Guidelines for Our Work in the Working Class" expose les détails en ce qui concerne le travail sur la classe ouvrière.

2. INDE URBAINE

Selon le recensement de 2001, 27,8% de la population indienne vit aujourd’hui dans les villes. La population urbaine totale est de 285.000.000, ce qui est plus que la population totale du troisième pays le plus peuplé du monde - les USA. La majorité de cette population urbain se trouve dans les grandes villes. Presque deux tiers de cette population vit dans des villes de plus de 100.000 habitants, et 108.000.000 personnes (c’est à dire 38%) se trouvent dans 35 centres métropolitains dont la population dépasse le million. Trois des vingt mégapoles du monde, ayant chacune une population de plus de dix millions, se trouvent en Inde.
Le centre de l’économie s’est également écarté des zones rurales. En 1950-51, 56% de la production provenait de l’agriculture, mais aujourd’hui, moins de 25% en est issue. Aujourd’hui, la majorité de la production du pays vient des industries et du secteur tertiaire, qui sont principalement basés dans les villes. La part urbaine dans le Produit Intérieur Brut (PIB) est ainsi aujourd’hui de plus de 60%.
La taille, la proportion et le poids économique de la population urbaine en Inde aujourd’hui sont beaucoup plus élevés qu’ils ne l’étaient en Chine au moment de la révolution. A l’époque, la Chine n’avait que 10% de sa production provenant de l’industrie, et seuls 11% des gens vivaient dans les zones urbaines. Cela voudrait dire que les zones urbaines en Inde devraient jouer un rôle relativement plus important dans la révolution, que celui que les villes ont joué durant la révolution chinoise.
Toutefois, cela n’annonce aucun changement dans notre stratégie fondamentale, qui est basée sur l’inégal développement politique et économique et sur le caractère semi-féodal, semi-colonial de la société indienne. L’expérience internationale actuelle présente aussi différents pays semi-coloniaux avec de grandes proportions dans les zones urbaines, développant avec succès la guerre populaire basée sur la lutte armée rurale. Bien que notre population urbaine soit importante et en croissance constante, sa proportion reste beaucoup plus faible que le pourcentage de la plupart des autres pays semi-coloniaux ayant des mouvements sérieusement engagés dans la révolution agraire armée. Ainsi, les Philippines ont une population urbaine de 59%, le Pérou de 73% et la Turquie de 75%. Seul le Népal a une population urbaine plus basse, de l’ordre de 12%, bien que le taux de croissance de sa population urbaine soit presque le double de celui de l’Inde.

2.1. Modèle d’urbanisation

Depuis 1947, quatre villes métropolitaines majeures, qui ont servi de capitales régionales sous l’occupation britannique, ont dominé le processus d’urbanisation dans le pays. Ces villes étaient Kolkata, Mumbai, Delhi et Chennai. Elles ont respectivement servi de plateformes centrales dans l’est, l’ouest, le nord et le sud du pays. Depuis les années 60, elles ont continué à connaître une croissance, quoiqu’à des rythmes différents. De nouveaux centres métropolitains récents tels que Bangalore, Hyderabad et Pune se révèlent être de nouveaux foyers de croissance urbaine. Les politiques de libéralisation amènent davantage de changements et de nouveaux modèles d’urbanisation ont émergé. Ceux-ci sont même en train de changer les positions et l’importance des vieux centres métropolitains.
Delhi continue à maintenir son importance pour toute l’Inde, surtout comme capitale administrative et également en raison de l’industrialisation rapide de ses alentours. Mumbai, en tant que capitale financière, a continué à s’accroître rapidement, et figure maintenant parmi les cinq plus grandes villes du monde. Kolkata et Chennai continuent à maintenir leur importance régionale, mais Kolkata a perdu son importance comme centre d’industrie et de commerce pour toute l’Inde.
Les hauts et les bas des centres principaux ne sont cependant que le reflet du modèle d’urbanisation nettement inégal du pays. Kolkata recule en raison de sa localisation dans la partie orientale la plus pauvre et la moins urbanisée du pays, alors que toutes les nouvelles étoiles surgissent dans le sud et l’ouest, plus urbanisés. La vieille hiérarchie des quatre mégapoles situées dans différentes régions du pays laisse ainsi place aux corridors urbains et aux groupes de nouveaux investissements implantés principalement dans les parties du sud et de l’ouest du pays.
A l’exception de la région de Delhi et des zones limitrophes du Haryana, du Punjab, du Rajasthan et de l’Uttar Pradesh, une bonne partie du nord, de l’est et du centre du pays a été contournée. Cette vaste zone englobant la moitié est de l’Uttar Pradesh et s’étirant à travers le Bihar, le Bengale occidental, les états du nord-est, l’Orissa, le Madhya Pradesh et la partie est du Maharashtra reste une zone urbaine arriérée, avec de vieilles bases industrielles et un chômage élevé. Par conséquent, ces zones sont les foyers principaux de travail itinérant bon marché pour les grandes villes métropolitaines. Les inégalités précitées sont favorisées par les politiques du gouvernement. Durant la précédente période d’octroi de licences industrielles, il y a eu quelques tentatives pour provoquer un développement industriel équilibré et cela a entraîné la mise en place de quelques projets dans des zones relativement peu avancées telle que la ceinture minérale du centre de l’Inde. Aujourd’hui, en vertu des politiques de libéralisation, les investissements ne sont pas réglementés et vont dans les zones promettant les plus grands profits. Ainsi, les investissements principaux se centralisent dans et autour de quelques zones dont la concentration urbaine est croissante. Ces régions principales sont :
- a) Le corridor Ahmedabad-Pune : Cette étendue en Inde occidentale a la concentration principale de haute industrialisation et d’urbanisation du pays. Elle comprend quatre des dix premières villes du pays - Mumbai, Ahmedabad, Pune et Surat - en plus de deux autres villes de plus d’un million d’habitants - Vadodara et Nashik. Les industries englobent presque tous les principaux groupes industriels - ingénierie, produits chimiques, textiles, automobiles, télécommunications, électroniques, etc. Ces villes et les districts voisins attirent la plus grande quantité des nouveaux investissements du pays tout entier. La classe ouvrière est la plus diverse, ayant migré depuis toutes les parties du pays.
- b) La zone de Delhi : La région de la capitale avec les zones voisines de Gurgaon et de Faridabad dans l’Haryana et de Ghaziabad et de Noida dans l’Uttar Pradesh est une énorme zone urbaine et industrielle. Elle continue à progresser à un rythme rapide dans l’ingénierie, l’automobile, l’électronique, etc. Ici aussi, la classe ouvrière est diverse, mais issue principalement du nord de l’Inde.
- c) Bangalore : Pendant un certain temps, cela a été le centre de nombreux établissements majeurs du service public, en plus des textiles et du tissage de la soie. L’électronique, les logiciels et le matériel informatique sont les principales industries en croissance, Bangalore étant la capitale des logiciels en Inde. Il s’agit d’un centre se développant rapidement.
- d) Chennai : La région du Grand Chennai est devenue la plaque tournante industrielle pour l’ensemble du sud. Elle a un éventail d’industries très diverses - automobiles, textiles, produits chimiques, produits pétroliers, électronique, etc.
- e) La ceinture Coimbatore-Erode : C’est la zone qui a la croissance d’urbanisation la plus rapide du pays. Les principales industries se concentrent autour des textiles - moulins, métiers à tisser mécaniques, tricots, etc. Il y a aussi de petites et moyennes unités d’ingénierie.
- f) Hyderabad : Bien que la croissance actuelle ne soit pas aussi importante que la propagande médiatique du ministre-chef de l’Andhra Pradesh, Hyderabad est aussi un centre urbain à croissance rapide. En plus de l’entreprise du secteur public antérieure et d’autres industries, les nouveaux investissements se font principalement dans l’électronique et la technologie de l’information. Dans l’Andhra Pradesh, Vishakhapatnam a aussi été un centre de croissance, attirant de gros investissements.
La majeure partie des centres urbains dans les autres zones n’accueillent pas beaucoup d’investissements et par conséquent, ils souffrent d’un certain niveau de stagnation. Ce sont toutefois des centres majeurs de l’industrie avec une importante classe ouvrière. Ils jouent aussi un rôle très important dans leurs zones. Certains de ces centres sont :
- a) Kolkata : Bien qu’elle ait perdu son importance pour toute l’Inde, elle demeure le centre pour l’ensemble de l’Inde orientale. Elle a une base industrielle importante et diverse, mais aucune nouvelle zone majeure de croissance industrielle. La ville s’accroit aussi à un rythme lent. Elle reçoit de nouveaux investissements mais une grande partie est destinée aux installations existantes. La classe ouvrière est diverse, mais fondamentalement issue de l’Inde orientale. En raison de la lente croissance industrielle, le taux de chômage est relativement plus élevé.
- b) Villes industrielles du centre de l’Inde : Les investissements entrant dans ces zones sont principalement pour les industries énergétiques et pétrolières, et les industries métallurgiques. Cependant, les nouveaux projets sont relativement peu nombreux et le chômage global s’accroît.
- c) Villes de la plaine gangétique : Ces villes comprenant de vieux centres industriels majeurs tels que Kanpur ne reçoivent pas beaucoup de nouveaux investissements et par conséquent, elles stagnent. Cependant, les villes continuent à grossir en raison de l’afflux en provenance des zones rurales.
La tendance et le modèle de croissance urbaine ci-dessus doivent entrer en ligne de compte dans la formulation d’une perspective et d’un projet pour le travail urbain.

2.2. Changements dans la composition de classe et de la structure des villes

En plus des changements au niveau de toute l’Inde, des modifications significatives ont aussi lieu à l’intérieur des villes, particulièrement dans les villes les plus grandes. Cela occasionne des changements dans la nature et la composition de la population active ainsi que dans l’emplacement géographique des différentes classes et communautés.

2.2.1. Désindustrialisation des villes majeures

Au fil des ans, la plupart des villes majeures ont vu un déclin dans l’activité industrielle comparée à l’activité commerciale dans le secteur bancaire, la finance et d’autres activités du secteur tertiaire. Ce processus a d’abord commencé dans les villes les plus grandes, avec la fermeture de nombreuses usines de jute et d’autres industries de Kolkata à partir de la fin des années 60. Ce processus s’est toutefois généralisé dès le début des années 80 avec le déclin des usines de textiles à Mumbai, Ahmedabad, Chennai et dans d’autres centres. Des centaines de milliers d’emplois de cols bleus ont été détruits sans qu’aucune nouvelle industrie ne soit créée dans la ville. Depuis ces vingt dernières années, presqu’aucune nouvelle industrie ne s’est implantée au sein des vieilles villes majeures. Généralement, la nouvelle industrialisation a lieu à la périphérie de la ville principale, ou dans les villes voisines. Ceci est combiné à une augmentation des postes d’employés dans le domaine des services, l’investissement allant généralement vers ces zones.
Ce processus a amené un changement dans la composition de classe dans la majorité des villes, surtout dans les villes métropolitaines. Les données globales sur les zones urbaines dans leur ensemble indiquent un déclin progressif dans la proportion d’ouvriers de sexe masculin embauchés dans le secteur industriel de 27% en 1983 à 23,6% en 1993-94. Pour les ouvrières de sexe féminin, le déclin était de 26% en 1983 à 23,6% en 1993-94. Sur la même période, la proportion d’ouvriers de sexe masculin engagés dans le secteur tertiaire a augmenté de 24,8% à 26,4%, l’augmentation pour les ouvrières de sexe féminin étant de 31,4% à 38,8%. Ici, le secteur tertiaire a été déterminé pour inclure la finance, les assurances, les services commerciaux et tous les autres services, y compris les services d’intérêts généraux et sociaux. Cela montre que la proportion totale du prolétariat industriel dans les zones urbaines partout en Inde chute comparé aux employés embauchés dans les bureaux, les établissements de marketing, les hôtels, etc.
Tandis que les chiffres ci-dessous donnent un tableau d’ensemble, la situation actuelle pour les villes particulières sera différente. Puisque cet élément est très important pour notre perspective organisationnelle, nos projets et nos tâches au niveau de la ville, tous les comités respectifs doivent mener une analyse de classe au niveau de la ville relative à la situation et à la tendance dans leurs zones.

2.2.2. Changements dans la population active

Avec les fermetures des industries et la perte d’emplois les accompagnant, de nombreux ouvriers sont obligés de prendre un travail temporaire ou de gagner leur vie par leurs propres moyens en colportant, en maniant les pousse-pousse, en gérant des échoppes de thé et des comptoirs de nourriture au bord de la route. Dans le même temps, la nouvelle jeunesse entrant dans la population active ne trouve pas d’emplois permanents immédiatement (le taux de chômage dans la tranche d’âge 15-24 ans est le plus élevé) et est forcée de prendre un emploi temporaire et de diriger aussi de petits commerces. Cette tendance augmente ces dernières années dans les zones urbaines. En même temps, de plus en plus de femmes sont embauchées mais à des niveaux de salaire beaucoup plus bas. Cette tendance, qui a commencé au début des années 80 dans la majorité des villes, s’est accélérée davantage depuis les politiques de libéralisation.
En milieu urbain, la proportion d’hommes ayant un travail fixe a diminué et la proportion de travailleurs indépendants et temporaires est en hausse. En même temps, la proportion des femmes ayant un travail fixe a augmenté, quoique cela n’influe pas tellement sur la taille totale de la population active parce que les femmes ne constituent que 17% de la population active urbaine totale. Premièrement, il y a eu une augmentation dans la proportion du semi-prolétariat (c’est à dire les travailleurs indépendants) ; deuxièmement, il y a eu une augmentation dans la proportion des travailleuses payées des salaires très bas ; et troisièmement, il y a eu une augmentation de la main d’oeuvre temporaire.
En plus des changements donnés ci-dessus, un autre changement a été le glissement des emplois depuis les usines plus importantes du secteur syndiqué vers les petits ateliers et les petites industries. Ces dernières années, la proportion d’ouvriers dans le secteur syndiqué par rapport à la population active totale est tombée de 8,5% en 1991 à 7,1% en 1997 et à 6,9% en 1999-2000. Etant donné que les ouvriers sont répartis dans des unités plus petites, leur potentiel de syndicalisation diminue aussi.
Tous les changements dans la population active mentionnés ci-dessus ont été présentés au niveau de toute l’Inde. Ces changements ont des conséquences significatives pour notre planification aux niveaux de la ville et de la zone. Nous devons mener une analyse de classe locale et dresser nos plans en conséquence.

2.2.3. Division ou segmentation des villes

Les villes en Inde, se basant sur le modèle colonial, ont toujours eu un riche quartier britannique et un quartier indien plus pauvre. Cette séparation a toutefois diminué dans une certaine mesure dans le processus de croissance des villes métropolitaines. Par conséquent, il est devenu assez fréquent d’avoir des bidonvilles attenants à des tours d’habitations chics, et des colporteurs et des marchands occupant l’espace juste à côté des bureaux des multinationales dans le coeur du quartier central des affaires. Des campagnes périodiques sont adoptées pour démanteler les bidonvilles ou expulser les colporteurs, mais le plus souvent, ils se débrouillent pour lutter et conserver leur espace dans le centre de la ville.
Cependant, au cours de la période de libéralisation-mondialisation, les classes dirigeantes de la plupart des villes majeures ambitionnant d’en faire des villes "mondiales", ont déclenché de manière concertée et planifiée de nombreuses mesures pour faire sortir les pauvres du coeur de la ville et le garder à l’usage économique et social du capital impérialiste et compradore. Le processus s’est produit et se produit de façon intensive à Mumbai, à Delhi, à Bangalore, à Hyderabad, à Kolkata, à Chennai et certaines autres villes métropolitaines. Des modèles similaires sont toutefois constatés même dans des villes relativement plus petites.
Ce processus de division ou de segmentation de la ville se fait par l’entremise de différentes mesures. Ces mesures vont des vieilles mesures de démolition des bidonvilles et d’expulsion des colporteurs aux nouvelles formes comme la fermeture des usines "polluantes", l’interdiction des manifestations dans les zones centrales, les changements législatifs favorisant la privatisation et la localisation des finances urbaines et des installations urbaines, les règlements encourageant la concentration du développement dans les zones plus riches, etc.
Le rôle de l’état est des plus marquant. Les bureaucrates et les urbanistes, travaillant sous les consignes directes de la Banque Mondiale, de la Banque Asiatique de Développement et d’autres institutions impérialistes, ont formulé des lois, des règlements, des principes et des schémas directeurs qui ont même abandonné le prétexte des slogans d’équité et de soulagement de la pauvreté urbaine d’autrefois. Aujourd’hui, l’orientation fondamentale des projets vise la "capacité" et la "propreté verte" des villes, ce qui, au fond, veut dire de fournir des enclaves cinq étoiles désinfectées avec les meilleures infrastructures et les meilleures installations de communication pour les bureaux, les maisons, et les lieux de divertissement des directeurs d’entreprises et des élites, en poussant les citadins pauvres vers les frontières de la ville, en même temps que leurs ‘sales’ bidonvilles et leurs industries "polluantes". L’idée de base du National Capital Plan pour Delhi, et du programme Mega-City de 1993 pour les cinq autres villes du top mentionnées ci-dessus a fondamentalement cet objectif.
Les Hautes Cours et la Cour Suprême, aidées par les anti-populaires soi-disant écologistes, ont aussi joué un rôle très actif dans ce processus en rendant de nombreuses décisions de justice pour accélérer ce processus au nom du litige "d’intérêt public".
De nombreuses luttes de la classe ouvrière et des citadins pauvres ont éclaté contre ces mesures. La révolte en novembre 2000 de la classe ouvrière et de la bourgeoisie nationale de Delhi, les luttes des habitants des bidonvilles de Mumbai et des colporteurs de Kolkata en sont des exemples. Cependant, malgré ces luttes, la réaffectation des mégapoles et des autres villes métropolitaines va de l’avant et le modèle socio-géographique de villes telles que Mumbai a déjà considérablement changé.
Ce processus doit être traité par nous à deux niveaux. A un niveau, nous devons prendre part aux luttes de masse contre ce processus d’expulsion et combattre pour le droit de la classe ouvrière et des citadins pauvres à vivre et à travailler dans leurs anciennes zones. A un autre niveau, nous devons tenir compte, dans notre analyse et notre planification, du changement de structure de la ville. Dans le cadre de notre analyse de classe, nous devons également dresser la carte des emplacements géographiques des différentes classes, non seulement de leur habitation mais aussi de leur lieu de travail. Nous devons les prendre en compte dans nos plans d’organisation, de protestation, d’auto-défense, etc.

2.2.4. Ghettoïsation

Un ghetto est un bidonville ou une localité habité principalement ou totalement par une communauté. Quand une communauté précise est sans cesse attaquée et obligée, pour sa sécurité, de se rassembler dans des zones particulières, ce processus est appelé ghettoïsation. Des localités formées sur base de la nationalité, de la caste, et de la religion sont très courantes dans pratiquement toutes les villes indiennes. Cependant, toutes ne se sont pas créées dans un processus de ghettoïsation.
Les exemples de violence de masse urbaine sur la base de la nationalité sont relativement peu fréquents, comme les émeutes de Cauvery à Bangalore au cours desquelles la minorité nationale Tamoule a été attaquée, ou les attaques sur les indiens du sud à Mumbai en 1967 par les chauvinistes nationaux de la Shiv Sena. Ceci est en grande partie du au manque relatif de soutien pour de tels actes de la part des classes dirigeantes intégrationnistes de toute l’Inde et de l’appareil de l’état central.
La violence de caste et les émeutes de caste sont plus nombreuses, certaines villes étant sans cesse les témoins d’attaques sur les dalits. Les émeutes anti-réserve dans de nombreuses parties du pays sont une forme constante d’attaques de caste. Une telle violence des castes supérieures a conduit à marquer davantage la division de beaucoup de villes et a obligé tous les dalits à vivre dans des zones distinctes pour mieux organiser leur auto-défense.
La forme principale de violence a toutefois été les attaques et les pogroms organisés par les communautaristes et les fascistes hindous, essentiellement contre les Musulmans, mais également contre les Sikhs et les Chrétiens. Cela a conduit à la ségrégation aigüe de la communauté musulmane et à la création de mohallas (ndlt : quartiers) musulmans dans presque toutes les villes où ils sont présents. Cependant, avec la métropolitanisation de certaines villes, il y a eu un petit glissement des Musulmans vers d’autres zones. Les fascistes hindous ont aussi cherché à renverser cela considérablement durant les années 80 et 90.
Les années 80 et 90 ont vu, associés à l’ascension politique des fascistes hindous de la Sangh Parivar, le plus grand nombre de pogroms anti-musulmans Le centre majeur de ceci a été le corridor occidental avec des massacres de Musulmans dans presque toutes les villes majeures de cette ceinture - Ahmedabad, Vadodara, Mumbai et Surat, ainsi que dans d’autres villes plus petites comme Bhiwandi, Malegaon et Bharuch. Les centres urbains majeurs du sud ont aussi été les centres d’émeutes communautaires - Coimbatore, Hyderabad et Bangalore, en plus d’autres villes plus petites telles que Mangalore, Bhadravit, etc. Certaines ont aussi eu lieu dans des villes d’Inde centrale et de la plaine gangétique. La plupart de ces attaques ont été effectuées avec toute la connivence et même la participation des forces de l’état. De toutes celles-ci, Gujarat est adoptée par les fascistes en tant que laboratoire pour une expérience de nettoyage ethnique, avec l’anéantissement physique et économique systématique des Musulmans.
Alors que la campagne des fascistes hindous se déploie dans d’autres parties du pays, la ghettoïsation va sûrement nettement s’intensifier dans la plupart des villes. Les zones purement musulmanes, se méfiant de toutes les autres, et organisées pour l’auto-défense, deviendront indispensables pour la survie de la communauté. L’aiguisage des divisions sur une base communautaire peut devenir un sérieux obstacle à la construction de l’unité de classe. Dans les zones urbaines, notre Parti doit sérieusement prendre en compte le processus de ghettoïsation dans tous les projets. La ghettoïsation aigüe conduit à un manque d’emplois pour les Musulmans, et pousse la plus grande partie d’entre eux vers le semi-prolétariat. Par conséquent, la simple organisation à l’intérieur de l’industrie ne nous permettra pas de pénétrer dans cette communauté opprimée. A moins de nous baser nous-mêmes au milieu du ghetto, nous ne serons pas capables de nous introduire dans l’organisation de la communauté, nous ne serons pas non plus capables de construire le front uni contre les fascistes hindous. Ainsi, dans notre planification, nous devons identifier clairement les ghettos d’une ville et établir notre plan pour y obtenir l’entrée. En faisant cela, nous devons aussi les organiser sur leurs besoins essentiels et leurs problèmes quotidiens.

3. POLITIQUE ET DIRECTIVES

3.1. Approche stratégique dans le travail urbain

3.1.1. Rôle du travail urbain dans la stratégie politique

Comme le dit le 9ème Congress, "le leadership de la classe ouvrière est la condition indispensable pour une Révolution de Nouvelle Démocratie en Inde. La classe ouvrière exerce son leadership dans la révolution grâce à sa participation directe. En plus du soulèvement dans la lutte globale pour la démocratie et la libération sous le leadership du parti communiste, et par ce moyen, de l’unification de toutes les autres parties de la population dans les luttes anti-impérialistes et anti-féodales, la classe ouvrière organise la révolution agraire en envoyant son détachement avancé dans les zones rurales." [Page 36, S&T]
Ainsi, les zones urbaines, étant les centres de concentration du prolétariat industriel, jouent un rôle important dans la stratégie politique de la révolution de nouvelle démocratie. Dans les zones urbaines, la tâche du parti est de mobiliser et d’organiser le prolétariat pour qu’il remplisse son rôle crucial de leadership. Par conséquent, travail urbain signifie d’abord de créer les liens les plus proches possible avec la classe ouvrière, et par l’intermédiaire de la lutte de classe, d’instaurer le parti comme avant-garde prolétarienne ; de plus, cela signifie la mobilisation et l’unification de toutes les autres sections sous le leadership prolétarien dans la lutte pour accomplir les tâches de la révolution.

3.1.2. Rôle du travail urbain dans la stratégie militaire

Les caractéristiques particulières de la guerre révolutionnaire en Inde "fixent la stratégie militaire de guerre prolongée - une stratégie de constitution de zones de base révolutionnaires d’abord à la campagne, où l’ennemi est faible d’un point de vue militaire, pour ensuite progressivement encercler et s’emparer des villes qui sont les bastions des forces ennemies.’"[Page 8, S&T]
Par conséquent, il est clair que la lutte armée et le mouvement dans les zones rurales joueront le rôle principal, et que le travail dans les villes jouera un rôle secondaire, complémentaire au travail rural. Cependant, tout en donnant la priorité absolue au travail rural, nous devons également donner à la lutte urbaine l’importance qu’elle mérite. Sans un mouvement révolutionnaire urbain fort, la guerre populaire en cours est confrontée à des difficultés ; de plus, sans la participation des masses urbaines, il est impossible de remporter une victoire à l’échelle nationale. Comme le dit le camarade Mao, "l’objectif suprême de la révolution est la capture des villes, bases principales de l’ennemi, et cet objectif ne peut pas être atteint sans un travail adapté dans les villes" (Mao, Selected Works, Vol II, Pg. 317)
Par conséquent, un rapport dialectique adéquat doit être maintenu entre le développement du mouvement urbain et le développement de la guerre populaire. Nous devons, en développant un mouvement urbain fort, assurer que les masses urbaines contribuent à produire les conditions qui procureront le succès de la lutte armée dans la campagne. Comme nous l’avons vu dans la section précédente, l’Inde a une plus grande proportion de population dans les zones urbaines et une classe ouvrière est beaucoup plus importante qu’à l’époque de la Révolution chinoise. Cela augmente aussi l’importance relative du travail urbain dans les conditions particulières de la révolution indienne.

3.1.3. Démarche à long terme

Les villes et les grands centres industriels sont les bastions réactionnaires dans lesquels l’ennemi est le plus puissant. A ces endroits, la police, l’armée, d’autres organes de l’état, et d’autres forces de contre-révolution sont rassemblés et se trouvent dans une position dominante à partir de laquelle elles peuvent réprimer les forces populaires. Dans le même temps, le travail et l’organisation de notre parti sont extrêmement faibles et ne peuvent, dans l’ensemble, pas parvenir à une position dominante avant la phase finale de la guerre populaire. C’est cette réalité objective qui fixe notre politique à l’égard du travail dans les zones urbaines.
Dans une situation pareille, où l’ennemi est beaucoup plus fort, nous ne pouvons pas avoir une approche à court terme d’affrontement direct afin d’obtenir des "résultats rapides". Nous devons plutôt avoir une approche à long terme. La tâche du parti est de convaincre les masses, y compris la grande majorité des ouvriers, et d’augmenter la force prodigieuse de la classe ouvrière en préparation de la lutte décisive à venir. Ce n’est pas le moment maintenant pour cette lutte suprême entre la révolution et la contre-révolution, et c’est pour cette raison que nous devons éviter d’engager un tel combat avec l’ennemi tant que les conditions ne nous sont pas favorables. Cela signifie que nous devons surtout agir en restant sur la défensive (et non pas prendre l’offensive) ; notre politique doit être une politique de protection, de conservation, de consolidation et d’expansion des forces du Parti, tout en mobilisant et en préparant les larges masses urbaines pour la lutte révolutionnaire. Comme le camarade Mao l’a exposé en traçant le contour des tâches du Parti dans les zones urbaines et les autres zones blanches dominées par les réactionnaires, "le parti communiste ne doit pas être fougueux ni aventuriste dans sa propagande et dans son travail organisationnel ......... il doit avoir des cadres bien choisis travaillant clandestinement, il doit accumuler de la puissance et attendre son heure. Dans la direction de la population dans la lutte contre l’ennemi, le parti doit adopter les tactiques de l’avance pas à pas, lentement mais sûrement, en respectant le principe de mener les luttes pour des raisons justes, à notre avantage, et avec retenue, et en faisant usage de ces formes d’activité publiques qui sont autorisées par la loi, les décrets et la coutume sociale ; des revendications vides et une action irresponsable ne peuvent jamais conduire au succès". (Mao, Selected Works, Vol II, Pg 318).
Afin de mobiliser les parties les plus larges possible dans la lutte, il est absolument indispensable que nous utilisions toutes les opportunités publiques et légales pour le travail (et ne pas rejeter l’utilisation de la légalité). Les grandes organisations de masse aident le parti à avoir un contact considérable avec les masses, de telle sorte qu’il puisse travailler à couvert pendant longtemps et accumuler de la puissance. En examinant les perspectives publiques, il est essentiel que nous organisions aussi les gens dans des organisations clandestines.
Les formes d’organisation larges, publiques et légales de masse doivent, cependant, être associées aux méthodes du plus grand secret, en particulier en ce qui concerne le rapport entre l’organisation publique et l’organisation clandestine. Toutes les précautions doivent être prises pour protéger l’identité de nos camarades dans les organisations publiques et les contacts avec l’organisation clandestines doivent être maintenus au minimum. En même temps, un soin particulier doit être pris pour garantir que les structures clandestines ne soient pas démasquées et détruites. Pour cela, une approche à long terme et la patience sont absolument indispensables. Nous devons même être prêts à sacrifier les besoins de bien réussir un travail précis à court terme pour éviter la mise en danger de l’existence et du fonctionnement à long terme de la structure clandestine.

3.2. Objectifs principaux de notre travail urbain

Le travail dans les villes implique de nombreuses tâches. Toutes ces tâches peuvent cependant être regroupées sous trois grands titres ou objectifs. Ils sont les suivants :
1) Mobiliser et organiser les masses de base et construire le parti dans ces conditions. Ceci est l’activité principale du parti. La tâche du parti est d’organiser la classe ouvrière, comme les autres classes et sections telles que le semi-prolétariat, les étudiants, les employés de classe moyenne, les intellectuels, etc. Sa tâche est également de s’occuper des problèmes des groupes sociaux particuliers tels que les femmes, les dalits et les minorités religieuses et de les mobiliser pour le mouvement révolutionnaire. C’est dans ces conditions que les masses sont politisées et que les sections avancées sont rassemblées dans le parti.
2) Construire le front uni. Cette tâche exige l’unification de la classe ouvrière, la construction d’une solidarité et d’une alliance ouvrier-paysan, l’union avec d’autres classes dans les villes, la construction de fronts contre la mondialisation, contre le fascisme hindou, contre la répression, etc. Ceci est un aspect très important du travail du parti dans la ville.
3) Tâches militaires. Tandis que les principales tâches militaires sont accomplies par la PGA et la PLA à la campagne, le mouvement urbain s’acquitte aussi de tâches complémentaires à celles de la lutte armée rurale. Cela implique l’envoi de cadres à la campagne, l’infiltration dans les rangs ennemis, l’organisation des industries-clés, les actions de sabotage en coordination avec la lutte armée rurale, le soutien logistique, etc.
Des trois tâches mentionnées ci-dessus, celle d’organiser les masses de base est fondamentale et principale. Sans mobiliser largement les masses, il n’est possible d’accomplir aucune des autres tâches telles que celle de construire le front uni et celle d’exécuter les tâches militaires.

3.3. Mobilisation des masses et construction du parti

Nous avons besoin de construire la base de masse la plus générale par la constitution de différentes sortes d’organisation de masse comme des organisations de masse révolutionnaires publiques, des organisations démocratiques légales, des organisations de masse clandestines, des organisations de couverture, etc. Selon la situation, l’une ou l’autre sorte d’organisation devient principale pour cette période. Mais en gardant à l’esprit l’approche à long terme, nous avons besoin de construire plusieurs sortes d’organisations de masse simultanément.
Par conséquent, le principe général quant aux formes urbaines d’organisation est que les organisations de masse doivent être aussi larges que possible. Etant donné que la situation politique indienne est inégale, nous avons besoin d’étudier la meilleure combinaison de différentes sortes d’organisations de masse. Alors qu’il n’est pas possible de constituer des organisations de masse révolutionnaires publiques dans l’Andhra Pradesh, il y a plusieurs états dans lesquels une telle possibilité existe tout de même.
Ainsi, nous pouvons organiser la population sous plusieurs formes, selon la situation. Mais construire le parti doit toujours se faire dans le plus grand secret. Comme le montre l’expérience du travail à Shanghai, où la terreur blanche était extrême durant la révolution chinoise, "l’organisation du parti doit être tenue secrète, au plus elle est secrète, au mieux c’est. Alors qu’une organisation de masse doit être publique, au plus large elle est, au mieux c’est." Ce principe pourrait être mis en pratique dans nos conditions. Les organisations, qui propagent ouvertement la politique du parti, doivent en règle générale fonctionner clandestinement. Les organisations fonctionnant publiquement et légalement ne peuvent en règle générale pas s’identifier ouvertement avec le parti et doivent travailler sous une certaine couverture avec un programme limité. En coordonnant avec justesse les structures illégales et légales, nous devons avoir une approche d’augmentation pas à pas des formes de lutte et de préparation des masses à se lever contre les forces de l’état.

3.3.1. Types d’organisation de masse

Notre POR (Political and Organisational Review) identifie trois sortes d’organisations de masse : 1) organisations de masse révolutionnaires clandestines, 2) organisations de masse révolutionnaires publiques et semi-publiques, et 3) organisations de masse légales publiques, qui ne sont pas directement reliées au parti. Le travail urbain à l’intérieur de la troisième sorte d’organisation peut en plus être subdivisé en trois larges catégories : a) travail fractionnaire, b) organisations clandestines formées par le parti, et c) organisations démocratiques légales.

3.3.1.1. Organisations de masse révolutionnaires clandestines

Ces organisations demeurent rigoureusement clandestines et propagent la ligne révolutionnaire du parti parmi les masses, les soulevant pour la lutte armée. Elles prient ouvertement les masses à prendre part à la guerre populaire, propagent la tâche essentielle établie par le parti à n’importe quel moment donné, organisent clandestinement les masses dans les luttes et servent directement de base pour le recrutement pour le parti et la guerre populaire. Ces organisations de masse sont construites clandestinement et dirigent une propagande clandestine. Elles sont formées autour d’un programme révolutionnaire nettement défini et explicite. Par conséquent, les critères minimums pour l’adhésion sont l’acceptation des buts de la révolution et l’empressement à travailler clandestinement.
Dans notre parti, de telles organisations n’ont pas été constituées dans le cadre d’un plan. Elles sont apparues dans et autour des zones de lutte quand les organisations de masse révolutionnaires publiques ont été obligées de passer à la clandestinité en raison de la lourde répression. Plus tard, elles ont été mises en place consciemment, même dans les zones où il y avait relativement moins de répression. Aujourd’hui, avec la mise en place de l’interdiction dans toute l’Inde en vertu du POTA (Prevention of Terrorist Activities Act), les organisations de masse seront fondées clandestinement dans beaucoup plus de zones. Un grand nombre de ces organisations fonctionnent principalement dans les zones urbaines. Bien que de telles organisations clandestines puissent être constituées dans n’importe quelle partie des masse, nous les avons jusqu’à présent surtout créées, dans les zones urbaines, parmi les jeunes, les étudiants et les ouvriers.
Dans les zones urbaines, ces organisations clandestines accomplissent la tâche importante de la propagation de la ligne du parti parmi différentes parties des masses. Elles sont les véhicules principaux de la propagande révolutionnaire. En raison de la position dominante de l’ennemi dans les villes, la tâche importante de soulever les masses grâce à la propagande révolutionnaire doit être accomplie par l’entremise d’une structure clandestine. La structure clandestine du parti ne peut cependant pas être le seul moyen d’expression pour propager la politique révolutionnaire. Cela limiterait l’ampleur et l’intensité de l’impact de notre propagande. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de développer des structures organisationnelles clandestines distinctes parmi différentes parties de la population, qui porteront le message des appels du parti à ces parties en particulier, et aussi aux autres parties des larges masses. Ceci est donc la tâche principale des organisations de masse révolutionnaires clandestines dans les zones urbaines.
La tâche des unités et des comités clandestins est de préparer les formes et les méthodes de propagation de la ligne du parti, de propager la propagande du parti, et d’élaborer et de propager le point de vue révolutionnaire sur les divers problèmes du jour - particulièrement les problèmes touchant la section qu’ils organisent. Tout cela peut se faire grâce à des affiches clandestines, des portes-parole, des pamphlets, des cassettes, des brochures, et d’autres formes de propagande ; cela peut se faire par un contact personnel des membres de l’organisation ; cela peut se faire grâce à des actions spectaculaires planifiées telles que les attaques contre un impérialiste, un compradore, et d’autres cibles de la classe dirigeante, etc. Par l’intermédiaire d’une propagande soutenue et efficace et d’actions planifiées, l’organisation de masse révolutionnaire clandestine doit viser à atteindre une position depuis laquelle elle influence, conduit et même, fixe les actions et les décisions des organisations indépendantes et des masses dans son domaine d’intervention.
Il pourrait y avoir certaines restrictions pour les organisations de masse clandestines dans l’organisation et la mobilisation des masses de façon considérable dans la lutte. Mais il y a des occasions dans lesquelles les organisations de masse clandestines - bien que leur organisation réelle soit limitée, leur influence est significative - pourraient mener des luttes importantes dans lesquelles des centaines de milliers d’ouvriers peuvent et doivent être utilisés dans des formes de lutte clandestines. Si Ka Sa en est un exemple. Les organisations de masse révolutionnaires secrètes peuvent ne pas rassembler les masses de manière considérable et large comme les organisations de masse révolutionnaires publiques. Quand une organisation de masse révolutionnaire publique est obligée de passer à la clandestinité, en changeant les méthodes de travail de méthodes en publiques en méthodes clandestines, en envoyant les cadres démasqués dans la clandestinité, etc, partout où c’est possible, la partie non exposée des forces de l’organisation doit être déplacée de façon à travailler dans d’autres sortes d’organisations telles que les organisations clandestines, le travail fractionnaire, les organisations démocratiques légales, et ainsi de suite.
Les organisations clandestines ne sont pas les organes destinés à conduire et à gérer les organisations légales, qui ne sont pas directement reliées au parti. Cela créera une forme inutile de couche de semi-parti entre le parti et de telles organisations. Ainsi, en règle générale, nous devons aussi éviter de constituer des unités de l’organisation clandestine pour mener les organes publics dans l’organisation publique. Ce leadership doit être géré par les fractions et les cellules du parti fonctionnant dans la zone. L’organisation clandestine accompli son rôle révolutionnaire en donnant des appels et en dirigeant la propagande pour guider et pousser les organisations publiques dans la bonne direction. Cependant, cela aussi, cela doit être évité dans les zones où le champ de travail fractionnaire ou clandestin est trop petit ou dans lesquelles la propagande révolutionnaire publique peut causer la dénonciation du fait que nous faisons un tel travail dans cette zone. S’il est nécessaire que des membres de l’organisation clandestine travaillent activement au sein de l’organisation publique, ils travailleront comme des membres publics normaux de l’organisation, en portant une attention particulière pour protéger leur identité politique. Il vaut mieux éviter de combiner les tâches de militant de l’organisation clandestine et de dirigeant de l’organisation publique ; partout où c’est possible, des camarades différentes doivent être affectés à des tâches distinctes.
Par conséquent, l’organisation de masse clandestine doit servir de véhicule pour la propagande révolutionnaire du parti dans les zones urbaines. C’est la forme d’organisation qui convient à la mise en place de cette importante tâche.

3.3.1.2. Organisations de masse révolutionnaires publiques

Celles-ci sont les organisations de masse publiques et semi-publiques, qui propagent ouvertement la politique de la révolution de nouvelle démocratie et qui préparent la population pour la lutte armée. Ces organisations utilisent les opportunités légales disponibles pour diriger ouvertement la propagande révolutionnaire et la campagne et pour essayer de mobiliser les forces anti-impérialistes et anti féodales aussi largement que possible.
Notre parti a mis sur pied et fait fonctionné de telles organisations de masse révolutionnaires publiques depuis les années 70, particulièrement dans la période ayant suivi la suppression de l’état d’urgence en 1977. Ces organisations publiques étaient alors les organes principaux de la mobilisation de masse, tant dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Elles étaient les bannières sous lesquelles des milliers et des centaines de milliers de personnes étaient mobilisées, particulièrement dans les zones de lutte dans l’Andhra Pradesh et le Bihar. Ces mobilisations ont atteint leur apogée dans les périodes "ouvertes" jusqu’en 1986 et en 1991 dans l’Andhra Pradesh. Le rôle qu’elles ont joué est celui d’attirer les larges masses vers la révolution. Cependant, avec le début de la répression, la plupart de ces organisations ont été privées de toute opportunité légale et ont été obligées d’entrer dans la clandestinité. Des interdits absolus ont été imposés dans l’Andhra Pradesh et le Bihar, tandis que des restrictions et une surveillance considérable ont été placées sur les organisations dans les autres états. Par conséquent, l’envergure de ces organisations a considérablement diminué avec l’augmentation de la répression vis à vis de notre parti partout dans le pays. Aujourd’hui, il n’existe que de très petits organes publics dans certaines villes.
Ce qui ressort clairement de l’expérience, c’est que cette forme d’organisation ne peut être utilisée que quand les classes dirigeantes, pour de diverses raisons, ne peuvent pas provoquer ou ne provoque pas de répression. Vu que c’est le cas, cela ne laisse qu’une place limitée pour ce genre d’organisation dans les zones urbaines. Puisque l’ennemi a généralement une influence fortement supérieure dans les zones urbaines, il y a peu de situations dans lesquelles la répression ne peut pas être provoquée. Par conséquent, alors que la guerre populaire s’avive, la possibilité d’opportunités légales existe soit en raison de la faiblesse des classes dirigeantes due à des contradictions internes, soit en raison d’un plan de l’état pour surveiller nos forces, ou en raison d’autres motifs temporaires.
Quelle que soit la raison, nous devons malgré tout évaluer la situation et essayer de faire le meilleur usage des opportunités légales disponibles, en n’oubliant pas la perspective à long terme. Cela veut dire que si nous obtenons la possibilité de mobiliser les masses en grand nombre directement sous notre bannière, nous devons mettre cette chance à profit. En même temps, nous ne devons dévoiler qu’une petite partie de nos forces et nous assurer que la majorité de nos cadres restent cachés de la surveillance de l’ennemi. En aucun cas, nous ne devons nous adonner à de petites manifestations dans lesquelles tous nos militants sont facilement identifiés et même filmés pour être facilement pris pour cible plus tard. Nous devons comprendre qu’en général, la période d’opportunités légales pour les organisations révolutionnaires publiques sera courte et nous devons nous servir au mieux de cette période pour en tirer des bénéfices à long terme. En essayant de mobiliser le plus grand nombre des masses dans la lutte sur base de la plateforme ouvertement révolutionnaire de l’organisation de masse publique, le parti doit s’appliquer à renforcer et à consolider les éléments issus de ces luttes qui serviront les intérêts à long terme de la guerre populaire prolongée.
Par conséquent, nous devons être lucides quant au fait que l’organisation de masse révolutionnaire publique ne peut pas être une forme permanente d’organisation de masse dans les zones urbaines. Elle peut et doit être utilisée durant les périodes et les situations d’opportunités légales et nous devons sans cesse être attentifs pour tirer parti de telles opportunités à chaque fois qu’elles surviennent. Cependant, en faisant cela, nous devons toujours avoir conscience des intérêts à long terme du parti et de la lutte de classe, et nous assurer qu’ils ne souffrent pas de l’obtention de certains bénéfices à court terme.

3.3.1.3. Travail fractionnaire

Ici, le parti travaille par l’intermédiaire des nombreuses organisations de masse traditionnelles qui opèrent dans les zones urbaines. Ces organisations de masse traditionnelles sont les organisations généralement constituées par les masses pour se battre pour leurs intérêts particuliers ou bien pour répondre à leurs besoins. Le parti, grâce à ces membres et d’autres militants, entre dans ces organisations sans éventer aucun rapport avec le parti. Par l’entremise des activités de l’organisation, on tente d’attirer les masses, qui sont mobilisées pour leurs intérêts particulier, vers la révolution. Cette modalité d’organisation, si elle est convenablement menée, présente la meilleure opportunité de travail clandestin pour une longue période. Elle est donc indispensable dans les zones où la répression est intense. Cependant, elle peut et elle doit être utilisée dans toutes les zones urbaines parce qu’elle fourni aussi d’excellentes tribunes de masse pour aborder d’importantes parties de la population ; et si nous ne dévoilons pas les rapports avec le parti, nous pouvons fonctionner pendant de longues périodes sans subir la répression ennemie.
Un travail de ce genre peut être mis en oeuvre dans différents types d’organisations. Les meilleures organisations sont celles qui sont davantage axées sur la lutte, telles que les syndicats, les organisations des bidonvilles ou d’autres, axées sur une localité, les organisations de jeunes, les organisations de chômeurs, les associations et les syndicats d’étudiants, les organisations de femmes, les organisations de banlieusards, etc. En plus, il y a d’autres organisations axées sur le bien-être, ou sur la communauté, ou des organisations d’auto-assistance - telles que les coopératives d’ouvriers, les organisations culturelles, les clubs de sports et les gymnases, les bibliothèques, les "bhajan mandals" (ndlt : centres d’études artistiques) , les organisations d’assistance non gouvernementales, les organisations pour le bien-être des femmes, les organisations d’assistance basée sur les castes et la nationalité, les organes des groupes minoritaires, etc. Il y a également beaucoup d’organisations qui émergent pour un problème particulier, pour une période précise, ou pour un festival précis, etc.
La majeure partie de ces organisations apparaissent naturellement en raison des besoins des masses. Cependant, un grand nombre d’entre elles auront ou des attaches tangibles, ou des rapports indirects avec les partis et les organisations de la classe dirigeante. Cela ne doit toutefois pas avoir de conséquence sur notre projet de travail parmi elles aux niveaux inférieurs. En décidant de travailler dans une organisation particulière, nos préoccupations principales sont, premièrement, de savoir si les masses sont ou peuvent être mobilisées grâce à cette organisation, et deuxièmement, si la situation de l’organisation est telle que la possibilité d’influencer politiquement les masses et d’attirer certains éléments vers le parti existe.
Parfois, il y a diverses organisations de masse ayant différentes attaches qui fonctionnent dans la même zone - par exemple, plusieurs syndicats au sein d’une seule usine. A ce moment-là, il se peut que nous que nous devions choisir dans quelle organisation travailler. Une fois encore, cette décision doit se prendre conformément aux conditions données ci-dessus. Nous pouvons même décider de travailler dans plus d’une organisation si cela convient à notre plan pour cette zone. Cependant, notre approche générale serait de nous opposer à la division de l’unité des masses et d’être pour l’unité de toutes les organisations de masse représentatives travaillant dans une zone particulière.
Une fois que nous avons décidé de faire un travail fractionnaire à l’intérieur d’une organisation, nous devons nous efforcer d’y atteindre une position de premier plan. Cela veut dire que nous devons être en position d’influencer et de guider les décisions de l’organisation. S’il est nécessaire de prendre le contrôle des postes de membres du bureau pour obtenir cette influence, alors, nous devons essayer de le faire. Cela ne veut toutefois pas dire que nous devons toujours faire pression pour que les membres du parti occupent les postes de membres du bureau. Si nos plans peuvent être accomplis grâce à des non-membres du parti ou même grâce à des dirigeants appartenant à d’autres organisations, c’est le mieux. Cela ne maintiendra pas uniquement mieux notre couverture, mais cela libèrera nos membres du parti pour qu’il s’acquittent d’autres tâches. Cependant, s’il n’y a pas d’autre alternative, et que c’est la volonté de la majorité, nous ne devons mettre aucune interdiction à ce que même des membres du parti occupent de tels postes.
Que nous occupions les postes de membres du bureau ou non, l’objectif important du travail fractionnaire est la dénonciation habile des réactionnaires et des réformistes qui dirigent ou participent à l’intérieur de ces organisations. Cette dénonciation est indispensable pour éloigner les masses de leur influence. Cela doit cependant être fait sans nous dévoiler à l’ennemi. Les formes de dénonciation diffèreront ainsi selon la situation concrète. Dans les zones vastes où le risque de dénonciation directe de nos militants de travail fractionnaire est faible, nous pouvons nous servir de la propagande de l’organisation de masse révolutionnaire clandestine ou même des appels directs du parti. Dans des zones plus petites, comme une seule usine ou un seul bidonville, il se peut que nous devions principalement ou uniquement utiliser la propagande orale. Parfois, pour faire notre propagande, nous pouvons créer des bannières artificielles telles que "les ouvriers fâchés", "les habitants inquiets des bidonvilles", etc. Très souvent, il se peut que nous devions utiliser une combinaison de différentes méthodes. Quelle que soit la méthode, elle doit être appliquée soigneusement, intelligemment et avec logique. Elle doit assurer l’éloignement des masses de l’influence des réactionnaires et des réformistes ; en même temps, elle doit aussi assurer que nous ne soyons pas dévoilé prématurément et que nous ne faisions face à des pertes.
Il y a deux genres de manquements dans le travail fractionnaire. L’un est de tomber au niveau des réactionnaires et des réformistes qui dirigent l’organisation et de refuser de faire le moindre travail politique au nom d’une approche à long terme et d’éviter la dénonciation. L’autre est d’être démasqué rapidement en raison de notre désir d’obtenir des "résultats rapides". Les deux manquements doivent être évités. Le problème principal dans notre travail fractionnaire jusqu’ici a toutefois été notre manque d’approche à long terme. Nos erreurs s’étendent de la rhétorique révolutionnaire démesurée aux simples erreurs telles que de chanter des chants du parti ou de distribuer la littérature du parti sans vérifier la fiabilité de ceux à qui nous donnons cette littérature. Bien qu’il existe une grande expérience dans le mouvement communiste international et que nous ayons acquis un grand nombre de leçons dans la pratique, nous n’avons pas encore été capables d’intégrer et de mettre en oeuvre ces leçons avec succès dans notre activité quotidienne. Bien que nous ayons reconnu cette erreur dans nos documents, nous devons encore former tous les niveaux pour mettre cela en pratique concrètement. La participation en profondeur du leadership est nécessaire pour cela.
L’objectif capital est de parvenir au bon équilibre pour faire l’usage le plus complet des opportunités légales sans franchir les limites fixées par les coutumes sociales, les habitudes, les formes de luttes existantes, etc. Notre discours et nos actions doivent être adaptés au fonctionnement habituel des militants et des masses dans la zone particulière. Cela variera, bien sûr, de situation en situation. Alors qu’il peut ne pas être anormal de recourir au "gherao" (ndlt : forme de protestation typique du sud de l’Asie dans laquelle un groupe de personnes encercle le bâtiment gouvernemental ou autre jusqu’à ce que leurs exigences soient satisfaisantes ou qu’ils aient obtenus des réponses) parmi de nombreuses sections d’ouvriers industriels, il se peut que nous devions nous limiter aux badges noirs et aux "dharnas" (ndlt : manifestation avec occupation des locaux) pour les employés de banque ; tandis que les luttes militantes anti-dot et anti-castes peuvent être normales dans certaines zones et dans certains états, les normes sociales dans d’autres états ou zones peuvent être telles que cela attirerait immédiatement les soupçons si nous tentions de nous engager dans des luttes pareilles par l’intermédiaire d’organisations clandestines. Dans de telles situations, nous devrions probablement nous limiter à la propagande. Par conséquent, nous devons planifier nos activités, nos questions et nos formes de lutte selon la situation concrète de la lutte de classe, afin que notre identité de parti ne soit pas rapidement soupçonnée et démasquée. Nous ne devons bien sûr pas nous réduire à être de simples queues des masses. Nous devons être assez intelligents pour rester un pas devant les masses, sans être à découvert. Nous devons utiliser les opportunités pour pousser la lutte au maximum des limites socialement acceptables, en élevant la conscience politique des masses au-dessus de son niveau antérieur. Par conséquent, nous devons sans arrêt faire progresser le mouvement grâce à une approche à long terme.
Une fois que nous avons mis en oeuvre l’approche et les méthodes correctes dans notre travail fractionnaire, il peut devenir un outil puissant dans notre travail urbain. Il a constitué une forme d’organisation dans le travail urbain largement utilisée dans la révolution chinoise.

3.3.1.4. Organisations de masse clandestines formées par le parti

Il devient parfois nécessaire pour nous de mettre directement sur pied des organisations de masse clandestines sans dévoiler leur rapport avec le parti. Un tel besoin survient principalement en raison de l’absence de toute autre organisation de masse appropriée au sein de laquelle nous pouvons faire un travail fractionnaire. Le cas des ouvriers non-syndiqués, où les syndicats réguliers ont une présence limitée et où nous n’avons souvent d’autre choix que de créer notre propre organisation syndicale pour prendre en main les exigences des ouvriers non-syndiqués en est un exemple. Ce n’est cependant pas la seule zone dans laquelle nous pouvons constituer des organisations clandestines. En fait, les organisations clandestines peuvent être de genres aussi variés que les celles pour le travail fractionnaire que nous avons mentionnées dans la section précédente. Elles peuvent aller des organisations de lutte syndicale aux organisations d’assistance, aux organisations axées sur un problème, etc. Les méthodes de travail sur les masses ne sont pas non plus très différentes de celles des zones de travail fractionnaire. La différence principale est bien sûr que nous n’avons pas la tâche de dénonciation, comme quand nous travaillons à l’intérieur des organisations réactionnaires et réformistes.
Où que nous formions de telles organisations clandestines, notre programme sera de nature limitée, similaire à celui d’autres organisations pareilles travaillant dans la zone. En utilisant ces organisations clandestines pour mobiliser les masses sur leurs exigences spécifiques, nous essayerons d’attirer les meilleurs éléments dans le parti.
Nous devons faire attention (surtout dans les zones de répression) de ne pas attirer l’attention de l’état en outrepassant de loin les limites socialement acceptables du militantisme pour cette zone. Par exemple, si les armes habituelles utilisées dans la zone sont les couteaux et les épées, nous ne devons pas recourir aux armes à feu, ou nous ne devons normalement pas avoir recours aux anéantissements dans une nouvelle zone dans laquelle il n’y a aucun antécédent de telles actions. Depuis ces quelques dernières années, nous avons acquis une certaine expérience dans la construction d’organisations clandestines. Nous avons commis différentes erreurs (mentionnées dans notre POR) conduisant à la révélation rapide de nos forces dans de nombreuses zones. En tirant les leçons de ces erreurs, nous devons inculquer la bonne approche à long terme pour protéger ces organisations durant une longue période, en faisant d’elles de solides bastions de la lutte de masse.

3.3.1.5. Organisations démocratiques légales

Celles-ci sont les organisations constituées sur une base politique explicite ayant certains ou tous les aspects d’un programme anti-impérialiste, anti-féodal et un programme d’action et des formes de lutte qui, dans les grandes lignes, rentrent dans le cadre juridique. Certaines organisations pareilles peuvent être celles s’adressant à une section particulière telle que les syndicats, les associations étudiantes, les fronts de femmes, les organisations pour l’abolition des castes, les organisations de nationalité, les associations d’écrivains, les organisations d’avocats, les associations de professeurs, les organes culturels, etc. D’autres peuvent être mises sur pied avec des programmes axés sur un point, se concentrant sur des questions essentielles précises comme le système de sous-traitance, le chômage et les pertes d’emploi, les atrocités des castes, le communautarisme, la culture impérialiste, la violence envers les femmes, la safranisation de l’éducation, la corruption, le retard et l’indépendance régionale. La portée de l’organisation démocratique légale est très vaste, s’étendant des larges coalitions et alliances formées contre la répression, la mondialisation, l’Hindutva, jusqu’aux organes globaux formés avec les bannières de l’anti-capitalisme ou des luttes populaires. De telles organisations peuvent être mises sur pied à différents niveaux - au niveau de la ville, du district, de l’état, de la région, de toute l’Inde, et même au niveau international.
Notre parti n’a lancé ou participé à la création de telles organisations que depuis ces quelques dernières années. Par conséquent, notre expérience a été limitée. Mais plutôt que l’expérience, le problème a plus été le manque d’une compréhension claire quant à la notion, au rôle et à l’importance de l’organisation démocratique légale. Cela a abouti à la spontanéité, à une démarche par tâtonnements et à des erreurs dans la pratique. Cela s’est soldé par le fait que nos organisations sont restées à l’intérieur d’une base de soutien étroite. Cela nous a empêché de vraiment mettre en oeuvre, dans la pratique, la portée complète des organisations démocratiques légales. Cela nous a empêché de faire le meilleur usage des opportunités légales pour la mobilisation plus large des masses.
En fait, les organisations démocratiques légales servent de ressources importantes pour les tentatives de mobilisation politique des masses urbaines du parti. Cela est dû au fait que généralement, la répression empêche les organisations de masse révolutionnaires publiques de fonctionner. Par conséquent, le mouvement démocratique légal est l’arène où les masses peuvent participer par milliers et centaines de milliers et obtenir une expérience politique. Il a ainsi un rôle très important dans la révolution, complémentaire à celui de la lutte armée dans la campagne. Les révolutionnaire dans d’autres pays, particulièrement aux Philippines, ont participé au mouvement démocratique légal et l’ont utilisé très efficacement. En Inde aussi, il y a d’excellentes possibilités pour participer dans les organisations et au mouvement démocratique légal et pour les former, les encourager et les développer afin de faire progresser les intérêts de la révolution. Les masses souffrant sous le joug de l’impérialisme et de féodalisme, prennent régulièrement part aux innombrables luttes militantes quotidiennes, petites ou grandes. Elles sont menées par les innombrables organisations de base et les dirigeants qui ont un point de vue limité et qui fonctionnent à l’intérieur d’un cadre légal. Ce sont ces luttes et ces organisations qui fournissent la base matérielle concrète pour la création de larges organisations démocratiques. Et c’est par l’entremise du mouvement démocratique légal que ces luttes sortent de leurs étroites limites, sont unifiées et acquièrent une direction politique.
Par conséquent, dans les zones urbaines, il est nécessaire que notre parti accorde une importance considérable à la construction et à la participation dans un mouvement démocratique légal solide et diversifié. Nous devons rejoindre, former ou participer à la mise en place d’organisations démocratiques légales de différentes sortes - particulière, axée sur un problème ou réunissant des tendances très variées ; selon la nécessité et la faisabilité, cela peut être à n’importe quel niveau, allant du niveau de la ville au niveau de toute l’Inde et international. En prenant cette tâche en main, et en lui attribuant des forces, nous devons toutefois nous méfier de la tendance à accorder unilatéralement trop d’importance aux mobilisations de masse et aux luttes considérables au dépens des tâches centrales de consolidation et de construction du parti. Le mouvement démocratique légal lui-même peut aussi se renforcer et ne reste dans la bonne trajectoire politique que si nous nous concentrons suffisamment et simultanément sur le développement du noyau clandestin du parti en son sein. Ainsi, en donnant l’importance qu’il mérite au mouvement légal, nous devons faire attention à conserver le bon équilibre dialectique entre les besoins et l’importance à la fois du travail légal et illégal, et de l’organisation publique et clandestine.
Entretenir des rapports entre le public et le clandestin signifie également une adhésion absolue aux précautions techniques. Cela veut dire protéger le leadership du parti de la dénonciation et du danger, ainsi que protéger le leadership légal de se faire démasquer comme appartenant à notre parti. Les rencontres entre le leadership public et clandestin doivent dans la mesure du possible être évitées, et la guidance doit généralement se faire par communication écrite et d’autres moyens, en protégeant le rapport avec le parti. Quand une réunion doit avoir lieu, une attention appropriée doit être prise pour que les camarades légaux n’y soient pas autorisés. De la même façon, des erreurs telles que la rencontre de personnalités publiques devant des escouades entières, dévoilant ainsi directement leurs rapports, doivent être évitées.
En règle générale, nous devons éviter de dévoiler notre influence de parti à l’intérieur d’une organisation particulière, aussi bien que l’identité des membres du parti et d’autres camarades proches de nous. Cependant, au moment où ses activités augmentent et s’intensifient, nous ne pouvons pas empêcher l’ennemi de devenir méfiant, de déclencher une surveillance et de s’adonner au harcèlement. Cependant, cela ne signifie pas qu’il sera capable de déclencher facilement une répression généralisée et de provoquer une interdiction. Aussi longtemps que l’organisation obéi aux principes de fonctionnement démocratique légal, et aussi longtemps qu’elle a une base de soutien assez large, il sera difficile pour l’état de la fermer définitivement.
Toutefois, le point central essentiel de ceci est la grandeur de l’organisation. Si nous créons une organisation étroite qui se limite uniquement à nos forces de parti, nous ne pouvons pas espérer qu’elle se maintienne longtemps même si nous prenons toutes les précautions techniques pour dissimuler notre identité. D’autre part, si de larges parties des masses sont rassemblées et si un large éventail de forces indépendantes sont unies, l’ennemi ne sera pas dans une position de facilité pour réprimer au maximum. Même s’il déclenche des attaques, il risque l’éventualité de protestations et d’un soutien encore plus grand.
Cependant, afin d’atteindre une vaste unité, il est nécessaire que nous ayons une telle approche quel que soit l’effort démocratique légal auquel nous prenons part. Nous devons élargir nos efforts bien au-delà du camp révolutionnaire et entreprendre notre implication et notre union avec un large éventail de forces de lutte sur différents fronts. La base de nos efforts d’unification doit être un minimum de compréhension politique pour chaque organisation. Notre condition fondamentale doit être une adhésion sincère à un programme politique minimum. En fait, nous devons viser ces organisations et ces personnes qui sont engagés dans la lutte avec sérieux et tenter de les impliquer dans tout effort de large unité. Si nous avons une telle approche et que nous sommes capables d’y affecter les forces appropriées, il est certain que nous pourrons bientôt remporter beaucoup de succès. C’est grâce à des efforts pareils que nous pourrons voir le mouvement démocratique légal apparaître comme une force urbaine puissante, complétant la lutte armée rurale et favorisant la progression de la révolution partout dans le pays.

3.3.2. Organisation sur le lieu de résidence

Bien que l’organisation sur le lieu de travail soit l’organisation principale des ouvriers, nous devons aussi faire attention à organiser les ouvriers à l’intérieur des bidonvilles et dans les localités. Grâce à cela, nous pouvons nous mettre en contact avec de nouveaux ouvriers de diverses industries, nous pouvons attirer les familles des ouvriers dans le mouvement et nous pouvons organiser le semi-prolétariat et d’autres parties de citadins pauvres vivant dans les bidonvilles et les localités pauvres.
Dans les bidonvilles et les autres localités pauvres, il existe déjà de nombreuses organisations traditionnelles. Vivant constamment dans des conditions précaires, les citadins pauvres se rassemblent naturellement pour s’entraider et s’unir dans des organisations pour lutter pour leurs droits, pour obtenir de meilleures conditions de vie, pour résoudre les problèmes entre eux et pour mieux organiser leurs activités sociales et culturelles. Les sortes les plus fréquentes d’organisations traditionnelles sont les organisations d’habitants de bidonvilles, les comités "basti" (ndlt : comités de colonie, ou township) ou de chawl (unité résidentielle qui loge les ouvriers industriels), les mahila mandals (organisations destinées aux femmes), les clubs de jeunes, les clubs de sport, les organes culturels, les comités de différents festivals tels que le festival Ganesh, le Durga Puja, l’Ambedkar Jayanti, etc. Il y a également quelques organisations propres à certaines régions, villes et zones. Puisque les organisations pareilles offrent la meilleure couverture, nous devons tâcher de faire le meilleur usage de ces organisations traditionnelles et travailler principalement depuis l’intérieur de celles-ci. Même s’il y a besoin de constituer de nouvelles organisations légales, nous devons normalement leur donner les formes existant déjà parmi les masses.
Les questions de la lutte sont une caractéristique courante du travail dans les localités, particulièrement du travail dans les bidonvilles. Le combat pour les équipements élémentaires comme l’eau, l’électricité, les toilettes et les égouts, contre la corruption et l’exploitation des propriétaires de magasin de rationnement, contre les falsificateurs et les profiteurs, contre les marchands de sommeil, les gangs de "goondas" (ndlt : voyous) et d’autres lumpen et contre les démolition, sont quelques-unes des questions fréquentes. Nous devons organiser les luttes sur ces questions par l’intermédiaire des comités locaux et des organisations d’habitants de bidonvilles. Etant donné que les femmes et les jeunes sans emploi jouent le premier rôle dans la majeure partie de ces luttes, les mahila mandals et les clubs de jeunes doivent aussi être impliqués et les luttes peuvent même être menées sous leurs bannières.
En plus des questions de lutte et des organisations précitées, nous devons aussi prêter attention aux besoins sociaux et culturels des masses. Nous devons nous servir des organes culturels pour encourager la lutte démocratique. Nous pouvons également mettre en place la création de bibliothèques et de salles de lecture qui peuvent fournir une éducation progressiste. Nous devons aussi faire attention à résoudre les contradictions parmi la population. Les formes traditionnelles telles que les panchayats (ndlt : tribunaux populaires) doivent être transformés et débarrassés des pratiques féodales et exploiteuses.
Nous devons toujours propager et instruire contre les activités de fascistes hindous. Dans les zones sujettes aux tensions communautaires, nous devons constituer des comités pour la paix et des équipes d’autodéfense publiques permanents pour toute la communauté. Des dispositions appropriées semblables peuvent être adoptées dans des zones de tensions basées sur la caste ou la nationalité. L’autodéfense doit aussi être organisée contre les ‘goondas’ et les lumpens. Si de telles équipes sont bien organisées, elles peuvent même jouer un rôle en étant à la tête de la résistance de masse au moment de la démolition.
Un problème propre au travail dans les bidonvilles est le problème des ONG financées par les capitalistes. Elles existent aujourd’hui dans presque tous les bidonvilles des grandes villes du pays. Nous devons éduquer les masses des bidonvilles, et particulièrement les militants à propos du rôle sinistre d’organisations pareilles et des agences qui les financent. Nous devons surtout les dénoncer quand elles se mettent en travers du chemin des luttes populaires. Cependant, si de telles organisations se présentent pour les luttes, nous pouvons avoir avec elles une unité axée sur ce point. Dans les situations de répression, nous pouvons également travailler en leur sein.
Nous pouvons et devons organiser la propagande politique par l’intermédiaire des organisations de masse traditionnelles, mais elle sera de nature limitée. Pour un niveau supérieur de propagande et de mobilisation, nous devons utiliser les bannières de l’organisation démocratique légale ou nous pouvons même affilier certaines des organisations traditionnelles à ces organisations démocratiques légales. Ainsi, les problèmes des bidonvilles peuvent être élargis et reliés au combat plus général contre la mondialisation et l’impérialisme.
Cependant, pour la propagande sur les positions franches du parti, nous devons utiliser les organisations clandestines comme l’organisation révolutionnaire clandestine des ouvriers et l’organisation révolutionnaire clandestine des jeunes. Elles ne doivent toutefois être utilisées qu’en gardant à l’esprit les précautions pour éviter la dénonciation de notre travail dans la localité. Par conséquent, si le travail dans les bidonvilles et la localité est très léger et étroit, nous devons éviter la propagande des organisations clandestines dans une zone pareille.
Nous devons d’abord réunir les militants se dégageant de la lutte dans les groupes militants ‘basti’ et puis dans les cellules candidates et les cellules intégrales du parti. Les groupes militants ‘basti’, les cellules du parti et les comités de parti "basti" sont les noyaux pour la planification et la conduite de toutes les activités et de toutes les luttes dans les "bastis", pour la propagande et l’éducation politique, et pour le recrutement des nouveaux membres dans le parti.
La situation des citadins pauvres dans les bidonvilles et les localités pauvres se détériore sans arrêt. Aujourd’hui en Inde, la population des bidonvilles s’élève à 41 millions de personnes, répandue dans 607 villes. 49% de la population de la plus grande mégapole, Mumbai, se trouve dans les bidonvilles. Jusqu’à présent, notre parti a prêté une attention limitée à l’organisation de cette section. D’autres partis révolutionnaires, particulièrement le parti Communiste du Pérou (PCP), ont particulièrement brillé à cet égard. En fait, les bidonvilles de Lima ont été les bastions des révolutionnaires durant une longue période. Nous devons aussi travailler à la création de tels bastions dans les villes majeures en Inde.

3.3.3. Construction du parti

Les luttes de masse et les organisations de masse sont absolument nécessaires pour préparer les masses pour la révolution. Cependant, elles ne sont pas suffisantes en elles-mêmes sans la consolidation et le développement délibéré de l’avant-garde - le parti. Ainsi, les meilleurs éléments qui apparaissent durant les luttes doivent accomplir un processus de politisation dans la lutte, d’éducation politique et idéologique dans les groupes militants, les cercles d’étude et les écoles politiques, et de consolidation dans les cellules candidates et les cellules de parti. Cette procédure est un processus relativement lent et minutieux comparé au facteur large et spontané du mouvement de masse. La consolidation ne peut pas surgir toute seule spontanément sans un programme délibéré la concernant, une surveillance constante et une mise en oeuvre à tous les niveaux. Dans les zones urbaines, la cellule de parti est l’organisme capital pour la construction méthodique et sérieuse du parti. Tous les organes supérieurs doivent cependant constamment faire le suivi et prêter attention à cette tâche.
Dans les zones urbaines, la concentration principale doit porter sur la consolidation des éléments d’avant-garde de la classe prolétaire industrielle. Cela est doublement important étant donné l’actuelle faible composition de la classe ouvrière dans notre parti. Par conséquent, nous devons fixer notre attention sur les luttes et les organisations de la classe ouvrière, aussi bien sur le lieu de travail que dans les ‘bastis’, et avoir comme objectif d’attirer le plus grand nombre des meilleurs membres de la classe ouvrière dans le parti. En plus de la classe ouvrière, nous devons attacher de l’importance à la consolidation du semi-prolétariat, des étudiants, des intellectuels et d’autres parties de la petite-bourgeoisie.

3.3.3.2. Groupes militants

Le groupe militant clandestin est une unité essentielle dans la construction du parti et dans le processus de recrutement. C’est la forme organisationnelle initiale pour la consolidation des éléments les plus actifs et les plus sincères émergeant de la lutte de classe. C’est l’unité grâce à laquelle on donne une direction politique aux activités des membres, grâce à laquelle ils reçoivent une éducation idéologique et politique, grâce à laquelle leurs décisions vitales sont politisées et grâce à laquelle ils sont choisis pour devenir des membres du parti.
Le groupe militant peut être constitué sur le lieu de travail - usine, mine, zone industrielle, équipe de travail, département, section, bureau, succursale, ou tout autre niveau qui soit une unité d’organisation ; il peut être constitué sur le lieu de résidence - le bidonville, le chawl, la rue, la société, ou tout autre niveau qui soit une unité d’organisation ; il peut être constitué dans les écoles, les universités ou d’autres institutions ; et là où l’organisation est basée sur une section particulière, le groupe militant peut être constitué au niveau approprié pour cette section.
L’activité est la condition principale pour la sélection dans le groupe militant. Tous les membres du groupe militant doivent être assidus, ou prêts à être assidus, dans l’activité. D’autres critères sont la sympathie générale pour la politique révolutionnaire et la fermeté pour la cause et les intérêts de la section des masses qui est organisée.
Le groupe militant sera fondé à partir des éléments avancés des masses. Il doit être constitué aussitôt qu’un certain niveau d’activité est atteint. Selon la situation concrète, le groupe peut être composé de trois à sept membres. Généralement, au moins un membre du parti compétent doit recevoir la responsabilité de mener un groupe militant particulier. Cela doit toutefois normalement se faire sans divulguer son identité de membre du parti.
Les tâches et les responsabilités d’un groupe militant se distingueront concrètement selon le domaine de travail. Toutefois, pour toutes les organisations parmi les masses de base, ces responsabilités peuvent, dans les grandes lignes, être divisées en trois catégories. Premièrement, il y a la tâche de guider et de transformer les organisations des masses en des organes représentant réellement les intérêts des masses. Si aucune organisation de masse n’existe, il doit essayer de constituer de telles organisations. Deuxièmement, il faut donner au groupe la tâche de politiser les larges masses. Troisièmement, il doit organiser leur auto-défense. Ces responsabilités doivent être examinées dans le groupe militant et réparties concrètement parmi les membres.
En dirigeant le groupe dans les responsabilités précitées, le membre du parti responsable à la tâche de mener l’éducation politique et idéologique du groupe. Alors que des classes et une étude commune doivent être menées, une grande importance doit être donnée à d’autres méthodes plus flexibles telles que le débat informel, les films, la lecture individuelle, etc. Alors que le groupe se développe, là où c’est faisable, il doit y avoir une discussion collective sur les problèmes personnels et familiaux et cela doit être utilisé pour aider les membres à prendre des décisions politiques dans leur vie personnelle.
Par l’intermédiaire du processus mentionné ci-dessus, aucun, certains, ou même tous d
les membres du groupe militant peuvent s’épanouir pour devenir candidat membre ou membre du parti. Cela aboutira à la mise en place d’une cellule dans la même zone que celle où le groupe militant fonctionnait. Une fois qu’une telle cellule est créée, le groupe militant doit être dissout ou reconstitué sans révéler la formation de la cellule au non-membres du parti. Autant que possible, un groupe militant et une cellule de parti ne doivent pas exister simultanément en ayant une responsabilité parallèle pour la même unité au même niveau - par exemple, il ne doit pas y avoir un groupe militant et une cellule en même temps pour le même département à l’intérieur d’une usine, bien qu’il puisse y avoir simultanément une cellule pour l’ensemble de l’usine et un groupe militant pour le département.
Ainsi, le groupe militant est une forme d’organisation transitoire. Son but est de faciliter la consolidation des parties avancées des masses et de les intégrer dans l’avant-garde. S’il est dirigé de façon méthodique et planifiée, il peut jouer un rôle capital dans le processus de construction du parti.

3.3.3.3. Education politique

Les militants et les cadres du travail urbain fonctionnent au sein de zones dominées par l’ennemi et sont, par conséquent, beaucoup plus confrontés aux tendances de la classe étrangère et à l’influence idéologique de la bourgeoisie. Etant généralement éloignés des zones de lutte armée, il y a une tendance à basculer vers les extrêmes, en s’écartant de notre ligne de base. Dans des situations où le mouvement urbain est faible, il y a une tendance à l’abattement et au manque de confiance envers la ligne révolutionnaire. Quand le mouvement urbain est en redressement, il y a la possibilité d’exagérer l’importance du travail urbain et de donner moins d’importance à la lutte armée rurale. Des déviances pareilles peuvent être évitées et corrigées grâce à une éducation politique et idéologique continue. Par conséquent, il y a toujours besoin d’une éducation continue et méthodique au Marxisme-Léninisme-Maoïsme et à la ligne de la guerre populaire prolongée. Cela est nécessaire non seulement pour faire progresser le mouvement mais aussi pour repousser l’influence dégénérative des réactionnaires.
En dépit de ce besoin, l’éducation politique dans le parti urbain est un domaine très négligé. Le travail urbain est surtout dirigé par des organisateurs indépendants qui restent sans contact avec les comités supérieurs durant de longues périodes. En l’absence d’une planification et d’un suivi systématique, la tâche de l’éducation politique est ainsi laissée aux aptitudes et à l’initiative du niveau inférieur. Par conséquent, l’éventualité est également plus grande d’être pris dans les urgences du travail concret immédiat et de délaisser les exigences idéologiques à long terme. Un autre problème est le problème technique de la gestion de classes et d’écoles dans la ville. Alors que les risques de l’état peuvent être réduits par de meilleures méthodes clandestines, il reste encore le problème de la conduite de nombreux petits groupes pour empêcher la dénonciation des camarades qui travaillent dans différents domaines. Ce problème de dénonciation peut parfois être réduit en mélangeant des camarades de villes lointaines et même de différents états, mais cela ne peut pas toujours être la solution.
Tout ceci laisse toutefois entendre que les tâches d’éducation politique dans la ville ne peuvent pas être exécutées sans l’intervention active des comités supérieurs. Les cours, les méthodes pour diriger les écoles et donner cours, les méthodes techniques, la formation des professeurs, les projets pour l’éducation à différents niveaux - tout cela exige l’attention personnelle des membres du comité supérieur.
Aux niveaux supérieurs de l’AC et au-delà, il serait nécessaire, pour le moment, de mettre systématiquement en oeuvre les programmes et les cours déterminés par SCOPE. Cependant, à l’avenir, il sera nécessaire de développer des cours et une formation spéciaux pour satisfaire avec grand soin aux besoins du travail urbain. Un besoin incessant, particulier au travail urbain, serait celui de développer les nombreux professeurs pour donner cours à tous les petits groupes dont le travail urbain a besoin.
Alors qu’une éducation politique approfondie et continue aux niveaux supérieurs est la clé d’un leadership convenable du parti, l’éducation politique à l’intérieur des organisations de masse et au niveau des cellules est nécessaire pour assurer une base solide. La tâche d’éducation politique à ces niveaux est d’autant plus importante dans les zones urbaines parce que le domaine d’activité habituel de ces camarades sont les organisations fractionnaires et les organisations de masse clandestines dans lesquelles ils ne peuvent pas dévoiler leur identité et où ils doivent continuellement fonctionner parmi des forces indépendantes et même des éléments de la classe dirigeante. 
L’éducation organisationnelle de masse doit utiliser les formes d’éducation de masse publiques pour tous les sujets autorisés, sans attirer l’attention de l’état. Nous devons essayer d’adopter et d’adapter toutes les formes localement répandues qu’utilisent les classes dirigeantes et d’autres classes. Celles-ci peuvent être des bibliothèques, des postes de lecture au coin de la rue et d’autres moyens de ce genre qui peuvent être utilisés pour disséminer la littérature progressiste parmi d’autres livres généraux ; des séries de conférences durant les festivals, des concours de débats, des concours de diction, etc. où nos camarades expriment des opinions progressistes ; des cours d’art oratoire, des cours de développement de la personnalité, etc. dont les syllabus comprennent des sujets politiques ; des camps d’entraînement de l’organisation de masse, et autres. Le niveau d’éducation politique possible grâce à de telles méthodes sera bien sûr très faible, mais il est très essentiel qu’elle soit menée régulièrement pour entretenir une atmosphère politique même parmi les parties les plus arriérées à l’intérieur de l’organisation de masse. Pour les parties les plus avancées, nous devons bien sûr utiliser des tribunes et des méthodes différentes - par exemple le groupe militant.
L’éducation politique pour le groupe militant, les cellules candidates et les cellules de parti devra être planifiée au niveau des comités responsables. Bien que le matériel d’éducation fourni par SCOPE doit être le point de départ, les comités doivent également sélectionner du matériel, qui sera adapté aux conditions urbaines locales et aussi aux sections particulières qui sont instruites. En planifiant, il ne faut pas oublier que le système éducatif urbain a besoin d’être aussi décentralisé que possible. Cela signifie que les cours et le matériel doivent être tels qu’ils puissent être facilement mis en oeuvre et utilisés par les organisateurs responsables et les membres du parti qui s’acquitteront finalement de la tâche des professeurs. En cas de besoin, ils doivent bénéficier de l’attention et de l’aide pour leur permettre de mettre ce plan à exécution.
Un système éducatif politique décentralisé bien planifié, avec suffisamment de professeurs et un suivi régulier de la part du comité est par conséquent ce dont chaque zone urbaine a besoin.

3.3.4. Structure du parti

La question de la structure du parti dans les zones urbaines présente des problèmes assez différents de ceux des zones rurales où notre parti est basé. Ils touchent aux problème de la construction et de la gestion de structures stables, de la continuité du leadership du parti, de la coordination entre le travail public et clandestin, entre les organes inférieurs et supérieurs et entre l’organisation de la ville et le leadership basé dans les zones rurales. Nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes sans l’attention et l’étude minutieuse des organes de niveau supérieur et le développement de solutions concrètes et réalistes. Nous avons également toutefois besoin d’une large approche commune sur les objectifs, les tâches et les méthodes qui doivent être adoptées pour construire et faire progresser la structure urbaine du parti.
Le principe fondamental constituant la base de notre structure de parti, en particulier dans la zone urbaine, est la centralisation politique conjuguée à la décentralisation organisationnelle. Cela veut dire que tous les membres du parti et tous les organes, particulièrement au niveau inférieur, doivent avoir de solides fondements idéologiques et politiques, afin d’être capable de trouver leurs positions de façon indépendante et de prendre les bonnes décisions structurelles selon la ligne politique du parti. Cela est particulièrement important dans les zones urbaines en raison des difficultés techniques pour conserver des relations proches et contantes entre les organes supérieurs clandestins et ceux, à des niveaux inférieurs, qui sont engagés dans le travail public direct. C’est aussi important parce que le travail urbain exige souvent des réponses immédiates et rapides aux événements du jour. Avec les progrès rapides dans la communication électronique et les médias, les retards de jours et parfois même d’heures dans la réaction politique aux événements majeurs peuvent entraver l’impact que notre parti peut avoir sur le mouvement urbain. Par conséquent, cela dépend de la puissance des organes qui constituent la base de notre structure urbaine du parti - les cellules et les comités de niveau inférieur - aussi bien que des fractions du parti qui relient le parti aux organisations de masse.

3.3.4.1. Cellule du parti

La cellule urbaine du parti peut être constituée sur base de l’unité de production - pour les ouvriers, cela peut être l’usine, le magasin, le département, la section, l’équipe de travail, la ligne de production, la zone industrielle, etc., pour les étudiants et les employés de la classe moyenne, cela peut être l’université, l’école, l’institution, le bureau, etc. ; la cellule peut également être constituée sur une base géographique (par exemple, le lieu de résidence) - cela serait le bidonville, le chawl, la rue, la société, etc. Là où le nombre de membres du parti dans une unité particulière (par exemple l’usine) est inférieur à trois, ils peuvent être associés avec des unités voisines pour former une cellule. Cependant, cela ne doit pas être fait sans discernement dans les zones urbaines, étant donné que cela conduirait à une exposition inutile. Là où le travail est intégré, une cellule commune peut être constituée. Dans les autres cas, il vaut mieux attendre un recrutement supplémentaire avant la création d’une cellule.
La cellule est l’organe dirigeant toutes les autres unités organisationnelles à l’intérieur de son domaine de responsabilité. Elle accompli ses tâches fondamentales sous le leadership du comité supérieur suivant. Les tâches fondamentales de la cellule urbaine comprennent l’organisation des masses, leur politisation, l’éducation des éléments avancés et leur recrutement dans le parti, et la préparation de ses membres et d’autres militants à aller dans la campagne pour travailler à la réussite de la révolution agraire.
La cellule doit développer son propre réseau clandestin de refuges et de lieux de réunions. Dans la mesure du possible, les réunions ne doivent pas avoir lieu dans les zones où les membres font leur travail politique parmi les masses. En règle générale, les membres de cellule ne doivent pas être transférés de cellule en cellule étant donné que cela conduirait à une exposition inutile.
Là où au moins trois Révolutionnaires Professionnels (PR - Professionnal Revolutionnary) fonctionnent dans une zone et se connaissent les uns les autres, une Cellule Révolutionnaire Professionnelle (PRC - Professionnal Revolutionary Cell) peut être créée. La PRC ne doit toutefois pas jouer le rôle d’un comité de parti et devenir un centre pour la planification de l’activité des zones de tous les Révolutionnaires Professionnels. Cela entraînerait une exposition inutile des diverses structures et zones de travail, et pourrait conduire à des pertes. Dans le but de planifier le travail, chaque Révolutionnaire Professionnel peut être membre de la cellule responsable de sa zone de travail. Là où ce n’est pas possible, la planification doit être faite avec l’organisateur ou le membre de comité concerné. La fonction principale de la PRC est de fournir la formation et le développement politique au Révolutionnaire Professionnel, ce qui ne serait pas possible dans les contraintes de temps et les autres restrictions d’une cellule de travailleurs à temps partiel. Des programmes d’éducation politique plus longs, une étude et une discussion collective et d’autres activités semblables peuvent être menées grâce à la PRC. Ainsi, elle peut jouer un rôle positif pour développer rapidement le leadership futur du parti. Cet avantage doit toutefois être mis en balance avec les risques d’exposition et de pertes dans le travail urbain. Par conséquent, si un Révolutionnaire Professionnel fonctionne dans une zone non-exposée, ou si il/elle montre des signes d’indécision, il/elle ne doit pas être inclus dans une PRC.

3.3.4.2. Comités du parti des travailleurs à temps partiel

Partout où deux cellules ou plus fonctionnent dans une localité ou une unité de production particulière, nous devons prendre en main la tâche de la création, selon le cas, du Comité de parti pour la Zone de l’Usine/Zone Industrielle ou du Comité de parti "basti" ou du Comité de parti de l’Université. Ceux-ci peuvent être totalement composés de travailleurs à temps partiel, ou peuvent comprendre des Révolutionnaires Professionnels ou , dans certains cas, comprendre des camarades du niveau organisateur. Ils constituent le niveau de Comité de parti entre le Comité/Organisateur de la Zone et les cellules. C’est l’organe qui dirige et guide toutes les cellules, les cellules candidates, les fractions du parti et d’autres organes à l’intérieur de son domaine de responsabilité. C’est l’organe qui ratifie le recrutement des candidats membres et décide de leur pleine adhésion.
Le comité d’Usine/"basti" est une couche très importante dans la structure urbaine du parti. Il améliore le fonctionnement du parti en assurant plus d’attention quotidienne au fonctionnement des cellules du parti et des autres organes de niveau inférieur. Il diminue également le risque pour les comités de niveau supérieur en fournissant une couche de plus et en faisant disparaître la nécessité pour les membres du comité supérieur de toujours rencontrer toutes les cellules. Malgré son importance, nous n’avons pas, dans notre parti, prêté une attention suffisante au développement de cette couche dans les zones urbaines. Nous n’avons encore que très peu de zones où de tels comités ont été créés et par conséquent, notre expérience est très limitée. Les aspects principaux sur lesquels nous devons nous concentrer lors de la création de ces comités sont la sélection convenable de membres de comité dignes de confiance, l’insistance sur la création d’un réseau clandestin approprié pour les cachettes, la communication et les réunions, et le soin extrême pour ne pas dévoiler l’identité des membres du comité à tous les membres du parti. Lorsque c’est nécessaire, des précautions peuvent aussi être prises lors des rapports, afin que les identités réelles des membres du parti et des militants soient protégées. En règle générale, nous devons adopter une approche à long terme en vue de la construction de tels comités et de leur maintien pour une longue période. Un réseau convenable de tels comités peut améliorer considérablement le fonctionnement de notre structure urbaine du parti.

3.3.4.3. Fractions du parti

En plus des cellules et des comités du parti, le parti établi des fractions dans diverses organisations indépendantes afin de garantir que les membres qui fonctionnent dans ces organisations expriment une volonté unique, suivent des tactiques identiques et agissent en harmonie. Elles sont les intermédiaires grâce auxquelles le parti exerce une influence sur ces organisations et mène sa politique à bonne fin. Puisque la majeure partie du travail dans les zones urbaines est effectué par l’entremise d’organisations indépendantes, des fractions fonctionnant convenablement sont une pièce très importante de l’organisation urbaine du parti. Elles sont nécessaires pour unifier et coordonner les forces du parti au sein des organisations indépendantes et pour garantir qu’elles jouent un rôle de premier plan.
Le comité de parti compétent peut constituer des fractions dans n’importe quelle organisation ou n’importe quel organe exécutif où il y a au moins trois membres du parti. Là où tous les membres du parti sont issus d’une cellule unique, il n’y a pas besoin de constituer une fraction distincte étant donné que toutes les fonctions de la fraction peuvent être accomplies par la cellule. De la même façon, si les forces principales dans une organisation particulière ou exécutive sont dans une cellule ou dans un comité de parti, ou en raison d’autres considérations pratiques, le Comité de parti peut décider de ne pas constituer de fraction. Cependant, partout où les membres sont issus de différents forums, ou bien où le travail de l’organisation est considérable, il est avantageux de constituer une fraction.
La fraction fonctionne sous la guidance et le contrôle du comité de parti compétent. Ainsi, la fraction dans un comité syndical d’usine fonctionnera sous les ordres du comité de parti de l’Usine, alors que la fraction syndicale au niveau de la ville fonctionnera sous les ordres du comité de parti de la Ville. Le comité de parti compétent décide de constituer la fraction avec tous ou certains des membres du parti dans cette zone. Il a également le droit d’envoyer des membres du parti dans la fraction et de rappeler n’importe quel membre de la fraction. Le travail urbain peut parfois exiger que les membres du parti qui sont très exposés et sous surveillance ne soient pas inclus dans le forum de la fraction, bien qu’ils jouent un rôle important dans l’organisation. Cela peut également parfois être nécessaire pour protéger l’identité de parti d’un camarade. En pareils cas, le comité de parti doit concevoir des moyens et des méthodes de coordination spéciaux avec de tels camarades et s’assurer qu’ils fonctionnent à l’unisson avec la fraction et selon la voie décidée.
La fraction du parti guide le travail de l’organisation dans laquelle elle opère. Toutes les questions soulevées dans l’organisation dans laquelle elle fonctionne sont examinées dans la fraction. Tous les membres du parti doivent parler et voter à l’intérieur de l’organisation conformément avec les décisions prises par la fraction. De la même façon, il est de la responsabilité des comités de parti de travailler par l’intermédiaire des fractions pour s’assurer que toute l’organisation est guidée selon une politique et un projet unique.

3.3.4.4. Couches

Les couches s’appliquent aux différents niveaux dans l’organisation urbaine du parti comme le comité de la ville, les comités régionaux, les comités de l’usine/du basti/de l’université, les cellules, les cellules candidates, aussi bien que les liens vers les organisations de masse comme les groupes militants et les fractions. En raison de la plus grande menace de l’ennemi dans les zones urbaines, il est toujours nécessaire de maintenir un nombre de couches du niveau le plus bas au niveau le plus haut, et il est important de travailler par l’intermédiaire de ces couches sans les contourner.
Depuis maintenant quelques années, nous avons insisté dans nos documents sur le besoin et l’importance de fonctionner essentiellement grâce aux couches. Nous n’avons toutefois pas réalisé beaucoup de progrès à cet égard. La majeure partie des organisations de la ville ne se sont pas appliquées à construire suffisamment de couches, et même là où certaines couches existent, il y a une tendance à traiter directement avec les niveaux inférieurs afin d’obtenir des résultats rapides. Nous devons sans tarder nous débarrasser d’opinions et de pratiques pareilles et développer un système de couches dans chaque ville.
La question centrale d’un fonctionnement par l’intermédiaire de couches est de s’assurer que chaque couche est préparée et développée pour exécuter de façon indépendante les fonctions à son niveau particulier. Cela exige la guidance et le suivi étroit du niveau supérieur suivant. La guidance doit être orientée pour développer les aptitudes indépendantes des camarades à ce niveau, aussi bien qu’au niveau du fonctionnement en équipe du comité. Ceci est la clé pour un fonctionnement organisationnel décentralisé selon une ligne politique et une politique centralisées. C’est la seule approche à long terme pour bâtir une structure du parti qui préservera notre cadre et notre leadership et qui développera les forces pour l’avenir.

3.3.4.5. Coordination et rapports avec d’autres structures du parti

La plus grande partie de notre travail dans la ville, particulièrement dans les zones de guérilla, est coordonné et mené à partir des zones rurales. Même le DCM (Director of Civilian Marksmanship - Directeur des Tirs Civils) dirigeant le travail dans la ville est souvent basé dans les zones rurales et doit périodiquement appeler les camarades de la ville dans les zones d’escouade pour examiner et planifier le travail urbain. Cela occasionne d’une part, de sérieux problèmes d’exposition, et d’autre part, une guidance insuffisante, sans une compréhension profonde des réels problèmes du travail urbain.
Donc, la coordination est effectuée au mieux grâce à une structure de parti d’au moins un niveau de DC (ndlt : District Committee) qui est lui-même basé dans les zones urbaines. Dans les villes qui sont assez grandes et où le degré de travail et la structure de parti le justifie, le DC peut être fondé dans cette ville même. Dans certains états, où le problème de coordination est particulièrement grave en raison de la répression, cela peut être fait par l’entremise d’un sous-comité spécial pour le travail urbain constitué sous le SC (ndlt:State Committee). Là où les camarades dirigeants appropriés sont très exposés, ils peuvent être affectés loin de leurs zones précédentes, au même dans d’autres états. Un autre problème relatif à la structure urbaine du parti sont les rapports avec l’organisation rurale du parti ainsi qu’avec les départements fonctionnels des organes supérieurs du parti. Il y a souvent besoin d’une aide urbaine de différentes sortes, pour laquelle l’organisation urbaine, impliquée dans le travail de masse quotidien, est régulièrement utilisée. De telles relations régulières sont dangereuses pour tous ceux qui sont concernés, ainsi qu’elles influent sur le fonctionnement habituel de l’organisation urbaine. C’est pour cette raison qu’il est important de mettre un terme à de telles méthodes rapides immédiatement. Des structures distinctes sans rapports avec l’organisation urbaine en fonction doivent être établies à cette fin dans les villes. Des camarades peuvent être mutés hors de l’organisation urbaine et affectés à ces tâches.
Ici aussi, ce qui est fondamentalement requis, c’est une approche à long terme. Nous devons nous rendre compte que ce n’est que grâce à la mise en oeuvre de projets méthodiques et à long terme que nous pouvons bâtir les différentes structures requises, pour mobiliser les masses urbaines, pour fournir une aide logistique ou autre au travail rural, ainsi que pour d’autres exigences.

3.4. Front uni

Les zones urbaines sont les centres pour la lutte de diverses classes, sous le leadership de plusieurs organisations qui les représentent. Il est essentiel que nous nous unissions avec de telles organisations de lutte et que nous développions de larges luttes contre les classes dirigeantes. Ainsi, une part significative du travail du parti dans les zones urbaines concerne l’activité en front commun. Cela comprend la constitution de différents fronts unis tactiques, ainsi que la construction d’une alliance ouvrier-paysan, qui est le point de départ d’un front uni stratégique. Cela va de la tâche de construction d’une unité élémentaire de la classe ouvrière, à la solidarité avec la paysannerie, à l’unité avec d’autres classes révolutionnaires comme le semi-prolétariat et la petite-bourgeoisie, jusqu’à l’entretien de rapports et même d’une activité commune avec les organisations nationale bourgeoises et même celles de la classe dirigeante. Regardons les formes principales d’une telle activité en front uni.

3.4.1. Unité de la classe ouvrière

La classe ouvrière est le centre d’attraction principal de notre travail dans les zones urbaines. Puisque la classe ouvrière est aujourd’hui dans un état extrêmement divisé, une tâche capitale du parti est de bâtir l’unité la plus large possible de la classe. Cette tâche d’unité se situe à deux niveaux - l’un est d’organiser et d’unifier le nombre maximal possible d’ouvriers dans des organisations authentiques qui suivent la ligne et le programme démocratique, l’autre est de construire un large front uni d’ouvriers contre l’agression actuelle de la bourgeoisie soutenue par les impérialistes sur les droits et les conditions économiques de la classe ouvrière. Cela signifie prendre l’initiative, ou prendre part à d’autres initiatives, pour édifier des luttes unies sur différentes questions comme le système de contrat, le changement dans la législation du travail, la privatisation, la politique de sortie, etc. Cela signifie également travailler pour construire des organisations unies avec toutes les forces véritables du mouvement de la classe ouvrière qui sont prêtes à travailler pour un programme anti-impérialiste, anti-féodal général.
Les fronts syndicaux communs sont importants pour l’augmentation de la puissance de combat de la classe ouvrière. Ces fronts communs peuvent être axés sur un problème, ou basé sur une conception et un programme politique minimum. Ils peuvent être organisés à différents niveaux - industrie, zone, ville, région, toute l’Inde, et international.
Notre politique est d’être prêts pour une unité axée sur un problème, même avec les syndicats réactionnaires et révisionnistes, s’ils ont de nombreux partisans et qu’ils sont prêts à prendre part à la lutte. Cependant, la décision d’une unité provisoire ne doit pas uniquement être prise pour desservir les besoins du moment, mais aussi pour faire progresser le but à long terme d’attirer la masse des ouvriers dans la direction de la révolution. Les organisations démocratiques légales en front commun de la classe ouvrière peuvent jouer un rôle très utile pour atteindre cet objectif à long terme. Ce sont des organisations pareilles qui constituent le noyau démocratique à l’intérieur de l’unité plus large avec les réactionnaires. Si ces organisations fonctionnent efficacement, elles peuvent rallier sur un programme démocratique des parties plus nombreuses de la classe ouvrière. Elles peuvent jouer le rôle principal au sein des larges fronts unis axés sur un problème. Elles peuvent tirer parti d’alliances temporaires avec les syndicats réactionnaires pour servir les intérêts du programme démocratique. Elles peuvent inspirer, mobiliser et unifier les autres classes révolutionnaires dans les zones urbaines sur un programme anti-féodal, anti-impérialiste.

3.4.1.1. Unité axée sur l’industrie

En raison de la multiplicité des syndicats en Inde, dans la plupart des industries, la possibilité de réaliser le principe "une industrie, un syndicat" est très faible. Dans une situation pareille, nous devons travailler pour, ou soutenir ce qui est la meilleure option par défaut, constituer des comités de coordination des syndicats à l’intérieur d’une industrie particulière. Nous devons essayer d’attirer dans de tels organes tous les syndicats ayant un nombre d’adhérents significatif. Une telle unité peut se déclencher sur base d’un problème et ensuite progresser vers une conception minimum plus stable.
De la même façon, il est nécessaire d’unifier les différents syndicats au niveau de l’usine à l’intérieur d’une compagnie particulière. Une telle unité peut commencer au niveau du comité de coordination ou être constitué en tant que fédération.
Dans l’actuel scénario de mondialisation où la production d’un pays est facilement transférée à travers les frontières internationales, l’union internationale des ouvriers est aussi importante et nécessaire. Une telle union est aujourd’hui très faible. Nous devons toutefois soutenir les initiatives pour construire l’union internationale des ouvriers dans une seule multinationale ou dans une industrie particulière. Même lorsqu’il n’est pas possible de donner à l’unité une forme organisationnelle, nous devons faire pression pour les luttes de solidarité et les grèves, et faire la propagande à cet égard.

3.4.1.2. Unité axée sur un problème

Il y a des fronts communs de différents syndicats et d’organisations politiques constitués pour faire opposition aux politiques particulières ou aux actions du gouvernement, ou pour prendre en main les problèmes syndicaux, sociaux ou politiques particuliers. Notre démarche dans de tels fronts communs est de bâtir l’unité de lutte la plus large possible de toutes les organisations qui ont une position commune minimum sur le problème. En même temps, il ne doit y avoir aucun compromis sur les principes fondamentaux. Très souvent, les organes de front commun ont tendance à devenir d’inefficaces organes déséquilibrés, ou les tribunes d’un débat interminable. Notre démarche doit être de nous assurer que le front commun construit l’unité la plus large possible des masses, et ne soit pas simplement le front commun de quelques-uns des dirigeants. La tentative doit être de tirer les masses vers l’avant dans la lutte militante et de les politiser au cours de cette lutte.
A l’intérieur des ces fronts, nous devons prêter l’attention, à la fois à l’unité et à la lutte, qu’elles méritent. Alors que les besoins de l’unité demandent un certain niveau d’ajustement avec les réformistes, les révisionnistes et les réactionnaires dans l’élaboration des exigences, nous devons continuellement préparer les masses et lutter contre n’importe quelle de leur tentative de trahir la lutte.
Lorsqu’il y a une large gamme de forces politiques différentes à l’intérieur d’un front commun, nous devons mettre en place une coordination avec ceux qui ont une conception commune plus proche afin d’agir à l’unisson dans une approche et une ligne d’action commune. Une telle coordination peut se faire sur la base des relations avec d’autres partis du camp communiste révolutionnaire ou par l’intermédiaire d’organisations démocratiques légales existantes ayant une base programmatique commune, ou sur toute autre base.

3.4.1.3. Unité axée sur la zone

Cette unité peut être pour une zone industrielle, une ville, une région, un état, toute l’Inde, etc. L’unité dans une zone industrielle ou une localité particulière peut se limiter à simplement construire un front commun, contre les problèmes auxquels sont confrontés les ouvriers de la zone, comme les "goondas", le transport, les installations sanitaires, l’eau, etc. Cependant, l’unité de zone aux niveaux supérieurs est généralement basée sur une certaine conception politique minimale. C’est l’unité de syndicats et d’autres organes de même sensibilité, qui acceptent de lutter ensemble pour atteindre une série d’exigences ou de questions communes ou soutenir des objectifs politiques communs. Par conséquent, c’est le type le plus fréquent d’organisation démocratique légale d’ouvriers.
Nous devons attacher une importance considérable à ce type d’unité. Dans les luttes actuelles contre la mondialisation, la possibilité et le besoin d’une telle unité grandi continuellement. Nous devons orienter nos efforts pour rendre cette unité aussi large que possible, en faisant pression pour la mobilisation assidue et considérable des masses. En même temps, nous devons accorder une attention simultanée à la consolidation des militants qui émergent de ces mobilisations. Ainsi, en planifiant au niveau local, nous devons attribuer des forces non seulement pour diriger ces fronts et ces organisations, mais aussi pour les tâches de consolidation et de construction du parti à l’intérieur du mouvement.

3.4.1.4. Plateformes des ouvriers

Une autre forme pour unir la classe ouvrière sur une base politique, est de constituer directement des organisations démocratiques légales d’ouvriers comme des forums ou des plateformes avec un programme minimum des ouvriers. De telles plateformes ne tentent pas principalement d’unifier les syndicats, mais visent les militants ouvriers de différents syndicats et essayent de les rallier politiquement. De tels organes utilisent les réunions, les manifestations, les discussions, les séminaires, les programmes culturels et divers moyens de propagande pour attirer, sur une base politique, les sections avancées parmi les ouvriers. Ils doivent aussi mobiliser pour les agitations et les luttes sur les questions politiques ou autres. Le but doit être d’attirer le plus possible de forces indépendantes qui peuvent être unies autour du programme.
Une autre variation de cette forme est d’utiliser la bannière d’une organisation culturelle d’ouvriers ou d’un magazine d’ouvriers en tant que plateforme pour l’unité. Ici, le programme de la plateforme est largement propagé et les militants ouvriers sont encouragés à accomplir des programmes culturels ou à écrire des articles et des compte-rendus pour le magazine, à le distribuer, etc. et à participer à la préparation et à la mobilisation des masses dans les luttes.
Ainsi, il y a plusieurs formes différentes d’unification des masses ouvrières. Nous ne pouvons bien sûr pas essayer de mettre en place toutes les formes dans une zone particulière. Les comités compétents doivent donc choisir les méthodes appropriées selon la situation objective dans leur zone et les forces subjectives disponibles. Ce qui est toutefois important, c’est de reconnaître l’importance de cette tâche, particulièrement au cours de l’actuelle recrudescence des luttes ouvrières et donc de lui attribuer les forces nécessaires.

3.4.2. Alliance ouvrier-paysan

Celle-ci est la base du front uni stratégique à quatre classes, et pour cette raison, nous devons oeuvrer pour la construction et la consolidation de cette alliance dès le tout début. Le but est de susciter le soutien des ouvriers pour les luttes paysannes et de créer les liens les plus proches possibles entre les deux classes les plus importantes de la révolution démocratique.
Le travail pour construire et consolider l’alliance ouvrier-paysan doit être pris en main à partir de tous les domaines de notre travail sur la classe ouvrière. L’insistance sur des aspects précis peut toutefois différer selon la zone de travail. Ainsi, dans les villes métropolitaines, quelque peu dissociées des zones rurales et de la lutte agraire, la concentration majeure portera sur l’éducation et la propagande continue pour soulever la conscience des ouvriers. Dans les villes situées dans ou à proximité des zones de guérilla, où les masses ouvrières et paysannes sont étroitement liées, l’attention peut porter sur les problèmes concrets et l’aide pratique au mouvement. Diverses organisations remplissent également différents rôles.
L’organisation révolutionnaire des ouvriers a un rôle particulièrement important à jouer. Elle doit assumer la responsabilité principale de la propagande et de l’agitation quant à la guerre agraire. La propagande incessante et continue en ce qui concerne le progrès du mouvement rural, les victoires remportées, et la répression à laquelle il est confronté, et le besoin de solidarité des ouvriers avec ce mouvement doivent être une partie essentielle du travail de cette organisation. Puisque l’organisation doit généralement fonctionner clandestinement, il ne sera pas possible d’organiser des manifestations publiques de solidarité des ouvriers. Cependant, les militants de l’organisation révolutionnaire peuvent utiliser la méthode d’actions de choc clandestines à des fins de propagande pour mettre l’accent sur les problèmes concernant la lutte agraire.
Les organisations démocratiques légales des ouvriers peuvent être les forums grâce auxquels les mobilisations publiques des ouvriers sont organisées. Les formes de telles mobilisations peuvent s’étendre depuis les campagnes de signature jusqu’aux manifestations de solidarité et aux actions de protestation. Celles-ci doivent être organisées en faveur du mouvement révolutionnaire ainsi que des luttes paysannes menées par des organisations non-révolutionnaires. Nous ne devons cependant pas organiser des manifestations publiques en faveur de notre mouvement si nous nous attendons à une faible mobilisation, étant donné que cela n’entraînera qu’une exposition de nos forces. Nous devons effectivement élaborer de telles actions afin de mobiliser en grand nombre les forces indépendantes. Un autre genre de programme qui peut être pris en main grâce aux organisations démocratiques légales sont les larges mobilisations communes des ouvriers et des paysans sur des problèmes communs tels que le WTO (World Trade Organization - Organisation Mondiale du Commerce), la répression d’état, etc.
Le travail pour l’alliance ouvrier-paysan peut aussi être pris en main grâce aux syndicats. Lorsque c’est possible, ils peuvent mobiliser et prendre part aux programmes de l’organisation démocratique légale avec ou sans sa propre bannière. Selon la couverture, d’autres programmes peuvent aussi être adoptés - comme l’éducation concernant l’exploitation et la répression dans les zones rurales arriérées, les équipes d’assistance pendant les catastrophes, les déclarations de soutien aux luttes paysannes de diverses organisations, etc.
Les comités industriels de parti doivent régulièrement faire attention et suivre la mise en oeuvre de telles tâches. Selon les changements dans la situation, des méthodes neuves et plus créatives doivent être élaborées. Les déclarations et les appels du parti aux ouvriers doivent être publiés quand la situation l’exige. Cependant, quel que soit le niveau possible d’activité de l’alliance ouvrier-paysan, elle garde une importance centrale dans nos tâches de front uni. Elle ne doit pas être délaissée, on ne doit pas lui donner une importance secondaire ni la subordonner aux autres tâches du front uni dans la ville.

3.4.3. Unité des classes urbaines exploitées

En plus de la classe ouvrière, les autres classes et sections exploitées des zones urbaines comprennent le semi-prolétariat, les citadins pauvres concentrés dans les bidonvilles, les étudiants, les professeurs, les employés, et d’autres sections des classes moyennes, etc. Le parti envoie ses cadres pour organiser et mener les organisations de masse de toutes ces classes. Ce n’est cependant pas la seule façon par laquelle la classe ouvrière et son parti s’unissent et fournissent un leadership à toutes ces classes. Les luttes de solidarité et l’activité du front uni sont les moyens importants par lesquels la classe ouvrière inspire et conduit toutes les autres classes dans la lutte.
La propagande et l’agitation sur des problèmes et des incidents de répression sur diverses autres classes urbaines sont les moyens principaux par lesquels la classe ouvrière et le parti manifestent leur solidarité avec les sections concernées. Les problèmes peuvent être de plusieurs types - l’expulsion des colporteurs, la démolition des bidonvilles, la suppression des droits des étudiants, des fonds pour les salaires des professeurs, etc. Alors qu’il peut ne pas être possible d’organiser une action de solidarité sur chaque problème pareil, le parti doit sans cesse être sensible et répondre de toutes les manières possibles - pamphlet de propagande, affiche, communiqué de presse, ou un "dharna", une manifestation, ou encore l’action militante. Notre effort principal doit toutefois être de tirer les masses des ouvriers dans la solidarité.
L’autre moyen par lequel le front uni est construit sont les fronts communs sur diverses questions inquiétant la masse générale de la population urbaine, comme la hausse des prix, la corruption, la fermeture d’une industrie clé, ou d’un grand nombre d’industries, ou différents problèmes urbains tels que la pénurie d’eau, les problèmes de banlieue, les questions d’hygiène, etc. De tels problèmes unissent toutes les classes, mais impliquent surtout les sections exploitées. Les fronts communs sur de tels problèmes peuvent être basés sur le problème ou bâti comme les organisations démocratiques légales, sur une base politique reliant le problème au programme démocratique. Des fronts unis tactiques pareils attirent plus étroitement de plus grandes sections des masses vers la révolution et ouvrent la voie pour les lancer dans le domaine du front uni stratégique.

3.4.3.1. Unité avec le semi-prolétariat

Le semi-prolétariat, qui vit dans des conditions d’extrême pauvreté, est la classe urbaine ayant le plus grand potentiel d’unité avec le prolétariat. Ces dernières années, la nouvelle politique économique a conduit à une hausse rapide du nombre d’entre eux. Un grand nombre d’ouvriers sont projetés dans les rangs du semi-prolétariat et beaucoup d’immigrés ruraux, qui viennent à la recherche d’un emploi échouent dans des petits boulots ou à faire divers petits travaux. En raison de leur nature dissipée, ils ne sont pas aussi bien organisés que le prolétariat. C’est donc la tâche du parti d’organiser cette classe et de construire autour de son unité étroite avec les ouvriers industriels.
a) Syndicats du semi-prolétariat : Dans de nombreuses villes, ces sections demeurent totalement inorganisées. Selon nos forces subjectives et notre projet pour la ville, nous pouvons prendre en main la tâche de créer leurs organisations. Certaines organisations qui peuvent être constituées sont les syndicats de colporteurs, les syndicats et les ‘panchayats’ (ndlt : conseil de caste ou de village - tribunal populaire) de serviteurs et de porteurs, les syndicats de tireurs de pousse-pousse, les syndicats de conducteurs et de propriétaires de pousse-pousse automatiques et de taxis et les syndicats de chiffonniers. Puisque le semi-prolétariat n’est pas directement employé par la classe capitaliste, l’ennemi est généralement l’état, par l’intermédiaire des diverses autorités gouvernementales, les organes municipaux, etc. Les problèmes concernent le harcèlement et la corruption des fonctionnaires, la mise en place de taxes injustes, les combats pour l’augmentation des taux, la lutte contre l’expulsion, etc. Certaines sections comme les porteurs du marché et les chiffonniers ont des exigences dirigées contre des groupes précis tels que les commerçants, les ferrailleurs, etc.
En raison de la nature dissipée de la main-d’oeuvre et la manque d’un sens prolétarien de l’organisation, construire l’unité de ces sections est une tâche minutieuse à plein temps. Cependant, une fois organisés, ils se révèlent être des combattants militants.
Dans la plupart des villes où ces sections demeurent inorganisées, le travail dans ces sections exigera la création de syndicats clandestins. Dans les grandes villes où elles sont déjà organisées, nous pouvons nous occuper du travail fractionnaire.
b) Solidarité avec le semi-prolétariat : Dans beaucoup de grandes villes, en particulier celles qui ambitionnent de devenir des villes "mondiales", certaines sections considérables du semi-prolétariat subissent de violentes attaques. Les colporteurs sont tout particulièrement confrontés à d’intensives campagnes d’expulsion et au harcèlement des fonctionnaires. Les pousse-pousse automatiques et les taxis sont accusés de pollution. Ils sont également pris pour cible par les tribunaux, les écologistes anti-populaires et les médias réactionnaires. Ils sont accusés d’enrayer leurs campagnes pour des villes "propres et vertes". Bien qu’ils luttent de façon militante, ils sont souvent isolés dans leurs combats. Il est par conséquent d’une importance capitale que les syndicats d’ouvriers expriment une solidarité avec les colporteurs et d’autres sections pareilles. Les organisations légales démocratiques d’ouvriers doivent également organiser des campagnes pour les soutenir et dénoncer les projets urbains anti-pauvres des autorités du développement et des agences impérialistes.
Un autre domaine de l’unité des ouvriers et du semi-prolétariat se situe dans le travail dans les bidonvilles. Ces deux classes constituent les sections principales des citadins pauvres qui vivent dans les bidonvilles et les localités pauvres. En plus des luttes basti au cours desquelles les deux classes luttent côte à côte, les syndicats et les autres organisations d’ouvriers doivent aussi organiser des actions de solidarité.
Dans la mesure du possible, des alliances pour s’opposer à la tendance réactionnaire actuelle du développement urbain doivent également être constituées, impliquant les associations d’habitants de bidonvilles, les organisations de colporteurs, les syndicats et même les groupes de professionnels et d’intellectuels progressistes. En unifiant toutes les sections directement affectées, elles doivent également viser à éduquer les sections de la classe moyenne qui ont tendance à être induites en erreur par la propagande "propre et verte" des classes dirigeantes. Le but doit être de bâtir une large unité de toutes les sections exploitées contre les programmes anti-populaires des mondialistes.

3.4.3.2. Employés de bureau

La progression rapide de l’informatisation et de l’automatisation dans l’industrie moderne et la part croissante du secteur des services dans l’économie a entraîné un accroissement significatif du nombre et de la proportion des employés de bureau. Un grand nombre d’entre eux sont dans le secteur public et ils sont en général syndiqués. Les syndicats des banques, des compagnies d’assurances, des professeurs, des employés du gouvernement, etc. en sont des exemples. Il y a aussi eu une croissance plus récente des syndicats et des associations de professionnels des employés de niveau supérieur tel que l’électricité, les télécommunications, et autre département d’ingénieurs, de médecins attitrés, de pilotes, etc. Un grand nombre des syndicats précités sont puissants et ont montré leur aptitude à frapper et à paralyser l’économie.
Alors que tous les employés de bureau sont des alliés dignes de confiance de la classe ouvrière et de la révolution, certaines sections suivent parfois la bourgeoisie et deviennent victimes de la propagande réactionnaire. Il est donc nécessaire que le prolétariat industriel conserve toujours des rapports étroits avec la section des employés et l’emmène loin des hésitations vers la lutte de classe. Nous devons donc, dans toutes les industries et les entreprises, toujours lutter pour l’unité en un seul syndicat des deux sections d’employés et de cols-bleus. En règle générale, nous devons nous opposer à la pratique rétrograde qui consiste en des syndicats distincts d’"ouvriers" et d’"employés". Là où des syndicats séparés existent malgré tout, nous devons, lorsque c’est possible, affecter des forces pour le travail fractionnaire en leur sein.
Durant la période de mondialisation, les classes dirigeantes ont déclenché une attaque de propagande en règle contre cette section, la qualifiant de section surpayée et sous-employée, dont les salaires et la quantité doivent être réduits. Par conséquent, certaines sections sont forcées d’accepter de très maigres augmentations de salaire et des réductions des allocations précédentes. Elles ont également été les victimes de diverses privatisations et de projets VRS. Bien qu’elles aient lutté sans arrêt, elle ne reçoivent pas souvent le solidarité et le soutien des autres sections. Nos syndicats d’ouvriers, nos organisations d’ouvriers légales démocratiques et clandestines, et parfois même le parti, doivent avoir pour but d’exprimer de différentes façons leur solidarité avec les luttes des employés de banque, des professeurs, des journalistes, etc. Dès que des organes syndicaux communs sont constitués au niveau de la ville, nous devons essayer d’y attirer toutes les divisions locales des syndicats d’employés. Cela peut aider à organiser des programmes communs et une solidarité mutuelle durant les périodes de répression et de lutte.

3.4.3.3. Autres sections de la petite-bourgeoisie

L’une ou l’autre section de la petite bourgeoisie est souvent en lutte. Les étudiants font des campagnes, les avocats ont recours aux grèves, les commerçants ont aussi leurs manifestations et leurs "bandhs" (journée ville-morte). Lorsque ces luttes prennent un tour militant, elles font face aux attaques de l’état. La classe ouvrière doit être consciente des luttes de ces sections. Nous devons, par l’intermédiaire des syndicats, des organisations démocratiques légales et même du parti, exprimer la solidarité. Dans la mesure du possible, nous ne devons pas simplement nous limiter à des déclarations de soutien. Au cours des luttes majeures et de la répression, nous devons faire toutes les tentatives pour mobiliser les ouvriers en grand nombre pour qu’ils sortent dans les rues en soutien. Là où il y a un soutien suffisant, nous devons tenter d’élargir la portée de la question et impliquer autant de sections que possible en soutien.
Parmi la petite bourgeoisie urbaine, les étudiants et les jeunes constituent une catégorie importante. Ils réagissent aux événements, et historiquement, depuis le mouvement anti-britannique, ils ont joué un rôle significatif. Dans le sillage de Naxalbari, leur rôle est exemplaire. Notre parti a une bonne expérience dans leur organisation. En travaillant dans les zones urbaines, nous devons prêter l’attention nécessaire pour les organiser.
Il est nécessaire de souligner le besoin d’unification avec les intellectuels. Nous avons besoin d’attribuer un cadre suffisant pour travailler parmi eux et un effort spécial doit être ajouté pour les unifier et les organiser.

3.4.4. Relations avec la bourgeoisie nationale

En raison de la nature indécise et exploiteuse de la bourgeoisie nationale, sa large participation dans le front uni stratégique n’a généralement lieu qu’aux stades ultérieurs de la révolution. Toutefois, il y a, dans les zones urbaines, la possibilité de soutenir et de s’unir avec différentes sections de la bourgeoisie nationale dans des fronts unis tactiques.
Une grande partie de notre travail sur la classe ouvrière se fait dans le secteur non-syndiqué des petites industries de la bourgeoisie nationale. Elle constitue souvent l’ennemie immédiate des ouvrier que nous organisons. Il est par conséquent souvent difficile pour la masse des ouvriers d’accepter la notion de soutien ou d’unité avec ces exploiteurs et "ennemis". Que la bourgeoisie nationale se manifeste dans la lutte contre le gouvernement, l’impérialisme et le CBB est cependant une réalité. Nous devons lui donner tout le soutien dans cette lutte et dans la mesure du possible, nous devons même nous unir pour mener un combat commun contre les classes dirigeantes.
Une méthode normale d’union avec la bourgeoisie nationale est que le parti, directement ou indirectement par certaines organisations de masse, déclare son soutien aux exigences et aux luttes de la bourgeoisie nationale contre le gouvernement, l’impérialisme ou/et la bourgeoisie compradore. Elle peut consister en diverses questions comme la diminution des taxes, la réduction des taux de l’électricité, les politiques contre la petite industrie et les décisions de justice, la protestation contre l’entrée des multinationales et des produits étrangers, l’exploitation des producteurs auxiliaires par la grande industrie, etc. Notre soutien peut prendre la forme de la propagande ou même se prolonger dans la mobilisation militante des ouvriers sur la question.
Un autre mode d’unité peut avoir lieu entre les organes de front commun et les organisations de la bourgeoisie nationale. Une telle unité sera principalement axée sur un problème tel que la prévention de la délocalisation ou la fermeture des industries, l’opposition aux lois contre la petite industrie et aux augmentations d’impôts, etc. Cependant, alors que le mouvement anti-mondialisation et anti-WTO augmente, nous devrons faire de notre mieux pour attirer les sections et les organisations les plus progressistes de la bourgeoisie nationale dans le mouvement.
Bien que nous nous efforcions à amener la bourgeoisie nationale à s’opposer à la CBB et à l’impérialisme, pareille unité ne peut sous aucun prétexte, se réaliser aux dépens des classes fondamentales au sein du front uni. Par conséquent, en nous unissant avec la bourgeoisie nationale, nous ne devons jamais perdre de vue l’aspect de lutte de notre relation avec elle. Nous ne devons pas avoir l’idée fausse selon laquelle l’union avec la bourgeoisie nationale implique des concessions dans les luttes syndicales avec ces sections. Toutes ces questions seront réglées selon les principes habituels de la lutte syndicale et dépendront fondamentalement de la puissance relative des forces ennemies et des conditions globales de l’industrie dans laquelle la lutte a lieu. C’est la puissance de la classe ouvrière, et non sa faiblesse, qui sera la force qui attirera la bourgeoisie nationale vers le front.
Les attaques incessantes des impérialistes et de leurs agents indiens poussent un peu plus tous les jours la bourgeoisie nationale dans le conflit avec les classes dirigeantes. Par conséquent, aujourd’hui, les possibilités concrètes d’une unité venant d’en bas, augmentent. Ces possibilités sont plus grandes dans les villes où la présence de la bourgeoisie nationale est plus forte, comme la région de Delhi, la région de Coimbatore-Erode dans le Tamil Nadu, de Surat dans le Gujarat, etc. Les organisations locales du parti doivent dans la mesure du possible, utiliser de telles occasions, en gardant à l’esprit les principes précités.

3.4.5. Front contre la répression

Le PR et le POR adoptés par le 9ème Congress ont lancé l’appel pour mobiliser les masses contre la répression fasciste des classes dirigeantes et contre les lois violentes. Toutes les sections des masses dans les zones urbaines font face aux poids de cette répression et se dressent contre elle. Par conséquent, la tâche du parti dans les zones urbaines est d’unir toutes les forces qui sont prêtes à mener des luttes militantes pour s’opposer à cette politique et de bâtir un large mouvement démocratique contre la répression.
Les organisations qui s’opposent le plus invariablement à la répression de l’état et aux lois violentes sont les différentes organisations pour les libertés civiles en activité dans différentes parties du pays. Nous pouvons, jusqu’à un certain point, travailler par leur intermédiaire. Elles ont toutefois une maigre base de masse et un programme politique limité. Par conséquent, alors que nous devons travailler pour élargir et renforcer de telles organisations, elles ne peuvent pas être les seules tribunes pour la construction d’un front contre la répression.
Les fronts contre des lois violentes précises telles que le POTA ont le potentiel pour unir les sections les plus larges. Nous devons mettre en place, ou nous pouvons rejoindre de tels fronts avec notre propre programme. Puisque des fronts pareils sont constitués à divers niveaux, nous pouvons intervenir dans différents fronts grâce à des organisations clandestines distinctes adaptées à un tel travail. Diverses forces et partis de la classe dirigeante ayant un dossier chargé de répression, des mouvements populaires se trouvent toutefois dans certains de ces fronts. Donc, nous ne devons décider de notre participation que si nous sommes capables de mener la dénonciation énergique de ces forces opportunistes. Puisqu’une telle dénonciation n’est généralement possible qu’aux niveaux inférieurs, nous ne devons pas prendre part aux niveaux supérieurs dans lesquels nous ne deviendrons que le pion de ces forces.
Une autre excellente façon de construire une large unité combattante contre la répression est d’aborder des cas précis de brutale répression de l’état et de mobiliser directement toutes les sections des masses dans la lutte militante. Les fusillades de la police, les morts en prison, le viol par les forces de sécurité sont quelques-uns des exemples qui peuvent être utilisés pour soulever les masses dans le combat au grand jour. Il y a eu de nombreux exemples comme l’affaire Rameeza Bee et d’autres, où de tels incidents se sont avérés être les moments décisifs pour construire non seulement une lutte militante, mais également des mouvements démocratiques beaucoup plus larges. Dans certains cas où les méthodes précitées ont abouti à de larges mouvements, nous pouvons travailler avec d’autres pour la constitution d’organisations d’une nature à plus long terme ayant un vaste programme de répression anti-fasciste.

3.4.6. Front uni contre les forces fascistes hindoues

Une exigence importante du 9ème Congress est de bâtir un large front uni de toutes les forces laïques et les minorités religieuses persécutées comme les musulmans, les chrétiens et les sikhs contre les forces fascistes hindoues. Puisqu’une importante proportion des minorités sont urbanisées, et puisque les attaques des fascistes hindous sont encore principalement concentrées dans les villes, ce front uni a fondamentalement été de la responsabilité de l’organisation urbaine. Cette tâche est apparue dans nos documents depuis de nombreuses années, mais pas grand chose n’a encore été fait. Une des explications de cet échec est la faiblesse de nos organisations urbaines, mais l’autre raison plus importante est notre manque d’intérêt pour le travail parmi les minorités.
Le front uni ci-dessus ne peut pas simplement être bâti en unissant quelques personnes laïques sur base d’un programme politique. Afin d’être efficace, il doit impliquer les masses, particulièrement les masses issues des minorités. Cela veut donc dire que nous devons effectuer un considérable travail de base parmi les minorités, particulièrement parmi les masses musulmanes qui sont les victimes les plus nombreuses et les pires des atrocités des fascistes hindous. Cependant, en raison de l’extrême ghettoïsation dans pratiquement toutes les villes indiennes, cela n’est possible que si nous prenons délibérément la décision d’enlever au moins certaines forces des zones dominées par les hindous pour les baser dans les bidonvilles et les localités habitées par les musulmans pauvres. Ce serait le premier pas pour construire tout front uni.
Les réelles organisations en front uni auront généralement la forme d’organes démocratiques légaux unissant diverses véritables forces laïques ainsi que des organisations de minorités exploitées. De telles organisations doivent avoir un programme prenant fondamentalement pour cible les organisations fascistes hindoues et visant à unir les masses de toutes les communautés. Sur cette base, nous devons diriger la propagande et la campagne parmi les deux sections de la minorité et de la majorité et tenter d’en unir un grand nombre pour isoler et vaincre les quelques réactionnaires fascistes hindous. Des brochures et d’autres supports de propagande exposant les positions des organisations et dévoilant celles des organisations fascistes doivent être utilisés. Dans les zones ayant des antécédents de conflits communautaires, de véritables comités pour la paix, des comités "mohalla" et des équipes de protection de toute la communauté doivent être établis.
Des organisations en front commun axées sur un problème peuvent également être céées. Elles peuvent l’être pour lutter pour le châtiment des auteurs des pogroms sur les minorités, pour s’opposer à la législation communautaire hindoue, pour lutter contre la safranisation (ndlt : le safran est la couleur de l’hindouisme) de l’éducation, etc. Ces fronts doivent également avoir une approche de masse et tenter de mobiliser largement les sections laïques, ainsi que celles qui sont les plus affectées.
Etant donné que les fascistes hindous avancent à grand pas dans leur programme, la tâche de construire ce front uni devient d’autant plus urgente. Toutes les organisations urbaines doivent s’organiser concrètement pour mettre cela en pratique.

3.4.7. Front contre la mondialisation, la libéralisation et la privatisation

Libéralisation et privatisation. Ceci est aussi une exigence du 9ème Congress dont la réalisation requiert de considérables efforts de la part de l’organisation du parti dans les zones urbaines. Etant donné que la politique de mondialisation a des conséquences pour toutes les sections des masses urbaines, le mécontentement augmente et le potentiel est grand pour que les zones urbaines deviennent de puissants centres de luttes anti-impérialistes. Bien que les luttes n’aient pas encore atteint les sommets des manifestations anti-capitalisme et anti-mondialisation de de nombreuses villes à travers le monde, le mouvement s’accroit aussi en Inde. La classe ouvrière industrielle est la force principale dans ces luttes, avec de nombreuses manifestations, des rassemblements, des "bandhs", de longues grèves prolongées, contre la privatisation, les changements dans le droit du travail, le système de contrat, la politique de sortie, et d’autres aspects de la politique de mondialisation. Ces luttes, qui ont repris depuis l’an 2000, n’ont pas uniquement augmenté en taille et en intensité, mais ont également pris des positions politiques plus claires contre le WTO, contre la mondialisation et même contre l’impérialisme.
La ligne d’action pour construire les fronts anti-mondialisation doit ainsi reposer essentiellement sur la classe ouvrière, tout en venant en aide à toutes les autres sections dans les luttes contre la politique impérialiste. Par conséquent, nous devons viser à attirer les différents fronts de la classe ouvrière contre les diverses politiques anti-ouvriers dans le front contre la mondialisation. De la même façon, les fronts anti-mondialisation doivent consciemment donner de l’importance aux problèmes des ouvriers dans leurs programmes.
Les autres classes et sections importantes que nous devons tenter d’attirer dans le front anti-mondialisation sont les organisations des paysans et les organes des agriculteurs, les organes des bidonvilles, les organisations des étudiants, des intellectuels, des écrivains et des militants culturels, les groupes environnementaux en faveur de la population, les associations de professeurs et d’autres employés de la classe moyenne. La portée du mouvement anti-mondialisation est si grande qu’il comprend pratiquement toutes les classes qui font partie du front uni stratégique. Tandis que les organisations distinctes formées par ces sections contre différents aspects de la mondialisation font objectivement partie du mouvement, nous devons néanmoins essayer d’attirer toutes ces organisations dans la lutte unie commune sur un programme anti-impérialiste commun.
Des réactionnaires tels que le Swadeshi Jagran Manch, des révisionnistes tels que le CPI, le CPI(M) et les ONG financées par l’étranger, sont quelques-unes des forces impliquées dans le mouvement anti-mondialisation. Ces forces sont liées aux classes dirigeantes ou en font partie. Nous ne devons nous approcher des réactionnaires dans aucun front commun. En ce qui concerne les révisionnistes qui font partie des classes dirigeantes, nous ne devons nous-même les inviter dans aucun front commun, mais s’ils font partie d’un front appelé par d’autres, nous ne devons pas nous tenir à l’écart en raison de leur présence. Les révisionnistes et les ONG financées par l’étranger peuvent participer jusqu’à un certain point, mais il y a toujours le danger qu’ils tentent de saboter le mouvement aux niveaux supérieurs des luttes. Nous devons éveiller l’attention sur ce danger.
Le front contre la mondialisation a le potentiel pour englober un large éventail de forces. L’organisation urbaine du parti doit ainsi s’organiser concrètement pour participer le plus efficacement dans ce mouvement.

3.5. Tâches militaires

Comme exposé précédemment, le mouvement urbain joue un rôle secondaire et complémentaire dans la stratégie militaire de la révolution. Alors que les principales tâches militaires sont accomplies par la PGA (People’s Guerilla Army) et la PLA (People’s Liberation Army) à la campagne, l’organisation urbaine exécute également des tâches complémentaires à la lutte armée rurale. En raison de la progression de l’urbanisation, de l’expansion d’une quantité de mégapoles, et de la division plus nette des villes en sections riches et en sections pauvres, la possibilité et l’importance d’opérations militaires urbaines augmentent. Celles-ci demeurent toutefois secondaires aux tâches militaires rurales. Les tâches militaires variées accomplies dans les zones urbaines touchent à : 1) la défense du mouvement urbain, 2) l’assistance de l’organisation urbaine à la lutte armée rurale, et 3) les opérations militaires directes menées sous les ordres de la direction centrale. Par conséquent, celles-ci constituent les catégories principales des tâches militaires et les formes d’organisation dans les zones urbaines.

3.5.1. Défense du mouvement urbain

La nature du travail urbain étant essentiellement légale et défensive, les tâches militaires directement apparentées au mouvement urbain sont essentiellement de nature défensive et resteront comme ça jusqu’à la période finale de la révolution. Cependant, même un mouvement urbain défensif a besoin d’un type d’organisation militaire de défense armée des masses urbaines contre les ennemis du peuple. Ces ennemis sont de différentes sortes : les bandes de "goonda" (voyous) agissant au service des classes dirigeantes, les organisations fascistes hindoues et leurs milices, les bandes d’autodéfense expressément organisées par l’état pour attaquer les militants et les sympathisants de notre mouvement, les forces de l’état elles-mêmes, etc. Sans tenir tête à de telles forces, il ne peut pas être possible pour une organisation de survivre et de se développer. Alors que nous ne pouvons et ne devons pas, à ce stade, nous organiser pour un affrontement offensif armé avec l’état, nous devons vraiment créer de telles organisations de défense, étant donné qu’elles sont adaptées à la situation concrète.

3.5.1.1. Equipes d’autodéfense publiques

Partout où c’est nécessaire, les organisations légales doivent organiser l’autodéfense contre les ennemis locaux. Des exemples de telles équipes d’autodéfense sont le syndicat d’autodéfense contre les briseurs de grève lumpen, les équipes d’autodéfense "basti" contre les bandes "goonda", les équipes d’autodéfense de l’organisation "mahila" (ndlt : de femmes) contre les taquineurs de vigiles et les satyres, l’autodéfense de toute la communauté ‘mohalla’ au cours des situations d’émeute communautaire, l’autodéfense collective contre la démolition des bidonvilles, etc. Les équipes d’autodéfense publiques doivent être organisées de manière à mobiliser des sections assez importantes des masses dans cette tâche, en motivant particulièrement les jeunes à participer en grand nombre. Quand une telle défense est organisée systématiquement en impliquant les larges masses, cela renforce énormément l’organisation légale, donne confiance aux hommes de troupe et au leadership local, et cela libère les énergies créatrices des masses. Si une activité pareille est en expansion dans une zone, cela engendre de nouvelles formes créatives de combat militant de masse. Inversement, cela démoralise et paralyse l’ennemi, et l’empêche de faire usage de ces anciennes formes de répression.
Souvent, une telle autodéfense publique est organisée temporairement pour une situation ou une période précise. Cependant, partout où c’est possible, nous devons planifier et tenter de donner à cette autodéfense collective une forme et une structure permanente, en lui attribuant des responsabilités précises et en la reliant aux comités organisationnels de masse. De tels organes peuvent gérer des "vyayamshalas" (salles de sport), des centres d’arts martiaux, des clubs de sport, etc.

3.5.1.2. Escouades d’autodéfense clandestines

Les escouades clandestines sont nécessaires pour compléter les équipes publiques de défense, ou lorsqu’en raison de la répression, il n’est pas possible de constituer des équipes pareilles. Elles aussi sont créées avec le large objectif de défendre le mouvement de masse urbain. Toutefois, elles prennent en main des tâches différentes, sans se dévoiler elles-mêmes. Une forme significative d’activité est de participer aux côtés des masses et de leur donner la confiance pour entreprendre l’action militante de masse. D’autres tâches consistent à frapper clandestinement des cibles précises qui sont des obstacles au progrès du mouvement de masse.
Les escouades clandestines ont besoin d’une préparation militaire appropriée, et d’une éducation militaire et politique. Le degré et l’intensité de la préparation dépendra des moyens disponibles, nous devons faire de gros efforts pour garantir que les escouades soient correctement formées et armées. Les armes utilisées dépendront de la situation dans la zone. Les armes qui ne sont pas généralement utilisées dans le zone de doivent, autant que possible, pas être employées.
La discipline de telles escouades doit recevoir l’attention qu’elle mérite. La sélection des membres ne doit pas simplement se faire sur base des aptitudes militaires, mais doit prendre en considération le niveau politique et la discipline des camarades. Tous les membres des escouades conservent leurs emplois ou leurs autres responsabilités, et ne s’unissent que dans le but de se préparer ou pour des actions. Après cela, ils se dispersent de nouveau immédiatement.
Les escouades doivent fonctionner sous le contrôle direct et strict du parti, chaque escouade fonctionnant sous les ordres d’un camarade du parti responsable. Autant que possible, deux escouades ne doivent pas être fusionnées pour accomplir une action. La connaissance de l’existence de telles escouades doit également être aussi limitée que possible. Chaque escouade est une entité distincte et il ne doit y avoir aucune ligne de commandement séparée à l’intérieur des escouades d’autodéfense. Tous les comités d’état doivent périodiquement faire le point sur les activités de ces formations et donner les directives aux comités qui en sont directement responsables.

3.5.1.3. Milice urbaine

A ce stade de la révolution, tous les organes publics et clandestins de défense de la population garderont une identité distincte et le parti sera le seul organe de coordination de leurs activités. Aujourd’hui, il n’y a aucune possibilité de rassembler toutes ou beaucoup des équipes et des escouades d’autodéfense sous un mécanisme organisationnel pour constituer une milice. Cela peut être possible pendant certaines périodes de recrudescence, quand des parties significatives de la population urbaine sont prêtes à prendre les armes ou bien contre les milices fascistes ou contre l’état. Dans ces moments-là, le parti doit prendre l’immédiate initiative de lancer la milice urbaine sans dévoiler toutes ses forces. La forme organisationnelle concrète d’une milice urbaine pareille dépendra toutefois de la situation particulière et des forces précises fonctionnant à ce moment-là.

3.5.1.4. Renseignements locaux

Le renseignement est une fonction très négligée dans notre parti. Très souvent, nous subissons de lourdes pertes, ou nous manquons de bonnes opportunités en raison de l’absence de renseignements adéquats. Dans les zones urbaines, les renseignements sont également très nécessaires pour protéger et préserver le parti urbain ainsi que le mouvement de masse. Par conséquent, la tâche de collecte et d’analyse des renseignements doit être abordée dès le tout début et la responsabilité doit être attribuée en conséquence. Alors que l’organisation grandi, cette tâche et cette responsabilité doivent exister à tous les niveaux et doivent être intégrées dans le fonctionnement de l’organisation.
Les objectifs de notre travail de renseignement doivent être d’apprendre et d’étudier les tactiques et les projets de forces ennemies dans la zone, d’examiner les activités des délateurs, d’empêcher l’infiltration dans l’organisation, etc. Les méthodes et la structure, particulièrement aux niveaux inférieurs, doivent être aussi simples que possible, et doivent utiliser à fond les forces issues des masses dont nous disposons.

3.5.2. Assistance à la lutte armée rurale

Il y a de nombreuses manières par lesquelles le mouvement urbain peut aider la lutte armée rurale et tout particulièrement les zones de base et les zones de guérilla. Certaines supposent l’assistance directe et immédiate en termes de matériaux et de personnel ; d’autres supposent la préparation à long terme pour les batailles décisives aux stades ultérieurs de la guerre populaire.

3.5.2.1. Travail dans les industries clé

Certaines industries comme le transport, les télécommunications, l’énergie, le pétrole et le gaz naturel, la production de défense, etc. peuvent jouer un rôle capital dans la guerre populaire. La perturbation de la production dans ces industries a un impact immédiat sur la capacité de l’ennemi à faire la guerre. Si les luttes dans de telles industries sont coordonnées avec des développements dans la guerre populaire, elles peuvent fournir une assistance directe à la PGA/PLA. Des unités dirigées par le parti à l’intérieur d’industries pareilles peuvent aussi accomplir des actions de sabotage industriel, qui fourniraient une aide efficace à certains moments de la guerre. Par conséquent, la responsabilité de l’organisation urbaine est d’instaurer une présence et une influence dans ces industries clés.
De telles opérations seront généralement nécessaires aux stades ultérieurs de la guerre. Cependant, nous devons faire des préparatifs à long terme dès aujourd’hui afin que les ouvriers de telles industries puissent être suffisamment politisés pour jouer un rôle de ce genre. Cela veut dire que nous devons attacher de l’importance à l’affectation de cadres dans de telles industries dès le début.
Les industries clés étaient généralement dans le secteur public. Aujourd’hui toutefois, avec la politique de privatisation, un grand nombre de vieilles unités sont privatisées et les nouvelles unités sont créées directement dans le secteur privé. Par conséquent, quelques-unes de ces industries, comme les offices régionaux de l’électricité et le département des télécommunications subissent de nombreuses luttes militantes en opposition avec la politique de privatisation et il y a eu un retour en force significatif des syndicats. Dans le contexte de l’amélioration notable du mouvement ouvrier, les ouvriers d’autres industries clés ont également recours à la lutte. Nous pouvons donc nous servir de cette situation pour ressayer d’influencer les ouvriers dans ces industries.
Notre projet pour les industries clés doit fonctionner à deux niveaux. A un niveau, nous pouvons influencer les ouvriers de ces industries depuis l’extérieur grâce à diverses formes de propagande, particulièrement au cours des luttes dans ces industries. Cela peut être fait par l’intermédiaire d’organisations démocratiques légales d’ouvriers, de magazines d’ouvriers, de la distribution clandestine de brochures, et même grâce à des déclarations du parti. Nous pouvons également mobiliser en solidarité avec eux. Cette méthode peut produire une large influence parmi les ouvriers et un degré d’unité venant d’en haut avec les syndicats fonctionnant déjà à l’intérieur de ces entreprises.
A un autre niveau, nous devons envoyer des camarades pour développer clandestinement le travail fractionnaire à partir de l’intérieur de l’industrie. Ce travail doit être fait avec une approche à long terme en faisant attention à éviter la dénonciation. Les camarades effectuant la propagande et élargissant la solidarité à partir de l’extérieur n’ont pas besoin de connaître l’existence du travail mené à partir de l’intérieur. Il n’est pas non plus nécessaire de faire un travail aux deux niveaux dans la même unité.
En raison du caractère décisif de ces industries, l’ennemi est également très conscient du besoin d’empêcher tout révolutionnaire ou toute autre force de lutte véritable d’entrer dans de telles industries. Nous devons donc être très méfiants et prudents en pénétrant et en travaillant au sein de telles entreprises. Tout travail dans des endroits pareils doit se faire sous une couverture, de quelque genre que ce soit. Le travail fractionnaire est la méthode habituelle. Le travail dans des industries pareilles doit généralement être séparé de tout autre travail dans la zone. Même les rapports dans les comités doivent être réduits, particulièrement dans les phases initiales, avant que toute base ne soit mise en place. Les cadres affectés à un tel travail ne doivent pas être du genre à se retirer rapidement. Une fois affectés, ils ne doivent généralement pas être mutés avant une longue période. Les Révolutionnaires Professionnels générés par ces industries doivent autant que possible être maintenus à l’intérieur de la même industrie, sans qu’il leur soit demandé de quitter leurs emplois.
Etant donné les opportunités actuellement disponibles et notre manque d’intérêt jusqu’ici, nous devons nous préparer à utiliser immédiatement nos forces subjectives limitées de la meilleure manière possible. Selon nos contacts et la qualité de nos forces, nous devons décider de certaines zones et industries sur lesquelles nous devons nous concentrer. Puisqu’un tel travail n’est pas facile à entreprendre, le maintenir requiert l’attention et la guidance des niveaux supérieurs. Compte tenu de l’importance de cette tâche pour l’avenir de la guerre populaire, les comités d’état doivent y prêter attention.

3.5.2.2. Infiltration dans le camp ennemi

Il est très important de pénétrer dans les forces militaires, paramilitaires, dans la police et aux niveaux supérieurs de l’appareil administratif de l’état. Il est nécessaire de se procurer des renseignements en ce qui concerne l’ennemi, de fonder l’appui pour la révolution au sein de ces organes et même de pousser à la révolte quand le moment est venu. D’autres genres d’aide technique sont également possibles.
Les villes sont les bastions de l’ennemi et on y trouve une grosse concentration de forces ennemies. C’est donc à partir des villes que l’attention doit être accordée à cette tâche. Un tel travail peut être fait en tirant parti des contacts obtenus de la part du domaine civil, ou en affectant directement des camarades à la pénétration des rangs ennemis. Quelle que soit la méthode, le travail est de caractère très spécial, et requiert un degré élevé de fiabilité politique, de savoir-faire et de patience. Les comités de niveau inférieur ne doivent pas avoir connaissance d’un tel travail et les détails du travail ne doivent rester qu’entre les camarades directement responsables.
Il y a lieu d’associer à cette tâche un projet pour travailler dans les villes de cantonnement éparpillées partout dans le pays. Un tel travail, même parmi la population civile de ces villes, peut nous donner des renseignements précieux et des ouvertures pour pénétrer dans les rangs ennemis.

3.5.2.3. Envoi de cadres vers les zones rurales et la PGA/PLA

Une réserve stable de cadres urbains est nécessaire pour répondre aux besoins du mouvement rural et de la guerre populaire. Cela est nécessaire pour procurer le leadership à la classe ouvrière, ainsi que pour fournir des compétences techniques à la guerre populaire.
Ceci est donc de la responsabilité de toute l’organisation urbaine du parti, à partir de la cellule jusqu’en haut, ce qui doit inspirer les camarades à se préparer à prendre en main des responsabilités rurales. La tâche de générer de nouveaux cadres pour le mouvement rural doit toujours se faire devant les divers forums du parti, qui doivent envoyer ces propositions de transfert de cadres appropriés. Ce sont les organes de niveau supérieur, tout particulièrement les comités d’état, qui prendront toutefois la décisions à cet égard. Les décisions de transfert de cadres doivent tenir compte de manière équilibrée des besoins du mouvement et de l’organisation dans les zones rurales aussi bien que dans les zones urbaines.
Pour répondre au besoin de recrutement d’un grand nombre d’ouvriers, et pour les envoyer dans les zones urbaines, nous devons travailler dans le secteur non-syndiqué où se trouve une proportion écrasante de la classe ouvrière. Tandis que nous avons besoin de travailler dans des industries clés, qui sont dans un secteur syndiqué nous devons, pour des motifs stratégiques, mobiliser et organiser les millions d’ouvriers qui sont dans le segment non-syndiqué. Les conditions de travail sont épouvantables dans ce secteur et les luttes militantes vont sûrement y entrer. La majeure partie de la classe ouvrière a des relations directes avec les poches rurales arriérées, dans certaines desquelles se déroulent déjà des luttes armées. Si nous travaillons patiemment, nous pouvons obtenir un bon recrutement que nous pouvons envoyer dans les zones de luttes armées.

3.5.2.4. Soutien logistique à la lutte armée

L’ennemi trouve tout son soutien logistique dans les zones urbaines. La People’s Army compte toutefois autant que possible sur les zones rurales et les masses rurales. Cependant, pour certaines choses capitales, il y a besoin d’un soutien des zones urbaines. Selon sa puissance, l’organisation urbaine doit s’évertuer à fournir un tel soutien.
Certaines sortes de fournitures ou de contacts pour des fournitures sont uniquement disponibles dans les zones urbaines. Les armes et les munitions, les pièces détachées, certaines sortes de fournitures médicales sont des exemples de telles fournitures. Aider la People’s Army à mettre en place les voies de ravitaillement à cet égard est une tâche que l’organisation urbaine peut accomplir. Cependant, une fois qu’une telle voie de ravitaillement est constituée, il est préférable qu’elle soit entretenue par l’organisation rurale. Alors que les besoins des zones de base et de guérilla s’accroissent, il y aura même besoin de mettre en place une aile d’approvisionnement et de transport distincte à cet égard.
Les réseaux médicaux de médecins bienveillants et l’utilisation des structures hospitalières pour soigner les combattants de la PGA/PLA sont également nécessaires dans les zones urbaines. Cela est nécessaire pour certains cas qui ne peuvent pas être traités avec les équipements disponibles dans les zones de guérilla. Ici aussi, le parti urbain doit toujours être à l’affût de sources et de contacts pour constituer un tel réseau dans différentes villes. Une fois qu’un réseau a été constitué, il doit toutefois être séparé des organes du parti qui dirigent le travail de masse urbain.
L’assistance technique sous forme de réparations et d’entretien de l’équipement de combat, de communication et autre de la PGA/PLA est un autre domaine dans lequel l’organisation urbaine doit fournir de l’aide. Le mieux est de préparer les camarades avec des compétences techniques, électriques, électroniques et autres pour qu’ils aillent à la campagne et y prennent en main ces responsabilités. Cela peut également se faire par l’envoi de camarades de la ville pour qu’ils dirigent des stages de formation pour la PGA/PLA. Dans certains cas où c’est nécessaire, la réparation de certains équipements peut être faite dans les zones urbaines. Fournir les contacts pour aider à la constitution d’un réseau pour la production de certains articles dans les zones urbaines est également un autre domaine où l’assistance est nécessaire.
Le développement de nouvelles technologies pour la People’s War est un autre domaine essentiel. Avec le progrès quotidien de la technologie, il y a de nombreux nouveaux dispositifs qui pourraient être adaptés au service de la guerre populaire. Puisque les grands centres métropolitains sont les points où de telles technologies, ou les renseignements relatifs à ces technologies sont obtenus, la responsabilité de tous les camarades de ces zones serait d’être toujours attentifs à chaque opportunité à cet égard. Les propositions et les dispositifs obtenus ou développés doivent être envoyés aux comités supérieurs pour examen et mise en oeuvre. Puisqu’à l’avenir, il serait nécessaire de créer des ailes distinctes de recherche et de développement à cet égard, la tâche de l’organisation urbaine serait de développer les camarades appropriés pour un tel travail.
Toutes les tâches logistiques précitées ne peuvent être exécutées avec succès que lorsque tous les camarades urbains sont sensibles et vigilants à ces besoins et présentent continuellement des suggestions, des propositions et des contacts à cet égard. Et au plus grande et au plus profonde est la base de la masse urbaine, au meilleure est la possibilité de vraiment fournir une assistance au travail rural. Cependant, nous devons nous rendre compte que cette tâche ne peut pas être accomplie soudainement en réponse à des besoins d’urgence. Les réseaux logistiques doivent être constitués dans une clandestinité absolue pendant une période de temps. Des camarades distincts doivent être affectés à un tel travail, et une fois qu’ils sont affectés de cette façon, ils doivent être libérés de tout autre travail et totalement séparé du travail de masse. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons créer des réseaux qui peuvent être aux services des besoins à long terme de la guerre populaire.

3.5.3. Opérations militaires urbaines sous les ordres de la direction centrale

Bien que la campagne soit la zone principale des opérations de la People’s Army, certains objectifs militaires ont besoin d’être remplis grâce à des opérations dans les zones urbaines. Cela exige même la création de structures permanentes de la PGA/PLA dans les villes.

3.5.3.1. Equipes d’action dans la ville

Ces équipes d’action sont de petites équipes clandestines de soldats disciplinés et qualifiés de la PGA/PLA qui sont définitivement basés dans les villes pour atteindre des cibles ennemies importantes et choisies. Ces objectifs peuvent être la suppression d’individus ayant une importance militaire ou des actions de sabotage telles que de faire exploser des dépôts de munitions, de détruire les réseaux de communications, d’endommager des installations pétrolières, etc. Ces équipes d’action qui font partie de la force principale de la PGA/PLA, accomplissent ces actions sous les conseils et les ordres de leur commandement respectif. Par conséquent, ces équipes ne doivent avoir aucun rapport que ce soit avec la structure urbaine locale du parti. La sélection des cibles et le moment des opérations doivent aussi être basés sur les besoins politiques et militaires d’ensemble de la guerre populaire. Cependant, l’équipe clandestine doit avoir une large compréhension des plannings et des projets des programmes des organisations de masse publiques. Cela pourrait, lorsque c’est possible, aider à éviter les problèmes en raison d’une contradiction entre les projets publics et clandestins.
Les détails quant au rôle, aux tâches, à la formation et à l’éducation des équipes d’action de la ville doivent être assumés par la Central Military Commission (CMC).

3.5.3.2. Renseignements centraux

Puisque l’ennemi est concentré dans les grandes villes, il est très important que notre parti développe un réseau pour se procurer et analyser les renseignements politiques et militaires aux niveaux supérieurs. En plus des renseignements humains, nous pouvons utiliser internet et d’autres moyens électroniques modernes pour rassembler des informations en pénétrant dans les réseaux de l’ennemi. Il est nécessaire d’attribuer une responsabilité distincte pour cela. L’organisation urbaine du parti peut fournir des contacts et des individus pour ce travail. Toutefois, une fois qu’ils se voient confier ce travail, ils ne conservent aucun rapport avec l’organisation locale. De tels réseaux sont dirigés et guidés par les organes supérieurs du parti.

3.5.3.3. Cyber-guerre

Nous devons, dans la mesure du possible, utiliser les ordinateurs et les réseaux internet pour servir les objectifs militaires de la révolution. Bien que nous soyons aujourd’hui assez éloignés de cette éventualité, nous devons avoir la perspective de créer des unités ayant pour tâche d’endommager les réseaux militaires et les autres réseaux importants de l’ennemi. La possibilité de constituer une structure pareille dépend toutefois essentiellement du développement du mouvement de masse urbain et de la capacité de l’organisation urbaine du parti à attirer et à réunir des camarades ayant les compétences requises pour un tel travail.

3.6. Projets au niveau de toute l’Inde et de l’état

La politique et les directives données ci-dessus donnent la tendance politique et organisationnelle de notre travail urbain. Elles constituent la base sur laquelle notre travail dans les diverses villes doit être réorganisé. Cependant, il n’est pas suffisant de ne réorienter notre travail qu’au niveau des villes particulières. Donner un projet et une direction au travail urbain global dans un état précis, et dans tout le pays, basés sur les conditions objectives concrètes et la situation des forces subjectives est une tâche tout aussi importante. Il est également nécessaire de relier et de coordonner les tâches du mouvement urbain aux besoins globaux de la révolution dans le pays ou dans un état précis. Dans une certaine mesure, il y a aussi besoin de coordonner le mouvement urbain avec nos responsabilités internationales tant au niveau de l’Asie du Sud qu’un niveau global.
Le boulot d’établir des projets pareils et de les exécuter doit être pris en main par les comités à leurs niveaux respectifs. Nous présentons ici le point de départ pour l’élaboration de tels projets.

3.6.1. Facteurs gouvernant la perspective de projet pour toute l’Inde

Formuler une perspective de projet pour toute l’Inde signifie fondamentalement de choisir des villes, des industries ou des régions où nous devons nous concentrer et auxquelles il faut donner la priorité. Cela peut en outre vouloir dire d’évaluer les forces subjectives disponibles et de déterminer la répartition appropriée.
Les éléments principaux pour décider des zones de concentration sont :
1) La perspective et le projet de zones de guérilla et de zones de base dans toute l’Inde : Puisqu’au fond, le mouvement urbain joue un rôle complémentaire à la lutte armée rurale, le projet de développer la lutte armée dans toute l’Inde est un facteur capital pour déterminer notre schéma de concentration pour le travail urbain. Nous devons attacher de l’importance aux villes qui peuvent jouer un rôle direct dans l’aide et le renforcement de nos zones de base et de guérilla.
2) Concentration de la classe ouvrière : La classe ouvrière est le foyer principal de nos efforts dans les zones urbaines. Nous devons donc viser les villes et les régions où il y a une concentration élevée de la classe ouvrière industrielle. Nous devons juger de l’importance de la classe ouvrière d’une région, pas seulement d’après sa quantité, mais nous devons également tenir compte de son rôle sur le plan de la lutte. Dans certains centres, la classe ouvrière a une tradition de lutte influençant et fournissant ainsi un leadership aux zones environnantes. Certaines villes ont de solides organisations de la classe ouvrière qui jouent un rôle décisif dans les luttes au niveau de toute l’Inde. De tels éléments doivent également être pris en compte pour donner de l’importance à un centre particulier. Une autre préoccupation importante à court terme est l’aiguisage des contradictions de classe. Un centre ou une industrie confrontée à des luttes pénétrantes et grandissantes est mieux adapté pour commencer le travail.
3) Importance pour les classes dirigeantes : Certaines villes comme Delhi et Mumbai ont une grande importance politique et économique pour la classe dirigeante. D’intenses mouvements dans de telles villes désemparent et paralysent la classe dirigeante et y ont plus d’impact.
4) Industries clés : Il faut donner de l’importance aux centres d’industries clés étant donné qu’ils ont le potentiel pour jouer un rôle important dans la guerre populaire.
5) Villes d’importance militaire : Il faut également donner de l’importance à ces villes parce qu’elles offrent l’occasion de s’infiltrer dans les rangs ennemis.

3.6.2. Projets pour l’état

Les comités d’état doivent analyser et identifier les principales sortes de zones urbaines et industrielles dans leurs états. Sur base d’une telle analyse, les zones prioritaires doivent être sélectionnées, en n’oubliant pas les critères suivant : i) la perspective rurale de l’Inde et de l’état, aussi bien que la perpective urbaine de l’Inde. ii) la concentration de la classe ouvrière et l’aiguisage des contradictions de classe. iii) la concentration des étudiants et d’autres sections de la petite bourgeoisie et leurs luttes. iv) l’importance politique à l’intérieur de l’état. v) les industries clés. Une analyse de classe des villes majeures choisies pour le travail doit aussi être faite.
Décider des zones prioritaires donne la direction générale pour la répartition des forces subjectives qui sont ou peuvent devenir disponibles.

4. CRITIQUE DE NOTRE CONCEPTION ET DE NOTRE PRATIQUE

Suite à la vague de Naxalbari et au moment du 8ème (1er) Congress de notre parti en 1970, nous avions un impact et une influence considérable dans de nombreuses villes. Nous étions une force puissante à Kolkata, la plus grande ville du pays à ce moment là. La vague révolutionnaire a inspiré les ouvriers dans différents centres industriels, en particulier à Kolkata, Durgapur, Coimbatore, Jamshadpur et Dhanbad.
Cependant, en raison de la mauvaise compréhension en ce qui concerne les organisations de masse et les luttes de masse répandue dans notre parti à ce moment-là, nous n’avons pas pu entretenir et développer notre influence. Notre politique était que "notre tâche n’est pas d’organiser les syndicats ni de les soumettre à notre contrôle, ou de nous inquiéter des élections syndicales. Notre tâche est de bâtir des organisations clandestines du parti parmi les ouvriers" (Our Party’s Tasks among the Workers, Deshabrati, 12 mars 1970). Nous avons ainsi en fait boycotté les syndicats, qui ont en conséquence été détachés de la classe ouvrière.
De la même façon, le mauvais accord pour mettre l’accent sur la guerre de guérilla urbaine, lorsqu’aucune condition n’était réunie pour cela, a conduit à un contretemps dans notre travail dans la ville.
Bien qu’à cette époque, il n’y avait aucune circulaire ni aucun document politique quant au travail urbain ou sur la classe ouvrière, il y avait certains articles ou certaines notes du camarade CM, qui étaient publiées dans les magazines du parti, et qui ont servi de lignes directrices pour notre travail.

4.1. Circulaires et politiques précédentes

Par la suite, notre parti a fait certaines tentatives pour formuler des directives pour notre travail urbain et sur la classe ouvrière. Elles ont été rares, mais d’une grande portée. En plus des sections sur le travail urbain dans nos différents documents stratégiques et tactiques et nos compte-rendus de conférence, les documents principaux quant à la politique ont été la circulaire sur "Towns and Cities ; Our Programme and Organisation" publiée par le Andhra Pradesh State Committee en 1973, le "Guidelines for Working Class Front" publié par le Central Organising Committee du PU d’autrefois en 1987 et le "Review of Our Documents ’Methods of Working in Towns’" publié par l’ASPC du PW d’autrefois en 1995, dans lequel le précédent document de 1973 était révisé.

4.1.1. Circulaire de 1973

Bien que ce document n’était destiné qu’à être une circulaire offrant des méthodes pour dissiper les contradictions entre les besoins du travail public et ceux du travail clandestin, il a également donné une conception explicite quant aux programmes, aux tâches et aux formes d’organisation pour la classe ouvrière, les étudiants et d’autres fronts. C’est pour cette raison qu’il a servi de document principal dominant le travail urbain pendant de nombreuses années dans le Punjab occidental d’autrefois.
Le document de 1973 a joué un rôle important en donnant la bonne direction au travail urbain. Les points essentiels pour lesquels il a présenté une conception correcte étaient :
1) Il a corrigé la majeure partie des précédentes idées erronées concernant les organisations de masse et la lutte de masse.
2) D’une manière générale, il a donné la démarche stratégique correcte pour le travail urbain, selon laquelle le parti doit, dans les villes, utiliser des méthodes clandestines pour se protéger contre l’ennemi, jusqu’au dernier stade de la libération des villes à partir de la campagne.
3) Avec justesse, il a affirmé que dans les villes, nous devons principalement nous concentrer parmi les ouvriers.
Pour en venir à ses limites, ce n’était pas un document détaillé du travail urbain, et il traitait davantage des problèmes immédiats auxquels nous faisions alors face dans les zones urbaines. Il contenait des conceptions erronées telles que : nous ne devons pas prendre les postes de membre du comité directeur dans les syndicats, nous ne devons pas organiser de syndicats indépendants tous seuls, et ainsi de suite. Ceci était dans la continuation de la précédente mauvaise conception quant aux organisations de masse.
La circulaire de 1973 a joué un rôle significatif dans la période initiale. Mais dans les années suivantes, avec la progression rapide des organisations de masse dans les zones urbaines, il n’y a eu aucune tentative pour corriger la conception et pour davantage développer la circulaire de manière globale. Par conséquent, un grand nombre des formules importantes du document ne sont pas mises en oeuvre en pratique. Bien que le document ait exposé que la concentration principale doit être sur la classe ouvrière, l’accent dans les zones urbaines était davantage mis sur les étudiants et la jeunesse. L’interdiction de prendre les postes des membres du comité directeur dans les syndicats et l’opposition à constituer des syndicats séparés n’étaient pas non plus exécutés dans la pratique. Tout ceci a été effectué sans développer formellement une nouvelle conception politique.

4.1.2. Directives de 1987

Ces directives ont été formulées conformément à l’appel, en 1987, du Central Conference du Punjab d’autrefois pour "s’emparer sérieusement du travail dans le front de la classe ouvrière". Ce document a présenté de manière concise et claire, la situation objective et subjective du rapport avec la classe ouvrière, nos tâches et nos politiques, et un projet de travail. Le document a été d’une grande portée grâce à sa présentation d’une conception correcte quant au rôle de premier plan de la classe ouvrière dans la révolution. Il a insisté sur le rôle de dirigeante des luttes de la classe ouvrière et de l’envoi de détachements avancés à la campagne, et sur la responsabilité du parti dans la préparation de la classe ouvrière à ce rôle.
Le défaut majeur du document était son manque d’intérêt pour une approche stratégique du travail urbain. Ainsi, il n’y avait aucune conception du rapport et de la coordination entre le travail public et le travail clandestin, ni concernant le besoin de protéger et de développer nos forces urbaines pour longtemps, jusqu’aux stades ultérieurs de la guerre populaire.
Le projet du document n’a pas été sérieusement exécuté et n’a pas non plus été révisé. Par conséquent, il ne pouvait pas avoir un impact majeur.

4.1.3. Révision de 1995

L’ASPC’s Review du Punjab occidental d’autrefois ne s’est pas limité à une simple révision du document précédent. Il a également fixé les objectifs et les tâches du mouvement urbain dans l’Andhra Pradesh. C’était un développement de la circulaire de 1973.
Un point significatif que le document a correctement révisé était le manque de concentration nécessaire pour le travail urbain. Il a conclu que malgré que nous ayons correctement attaché de l’importance à la révolution agraire et aux zones de guérilla, nous ne nous sommes pas concentrés sur les villes dans la mesure requise. Il a analysé les déplacements spontanés depuis les zones urbaines vers les zones rurales et a fait remarquer le manque d’une perspective à long terme pour le travail urbain. Il a également corrigé la mauvaise conception du document de 1973 quant au fait de ne pas prendre les postes des membres du bureau dans les syndicats.
Le document n’a toutefois pas tenté de présenter une politique globale pour le travail urbain. Il n’a pas non plus provoqué la nécessaire réorganisation du travail.

4.2. Nos principaux défauts

Les documents et les révisions précités établis au cours de congrès et de réunions plénières à différents niveaux ont attiré l’attention sur différents défauts et faiblesses dans notre travail urbain à divers stades. Il est nécessaire de développer une illustration globale de nos principaux défauts dans leur ensemble.

4.2.1. Manque de concentration sur le travail urbain

Durant les trente dernières années, et dans la majeure partie des zones de travail principales du parti, il y a eu un mépris à l’égard des tâches du mouvement et du parti urbain. Comme l’a conclu le POR du 9ème Congress, "nous ne sommes pas parvenus à comprendre le rapport dialectique entre le mouvement rural et le mouvement urbain. Ayant compris de manière mécanique la formule selon laquelle le travail rural est primaire et le travail urbain secondaire, nous n’avons concentré la plupart de nos forces dirigeantes sur le travail rural".
Par conséquent, une culture a été créée dans l’organisation selon laquelle seul le travail rural était considéré comme un travail de terrain ou comme zone de travail pour la lutte, tandis que les zones urbaines étaient considérées comme hors du terrain, zone de non-lutte. Tous les meilleurs cadres et les plus engagés ont par conséquent opté pour, et ont été mutés hors du terrain urbain. Ainsi, comme l’indiquent de nombreux exemples de la révision de 1995, les cadres ont soudainement été transférés à l’extérieur des zones rurales sans tenir compte de l’avenir des zones urbaines, qui étaient vidées.
La manifestation la plus grave de cette conception se trouvait toutefois dans le manque sévère de concentration et de spécialisation des comités supérieurs. Très peu étaient affectés aux tâches du mouvement urbain, et même ceux qui en recevaient la responsabilité étaient généralement accablés par de nombreuses autres tâches. Cela a abouti à de graves problèmes à divers niveaux. Sans des cadres de niveau supérieur dirigeant le travail dans ce domaine, la possibilité de corriger la mauvaise conception aux niveaux inférieurs en ce qui concerne l’approche stratégique à long terme était peu élevée, bien qu’il ait été fait référence de cette erreur maintes et maintes fois dans nos révisions et nos documents. Sans spécialisation, il n’y avait non plus aucun espoir que les comités supérieurs eux-mêmes approfondissent leur pauvre compréhension des problèmes de mise en oeuvre de l’approche stratégique. Sans une spécialisation et une affectation des camarades de niveau supérieur, les vieilles erreurs n’ont fait que se poursuivre.
Tout ceci a eu lieu malgré notre conception, renouvelée dans les documents, selon laquelle l’importance des zones urbaines en Inde augmente, la proportion de la classe ouvrière et de la population urbaine en Inde est beaucoup plus élevée qu’elle ne l’était à l’époque de la révolution chinoise et que pour cette raison, les zones urbaines et la classe ouvrière en Inde auront un rôle relativement plus important à jouer dans la révolution.
Aujourd’hui, les zones urbaines avec 28,7% de la population et plus de 60% du Produit Intérieur Brut, avec un grand nombre de mégapoles et une classe ouvrières de dizaines de millions de personnes ont un rôle croissant à jouer dans le pays et dans l’économie, et aussi dans la révolution. Il est par conséquent absolument nécessaire de corriger rapidement le déséquilibre dans notre concentration sur les tâches du mouvement urbain. Il est avant tout nécessaire d’augmenter notre affectation de camarades de niveau supérieur au travail de terrain urbain. Il est nécessaire d’augmenter les niveaux de spécialisation et de connaissance des comités de niveau supérieur quant au travail urbain. Et il est également nécessaire, lorsque c’est possible, d’affecter aussi des camarades appropriés à d’autres niveaux, ou au moins de donner une plus grande considération aux besoins du mouvement urbain, et ce également en décidant des transferts hors des villes.

4.2.2. Manque de concentration sur la classe ouvrière dans le travail urbain

Le document de 1973 avait correctement spécifié que dans les zones urbaines, nous devions surtout nous rassembler parmi les ouvriers. Puisque notre mouvement avait fait face à un grave revers en 1972 et que les projets pour mettre le mouvement sur la bonne voie étaient sur pied, nous avons eu besoin de renforcer nos forces subjectives à un rythme plus rapide. Pour parvenir à cela, nous nous sommes concentré sur les étudiants et les jeunes sous un angle concret, mais cette pratique n’était fondée sur aucun principe théorique. Quand nos forces ont eu augmenté et que nous étions en meilleure position, nous avons fait des plans pour pénétrer dans la classe ouvrière. Dans le processus de l’attaque de l’ennemi et des faiblesses constantes de notre travail dans les zones urbaines, nous sommes devenus très vulnérables alors que les pertes sont montées en flèche. Le manque d’une approche globale envers le travail urbain et le manque de concentration de la part du leadership sont les raisons principales de nos faibles racines dans la classe ouvrière.

4.2.3. Négligence du développement de la direction du parti à partir du prolétariat

Malgré que la parti soit celui de la classe ouvrière, le recrutement d’ouvriers a été peu élevé, et le leadership du prolétariat lui est encore inférieur. La raison de ceci est en partie due à notre insuffisance de concentration sur les ouvriers, et tout particulièrement sur les ouvriers syndiqués qui ont beaucoup plus de potentiel pour le leadership. Bâtir le leadership à partir des ouvriers exige une attention et un effort délibérés. A moins que nous ne nous rendions compte de l’importance de la construction du leadership de la classe ouvrière, nous n’ajouterons pas les efforts nécessaires pour y parvenir. Ce n’est qu’au 9ème Congress que nous nous sommes expressément résolus à donner de l’importance à cette tâche. Nous devons maintenant la mettre en pratique.

4.2.4. Manque d’une profonde compréhension de la démarche stratégique dans le travail urbain

Dans nos documents, nous avons régulièrement donné à l’approche stratégique à long terme une importance primordiale et depuis quelques années, avons envisagé que le manque de cette approche ait été la cause de la plupart de nos pertes dans les zones urbaines. Cependant, nous l’avons simplement compris, ou expliqué au niveau d’une exécution plus stricte des précautions techniques et des méthodes clandestines de fonctionnement. Nous n’avons pas compris que l’approche stratégique correcte est essentiellement de réorienter et de réorganiser fondamentalement tout le travail urbain en se basant sur la combinaison efficace de formes d’organisations légales et illégales. Sans accepter, comprendre profondément et éduquer tous les niveaux en ce qui concerne l’approche stratégique envers le mouvement urbain, nous ne pouvons pas provoquer de changement qualitatif dans notre travail urbain.
Une mobilisation et une organisation des masses la plus large possible est indispensable pour défier l’accablante domination de l’ennemi dans les zones urbaines. Un fonctionnement clandestin et un maintien de nos forces à long terme n’est possible que dans le contexte d’un vaste et profond mouvement de masse.
Puisque nous travaillons avec pour toile de fond des conditions semi-féodales et semi-coloniales, nous avons besoin de prendre part aux luttes et aux actions militantes contre l’administration étant donné que la majorité de la classe ouvrière industrielle est employée dans le secteur non-syndiqué et est obligée de travailler dans des conditions insupportables sans aucun accès aux lois minimales de protection du travail. Nous ne pouvons toutefois pas sans cesse reproduire dans la ville les tactiques offensives adaptées au mouvement rural et espérer survivre simplement sur base d’un fonctionnement technique plus strict. Comprendre stratégiquement la puissance de l’ennemi dans la ville signifie d’accepter que nous ne pouvons pas ouvertement le défier sur une base militaire. Par conséquent, nous ne pouvons pas espérer utiliser régulièrement la puissance armée pour menacer les propriétaires d’usine, pour mener des négociations par l’intermédiaire d’organisateurs clandestins, ou pour supprimer des directeurs comme il est possible de le faire dans les zones rurales de guérilla. Et nous ne pouvons pas espérer être capable de faire toutes ces choses et de toute de même survivre en utilisant simplement de meilleures méthodes techniques.
Ceci ne nie bien sûr pas l’importance indiscutable du maintien strict de précautions techniques, de couvertures naturelles, du fonctionnement par couches, et de tous les autres moyens propres au fonctionnement clandestin dans le travail urbain. Nous devons réévaluer complètement nos méthodes techniques dans toutes les villes et la réorganisation totale de notre mécanisme clandestin doit être une partie essentielle de la réorganisation de notre travail urbain. Nous devons cependant comprendre que le fonctionnement clandestin n’est qu’un aspect important de l’approche stratégique pour conserver nos forces pour longtemps. Le fonctionnement clandestin est lui-même basé sur la mobilisation et le soutien des larges masses.

4.2.5. Manque de clarté sur la combinaison des différentes sortes d’organisations de masse

Nous n’avions pas la clarté quant aux diverses formes de mobilisation des masses dans les zones urbaines et de comment les combiner intelligemment selon la situation concrète, le flux et le reflux du mouvement.
Nous avons d’abord mis l’accentuation principale sur les organisation de masse révolutionnaires publiques qui gardaient des rapports clairs avec le parti. Avec l’assaut de la répression, nous avons essayé de gérer ces organisations clandestinement et essayé de tout de même mobiliser les masses principalement par leur intermédiaire. Ce n’est que beaucoup plus tard que nous avons compris que les organisations de masse clandestines ne pouvaient pas être la seule forme de mobilisation de masse dans les zones urbaines dans des conditions de répression. Ce n’est qu’alors que nous avons introduit le concept d’organisation de couverture.
Même à ce moment-là, nous avons mis un accent démesuré sur la création de nouvelles organisations de couverture, et n’avons pas donné une importance suffisante au travail fractionnaire au sein d’organisations de masse existantes travaillant déjà parmi la population. Nous n’avons pas compris qu’un tel type de travail fractionnaire est une forme importante pour organiser les masses dans les zones urbaines qui sont toutes contrôlées et réprimées par l’ennemi. Nous pensions que seules ces organisations, explicitement sous le contrôle du parti, étaient des organisations révolutionnaires. Nous n’avons pas vu que grâce à un travail fractionnaire adéquat, nous pouvons rester sous le couvert et pourtant guider une organisation pour qu’elle joue un rôle révolutionnaire.
Notre culture quant aux organisations de couverture a aussi donné un accent unilatéral à l’aspect du maintien de la couverture de l’organisation et de prévention de sa dénonciation. Nous n’avons pas souligné l’aspect que la mobilisation la plus large des masses et l’unification d’importantes sections de masses indépendantes sous les ordres des organisations de masse fournissent la meilleure couverture possible.
Nous n’avons pas davantage compris la notion, le rôle, et l’importance du mouvement et des organisations démocratiques légales. Ici aussi, nous avons uniquement compris que nous devions limiter le programme et les tâches afin de maintenir la légalité. Nous n’avons pas vu l’importance d’unifier les sections les plus larges prêtes à travailler fermement sur un programme minimum. Après des années d’expérience, nous avons corrigé certaines de ces fausses idées sectaires. Mais nous avons besoin d’encore davantage développer notre compréhension et notre éducation à tous les niveaux quant au rôle, à l’importance et à l’utilisation de l’organisation démocratique légale à l’intérieur du mouvement urbain.
Nous avons constitué plusieurs organisations de masse clandestines à différents moments. Bon nombre de ces organisations de masse clandestines étaient créées après une sévère répression sur les organisations de masse révolutionnaires publiques les empêchant de fonctionner. Notre réponse à la répression était alors de gérer ces mêmes organisations dans la clandestinité.
Notre unique changement alors que nous gérions les organisations clandestines concernaient les méthodes de fonctionnement clandestin. Nous espérions que les organisations clandestines exécuteraient les mêmes fonctions et les mêmes tâches qui étaient précédemment exécutées par les organisations publiques. Nous n’avons pas vu le besoin de changer considérablement le rôle, les tâches et la structure de la nouvelle organisation clandestine.
Nous devons comprendre les limites des organisations clandestines à effectuer une large mobilisation de masse comme les précédentes organisations de masse révolutionnaires publiques. Nous devons donc confier de telles tâches à l’organisation clandestine qui est la mieux placée pour les accomplir - comme la propagande révolutionnaire clandestine, organiser les masses clandestinement et mettre en oeuvre des actions militantes lorsque c’est nécessaire. De plus, nous pouvons réaffecter ces forces non-exposées de l’ancienne organisation révolutionnaire publique au travail fractionnaire ou à d’autres sortes de travail de couverture. Cela garantirait la continuation de la tâche de mobilisation des masses par l’intermédiaire d’autres moyens.

4.2.6. Négligence dans le fonctionnement clandestin

Notre POR a énuméré en détail la liste des différentes défaillances du fonctionnement clandestin, comme de ne pas créer de couverture, de ne pas bâtir ni fonctionner par l’entremise de couches, et d’autres erreurs techniques. A la racine de ces erreurs se trouve notre compréhension superficielle de l’approche stratégique à long terme, et notre manque d’une compréhension convenable de l’équilibre et du rapport entre le travail public et le travail clandestin. Une approche de raccourci et de résultats rapides, et le libéralisme, sont des raisons supplémentaires de ces erreurs.

4.2.7. Manque d’une perspective pour toute l’Inde

Ceci est également un défaut. Au cours de la période précédente, lorsque le travail urbain n’était limité qu’à quelques parcelles, la gravité de ce manque était relativement moindre. Cependant, avec l’intensification de la guerre populaire et l’expansion du parti dans la plupart des centres urbains majeurs du pays, la nécessité d’avoir une perspective urbaine et de la classe ouvrière pour toute l’Inde est devenue urgente. Nous devons établir une telle perspective et planifier le déploiement et l’utilisation de nos forces subjectives sur cette base.

4.3. Défaut principal dans notre conception

Les défauts mentionnés ci-dessus sont fondamentalement enracinés dans notre compréhension défectueuse en ce qui concerne le rôle du travail urbain, et tout particulièrement le rôle de la classe ouvrière dans la révolution indienne.
Comme mentionné précédemment dans ce document (point 3.1.1.), le 9ème Congress a donné une compréhension précise et claire quant au rôle de la classe ouvrière dans la révolution. Bien que nous ayons l’exacte compréhension du rôle de la classe ouvrière à la tête de la révolution, nous n’avons pas pu fournir de cadres suffisants pour nous concentrer sur la classe ouvrière. Il n’y avait pas beaucoup de concentration sur la part du leadership étant donné que nous nous concentrions sur la construction de la révolution agraire. Bien que nous ayons affecté des cadres au développement du mouvement de la classe ouvrière, en raison d’un manque d’approche à long terme et à cause de la répression, nous avons perdu un grand nombre de précieux cadres qui travaillaient dans les zones urbaines, et avons subi de lourdes pertes. Bien que n’existant pas au niveau théorique, il y avait dans une certaine mesure, une façon de penser erronée dans les esprits des comités de parti à différents niveaux, selon laquelle nous avions besoin de nous reposer sur les sections de la petite bourgeoise, comme les étudiants, pour développer les cadres de premier plan. Cela s’est reflété, dans une large mesure, dans notre pratique dans divers états. Un facteur important ayant contribué à cette pratique est la facilité relative avec laquelle nous pouvons recruter des cadres dans les étudiants et les jeunes comparés aux ouvriers, et la pression des besoins immédiats de la révolution qui doivent être exécutés.
Le 9ème Congress a donné comme tâche de construire la base prolétarienne et de développer les cadres de premier plan dans la classe ouvrière. Si nous rectifions nos erreurs, si nous tirons les leçons du passé, nous pouvons assurément surmonter le défaut actuel.

5. TACHES IMMEDIATES

Après avoir formulé la politique et les directives pour le travail urbain, et après avoir fait le point sur notre passé, le POR du 9ème Congress prie le parti de déclencher une campagne pour réorganiser le travail selon les nouvelles directives. Mettre en oeuvre systématiquement et complètement cet appel à la campagne du POR doit par conséquent être l’objectif principal de nos tâches immédiate. Selon la réalité objective et la situation subjective dans nos zones respectives, et en nous basant sur notre Politique et nos Directives, nous devons établir un programme point par point judicieux, par domaine, pour élever le parti, évaluer notre travail, identifier les domaines à changer, formuler des projets et des perspectives concrets et suivre leur réalisation de manière approfondie.

5.1. Mettre en place une spécialisation urbaine et sur la classe ouvrière dans les comités supérieurs

Les comités les plus hauts doivent être le point de départ. Dans les CC (Central Committee), PB (Politbureau) et RB (Regional Bureau) et dans ces SC (State Committee) où il y a la possibilité d’un travail urbain considérable, il doit y avoir une affectation de membres pour qu’ils se spécialisent dans le travail urbain. Lorsque le volume et la nature du travail l’exige, des sous-comités doivent être constitués.
Leurs tâches seront de mettre en oeuvre complètement la politique et les directives urbaines ; d’étudier attentivement et de résoudre les problèmes sur le terrain ; d’étudier l’ennemi, de prévoir ses mouvements et de pré-planifier en conséquence ; d’élaborer une théorie fondée sur les expériences du terrain, et par conséquent, de centraliser l’abondance de nouvelles idées émergeant constamment du terrain afin qu’elles puissent rapidement être appliquées à tous les endroits. A ce stade, les mêmes camarades devront également se concentrer sur les tâches du domaine de la classe ouvrière. Cela signifie coordonner le travail sur la classe ouvrière dans les différents centres, guider les organisations et les fronts de la classe ouvrière, préparer les programmes et les matières pour l’éducation et la formation politique des cadres dans le travail sur la classe ouvrière, étudier les tendances en voie de développement dans le mouvement de la classe ouvrière et planifier en conséquence, et répondre par des décisions rapides au niveau politique et tactique aux nombreuses manifestations spontanées se produisant au milieu de la recrudescence actuelle des luttes de la classe ouvrière.

5.2. Formuler une perspective et des projets au niveau de toute l’Inde et de l’état

Les comités supérieurs (et particulièrement les camarades alloués à se spécialiser) doivent formuler et choisir une perspective pour les zones et les industries urbaines à leurs niveaux respectifs. Décider d’une perspective donne la priorité et la voie grâce auxquelles planifier concrètement. Cela garanti que l’affectation des forces subjectives n’avance pas spontanément mais selon un plan.
En étudiant le processus urbain à la lumière de notre politique et de notre stratégie, et sur base d’une analyse de la ville et d’une analyse industrielle, il faut décider des villes et des industries sur lesquelles se concentrer. Une simple analyse de classe des zones de travail existantes et des villes potentielles doit également être menée. Cela servira à déterminer la priorité et à prendre des décisions concrètes.
La répartition réelle se fera naturellement sur la base des forces subjectives disponibles et des projets globaux du comité responsable. Cependant, nous devons, en affectant les forces pour le travail urbain, être prudents et n’assigner que des camarades qui auront une bonne chance de s’adapter au travail urbain et de le poursuivre pour un certain temps. Contrairement aux zones rurales dans lesquelles la retraite d’un camarade n’amène pas forcément beaucoup de dénonciation, la retraite d’un camarade urbain pour conduire à de considérables problèmes pour une organisation urbaine.

5.3. Réorienter et réorganiser les organisations urbaines avec une démarche stratégique à long terme

Un grand nombre de nos zones de travail urbain ne travaillent pas conformément à une approche stratégique à long terme. Beaucoup de zones ont du fermer définitivement en raison de la dénonciation et des pertes. De nombreuses zones ont essayé d’introduire une approche stratégique grâce à une méthode par tâtonnements provenant des expériences quotidiennes de terrain de confrontation à l’ennemi. Elles ont fait des progrès considérables mais des insuffisances demeurent. Par conséquent, aujourd’hui, différentes zones suivent des pratiques différentes fondées non seulement sur les différents niveaux de répression auxquels elles sont confrontées mais également sur des facteurs subjectifs tels que l’approche du leadership de la zone et de l’état ou les modèles et les styles de travail différents hérités du passé. Cela a continué en raison du manque d’intérêt pour le travail urbain en général, et en particulier en raison de l’absence d’un assortiment commun de politique et de directives partout dans le parti. Ayant maintenant adopté une politique et des directives communes, nous devons travailler à réorienter et à réorganiser le travail urbain dans le parti avec une approche stratégique à long terme.
Cette tâche doit être prise en main comme une campagne étroitement guidée et suivie par les comités d’état. Cela doit être un processus point par point impliquant l’éducation de tous les cadres urbains conformément à la politique urbaine, en insistant particulièrement sur les divers aspects de l’approche stratégique à long terme ; en évaluant le fonctionnement et la structure de l’organisation urbaine à tous les niveaux - tant de l’organisation du parti que des masses - et en prenant des décisions pour corriger ou améliorer les pratiques existantes ; en fixant les objectifs pour exécuter les changements choisis et en faisant le suivi afin qu’ils soient mis en oeuvre selon le plan ; et si nécessaire, par la réaffectation des forces selon l’évaluation précitée et aussi selon la perspective de projets établie par les comités supérieurs.
L’élément essentiel pour la mise en oeuvre efficace d’une telle campagne est la participation la plus étroite possible des comités supérieurs. Des questions, des doutes, et des problèmes pratiques vont sûrement apparaître au cours de la mise en oeuvre. Les résoudre exige la participation des membres du comité supérieur qui peuvent fournir des réponses et imaginer des façons de résoudre n’importe quel problème potentiel. Ce que nous devons viser à faire est de nous assurer que chaque membre du parti et que chaque militant opérant dans la ville comprenne profondément l’approche stratégique à long terme, ait une pleine croyance et une pleine confiance dans cette conception, l’exécute dans la pratique quotidienne et tente de la développer à de nouveaux niveaux.

5.4. Mobiliser largement les masses urbaines, particulièrement la classe ouvrière

En ce qui concerne la mobilisation de masse, nous devons d’abord corriger la méprise selon laquelle l’approche stratégique à long terme de la sauvegarde de nos forces signifie de restreindre notre organisation de masse aux seules étroites organisations de masse clandestines. Tous les camarades doivent comprendre que la préservation et les protection de nos forces n’est possible que dans le giron des larges masses. C’est pour cette raison que nous devons avoir recours à l’ organisation de masse légale la plus large possible en gardant le bon équilibre entre les forces légales et illégales d’organisation et de lutte. Cette voie à l’égard de la mobilisation large des masses doit être une des composantes capitales de la campagne pour réorienter et réorganiser le parti.
Nous devons mobiliser grâce au travail fractionnaire dans différents genres d’organisations existantes et par l’intermédiaire de différentes organisations de couverture et constamment concevoir de nouveaux moyens inventifs pour aller parmi les masses sans être dénoncés. Nous ne devons pas nous inquiéter excessivement du fait que nos luttes et nos slogans ne soient pas assez rouges et révolutionnaires. A condition que nous soyons parmi les masses et que nous les attirions dans la lutte, nous serons en mesure de les politiser et de les attirer dans la ligne révolutionnaire et dans le parti.
Lorsque c’est nécessaire, et où il est possible de mobiliser sur une grande échelle, nous devons également constituer ou prendre part à des organisations démocratiques légales. Ainsi, nous pouvons faire sortir les masses en grand nombre avec un programme démocratique. Nous ne devons toutefois pas faire une telle mobilisation où il est probable que les quantités soient peu nombreuses ou que nos forces aient de fortes chances d’être démasquées.
L’objectif principal de la mobilisation et de l’organisation des masses dans les villes doit être la classe ouvrière. Nous devons prêter une attention particulière aux syndicats et aux autres organisations de la classe ouvrière. Nous devons également nous organiser dans les bastis, où la classe ouvrière réside avec d’autres sections de citadins pauvres. Après la classe ouvrière et les citadins pauvres, nous devons faire attention aux organisations d’étudiants et d’autres sections de la petite bourgeoisie.

5.5. Recruter et développer la direction du parti à partir de la classe ouvrière

Nous devons avoir une forte tendance prolétarienne dans notre processus de construction du parti. A cet égard, nous devons prêter une attention particulière à la résolution du 9ème Congress. Nous devons dons nous concentrer à construire le parti dans les usines et d’autres centres où la classe ouvrière travaille. Même à l’intérieur des organisations de femmes, de jeunes et d’étudiants, nous devons prêter une attention particulière au recrutement dans les milieux prolétariens. Nous devons porter une attention particulière à l’éducation des prolétaires pour les faire entrer rapidement dans le parti en plus grand nombre. Après le recrutement, nous devons avoir des règles et des programmes pour former et développer le leadership parmi eux.

5.6. Réorganiser le mécanisme technique dans les villes

A l’exception des villes à l’intérieur et limitrophes aux zones de guérilla confrontées à une lourde répression, le mécanisme technique est très flottant et primitif dans la majeure partie des villes. Nous développons principalement nos méthodes techniques comme une procédure pour réagir à la menace immédiate de l’ennemi, plutôt que comme un projet basé sur une approche stratégique à long terme. Cette approche spontanée est très dangereuse et doit être radicalement changée.
Par conséquent, nous devons réviser complètement notre mécanisme technique et nos méthodes de coordination du travail public et clandestin. Pour cela, un processus progressif au coup par coup ne fonctionnera pas. Un tel processus demeure tout au plus partiel et ne provoque pas le changement requis. En outre, l’ennemi avance rapidement pour établir son réseau dans les villes partout dans le pays. Nous devons donc modifier radicalement nos hypothèses fondamentales en ce qui concerne les exigences techniques. Nous devons comprendre que nous ne pouvons pas planifier sur la base des actions immédiates et des apparences de l’ennemi. L’état planifie sur une base à long terme et pour toute l’Inde. Notre planification doit aussi se faire sur une base à long terme et ne peut pas faire beaucoup de différence entre les villes de répression et de "non-répression".
Les normes fondamentales pour fonctionner sous des couvertures naturelles, pour fonctionner rigoureusement par l’intermédiaires de couches, les méthodes d’organisation de couverture et les techniques de communication doivent être mises en oeuvre dans tout notre travail urbain. Cela ne doit toutefois qu’être le premier pas. Nous devons nous rappeler que notre ennemi étudie et développe continuellement de nouvelles méthodes contre nous. C’est pour cette raison que notre méthode et notre approche doivent aussi être dynamiques et novatrices. Ainsi, au cours de l’exécution de nos directives, chacun d’entre nous doit en outre apporter des adjonctions, des adaptations et des évolutions à ces directives. Notre mécanisme technique, reposant sur certains concepts et principes fondamentaux, doit toujours avancer et s’améliorer et par conséquent, toujours se révéler être un pas devant la police politique.

5.7. Préparer les organes d’autodéfense du mouvement urbain

A cet égard, nous sommes relativement peu avancé. Bien que toutes les organisations de la ville constituent des équipes pour accomplir des actions précises, il n’y a eu presque aucun progrès et très peu de pratique dans la construction de formation d’auto-défense plus stables. Cela est vrai pour les équipes publiques aussi bien que pour les escouades d’auto-défense clandestines.
Nous devons fixer des objectifs et maintenant, ne plus retarder cette tâche plus longtemps. Là où des préparatifs sont nécessaires, nous devons faire les préparations requises et constituer les équipes. Pour les équipes publiques, une simple base politico-organisationnelle et un code de conduite doivent être établis. Il doit également y avoir une pleine clarté parmi les camarades concernés à propos de la ligne de commandement. Les camarades de grade supérieur doivent prendre la responsabilité de s’assurer de l’achèvement victorieux de cette tâche.

5.8. Prendre en main le travail dans les industries clé

Notre présence dans les industries clé est aujourd’hui extrêmement faible. Avec la progression de la guerre populaire, le besoin est urgent que nous pénétrions dans les industries clé et que nous y mettions en place une base solide. Tous les comités supérieurs ne doivent donc pas oublier cela pendant qu’ils établissent les plans. Nous devons faire des projets pour les industries clé en nous basant sur l’importance de l’industrie, les ouvertures disponibles pour l’entrée et les forces subjectives dont nous disposons pour un tel type de travail.

5.9 Infiltrer les organisations ennemies

Ceci est aussi encore une zone dans laquelle nous sommes pratiquement inexistants, et où nous devons débuter. Nous devons par conséquent dresser les plans pour cela à différents niveaux.
Nous devons mettre à profit les opportunités pour pénétrer dans la police, les forces paramilitaires et militaires. Très secrètement, nous devons suivre les contacts de ceux qui sont déjà à l’intérieur de ces forces. Lorsque c’est possible, nous devons y entrer depuis l’extérieur. Un tel travail doit être directement guidé par les comités supérieurs sans en informer les organes locaux.
Nous devons régulièrement diriger la propagande en ce qui concerne les problèmes des agents de police et des soldats ordinaires. Nous devons reprendre les questions brûlantes qui les inquiètent et les pousser à l’agitation.
Nous devons également faire une étude des villes de cantonnement, des zones d’usine d’artillerie, etc. dans le but de formuler un plan de travail pour de telles zones. Nous devons également essayer de rassembler et de produire le type de forces qui seront capables de faire un travail de ce genre.

5.10. Construire le front uni dans les zones urbaines

Notre travail urbain en front uni exige d’une part, la construction et la consolidation de l’alliance ouvrier-paysan, et d’autre part, la création de l’unité entre la classe ouvrière et les autres sections et classes urbaines.
Comme mentionné précédemment, l’alliance ouvrier-paysan n’est pas seulement la tâche de ces villes limitrophes aux zones de guérilla et aux autres zones de lutte rurale. Les villes métropolitaines et industrielles relativement dissociées de la campagne doivent particulièrement se concentrer de diverses manières pour faire progresser l’alliance ouvrier-paysan. La propagande, les luttes de solidarité, la participation des ouvriers dans les agitations paysannes, l’aide directe aux luttes rurales sont quelques uns des programmes qui doivent être entrepris. Dans le même temps, sur base de la situation concrète, d’autres manières nouvelles et plus inventives doivent être développées pour renforcer l’unité des deux classes révolutionnaires élémentaires.
Le front uni avec d’autres classes se fera principalement grâce aux organisations en front commun axées sur un problème ou basées sur un programme. Bien qu’elles puissent être légales pour un bout de temps selon la largeur du front, nous devons être prêts à faire aussi fonctionner les organisations en front uni depuis la clandestinité, comme le NDF aux Philippines, lorsqu’elles sont confrontées à l’autorité fasciste et brutale. Pendant que nous participons largement dans celles-ci, nous devons corriger nos erreurs sectaires dans la construction de tels fronts communs et de nos opérations bureaucratiques en leur sein. Les comités supérieurs doivent constamment guider et planifier pour faire progresser et élargir notre travail en front uni.
Comme indiqué tout au long de ce chapitre, les politiques de libéralisation, de mondialisation et de privatisation ont eu un grand impact sur les zones urbaines. Presque toutes les sections laborieuses dans les villes ont été gravement frappées par ces politiques. Cela a maintes et maintes fois abouti à des explosions spontanées de différentes sections sur diverses questions partielles sans direction claire. Maintenant cependant, les luttes sont devenues plus organisées et dirigées contre les politiques elles-mêmes, la classe ouvrière se manifestant dans le rôle de premier plan. Depuis le début des années 2000, de nombreuses luttes majeures de la classe ouvrière ont éclaté, et continuent à se propager et à s’accroître sans relâche. Ces luttes se répandent non seulement dans tous les coins du pays, mais elles marchent aussi en mesure avec les luttes anti-capitalistes se déroulant dans différentes parties du globe. Même le souffle réactionnaire après les avances militaires de l’impérialisme en Afghanistan, n’a pas été capables de repousser les luttes en pleine croissance.
Ces luttes de la classe ouvrière ont été rejointes par les luttes des employés, des professeurs, etc. Elles inspire également les citadins pauvres dans les bidonvilles et des luttes du semi-prolétariat avec les luttes anti-démolition et anti-expulsion prenant de nouveau un caractère militant. Même les petits capitalistes de la bourgeoisie nationale descendent dans les rues de façon militante contre l’industrie instable, les nouvelles taxes, les taux élevés de l’électricité, etc. Les racines de la plus grande partie de ces luttes résultent des politiques impérialistes de mondialisation, de libéralisation et de privatisation et se concentrent par conséquent de plus en plus directement contre ces politiques. Ainsi, une situation favorable existe dans les zones urbaines pour la construction de larges fronts contre l’impérialisme et il est probable que cette situation continue encore un bon bout de temps.