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Le défi du nationalisme hindou en Inde

Un défi majeur pour la classe ouvrière et les populations minoritaires de l’Inde est celui du nationalisme majoritaire hindou. Diversement présenté comme nationalisme hindou, intégrisme hindou ou communalisme hindou, ou simplement comme Hindutva en Inde, il s’agit d’un projet de droite dont l’objectif est d’imposer une vision du monde intégriste majoritaire et un système d’état fasciste d’une nation hindoue (Hindu rashtra) en Inde. L’Inde a une longue histoire de pluralisme culturel et de cohabitations de diverses religions, et a aujourd’hui la plus grande population minoritaire de musulmans dans le monde. Le projet nationaliste hindou a démarré dans les années 1920 comme mouvement politique pour représenter les hindous en tant que nation étant la seule habilitée au pouvoir dans le pays et reléguant les autres croyants à la position de descendants des "envahisseurs étrangers" qui ne pouvait vivre en Inde que sous la condition qu’ils acceptent la suprématie et la dominance des hindous et se relèguent au statut de citoyen de seconde zone. Le mouvement nationaliste hindou donne également une représentation unitaire et homogène de l’hindouisme, n’acceptant pas la grande diversité au sein de la religion et niant l’oppression de longue date des castes inférieures et des intouchables à l’intérieur de l’hindouisme lui-même. Cette position politique a bien fonctionné aux mains de l’impérialisme britannique, lequel a joué le communalisme hindou contre le communalisme musulman qui a finalement conduit à la partition de l’Inde sur des bases religieuses en 1947 au milieu de massacres systématiques de musulmans en Inde et d’hindous au Pakistan.
Bien que l’Inde indépendante ait adopté la laïcité ou le traitement égal de toutes les religions comme base fondamentale de sa politique d’état, le mouvement communaliste hindou a continué à devenir plus fort, sur base des frustrations de la population qui ne trouvait aucune promesses faite par le mouvement pour l’indépendance réalisée et continuait à souffrir de la pauvreté et de la misère et avec le soutien d’une classe capitaliste bourgeoise qui a vite trouvé une cause commune avec le système d’état autoritaire que le nationalisme hindou projetait d’imposer en Inde. C’était une coalition fasciste classique, une idéologie politique basée sur la supériorité religieuse et la diabolisation de l’ "autre", dans ce case les musulmans et les minorités religieuses, et basé sur le soutien de la classe ouvrière mécontente et frustrée, et dans de nombreux cas "lumpenisée" d’une part et d’une classe capitaliste de plus en plus puissante d’autre part. La principale force organisationnelle derrière ce projet venait de la Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) ou National Volunteer Organization, une organisation de droite constituée sur des lignes fascistes et militariste en 1925 dont les fondateurs exprimaient ouvertement leur admiration pour Hitler et s’inspiraient des idéologies nazies de pureté raciale et de supériorité raciale. Aujourd’hui, la RSS prétend être la plus grande organisation non-gouvernementale du monde. Elle a engendré de nombreuses organisations de front culturelles, politiques, éducatives, religieuses et ouvrières parmi lesquelles le Bharatiya Janata Party (BJP), l’actuel parti dirigeant en Inde, le Vishwa Hindu Parishad et le Bajrang Dal qui sont des organisations religieuses hindoues connues pour être impliquées dans tous les pogroms anti-musulmans de l’Inde indépendante, et le Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), le plus grand syndicat indien. Ensemble, ces organisations appelées Sangh Parivar, ou famille Sangh, dirigent un puissant mouvement politique réactionnaire en Inde qui aspire à prendre le pouvoir politique et à instaurer une Hindu Rashtra ou nation hindoue en Inde. Leurs tactiques politiques comprennent une propagande considérable contre les musulmans et les autres religions minoritaires, des attaques et des pogroms contre les musulmans et les chrétiens, la gestion de programmes éducatifs et culturels de grande envergure pour endoctriner les jeunes avec leurs idéologies politiques et finalement leur présentation aux élections pour prendre le pouvoir politique. Ils identifient les musulmans comme étant leur principaux ennemis culturels et les communistes comme étant leurs principaux ennemis politiques, les cataloguant tous les deux comme anti-nationaux. Ils considèrent également le parti centriste du Congrès comme leur adversaire politique, les accusant de pseudo-laïcité ou d’apaisement des minorités.
La propagande malveillante de la RSS ainsi que le soutien considérable des entreprises dont elle jouit a permis à son front politique, le BJP, dirigé par Narendra Modi, chef du gouvernement du Gujarat qui a présidé un massacre de musulmans de grande échelle dans cet état en 2002, d’accéder au pouvoir en Inde en 2014. Bien qu’ils aient formé le gouvernement en mettant l’accent sur la "bonne gouvernance", ce qui a séduit la classe moyenne mécontente de la corruption du précédent gouvernement dirigé par le parti du Congrès, cela a engendré une situation de mobilisation communaliste grandissante et de ciblage des minorités d’une part, tout en conduisant à l’imposition de leur vision du monde fasciste et régressive dans les domaines des sciences, de la culture, de l’art, de l’éducation, etc. d’autre part. Cela comprend une glorification sans fondement de ce qu’ils prétendent être les accomplissements de l’Inde ancienne, la dénégation des éléments pluralistes et cosmopolites de la culture indienne et les attaques contre n’importe quelle interprétation de l’histoire indienne se distinguant de la leur. Parallèlement, ils mènent une politique économique néo-libérale vivement pro-entreprises, en changeant les lois liées à l’exploitation minière, à l’acquisition foncière, à l’assurance, à la vente au détail et au travail à la faveur des sociétés nationales et internationales. Dans leur politique étrangère, ils sont totalement complices de la prétendue "guerre contre le terrorisme" dirigée par les USA et ont des relations très étroites avec les gouvernements américains et israéliens.
La lutte contre ce mouvement fasciste minoritaire est tant une bataille pour les esprits des gens q’une bataille pour les rues. La bataille pour les esprits des gens est de contrecarrer leur propagande communaliste et source de discorde et de s’opposer à l’infiltration de leurs idées dans toutes les sphères de la société et des institutions. Un grand nombre d’intellectuels démocrates de gauche et d’étudiants sont impliqués dans cette lutte pour contrer leur propagande au sujet des minorités et de l’histoire de l’Inde. La lutte la plus acharnée est la bataille pour les rues, où la gauche n’a pas été en mesure de résister à l’attaque des éléments communalistes hindous. Par conséquent, de nombreux pogroms et attaques contre les communautés minoritaires ont eu lieu ces deux dernières années, qui ont été fomenté et organisés par ces éléments fascistes sans aucune résistance politique efficace. Ceci est une tâche ardue pour la gauche indienne alors que la situation de polarisation communaliste se détériore et que le Sangh Parivar espère faire avancer son programme d’instauration d’un état nation fasciste basé sur la supériorité et la dominance hindou, Hindu Rashtra en Inde.