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Entretien avec Ganapathy, secrétaire général du CPI(Maoist)

Entretien de Jan Myrdal et Gautam Navlakha avec Ganapathy, secrétaire général du CPI(Maoist) - 12 février 2010

Note des auteurs :
Très avant dans les jungles des Ghats orientaux, nous avons rencontré le secrétaire général du CPI(Maoist) Mupalla Laxman Rao, Ganapathy. Après qu’il nous ait souhaité la bienvenue et qu’il nous ait demandé si nous, en particulier Jan Myrdal, avions rencontré des problèmes pour parcourir le relief accidenté, l’interview a commencé. Voici le résumé de notre entretien avec lui. Nous avons conservé l’interview dans la forme sous laquelle il a été donné, lu et approuvé par lui avec quelques changements linguistiques mineurs. Nous attirons en particulier l’attention des lecteurs sur le fait que le secrétaire général pose brièvement la position de son parti sur la question des pourparlers étant donné la désinformation diffusée par le ministre de l’Intérieur de l’Union P. Chidambaram selon laquelle le CPI(Maoist) avait "méprisé" l’offre de négociations du gouvernement indien. En fait, il nous a dit : "Pour le dire de façon concise, les exigences principales placée devant le gouvernement de l’Inde par le parti pour tout type de négociations sont 1) il faut renoncer à la guerre totale ; 2) pour tout type de travail démocratique, l’interdiction du parti et des organisations de masse doit être supprimée ; 3) la détention illégale et la torture des camarades doivent être arrêtées et ils doivent être immédiatement libérés. Si ces exigences sont satisfaites, alors, ces mêmes dirigeants libérés de prison mèneraient et représenteraient le parti dans les négociations". Cependant, nous considérons tout le texte de l’interview comme étant important pour tous ceux qui veulent en savoir plus au sujet des politiques du parti que le gouvernement de l’Inde considère comme la principale menace pour sa sécurité intérieure.

Jan Myrdal est un écrivain suédois, auteur politique, journaliste et défenseur des mouvements de libération populaires, anti-impérialistes, anti-colonialistes ; Gautam Navlakha est le consultant de la rédaction d’EPW (Economic and Political Weekly) et également un important activiste pour les droits démocratiques (attaché au People’s Union for Democratic Rights (PUDR) - Delhi.

- Comment imaginez-vous le lien de cette lutte avec une lutte générale en Inde en termes de classe ? Après 1935, le président Mao a conduit la longue marche vers Yan’an, a créé une base pour un niveau national dont une partie était le front uni avec Tchang Kaï-chek. De cette façon, c’est devenu la principale puissance nationale en Chine. Comment pensez-vous devenir une puissance nationale en Inde ?

Ganapathy : En Chine, la situation dans laquelle a eu lieu la longue marche vers Yan’an, et où a été créée une base dont une partie était la formation d’un front uni avec Tchang Kaï-chek pour un niveau national est différente de notre situation actuelle de révolution de nouvelle démocratie en Inde. La révolution chinoise avait eu lieu dans la première moitié du 20ème siècle. Depuis lors, plusieurs changements significatifs se sont produits dans le monde. Ceux-ci sont, premièrement, l’émergence d’un camp socialiste et son effondrement ultérieur, deuxièmement, la chute du colonialisme et la naissance du néocolonialisme, troisièmement l’émergence du soi-disant système parlementaire comme système politique commun partout dans le monde, quatrièmement, une longue interruption est apparue dan la vague révolutionnaire après le succès des révolutions au Vietnam, au Kamputchéa et au Laos en dépit de quelques vagues et luttes significatives dans plusieurs pays. Si nous examinons toute l’histoire du monde, après son émergence sur le globe, la classe ouvrière affronte la classe de la bourgeoisie et toutes les forces réactionnaires. Elle leur a pris le pouvoir à Paris pendant un petit moment et puis en Russie, en Chine et dans plusieurs pays européens pendant longtemps et a secoué le monde entier. Dans cette trajectoire, il y a eu des hauts et des bas dans la révolution socialiste mondiale mais néanmoins, la lutte continue. C’est comme des vagues, par moments, elle a ralenti, mais elle n’a jamais cessé. Par conséquent, nous devons voir toute révolution dans un pays à la lumière du contexte historique.
En Chine, la situation dans laquelle a eu lieu la longue marche vers Yan’an, et où a été créée une base dont une partie était la formation d’un front uni avec Tchang Kaï-chek pour un niveau national est différente de notre situation actuelle de révolution de nouvelle démocratie en Inde. La révolution chinoise avait eu lieu dans la première moitié du 20ème siècle. Depuis lors, plusieurs changements significatifs se sont produits dans le monde. Ceux-ci sont, premièrement, l’émergence d’un camp socialiste et son effondrement ultérieur, deuxièmement, la chute du colonialisme et la naissance du néocolonialisme, troisièmement l’émergence du soi-disant système parlementaire comme système politique commun partout dans le monde, quatrièmement, une longue interruption est apparue dan la vague révolutionnaire après le succès des révolutions au Vietnam, au Kamputchéa et au Laos en dépit de quelques vagues et luttes significatives dans plusieurs pays. Si nous examinons toute l’histoire du monde, après son émergence sur le globe, la classe ouvrière affronte la classe de la bourgeoisie et toutes les forces réactionnaires. Elle leur a pris le pouvoir à Paris pendant un petit moment et puis en Russie, en Chine et dans plusieurs pays européens pendant longtemps et a secoué le monde entier. Dans cette trajectoire, il y a eu des hauts et des bas dans la révolution socialiste mondiale mais néanmoins, la lutte continue. C’est comme des vagues, par moments, elle a ralenti, mais elle n’a jamais cessé. Par conséquent, nous devons voir toute révolution dans un pays à la lumière du contexte historique.
Nous maintenons la ligne idéologique et politique de base d’un véritable parti maoïste, qui apprend ses leçons de la pratique, qui s’engage dans la lutte de classe avec sérieux et qui défend fermement les positions correctes sur plusieurs questions idéologiques et politiques auxquelles il fait face dans le pays et dans l’arène internationale. En raison de ces positions issues uniquement du courant CPI(ML) sont nés le CPI(M-L)-Party Unity (PU) en 1978 et le CPI (People’s War) (PW) le 22 avril 1980. Encore une fois, ce n’est qu’en raison de ceci que le MCC, les partis PU et PW ont bâti un mouvement révolutionnaire agraire armé dans différentes régions du pays, tout particulièrement dans l’Andhra Pradesh et le Bihar. Nous avons considérablement renforcé notre parti, le mouvement de masse révolutionnaire et la lutte armées dans les années 80 et 90, ce qui a mené à une grande unité et à la formation de notre nouveau parti en septembre 2004. Depuis 1977, un grand nombre de véritables forces maoïstes ont fusionné et se sont consolidées dans le CPI(ML) [PW], le MCCI et le CPI(M-L)-PU et ce processus a encore continué dans une certaine mesure après la formation du nouveau parti. Mais au cours de cette période, la majeure partie des groupes maoïstes de gauche et de droite s’étaient petit à petit désintégrés et avaient disparus. Certains groupes de droite existent toujours bien qu’ils soient faibles. Une minuscule section de forces maoïstes existe encore, mais cela fait longtemps qu’elle souffre de son sectarisme.
Nous sommes d’avis que notre lutte au sein du CPI et du CPM font partie intégrante de la grande lutte menée dans le International Communist Movement dirigé par le Communist Party of China sous le leadership direct du camarade Mao. Nous sommes également d’avis que la lutte interne à l’intérieur du CPI(ML) qui a eu lieu pendant plusieurs années est directement ou indirectement associée à la lutte interne du CPC même avant et après le décès de Mao. La clique révisionniste moderne de Deng qui a usurpé le pouvoir en Chine a fait beaucoup de tort non seulement à notre parti et à la révolution, mais aussi à la révolution mondiale. Nous restons profondément fidèles à la Pensée Mao et opposés à la clique de Deng et à la clique de Lin Piao. Notre expérience montre clairement que la révolution indienne a beaucoup été influencée par les évolutions positives et négatives du International Communist Movement (ICM).
Nous, le parti maoïste indien, avons traversé un chemin tortueux pendant une longue période. Après la création du parti uni, une situation on ne peut plus favorable est apparue pour l’avancement de la révolution. Nous avons laissé passer une bonne occasion entre 1969 et 1972. La plus grande bénédiction de cette fusion a été le résultat de la synthèse de plus de 35 années d’expériences de la révolution indienne. Elle nous a donné des documents fondamentaux enrichis en termes de stratégie, de tactique et de politique. Notre fusion a entraîné un changement significatif entre deux partis différents travaillant dans des régions distinctes et lointaines ou de petites poches et un parti ayant un caractère pan-indien. Avant la fusion, malgré que les deux partis avaient des CC, ils connaissaient d’importantes limites pour servir de Central Bodies avec une perspectives pan-indienne. Mais après la fusion, notre compréhension s’est davantage enrichie au sujet du développement inégal du pays et du développement inégal du mouvement révolutionnaire. Maintenant, nous pouvons faire des projets à un niveau pan-indien d’une meilleure façon. Ce n’est pas achevé, mais au moins, les inconvénients ont été abolis. Une ligne plus claire et plus riche s’est dégagée aussi bien en termes d’Inde que de contexte mondial. Un autre aspect de cet avantage, c’est qu’il a aussi produit un effet au niveau international. Avant ceci, nous ne pouvions principalement pas voir tant de soutien international. Mais s’il est encore naissant, néanmoins, il s’est développé. Ces dernières années, nous avons subi plusieurs pertes. Nous devons penser à comment éviter autant de pertes. Mais notre CC a dit que nous devions éviter les erreurs pour éviter les pertes, faire face à l’ennemi avec assurance et aller de l’avant.
Actuellement, dans notre pays, les autres partis maoïstes ne sont pas en position de prendre la direction des masses en raison de leur ligne déviationniste de droite et de leur puissance limitée. Les forces démocratiques et progressistes manquent d’un programme d’action révolutionnaire de base. En ce moment également, elles ont une zone d’influence limitée. En plus de toutes ces restrictions, aucun parti n’a de force armée populaire pour défendre. Je réaffirme qu’actuellement, aucun parti ni aucune organisation n’est assez capable pour être un centre de ralliement pour toutes les forces révolutionnaires, démocratiques, progressistes et patriotiques, et pour la population. Par conséquent, dans la conjoncture actuelle, notre parti peut jouer un rôle significatif dans le ralliement de toutes les forces révolutionnaires, démocratiques, progressistes, patriotiques et pour la population. Parce que notre parti a un caractère pan-indien, une bonne base de masse politique et militante dans plusieurs états, une People’s Liberation Guerilla Army (PLGA) qui combat l’ennemi dans plusieurs états et un pouvoir naissant de New Democratic People au Dandakaranya [une région du centre de l’Inde qui comprend essentiellement des districts tribaux de cinq états de l’Inde, à savoir l’Andhra Pradesh, le Chhattisgarh, le Madhya Pradesh, le Maharashtra et l’Orissa], au Jharkhand et certaines autres régions de l’Inde. Nous avons une conception précise pour unifier toutes les forces révolutionnaires démocratiques, progressistes et patriotiques et toutes les communautés sociales opprimées y compris les nationalités opprimées contre l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique compradore. Notre New Democratic United Front (UF) consiste en quatre classes démocratiques, c-à-d les ouvriers, les paysans, la petite bourgeoisie urbaine et la bourgeoisie nationale. Si nous désirons constituer un United Front solide, alors, il faut qu’il soit sous la direction du prolétariat, sur base de l’alliance ouvrier-paysan. Si nous désirons constituer un United Front solide, alors, il faut qu’il soit soutenu et défendu par la People’s Army. Sans People’s Army, le peuple n’a rien à accomplir ni à défendre. Par conséquent, l’ennemi cherche sérieusement à éliminer les dirigeants de notre parti dans le but de détruire le centre démocratique et révolutionnaire du peuple indien. Donc, les conditions ont davantage mûri pour se rallier autour d’un centre et la révolution a pu avancer sur le leadership du CPI(Maoist).
Au même moment, la crise économique mondiale, les politiques anti-populaires et pro-impérialistes des classes dirigeantes indiennes et la répression croissante de l’état ont rendu furieuses les masses dans le pays, renforçant la possibilité révolutionnaire maintenant qu’il n’y a qu’un seul parti révolutionnaire. L’Inde a longtemps, depuis la mort en martyr du camarade CM, manqué d’une plateforme révolutionnaire unique. Même dans le plan d’action international, il y avait un grand nombre de clivages dans les mouvements maoïstes. Dans cette conjoncture particulière, l’émergence de notre parti procure un nouvel espoir à la population.
Je veux dire que le parti ne se fait aucune illusion concernant le soi-disant système parlementaire et connait bien la puissance de l’état indien. Nous connaissons aussi clairement nos limites et nos défauts, même après l’unité [création du Communist Party of India (Maoist)] et les points faibles des forces maoïstes dans le pays et dans d’autres pays.
Les conditions révolutionnaires favorables, l’âpre lutte de classe généralisée s’élevant dans la société indienne et l’expansion de la lutte armée sont très attentivement observées par l’ennemi qui le prend on ne peut plus sérieusement. Par conséquent, les classes dirigeantes indiennes qui sont également des compradores de l’impérialisme ne donnent aucune chance à ces luttes. Donc, dans le contexte immédiat de la révolution mondiale mettant aussi ensemble des expériences des Philippines, du Pérou, du Népal et de l’Inde, l’impérialisme est des plus inquiet du développement d’une violente lutte de classe émergeant en Inde. Dans l’actuelle situation du monde, si la révolution maoïste en Inde peut progresser vers un nouveau stade, elle deviendra une sérieuse menace pour le système capitaliste mondial. C’est la raison pour laquelle l’impérialisme, et tout particulièrement l’Amérique, a pris ces évolutions sérieusement.
Donc d’un côté, il y a des conditions plus favorables pour la révolution, et de l’autre côté, il y a l’attaque vigoureuse de l’ennemi pour réprimer la révolution. Dans cette situation, tout notre projet est de tirer parti au maximum des conditions favorables en résistant à l’ennemi, ce qui déterminera notre plan.
Dans ce contexte, en ce moment, l’obstacle principal sur le chemin de la révolution indienne est la guerre totale déclenchée par l’ennemi. Cette guerre est principalement menée contre le mouvement maoïste mais n’est pas limitée à ce mouvement. Elle est assez dirigée contre tous les mouvements révolutionnaires, démocratiques, progressistes et patriotiques et les mouvements des communautés opprimées de notre société, y compris les nationalités opprimées. A ce moment, toutes ces forces doivent penser ensemble à la manière de s’unir pour poursuivre.
Comment pouvons-nous résoudre le problème de la guerre totale ? Pour la résolution de n’importe quel problème, nous devons l’analyser profondément pour identifier la cause première du problème. D’abord, pourquoi cette guerre ? Qui est-ce qui l’impose ? A qui est-elle imposée ? Quelle est la nature de cette guerre ? Combien de temps se poursuit-elle ? Pouvons-nous accepter cette guerre ou pas ? Qui devrait riposter ? Comment riposter ? Quel est le but de la résistance à la guerre ?, etc.
Cette guerre est destinée à anéantir la révolution qui émerge peu à peu en tant que pouvoir politique alternatif au pouvoir politique réactionnaire existant dans le pays qui pille massivement les minéraux et les autres riches ressources naturelles des vastes régions du peuple Adivasi et d’autres populations locales de Lalgarh à Surjagarh. Il impose cette guerre à ceux qui sont contre cette guerre, c-à-d les révolutionnaires maoïstes, le peuple Adivasi et la population locale des vastes régions forestières, les ouvriers, les paysans, la classe moyenne urbaine, la petite et la moyenne bourgeoisie, les Dalits, les femmes, les minorités religieuses et les nationalités opprimées, les organisations démocratiques, les forces progressistes et patriotiques qui constituent plus de 95% de la population. C’est une guerre totalement injuste. Cette guerre est imposée par la bourgeoisie bureaucratique compradore, par les forces féodales de ce pays et par les impérialistes, tout particulièrement l’Amérique. Ce sont eux les véritables pillards, corrupteurs, maîtres-chanteurs, accapareurs, escrocs, assassins, conspirateurs, oppresseurs, suppresseurs, autocrates, fascistes, ce sont eux les plus réactionnaires et les traitres numéro un. Ces réactionnaires planifient de poursuivre cette guerre longtemps jusqu’à ce qu’ils atteignent leur but.
Aucun maoïste, aucun démocrate, aucun patriote aucun peuple n’acceptera cette guerre injuste imposée par les dirigeants. La population s’opposera totalement à cette guerre injuste, inhumaine, traitresse et on ne peut plus cruelle. Elle sera défiée par tous les habitants de notre pays et par tous les peuples du monde. Cette guerre injuste est complètement contre l’intérêt de la population et l’intérêt du pays. La population s’unira et ira à l’encontre de cette guerre injuste en menant une guerre juste. Le peuple ne supportera jamais aucune sorte de guerre injuste. Dans l’histoire de la société de classe tout entière, le peuple n’a jamais supporté aucune sorte de guerre injuste, mais il a résisté à toutes les guerres injustes en payant de son propre sang pour finir par gagner. Le but immédiat de cette guerre juste est de faire échouer totalement la guerre injuste et ensuite de progresser vers un changement des conditions sociales actuelles qui laissent toute latitude aux guerres injustes. Si nous examinons les évolutions politiques du pays, cette guerre totale inhumaine offre d’immenses perspectives pour unir les vastes masses et cela deviendra assurément contre-productif pour les classes dirigeantes.
Après le 15 août 1947, nous n’avions jamais vu une telle intégration de l’économie, de la défense, de la sécurité intérieure, de l’administration politique, de la culture et de l’état indien tout entier avec les impérialistes, tout particulièrement avec les impérialistes des Etats-Unis. L’accord nucléaire et plusieurs marchés destinés à la défense nationale, l’ingérence flagrante après les attaques terroristes à Mumbai le 26 novembre 2008, la visite du ministre de l’Intérieur de l’Union Chidambaram aux USA et les accords cruciaux liés à la sécurité intérieure sont des exemples manifestes. en raison de ce changement significatif, les expansionnistes indiens jouent un rôle crucial dans l’Asie du Sud. La contradiction fondamentale entre l’impérialisme et le peuple indien est devenue encore plus vive. Cela donnera une belle possibilité pour unir le peuple contre les impérialistes et pour lutte contre l’impérialisme.
Depuis plusieurs décennies, le Cachemire tout entier et le Nord-Est sont sous domination militaire et paramilitaire. D’autre part, on a vu un changement radical dans la sécurité intérieure en raison du rôle de l’armée dans la situation intérieure. L’armée indienne fut déployée au moment de l’historique révolution agraire armée de Telangana (1946-52) et pendant un petit moment [en 1971] dans certaines poches du Bengale occidental après le grand soulèvement armé paysan de Naxalbari en 1966. Mais aujourd’hui, dans une perspective à long terme, l’armée indienne est réorganisée. Selon les ordres de la guerre mondiale contre le terrorisme, il y a trois ans, l’armée indienne a déclaré sa nouvelle politique [Doctrine of Sub-conventional Warfare] pour se charger de la sécurité intérieure et des besoins de la guerre moderne avec les autres pays. Conformément à ce plan restructuré, l’armée indienne forme un grand nombre de ses effectifs selon les besoins des opérations généralisées de contre-insurrection. Dorénavant, l’armée indienne est utilisée dans une vaste zone de notre pays contre son propre peuple au nom de la sécurité intérieure. Si le gouvernement indien est réellement un gouvernement populaire, comment peut-il utiliser sa propre armée contre son propre peuple ? L’état indien fonctionne comme une autorité autocratique et fasciste sous le costume de la démocratie. Tous les gains réalisés par les luttes populaires démocratiques et révolutionnaires sont contestés par les fascistes. Mais ceci obligera aussi les vastes masses à s’unir et à résister par tous les moyens pour défendre. En définitive, cela deviendra aussi contre-productif pour les classes dirigeantes.
Nous devons également parler de l’actuelle crise économique mondiale, particulièrement la crise des impérialistes américains et d’autres pays impérialistes. Sous certains aspects, cette crise est même plus profonde que la grande dépression des années 30. Mais le capitalisme ne meurt pas tout seul sans une révolution. Maintenant, pour sortir de cette crise, les impérialistes chercheront à augmenter l’exploitation de la classe ouvrière et de la classe moyenne dans leurs propres pays et à intensifier le pillage des pays du tiers-monde. Les multinationales et la bourgeoisie bureaucrate compradore, les collaborateurs des impérialistes, ont fixé leur attention sur de grandes zones de Lalgarh au Bengale jusque Surjagarh au Maharashtra. Pour exploiter cette riche région, région essentiellement (tribale) adivasi, les gouvernements des états et du centre ont signé des centaines de MOU (Memorandum of Understanding - protocole d’accord). Le pillage systématique de cette région détruira l’environnement et amènera des changements écologiques à long terme. La communauté la plus opprimée de la société indienne, les Adivasis et les populations locales sont l’objet d’une grande menace. C’est probablement la première fois dans le monde que de si grandes populations d’indigènes sont menacées. Une nouvelle situation est créée et ces sections opprimées doivent avancer avec un programme concret. Il est évident que sans l’émancipation des ces populations, nous ne pouvons pas progresser ni la révolution indienne réussir. Notre parti travaille sur ce problème et de plus en plus de gens s’uniront et résisteront aux grands ennemis du peuple indien, à savoir les impérialistes, la bourgeoisie bureaucrate compradore, les féodaux et l’état fasciste.
Les habitants du nord-est, les nationalistes opprimés et les Cachemiriens se battent pour leur libération depuis des décennies. Ils ont fait des progrès dans une certaine mesure et ont fait face à des souffrances sans précédent. Mais ils n’ont pas réussi et ils continuent toujours leur combat. Tandis que nous avons eu quelques succès dans la guérilla, elles (nationalités opprimées) voient un certain espoir dans les Maoïstes. Il y a ce nouvel espoir que si la révolution maoïste progresse, cela accélérera également les luttes de libération nationales. Dans ce contexte, conformément au marxisme-léninisme-maoïsme, le parti a toujours maintenu la position du droit à l’autodétermination, y compris à la sécession de toutes les nationalités opprimées. Elles (nationalités opprimées) comprennent cette politique et leur combat a besoin d’être renforcé. Il faut tirer parti de ceci pour s’unir avec eux et essayer d’obtenir un front uni. Par exemple, lorsque les forces Naga furent déployées au Chhattisgarh ou lorsque les bataillons Mizo furent positionnés ici, il y a eu des manifestations respectivement au Nagaland et au Mizoram par des propres membres des familles des soldats et des démocrates. Ils disaient qu’ils s’opposaient à la guerre contre la population, qu’ils ne voulaient pas envoyer leurs enfants pour réprimer d’autres gens. D’un point de vue stratégique, cela crée une condition meilleure pour unir les gens de toutes les nationalités, les ouvriers, les paysans, la classe moyenne et les capitalistes nationaux. La répression contre la population qui se déroule partout devient progressivement contre-productive pour les dirigeants eux-mêmes.
Globalement, l’ennemi a déclaré une guerre totale contre la population au nom de la sécurité intérieure et au nom du danger en provenance des maoïstes. Nous sommes relativement forts dans plusieurs zones rurales du pays. Mais actuellement, nos forces sont faibles, nous sommes faibles dans les zones urbaines et nous sommes aussi faibles parmi les ouvriers et les petits-bourgeois. L’armée populaire est faible aussi et ses armes sont inférieures à celle de l’ennemi. Ce sont nos faiblesses dans l’ensemble. Renforcer l’armée populaire et le travail dans les zones urbaines sont deux des tâches urgentes les plus plus importantes. Le Unity Congress de notre parti a annoncé explicitement un plan stratégique et a donné des documents enrichis pour une amélioration dans ces domaines. D’autre part, les contradictions sociales deviennent plus vives très rapidement. En même temps que les tâches urgentes précitées, notre parti s’applique à unir de plus en plus de gens. Si nous y parvenons, nous pouvons faire un bond dans la révolution. Nous avons bon espoir concernant l’émergence d’un front uni. Dans cette nouvelle situation, c’est une des tâches de premier plan de la révolution indienne. Nous sentons profondément que ce n’est pas seulement notre tâche, mais que c’est la tâches de toutes les forces progressistes, démocratiques et révolutionnaires. Avec ceci, la contradiction à l’intérieur des classes ennemies s’avive. On peut le voir dans la lutte de Nandigram, et dans une certaine mesure, dans la lutte de Lalgarh. Nous tirons parti de cette contradiction et il est nécessaire de l’exploiter partout pour faire progresser la lutte de classe. Nous travaillons également avec d’autres organisations démocratiques, avec d’autres personnes et certains individus appartenant aux classes dirigeantes sur divers problèmes des masses en constituant des fronts tactiques. Nous, et tous les partis, organisations et personnes combattants devons comprendre l’importance de l’unité entre nous et de la création d’un front uni. Nous donnons une impulsion pour l’unité des gens et pour la construction d’un front uni stratégique et de fronts tactiques. Ce front uni stratégique rassemblera les opprimés contre l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique compradore. Malgré l’intensification de la contradiction entre l’impérialisme et le peuple indien, notre pays n’est attaqué par aucun autre pays impérialiste ni n’es devenu, par n’importe quel autre moyen, une colonie directe. Par conséquent, en ce moment, notre condition est différente de celle de la Chine au milieu des années 30 quand le CPC a constitué un front uni anti-impérialiste contre l’impérialisme au Japon.

- Comment le parti résoudrait-il les difficultés dans la création d’un front uni et dans les conditions objectives, que pense le parti des conditions subjectives dans le scénario d’aujourd’hui ?

Ganapathy : Camarades. D’abord, le premier aspect est que le parti maoïste voudrait devenir un centre pour la population du pays et son développement, représenter ses aspirations. Nous représentons plus de 95% de la population. Il y a une condition objective plus favorable pour unir la population et la population veut aussi un parti qui servira ses intérêts. Nous ne travaillons pas pour une réforme partielle à l’intérieur du système bourgeois et exploiteur. Nous luttons pour les revendications socio-économiques de la population ainsi que pour le changement qualitatif de la structure de base même de la société. Si nous parvenons à clairement l’expliquer à la population, nous réussirons à mobiliser et à organiser les gens dans la guerre et nous gagnerons.
Chaque fois qu’une guerre populaire prolongée, aussi bien qu’une guerre de libération nationale, a été menée, l’expérience montre que sans une base de masse, une armée, une zone libérée, les gens ne sont pas parvenus à constituer un front uni solide. Nous devons nous efforcer de mobiliser les masses dans la guerre contre leurs ennemis, de construire notre propre armée, d’établir des zones de base stables et d’aller de l’avant pour fonder un front uni solide.

- Quelles sont les manières et les méthodes pour gagner des amis à la cause ?

Ganapathy : Pour une unité la plus large possible, nous ne pouvons pas avoir une approche sectaire à l’égard des amis de la révolution de nouvelle démocratie. Actuellement, plusieurs forces sont liguées contre l’ennemi. Nous devons les laisser se développer aussi. Dans le front uni, sur certaines questions, il y aurait également des représentants des classes oppressives. Nous ne pouvons pas espérer qu’ils rejoignent nos rangs, ce qui est encore loin. En ce moment, il faut que nous restions bien fidèles à notre objectif stratégique et pour cela, sur la plan tactique, il faut que nous restions souples.
Plus clairement, il y a deux différents types de fronts unis. Un entre les gens et l’autre entre les gens et l’ennemi (section/groupe/individus des classes ennemies) utilisant les contradictions chez l’ennemi. Le parti doit faire cela. Dans une certaine mesure, cette possibilité existe sur certaines questions. Nous l’appelons la réserve indirecte de la révolution, dont on peut se servir avec précaution. Si nous comprenons clairement que ce ne sont pas nos alliés de classe, alors, nous ne devrions pas avoir de déviations opportunistes de droite. Nous avons besoin de fronts unis de ce genre pour la réussite de la révolution. La gauche indienne, telle que le CPI et le CPM, a en grande partie traîné derrière la bourgeoisie et a dégénéré.
Le dernier aspect est que chaque classe a un intérêt de classe distinct et une vision du monde distincte. En ce sens, le front uni est également un front de lutte. Mais dans l’ensemble, si la lutte est contre l’ennemi principal, alors cette lutte devient secondaire tandis que l’unité devient primordiale. La véritable question est celle de la façon d’équilibrer et d’utiliser efficacement cette lutte et cette unité. Les classes ennemies ne se rangeront jamais du côté de la population. Même après la prise du pouvoir, la lutte se poursuivra à l’intérieur de la société pendant longtemps. Par conséquent, le front uni et la lutte de classe doivent continuer simultanément. Pour cela, une tâche de la plus haute importance est de se concentrer sur l’éducation idéologique et politique des masses. Si nous pouvons réussir à faire ceci, alors, nous pouvons aussi gagner ces sections à notre cause et leur permettre de rejoindre nos rangs. Ces partis ont également des gens relevant d’un leadership corrompu. Si nous pouvons convaincre les gens grâce à la lutte politique et idéologique, nous pourrons convaincre un grand nombre de leurs membres initiaux. La percée révolutionnaire est liée à ce processus. Le parti chinois et le parti népalais se sont développés à pas de géants en faisant la même chose. A travers ceci, la force des cadres comme de l’armée peut aussi croitre d’un point de vue politique et idéologique. Si ce rapport dialectique entre le front uni et la lutte politique et idéologique peut être géré soigneusement, nous parviendrons à constituer un front uni solide et à isoler l’ennemi principal.
Sur le plan idéologique, l’influence de la classe bourgeoise peut être supprimée sur base des leçons historiques du marxisme en tant que théorie scientifique. En faisant ceci, nous pouvons gagner les gens à notre cause et même changer leur conception du monde et la transformer en conception marxiste.
Nous avons parlé de notre compréhension fondamentale du front uni. Concernant les conditions subjectives, les intellectuels révolutionnaires et les personnes démocrates sont alignés dans une position avantageuse pour la population. Mais cela doit être rendu bénéfique d’un point de vue pratique. La deuxième question était la violente répression, comment peut-on accomplir tout ceci ?
Nous reconnaissons que nous sommes encore un petit parti. Mais notre véritable force se trouve dans l’idéologie marxiste, les classes qu’elle représente, sa ligne et ses politiques. Et quelles sont les méthodes pour parvenir à un front uni. La bourgeoisie bureaucrate compadore, les propriétaires fonciers et les impérialistes sont l’ennemi contre qui les vastes masses ont besoin d’être unies sur base de la ligne de masse et de la ligne de classe. Si nous respectons les intérêts des masses et si nous utilisons correctement la ligne de masse et la ligne de classe, nous réussirons vraiment et nous développerons de petite force vers une grande force nationale.

- Mais concrètement, comment le faites-vous ?

Ganapathy : J’ai parlé de notre force alors même que nous sommes physiquement petits. J’ai décris où réside notre principale force. Mais la force physique est également nécessaire pour combattre. En même temps que d’un parti solide, nous avons besoin d’une armée puissante et d’une base de masse robuste. D’un point de vue pratique, c’est quelque chose d’indispensable. Si cela n’existe pas, quelque soit notre force sur le plan idéologique, cela mènera à l’échec. Donc, nous devons nous agrandir. Pour cela, en étant confrontés à la répression de l’ennemi, nous devons utiliser la bonne tactique. Selon notre évaluation, l’ennemi a choisi la guerre totale. Mais il crée son propre piège. Si nous pouvons comprendre cela et conduire efficacement notre guérilla, nous réussirons.
Sur le plan pratique, il y a deux problèmes. Un, les contradictions de la classe dirigeante : il existe de vieilles contradictions dans la société et de nouvelles contradictions apparaitront parmi les classes dirigeantes. Elles peuvent et doivent être utilisées dans l’intérêt du peuple. Cela est requis, non seulement pour vaincre l’ennemi et pour les gains immédiats, mais dans un but révolutionnaire plus long. Il faut que nous renforcions notre base et nos fronts de masse qui sont les principaux boucliers de notre pouvoir. Le camarade Mao disait que pour développer l’armée et la guerre, le peuple est décisif. Il faut que nous mobilisions les vastes masses contre l’ennemi et que nous tirions parti des contradictions de l’ennemi pour les écraser les uns après les autres.
Deux, en menant la guerre dans l’Andhra, nous avons subi un revers, mais nous n’avons pas totalement renoncé ; néanmoins, c’est un revers. Depuis la vallée du Godavari (en Andhra Pradesh) jusqu’au Maharashtra, à l’Orissa, au Bihar, au Jharkhand et à la frontière du Bengale, nous devons intensifier et étendre la guérilla. Nos forces doivent s’opposer à l’ennemi, mais cela doit se faire à notre avantage en se basant sur la situation concrète. En ce moment, en fait, nous devons nous servir intelligemment de la tactique de frappe éclair. Nous devons développer la guérilla en guerre mobile et l’armée de guérilla en armée de métier. Nous avons besoin de la participation active du peuple. Notre puissance vient du peuple. L’ennemi s’efforcera de nous limiter au seul affrontement armé. Et ils veulent nous limiter à une zone restreinte. Ils divisent nos régions en différentes sections et nous encerclent. Mais nous pouvons aussi, en mobilisant la population, donner la chasse à leurs camps de base comme des abeilles. Dans les régions où sont situés les camps ennemis, nous avons, même dans ces villages, des Revolutionary People’s Committee où le travail continue toujours. Des centaines de personnes construisent des bassins en parfaite connaissance des forces de sécurité dans les camps. Par conséquent, alors que l’ennemi divise nos masses, nous tâchons aussi d’élargir notre base et nous essayons d’encercler les camps/bases de l’ennemi. Nous ne devons pas oublier l’importance stratégique de la guérilla. Ils amènent 100.000 soldats. Ils ont décidé d’amener et de déployer les Rashtriya Rifles (un contingent spécial de la force de contre-insurrection de l’armée indienne) du Jammu et Cachemire. Mais de Lalgarh à Surjagarh, cela signifie encore des dizaines de millions de personnes. Si nous parvenons à mobiliser sérieusement les masses pour résister aux forces ennemies, alors, nous pourrons faire de cette même guerre une base pour le changement révolutionnaire. C’est indéniablement un défi pour nous, mais nous sommes sûrs qu’il y a un avantage à long terme qui ne peut pas être obtenu sur une courte période. Mais contrairement à ce que désire l’ennemi, clôturer ceci en une courte période, nous voulons élargir cette guerre et transformer la situation à notre avantage, favorable à la révolution.
Ils cherchent à limiter notre zone tandis que nous tentons de l’étendre. Ils fondent des Grams Suraksha Samithis pour combattre les prétendus anti-sociaux et font de cette façon tout leur possible pour nous contenir. Mais la population nous sollicite. Le peuple demande même aux nouveaux cadres moins expérimentés qui sont chichement armés de visiter ces régions. Par exemple, dans le district de Sonebhadra dans l’Orissa, les villages nous ont eux-mêmes appelés. Et puis de nouveau, nos plans pour nous étendre du Raigad à Nayagad sous la forme de l’Operation Ropeway sous laquelle fut orchestrée le Nayagad Raid nous ont permis de nous développer dans cette région en seulement 8 à 10 mois. Donc, le Nayagad Radi n’avait pas seulement une importance militaire, il avait également une importance politique étant donné qu’il y avait des raisons stratégiques derrière le raid. Et puis de nouveau, l’Operation Vikas fut entreprise pour s’étendre dans les plaines de la région de Manpur (Chhattisgarh). Et les habitants nous sollicitent et leur confiance est élevée. Si nous nous développons de cette manière, il est certain que nous grandirons et que nous élargirons la guérilla. Si nous procédons comme cela et que nous déployons la guerre avec succès, alors, à plus long terme, les situations économique et politique devront changer et sous la pression, l’état s’effondrera. Actuellement, l’état dépense délibérément en frais militaires. Mais comme la guerre s’étend et se développe dans de plus en plus de nouvelles régions, au plus il dépensera à plus long terme, au plus cela mènera à l’échec. Nous menons notre guerre avec ce plans stratégique.
J’ai déjà expliqué le second aspect de cette question dans ma réponse à votre première question.

- A ce moment, est-il possible pour le parti d’être au coeur d’un front uni ? Par exemple, en travaillant à Delhi où le parti est faible, comment envisage-t-il un front uni ?

Ganapathy : C’est une tâche de la plus haute importance de garder le parti au centre du front uni.
J’ai déjà répondu au premier aspect de votre question dans ma réponse à votre première question.
Concernant le second aspect de votre question, si nous pouvions faire cela à Delhi, il serait plus facile de travailler. Mais ce n’est pas la condition aujourd’hui. Par conséquent, après avoir analysé la situation, le parti a décidé de garder le parti au centre grâce à différents autres moyens possibles. Il y a d’autres moyens - par l’intermédiaire d’autres forces maoïstes, de forces démocratiques et d’autres forces progressistes. Et donc dans des endroits comme Delhi, où la portée pour un travail direct du parti est limitée, nous devons travailler d’autres manières. Il faut que nos forces se montrent à la hauteur de la situation, déploient des forces capables pour un front uni, identifient les forces les plus fiables et organisent un accord commun dans tous les endroits importants. Des dispositions différentes ont besoin d’être prises. D’autres forces démocratiques, progressistes et maoïstes ont besoin d’être mises en contact et entre-temps, il faut les faire diriger.

- Au début du mouvement de Lalgarh, la situation était telle qu’un grand nombre d’intellectuels ont manifesté leur soutien au mouvement de Lalgarh. Mais dernièrement, les intellectuels ont eu des divergences sur les phases ultérieures du mouvement et l’attention s’est déplacée sur des questions telles que l’opposition à des lois comme le Unlawful Activities Prevention Act (UAPA). Comment percevez-vous la situation ?

Ganapathy : Si j’avais le dernier rapport du comité d’état, il aurait été plus facile pour moi de répondre à cette question. Mais tout de même, je voudrais dire qu’au départ, il y avait beaucoup de soutien parmi l’intelligentsia urbaine. Maintenant, selon l’attaque de l’ennemi et la nature de la lutte, cela aboutira également à des changements en réponse à la base de soutien. Il se peut aussi que certaines personnes passent du côté de l’opposition au mouvement de Lalgarh. Au Bengale, notre influence dans les groupes pour les libertés civiques et dans les zones urbaines n’est pas très fort. Il faut que nous en fassions davantage pour développer ceci. Nous avons besoin de renforcer notre travail dans les zones urbaines. Beaucoup devrait dépendre de notre travail là et du développement du mouvement de Lalgarh à un stade supérieur. Il y a une grande différence entre le travail parmi les masses de base et le travail parmi les intellectuels, étant donné que ces derniers impliquent plusieurs éléments complexes. Dans ce contexte, si les intellectuels sont unis autour de n’importe quelle question, même si c’est l’UAPA, étant donné que ce n’est pas en contradiction avec la lutte plus large, cela sera positif pour nous. Ceux qui ne peuvent pas en venir à soutenir directement les phases violentes du mouvement peuvent se rassembler sur d’autres questions comme ça. Donc, il se peut que les revendications changent mais il faut que ce soit des slogans du peuple. Et les slogans de Lalgarh comme les nouveaux ont besoin d’être équilibrés. Je dirais que le parti acceptera sans aucun doute les critiques positives de toutes les parties de la population, même de celles qui ne sont peut-être pas d’accord avec notre ligne de base mais qui défendent le peuple. Nous faisons bon accueil à la critique de la population pour corriger nos erreurs et renforcer notre parti. Le mouvement contre l’UAPA devra être utilisé dans l’intérêt immédiat et à long terme du peuple. Et de manière générale, n’importe quelle mobilisation en tant que telle à plus long terme n’est pas opposée aux intérêts du parti dans ce domaine.

- Où situez-vous la démocratie dans le fonctionnement du parti ? Je veux dire le droit de grève, le droit à la différence et le droit à la liberté d’expression.

Ganapathy : C’est une question très importante, toutefois, il n’y aucune confusion dans notre parti. Nous avons besoin d’un nouvel état démocratique dans lequel tous ceux qui ne sont pas de la bourgeoisie bureaucrate compradore, des propriétaires féodaux et des impérialistes auront une véritable ou authentique liberté. Pour tous ceux qui ne sont pas les ennemis du peuple, il y aura une véritable ou authentique démocratie. De plus, je dois dire qu’en préparant le Policy Program des Revolutionary People’s Committees (RPC)/Janatana Sarkars, nous avons étudié l’expérience des Graam Raajyaas de l’historique révolution agraire armée de Telangana, le Policy Program des Chinese Soviets, les People’s Barrio Committees des Philippines, les Revolutionary People’s Committees du Pérou, les United Revolutionary People’s Councils du Népal et aussi la Great Proletarian Cultural Revolution. Conformément à ceci, nous avons tous les droits fondamentaux, y compris celui du droit de chaque électeur à rappeler toute personne élue. Il a même le droit d’intenter un procès contre toute personne au pouvoir et qui travaille contre l’intérêt du peuple, afin de la poursuivre en justice. Sur le plan des quatre grandes libertés proclamées par le Président Mao durant la Cultural Revolution, à part les journaux à grands caractères sur les murs, toutes les autres libertés ont été garanties par le Policy Program des RPC/Janatana Sarkars. Au moment où le niveau de développement dans le Janatana Sarkar progressera, nous suivrons également la liberté pour les journaux à grands caractères. D’après la constitution, aucune sanction physique pour opposition publique ne sera autorisée, tout le monde avait le droit de ne pas être d’accord d’un point de vue politique et même de se syndiquer. L’état indien cherche à maîtriser le dissentiment et c’est pour cette raison que le peuple veut la révolution. Nous ne devons pas reproduire la même erreur. En outre, pour toute erreur dans les poursuites, la personne a le droit de faire appel au Revolutionary People’s Committee du village, aux niveaux supérieurs et même au parti. Par exemple, dans une des zones d’extension, il y a eu un incident où de connivence avec l’inspecteur général de la police, 33 membres appartenant à deux villages sont devenus des agents de l’ennemi. Dans ce contexte, nos camarades y sont allés et se sont occupés du problème. Alors que les villageois réclamaient la peine de mort pour l’agent de police principal, le parti a intercédé pour donner une chance à cette personne de comprendre son erreur.

- Tout le monde pourrait ne pas s’engager dans un front uni. Certains groupes maoïstes et certaines organisations démocratiques peuvent même rester en dehors. Comment gérerez-vous cela ?

Ganapathy : Ceux en opposition sont les ennemis du peuple et plus de 95% du peuple opprimé devrait être contre eux. Mais dans le contexte indien, même 5%, c’est une grande quantité. Notre parti croit qu’au cours de la guerre populaire prolongée, l’occasion est donnée de détruire l’autorités politique de l’ennemi, non seulement directement mais aussi culturellement étant donné qu’un grand nombre de partisans sont aidés à se transformer. En Chine, jusqu’à son dernier jour, madame Sun Yat-Sen a été au pouvoir bien qu’elle n’ait jamais été membre du parti. Ils ne peuvent rester que tant qu’ils sont au service du peuple et qu’ils ont l’appui du peuple. Lorsqu’ils deviendront socialement et politiquement hors sujet, ils disparaîtront automatiquement. Il est possible pour eux de gagner aux élections si de tels partis ont l’appui du peuple. Cette disposition se trouve aussi dans notre Policy Program des RPC. Même d’autres personnes appartenant à d’autres partis/organisations peuvent rejoindre les RPC si ce sont des électeurs et elles ont le droit d’être élues au RPC. Ceci étant notre conception, elle doit aussi être appliquée sur le plan pratique, sur le terrain. Le Népal avait fait des progrès à cet égard.
Nous donnons la possibilité à la petite et à la moyenne bourgeoisie de se développer avec certaines restrictions pour tenter qu’elle ne devienne pas anti-populaire et pour pouvoir contrôler le marché noir, la constitution de stocks et la spéculation. Nous limitons seulement les gros capitaux de la bourgeoisie bureaucrate compradore et étrangers. Par exemple, en 1998-99, le gouvernement avait empêché les petits commerçants de faire le commerce de produits forestiers. Par conséquent, au moment où les Khirjas (commerçants locaux) ont protesté, nous nous sommes battus pour eux dans un mouvement. Bien que nous ayons mis fin à l’usure et ayons maîtrisé l’exploitation systématique, nous n’empêchons pas l’entrée de produits venant de l’extérieur. Cela peut passer pour un développement capitaliste, mais nous le contrôlons. C’est nécessaire pour développer l’économie populaire. Si les commerçants ne collaboraient pas, comment aurions-nous survécu ? Sous le Janatana Sarkar, le département du commerce et de l’industrie s’occupe des petits commerçants afin que les bourgeois à l’extérieur ne puissent pas profiter d’eux. Donc, la liberté totale est maintenue même s’il y a des collaborateurs qui tentent de les convaincre. Ce n’est que dans un contexte de vie ou de mort qu’est autorisé la punition physique. Toutefois, en ce moment, confrontés à la répression et à la guerre, nous sommes dans une situation complexe qui doit être reconnue.

- Quelle est la position de votre parti sur les négociations ?

Ganapathy : Dans l’ensemble, la population et les révolutionnaires maoïstes ne désirent ni la violence ni l’affrontement armé avec personne. Ce n’est que quand c’est inévitable qu’ils prennent les armes et s’opposent à leurs ennemis. Ils mènent la guerre de libération en tirant les leçons de l’histoire. Nous voyons donc ceci comme une guerre d’autodéfense. Dans ce contexte de guerre totale, nous devons reconnaître que l’état d’Andhra Pradesh possède 130.000 soldats, qu’il y a 45.000 soldats au Chhattisgarh (ils seront vite renforcés par plus de 20.000 soldats) et 160.000 soldats au Maharashtra. Ainsi, chaque état a une force de police plus importante que les forces de beaucoup de pays européens au niveau national. Les forces spéciales les plus cruelles et dangereuses ont été entraînées par l’état en même temps que diverses lois draconiennes anti-populaires. Le Bengale, le Bihar, l’Orissa, le Jharkhand, le Chhattisgarh, le Maharashtra, l’Andhra Pradesh avec l’Uttar Pradesh et le Madhya Pradesh possèdent à eux tous plus de 700.000 à 800.000 effectifs de police. Parmi ceux-ci, 250.000 à 300.000 effectifs de police sont directement engagés contre le peuple. Et à leur côté, 100.000 forces paramilitaires centrales ont été déployées dans ces régions. Ici, la population, lutte contre une force plus puissante que les mouvements dans le Nord-Est et au Jammu et Cachemire. Ceci est une campagne de répression brutale et violente visant la répression du mouvement politique de la population et pour l’exploitation des minéraux.
Dans ce contexte, si possible, nous pouvons espérer un peu de répit. Au plus long est le répit au mieux c’est pour le peuple. Le travail démocratique a besoin de ce contexte. Mais tant que le gouvernement tient un fusil automatique dans une main, nous ne pouvons pas parler de ceci. Le peuple va continuer à se battre. Alors qu’il est criblé de balles, le peuple ne dépose jamais les armes et le peuple ne capitule jamais. Il faut que toutes les forces patriotiques, progressistes et démocratiques s’unissent et combattent contre la guerre totale contre le peuple des gouvernements du centre et des états. Pour le dire de façon concise, les revendications principales que le parti a placé devant le gouvernement pour tout type de négociations sont 1. il faut renoncer à la guerre totale ; 2. pour tout type de travail démocratique, l’interdiction du parti et des organisations de masse doit être supprimée ; 3. la détention illégale et la torture des camarades doivent être arrêtées et ils doivent être immédiatement libérés. Si ces exigences sont satisfaites, alors ces mêmes dirigeants libérés de prison mèneraient et représenteraient le parti dans les négociations.

Introduction sur le développement de notre parti

Depuis que Jan Myrdal a écrit le livre "India Waits" dans les années 80 dans lequel il parlait du mouvement, il y a eu plusieurs évolutions dans divers aspects politiques et militaires à la fois. C’est depuis lors que nous avons vu le développement d’une perspective tenant compte de la spécificité concrète indienne. Il n’y avait que peu de dirigeants expérimentés qui restaient de l’époque du camarade CM. Beaucoup s’étaient embarqués dans une déviation de droite, certains dans une déviation de gauche et seulement quelques-uns étaient venus ici. Par conséquent, c’était en grande partie une nouvelle génération, une nouvelle jeunesse et il a fallu investir beaucoup de temps pour qu’ils deviennent des cadres expérimentés. Lorsque vous, Jan Myrdal, étiez venu ici en 1980, le parti subissait toujours ce problème. Ce n’est qu’après 6-7 années supplémentaires qu’un leadership adéquat allait émerger dans le cadre du PW. Quand Jan Myrdal est allé en Andhra Pradesh en 1980, à ce moment-là, il n’y avait que le CPI(ML) State Committee et le TN State Committee. Il y avait également un Central Committee mais bien entendu, seulement limité à ces deux états, sa portée était limitée. A cette époque, le MCC travaillait au Bengale et au Bihar ; cependant, il était très faible au Bengale. De la même manière, le PW travaillait en Andhra Pradesh et au Tamil Nadu, mais il était très faible au Tamil Nadu. C’est une observation rétrospective du travail dans ces deux centres, dans ces deux régions. Le camarade Kobad Gandhi et certains autres camarades du Maharashtra ont plus tard rejoint le PW. Dans le MCC, le camarade KC a commencé à travailler, y compris dans l’Assam, mais de manière très limitée. Maintenant, nous avons une présence dans 20 états mais le parti est encore très faible dans beaucoup de ces régions. Par conséquent, le développement selon la guerre populaire prolongée est inégal alors que (selon notre force, il y a différents niveaux du mouvement dans différentes régions) les niveaux du mouvement dans différentes régions sont différents selon notre force. Dans ce contexte, nous devons respecter le développement et le rôle d’un parti révolutionnaire, ce qui est important et ce que je dirai.
Camarades, dans les années 80, le parti cherchait à se dégager d’un revers. Il essayait de se réorganiser et de se consolider. D’un côté, il y avait le problème du sectarisme et d’autre part, la base de masse était en grande partie perdue. Donc, nous devions tout réactiver tant en terme de lutte de masse que d’un point de vue militaire. Nos tactiques ont aussi changé en conséquence. A ce moment-là, c’était principalement des luttes anti-féodales et de propagande-agitation anti-impérialiste qui avaient été déclenchées pour susciter une opinion anti-état et créer des mouvements publics dans les zones urbaines.
Auparavant, sous les ordres du camarades Charu Mazumdar, la ligne avait été de ne tenir aucun compte des organisations de masse. Plus tard, nous avons repensé et après avoir accompli un intense bilan autocritique, nous avons reconnu qu’il y avait eu des erreurs dans les années précédentes et sur cette base, afin de progresser, nous avons reconstruit le mouvement. Le Self-Critical Review fut effecuté en 1974, et c’est en août 1977 que les forces du parti ont été convaincues. Et dans la pratique, cela fut réaffirmé par l’AP State Conference du parti en septembre 1980 qui marque le début d’une nouvelle pratique.
C’est depuis lors que nous avons vu le développement d’une perspective tenant compte de la spécificité concrète indienne. Il n’y avait que peu de dirigeants expérimentés qui restaient de l’époque du camarade CM. Beaucoup avaient pratiqué une déviation à droite, certains une déviation à gauche et seuls quelques-uns étaient venus ici. Par conséquent, c’était en grande partie une nouvelle génération, une nouvelle jeunesse et il a fallu consacrer beaucoup de temps pour qu’ils deviennent des cadres expérimentés. Lorsque vous étiez venus ici, le parti subissait toujours ce problème. Ce n’est qu’après 6-7 ans de plus qu’une direction adéquate allait émerger dans le contexte du PW.
Premièrement, un parti révolutionnaire a besoin de dirigeants pour comprendre tant les conditions nationales et internationales que les conditions politiques et économiques pour établir les tactiques en conséquence. Si nous ajoutons à cette expérience certaines perspectives dont j’avais parlé dans la période post-80, nous verrions que dans les années suivantes, nous avons fait des évolutions dans ce domaine de compréhension.
Deuxièmement, un parti révolutionnaire a besoin d’organiser la population et de mener la lutte de classe. D’un point de vue stratégique, des progrès furent faits, des endroits sélectionnés et des progrès effectués depuis les années 80 en terme de population luttant sous la direction du parti, ce qui est pointé comme une évolution concrète.
Troisièmement, pour un parti révolutionnaire, il est important d’organiser la lutte armée. Le groupe PC Reddy avait le nom de CPI(ML) et faisait partie du PCP sous le leadership de SNS. Au moment où vous y êtes allé, il n’y avait qu’eux qui avaient des brigades dans la région de Godavari. People’s War n’avait alors lancé que des brigades armées sous la forme de brigades paysannes, alors qu’ils avaient déjà 60-70 cadres armés à ce moment-là.
Plus tard, comme nous développions la lutte de classe selon l’idée de la prise de pouvoir à l’échelon régional, le PW ici et le MCC là ont commencé à créer des brigades de guérilla armées à des niveaux de 5,7,9,11 pour bâtir l’armée populaire. De ce fait ont émergé des sections et des zones de guérilla. Dans certaines régions, juste avant la fusion de 2004, des compagnies ont même émergé. Le PW d’autrefois avait la People’s Guerilla Army tandis que le MCC avait la People’s Liberation Guerilla Army. Dans le processus de fusion, nous avons constitué la PLGA sous le CPI(Maoist). L’étape suivante, ce sont les bataillons pour se diriger progressivement vers la formation de la PLA. Selon les principes de base, nous avons élaboré les stades supérieurs du pouvoir politique et militaire et de l’autorité politique du peuple. La vision était là même avant les années 80. Mais pratiquement, cela ne faut atteint en terme d’évolution concrète qu’après la fusion.
Il y a deux autres progrès que je voudrais faire remarquer. Un parti qui, dans la pratique, élabore des tactiques ou une politique impliquant une masse importante dans sa base doit s’exercer à impliquer les gens par milliers et par centaines de milliers. Dans la pratique, en faisant face au problème et en corrigeant les erreurs, il y a eu une âpre lutte idéologique et politique que nous avons atteint la position d’aujourd’hui. Après la rectification et le bilan des années 70, le PW était né et a dû faire face à une grave crise interne sous la forme de 1. sectarisme et dogmatisme au milieu des années 80 et 2. l’obstacle posé par le leadership du camarade Kondapalli Seetharamiah au début des années 90. Et puis de nouveau, les affrontements entre le MCC et le PW ont été une expérience amère et impossible à oublier, un chapitre noir dans l’histoire. Afin de faire face aux problèmes idéologique et politiques, le parti a, sur un plan tactique, élaboré deux approches : discussion et critique et lutte. Les trois fois, le parti a émergé avec succès des crises. De la même manière, le MCC a également de sa propre crise interne. Une section du parti avait l’intention de poursuivre le combat et il y avait aussi des différends relatifs au maoïsme et au dogmatisme à travers lesquels il a émergé avec succès. Le PU aussi s’est battu contre des forces qui s’opposaient à la guerre populaire prolongée et à la révolution agraire et a émergé avec succès. Même à ce stade, le PW et le MCC ont commencé à se réduire. Tandis que les groupes de Vinod Mishra et de Satya Narain Singh se faisaient plus puissants et influents. Alors que VM est passé à l’opportunisme de gauche, SNS est passé à l’opportunisme de droite. Et dans la pratique, ils se sont désunis et ont finalement été confronté à une quasi-liquidation. Aujourd’hui, ils ont une présence extrêmement symbolique.
Auparavant, en même temps que le combat contre le révisionnisme se présentait le problème d’avoir une ligne qui parlait seulement de la prise du pouvoir d’état et une autre où les questions politiques telles que la question de la nationalité, la question des femmes, la question des dalits (intouchables ou castes répertoriées) et la question des minorités religieuses étaient automatiquement abordées. Nous avons toutefois plus tard corrigés cette position et fusionné ensemble les deux slogans, immédiat et final. C’était une chose indispensable pour la réussite de la NDR et l’évolution dans sa direction. Tandis que divers autres groupes ML ne soulevaient que des slogans immédiats et se sont de ce fait lancés dans le réformisme, nous, pendant longtemps, nous n’avons poussé que le slogan final. Mais maintenant, en mettant ensemble les slogans immédiats et finaux, nous nous dirigeons vers un meilleur développement.
Pour l’éducation du parti, il y a plusieurs magazines du parti au niveau central, des états et des districts. A peu près 25 d’entre eux sont du parti. Plusieurs autres sont des magazines d’organisations de masse. Par ex : Nous publions, de façon centralisée, People’s War/Lal Pathaaka, un magazine politique et idéologique simultanément en anglais, en hindi et dans d’autres langues ; Awami Jung, un magazine militaire dans différentes langues ; Maoist Information Bulletin en anglais.
Dans le DK, nous publions les magazines suivants 1. Prabhath (hindi, magazine politique du parti) 2. Viyyuka (magazine politique et idéologique, en gondi/koyam) 3. Padiyara Pollo (magazine militaire, gondi/koyam) 4. Sangharsharath Mahila (magazine du KAMS, en hindi) 5. Jhankar (magazine culturel et littéraire, plurilingue). Au niveau des districts/divisions en gondi/koyam : South Bastar Division : Pituri (rébellion) ; West Bastar Division : Midangur (foyer) ; Darbha Division : Moyil Gudrum (tonnerre) ; North and South Divisions of Gadchiroli : Poddhu (soleil) ; Maad and North Bastar Joint Division : Bhoomkal (tremblement de terre) ; East Bastar Divsion : Bhoomkal Sandesh (message de rébellion) ; à part ceci, le Janatana Sarkar a également créé un magazine appelé Janatana Raj (état populaire).
Des classes d’étude sont également organisées avec des notes d’études et des programmes. Des classes politiques sont organisées à différents niveaux d’état. Parfois, des campagnes de rectification sont organisées pendant 4-6 mois jusqu’à un an lorsque sont discutées l’histoire des révolutions chinoises, philippines et péruviennes pour la formation politique et idéologique. Il y a des équipes d’instructeurs militaires pour les écoles militaires. L’Awami Jung est le magazine militaire du Central Committee.
Dans la région du DK, le parti fait face au problème de l’analphabétisme et du manque d’enseignement primaire. Par conséquent, pour les besoins de l’éducation intellectuelle fondamentale des cadres du parti, nous avons organisé la MAS (éducation mobile). Des centaines de cadres ont reçu une formation depuis sa naissance. Les organisations de masse gèrent également des programmes scolaires avec leur propre programme qui est préparé en consultation avec les dirigeants et les membres des comités.

Introduction sur le développement de la People’s Army (actuellement appelée People’s Liberation Guerilla Army)

Je vous prie de vous référer à nos documents centralisés pour un tableau complet de notre développement armé dans les conditions particulières du pays et dans quelle situation internationale elle se forme. Je vous demande d’accorder votre attention à ceci en raison de sa vitalité dans toute révolution.

Introduction sur le développement du front uni

Sur la plan des organisations de masse, au fil des ans, nous nous sommes établis dans plusieurs fronts parmi lesquels des groupes de paysans, de femmes, d’étudiants, de jeunes, pour les droits civiques, des groupes littéraires et culturels, des groupes d’enfants, nationalistes, d’ouvriers, d’employés et ainsi de suite. Au plus fort est le parti dans un état, au plus grands sont l’organisation et les fronts. Dans les régions plus faibles, il y a moins d’organisations de masse au niveau de l’état conformément à la force du parti. En ce moment, le parti a des organisations de masse au niveau des états comme au niveau panindien, et l’idée est de représenter les organisations des quatre classes en accord avec l’alliance des quatre classes et d’autres sections aussi. L’accent étant placé sur les organisations de masse, nous en avons actuellement 30-40 qui travaillent dans différents fronts. Durant les années 80, le MCC avait quelques organisations de masse travaillant clandestinement avec une ampleur limitée dans l’AP. Les paysans, les étudiants et les sections littéraires-culturelles avaient, avec les jeunes, une certaine influence, mais maintenant, avec l’évolution de notre compréhension, il existe différentes organisations de masse depuis le niveau du village jusqu’à celui des états et de toute l’Inde. Au 9th Congress du PW, il fut décidé de développer des organisations de masse et des fronts unis qui seraient axés sur les enjeux et la tactique. A court et moyen termes et sur certains points, même les classes ennemies et les dirigeants locaux pouvaient se rassembler. Ceux-ci se sont davantage développés après la fusion. Par conséquent, la lutte de classe a besoin d’être menée à des niveaux particuliers, clandestins comme publics. Il faut se servir des perspectives légales. Certaines organisations de masse travaillent avec la directive générale MLM tandis qu’il y en a d’autres qui travaillent sous couvert complet même avec d’autres.

Sur les relations internationales

Au début, dans les années 80, le MCC comme le PW avaient une portée régionale. C’est la raison pour laquelle nous n’avons en grande partie pas réussi à nous rattacher aux mouvements internationaux plus importants. Cependant, depuis le milieu des années 90, les deux partis, et tout particulièrement après la création du CPI(Maoist), jouent maintenant aussi un rôle au niveau international. Nous prenons part aux débats internationaux et envoyons des délégations aux forums internationaux bien que beaucoup de progrès doivent être faits sur ce front. C’est néanmoins mieux que dans les années 80 et 90. Sur le plan du RIM, le MCC y avait adhéré en 2002. Le PW s’était toutefois opposé à rejoindre le RIM étant donné qu’il estimait que ce n’était qu’après des réflexions, des compréhensions et des discussions approfondies qu’une telle plateforme internationale pouvait être élaborée afin d’éviter une approche sectaire. C’est pour cette raison que le PW n’a pas adhéré au RIM, tandis que le MCC a poursuivi. Après la fusion pourtant, il fut décidé quoi que décide le parti, ce serait mis en pratique. Et depuis lors, suivant la décision de l’ensemble du parti, il est resté en dehors du RIM. Nous sommes restés en dehors du RIM qui, à l’heure qu’il est, est devenu pratiquement obsolète. Il est important pour le succès de la révolution indienne en tant que partie inséparable de la grande révolution socialiste mondiale, de défendre activement le MLM, de combattre l’impérialisme et de soutenir la lutte de classe partout dans le monde. Et également d’accepter le soutien des forces/organisations/partis maoïstes internationaux, du prolétariat et du peuple. A cette fin, il faut maintenir des rapports fraternels avec les forces maoïstes et anti-impérialistes. Nous croyons qu’il est à la fois important d’augmenter l’aide et d’accepter l’aide internationale pour le succès de toute révolution en raison de la répression actuelle. Dans l’ensemble, je dis encore une fois que nous restons fidèles aux bases du MLM. Nous sollicitons les suggestions critiques de tout parti/organisation maoïste.
Nous croyons que le CPI(Maoist) est un détachement de la révolution prolétarienne mondiale. Si elle réussi, nous dirions qu’une partie du monde aurait réussi - ce n’est pas indépendant. Cela fonctionnerait dans le cadre de la révolution socialiste mondiale et est rigoureusement liée au succès ou à l’échec de la révolution socialiste mondiale. S’il y a davantage de luttes de la classe ouvrière dans les pays capitalistes/impérialistes, cela aura un impact favorable sur la révolution indienne.